14/08/09 (B512) Yémen Express : deux soldats et 16 rebelles tués dans de nouveaux combats (sécurité) (1 article en Français)

Deux soldats et seize rebelles chiites ont été tués dans de nouveaux combats vendredi dans le nord du Yémen, a affirmé une source au sein des services de sécurité, tandis que les rebelles ont été accusés d’avoir enlevé jeudi quinze humanitaires et déplacé 17.000 familles.

“Deux soldats et seize rebelles ont été tués dans les combats vendredi qui se sont déplacés du centre de la province de Saada vers le sud, à la limite de la province de Omrane”, qui se trouve à quelque 70 km au nord de Sanaa, a indiqué à l’AFP cette source sous le couvert de l’anonymat.

Selon elle, l’armée utilise différentes armes, dont l’aviation, pour débusquer les rebelles zaïdites retranchés dans le sud de la province de Saada.

Le gouverneur de Saada, Hassan Mohammed Manaa, cité vendredi par les médias officiels, a affirmé que l’état d’urgence, décrété il y a trois jours dans sa province, “ne sera levé qu’une fois les éléments rebelles écrasés”.

M. Manaa a déclaré jeudi, selon le site internet du ministère de la Défense, 26sep.net, que les rebelles avaient enlevé le même jour quinze membres du personnel du Croissant-Rouge dans un centre pour déplacés.

“Ils (les rebelles) leur ont bandé les yeux, les ont frappés et insultés”, a-t-il déclaré, accusant également les rebelles d’avoir saccagé les bureaux d’un service agricole de la localité d’Anad, toujours dans la province de Saada.

Il a assuré par ailleurs que les rebelles avaient provoqué “ces quatre derniers jours le déplacement de 17.000 familles qui ont été forcées à quitter leurs demeures” de différentes localités de la province.

Selon lui, les rebelles ont aussi tué ces derniers jours quatre dignitaires de la tribu d’Al-Azl et quinze civils, dont des femmes et des enfants.

Les rebelles ont rejeté jeudi une trêve conditionnelle du gouvernement qui leur demande d’évacuer les administrations qu’ils occupent, de rendre leurs armes et de relâcher les personnes qu’ils ont arrêtées pendant les combats.

Accusés par Sanaa d’avoir enlevé en juin six Occidentaux (cinq Allemands et un Britannique), les rebelles doivent aussi divulguer l’endroit où ils sont retenus. Ils avaient démenti à l’époque être les auteurs d’un tel enlèvement.

En réponse, les rebelles ont accusé à leur tour le gouvernement de n’avoir jamais cherché à appliquer un cessez-le-feu datant de juin 2007.

Ces rebelles avaient affirmé mercredi que l’armée avait causé la mort de dizaines de civils en deux jours de bombardements contre ses bastions.

Lundi, le président yéménite Ali Abdallah Saleh avait accusé les rebelles de nombreuses exactions contre les civils et d’attaques contre l’armée.

Le zaïdisme est une branche du chiisme, dont la plupart des adeptes résident au Yémen, où ils sont minoritaires dans un pays à majorité sunnite. Les rebelles rejettent le régime actuel et appellent au rétablissement de l’imamat zaïdite, renversé par un coup d’Etat militaire en 1962.

Les violences entre gouvernement et rebelles ont fait des milliers de morts depuis 2004 dans la province de Saada.