05/01/10 (B532) Yémen Express (7 articles en Français)

_________________________ 7 – Le Monde

Les Occidentaux proposent leur aide au Yémen

Comment combattre Al-Qaida dans une zone instable, privée d’Etat fort et en proie à une grande pauvreté ? Cette question, les Occidentaux ne cessent de tenter d’y répondre depuis une décennie en Afghanistan. Elle se pose aujourd’hui avec acuité au Yémen, après l’attentat manqué contre le vol Amsterdam-Detroit du 25 décembre 2009.

En difficulté sur de nombreux terrains d’opération, cette dernière peut disposer au Yémen de conditions idéales pour un enracinement. Les provinces orientales, où l’AQPA est particulièrement implantée, échappent au contrôle du régime du président, Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978 dans le nord du pays, unifié avec l’ancien Sud socialiste en 1990. La proximité de la Somalie, séparée du Yémen par le golfe d’Aden, livré à la piraterie, inquiète également les pays occidentaux.

Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a été le premier à réagir en lançant l’idée d’une conférence internationale consacrée à ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique. Cette conférence pourrait être organisée le 28 janvier à Londres et se tenir en parallèle avec une autre réunion internationale consacrée à l’Afghanistan. Samedi 2 janvier, le chef des Forces armées américaines en Irak et en Afghanistan (FIAS), le général David Petraeus, s’est rendu à Sanaa pour s’entretenir avec le président Ali Abdallah Saleh. Londres a également annoncé, dimanche, réfléchir avec Washington au financement d’une force antiterroriste au Yémen et en Somalie.

Un haut responsable de la milice somalienne des Chabab (les “jeunes”) a annoncé son intention, le 1er janvier, “de traverser la mer pour aider nos frères à combattre les ennmis d’Allah”. Le gouvernement fédéral de transition somalien, soutenu par les Occidentaux et les Nations unies, met en cause de son côté l’approvisionnement en armes des milices islamistes à partir du Yémen.

Si les Etats-Unis excluent pour l’instant de s’engager militairement dans un nouveau front contre le djihadisme, leur aide globale aux autorités yéménites, qui avait déjà augmenté en 2009, devrait être une nouvelle fois en hausse en 2010. Le général Petraeus a ainsi promis, samedi, le doublement des sommes affectées à la sécurité.

Car les Etats-Unis avaient alerté depuis plusieurs mois Sanaa sur le danger constitué par Al-Qaida pour la péninsule Arabique (AQPA), organisation forgée au début de l’année à la suite du regroupement des groupes yéménites et saoudiens. Ils auraient participé activement aux raids menés le 17 et le 24 décembre 2009 contre des camps présumés de cette “filiale” dans le sud et dans l’est du pays. Sanaa a annoncé la mort, au total, d’une soixantaine de djihadistes, mais tout porte à croire que les responsables visés ont échappé aux bombardements, qui ont fait par ailleurs de nombreuses victimes civiles.

Anouar Al-Aulaqi, prédicateur américano-yéménite que l’on retrouve parmi les contacts de Nidal Hasan, l’auteur de la fusillade de Fort Hood (Texas), le 5 novembre 2009, et d’Omar Farouk Abdulmutallab, le porteur d’une bombe sur le vol Amsterdam-Detroit, aurait également échappé au bombardement de sa maison.

La réactivité des Occidentaux face à la menace que représente l’AQPA tranche avec la grande réserve observée depuis des mois vis-à-vis des deux crises majeures pour le Yémen que constituent la rébellion armée dans le nord, active depuis 2004, et les tensions séparatistes qui ne cessent de gagner en vivacité dans le sud. Le premier conflit a notamment entraîné des milliers de morts, même s’il n’existe aucun bilan officiel, ainsi que le déplacement de dizaines de milliers de civils.

Dans un pays où les autorités centrales ont traditionnellement du mal à asseoir leur pouvoir et leur légitimité par rapport à de puissantes tribus, ce dont ont toujours joué les djihadistes, ces deux crises contribuent à l’affaiblissement du président Saleh, dont le régime donne des signes d’usure, vingt ans après une unification pourtant prometteuse.

L’Union européenne avait déploré, en mars 2009, le report de deux ans des élections législatives prévues la même année, faute d’accord entre le parti du président et l’opposition sur les modalités de ce scrutin. Le Yémen est le seul pays du Moyen-Orient à n’avoir pas reçu jusqu’à présent la visite du président Nicolas Sarkozy, qui avait rencontré son homologue à l’Elysée après son élection, en 2007.

Confronté à une baisse des revenus pétroliers qui paralyse une gestion de la politique souvent décriée comme clientéliste, le régime du président Saleh a réagi très favorablement à la proposition britannique de conférence. “C’est un pas dans la bonne direction, un pas qui va permettre de mobiliser un soutien international au Yémen pour combattre le chômage et atténuer les effets de la pauvreté”, a assuré un porte-parole des autorités yéménites.

Le régime du président Saleh a, en effet, tout à gagner d’une mobilisation internationale sur le thème de la lutte contre Al-Qaida. Il n’hésite d’ailleurs pas à mettre en avant le rôle joué, selon lui, par la nébuleuse terroriste dans la contestation sudiste, au grand dam des sécessionnistes.

De son côté, l’opposition accuse le président yéménite de manipuler à son profit un radicalisme islamiste très composite (issu des Frères musulmans comme du salafisme), comme ce fut le cas lors de la brève guerre de sécession du Sud, en 1994, lorsque les anciens “Afghans” conduits par Tareq Al-Fahdli firent le coup de feu aux côtés des forces régulières contre les anciens socialistes.

Ce radicalisme, cultivé notamment dans l’école religieuse Al-Iman du cheikh Abdel Majid Al-Zindani (où a enseigné Anouar Al-Aulaqi), aurait, toujours selon l’opposition, été instrumentalisé dans le nord du pays, contribuant au raidissement d’une communauté zaïdite (une école particulière du chiisme) jugée trop influente, puis à la rébellion armée conduite aujourd’hui par Abdel Malik Al-Houthi.

Côté occidental, la détermination du président yéménite à éradiquer les groupes djihadistes a été souvent source d’interrogations, comme après l’évasion spectaculaire de membres d’Al-Qaida d’une prison de Sanaa, en 2006, dont l’actuel dirigeant de l’AQPA, Nasser Al-Wahichi.

Gilles Paris

_________________________ 6 – JDD

Yémen-Rebelles: Les frappes dénoncées

Les Houthi, insurgés chiites yéménites ont protesté sur leur site internet contre les frappes de l’aviation saoudienne qui ont fait 16 morts dans la zone frontalière entre l’Arabie saoudite et le Yémen au cours du week-end. Les insurgés dénoncent une politique de marginalisation sociale, économique et religieuse menée par les autorités de Sanaa.

_________________________ 5 – Le Parisien

Yémen : les Etats-Unis se font menaçants

Les Etats-Unis n’ont pas l’intention d’ouvrir au Yémen un «deuxième front» dans la guerre contre le terrorisme, ni d’y déployer des troupes… du moins «pour le moment» : c’est ce qu’a affirmé ce dimanche John Brennan, le conseiller anti-terroriste du président américain, sur la chaîne Fox.

Une déclaration a priori rassurante mais qui sonne comme une menace, alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne annoncent le renforcement de leur action dans ce pays de la péninsule arabique, ainsi que sur la côte africaine qui lui fait face, en Somalie.

La colère américaine était déjà palpable samedi. Pour la première fois depuis le jour de Nöël, où Umar Farouk Abdulmutallab, un Nigérian d’une famille aisée, avait tenté de faire exploser un avion qui reliait Amsterdam à Détroit, Barack Obama avait accusé Al-Qaida et sa branche yéménite d’avoir armé et entraîné le jeune mulsulman et d’être directement responsable de la tentative.

Dans son discours hebdomaire à la télévision, le président démocrate avait considérablement haussé le ton en affirmant que les Etats-Unis étaient en guerre contre un «réseau de haine et de violence de grande envergure».

Londres et Washington ferment leurs ambassade à Sanaa…

Le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont décidé ce dimanche de fermer leurs ambassades à Sanaa, la capitale yéménite. Les deux pays évoquent des «raisons de sécurité». John Brennan, le conseiller de Barack Obama a expliqué sur CNN que, «selon certaines indications, Al-Qaïda prépare un attentat contre une cible à Sanaa, qui pourrait être notre ambassade». Aucune date n’a été fixée pour une réouverture. Par prudence, l’Espagne a restreint l’accès public à son ambassade.

… et vont renforcer leur action au Yémen et en Somalie

Londres et Washington entendent également lutter davantage «contre le terrorisme» au Yémen et en Somalie, en bonne intelligence avec le gouvernement yéménite. Ils prévoient notamment de financer une unité spéciale de police anti-terroriste au Yémen et de fournir un soutien plus important aux garde-côtes yéménites, selon Downing Street.

Samedi, le commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan, le général David Petraeus, avait réaffirmé lors d’un déplacement au Yémen le soutien de son pays à Sanaa dans ses efforts visant à lutter contre le terrorisme. Des renforts militaires ont notamment été dépêchés dans des provinces de l’est du Yémen pour pourchasser des éléments d’Al-Qaïda.

La Grande-Bretagne et les Etats-Unis devraient aussi demander le renforcement de la force de maintien de la paix en Somalie au Conseil de sécurité des Nations unies, pour lutter contre les shebab, des islamistes radicaux proches d’Al-Qaïda. Une force de paix de l’Union africaine, l’Amisom, est actuellement déployée en Somalie. Elle compte quelque 5.300 soldats.

_________________________ 4 – Le Figaro

Washington veut «anéantir» al-Qaida au Yémen

Adèle Smith ,

L’Administration n’envisage pas de dépêcher des troupes «pour le moment».

Après l’Irak et l’Afghanistan, le Yémen ? L’Administration américaine se défend de vouloir lancer un nouveau front dans ce pays de la péninsule arabique, et Barack Obama se garde d’utiliser la rhétorique de «guerre contre le terrorisme». Mais tout indique que le président américain entend éradiquer le groupe al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqap), lequel multiplie les attaques depuis la fusion de ses branches yéménite et saoudienne il y a un an.

C’est cette cellule qui a revendiqué l’attentat manqué du 24 décembre sur un avion assurant la liaison Amsterdam-Detroit. John Brennan, le conseiller antiterroriste du président, a déclaré dimanche que les États-Unis allaient «anéantir» al-Qaida, tout en affirmant n’avoir aucune intention de déployer des troupes «pour le moment» au Yémen .

Dans un premier temps, Washington veut travailler de concert avec les autorités de Sanaa. «Le gouvernement yéménite fait preuve de bonne volonté pour combattre al-Qaida et est enclin à accepter notre aide. Nous fournissons tout ce qu’ils demandent. Ils ont vraiment progressé», a expliqué John Brennan. Plusieurs facteurs indiquent cependant que la tension sur place augmente.

Dimanche, les États-Unis et le Royaume-Uni ont fermé leurs ambassades respectives à Sanaa en raison de la crainte d’un attentat. Samedi, Barack Obama a consacré l’essentiel de son intervention radio à la branche locale d’al-Qaida, la citant pour la première fois publiquement.

Il confirme ainsi les revendications de celle-ci, promettant qu’elle devra rendre des comptes pour la tentative d’attentat contre le vol 253. «Tous ceux qui sont impliqués dans l’attaque terroriste manquée de Noël doivent le savoir : vous devrez en répondre», a-t-il averti.

Visite surprise de Petraeus

Dans un effort destiné à apaiser les Américains et à battre en brèche les accusations des républicains le décrivant comme «faible» dans la lutte contre le terrorisme, le président a rappelé ses propos tenus lors de son investiture.

Il avait alors parlé des États-Unis comme étant «toujours en guerre» et avait promis de «n’épargner aucun effort pour vaincre» la nébuleuse terroriste.

Samedi, il a également fait allusion à de récents succès, sans toutefois mentionner les attaques aériennes contre les bases d’al-Qaida au Yémen les 17 et 24 décembre dernier. «Des camps d’entraînement ont été touchés, des leaders éliminés, des attentats évités», a-t-il affirmé, rappelant que de «nombreuses vies» américaines avaient été sauvées grâce aux efforts des États-Unis et de leurs alliés ces derniers mois. John Brennan s’est fait plus précis dimanche : «Nous avons des renseignements solides qui indiquent qu’al-Qaida est en train de former des hommes au Yémen.»

Le commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan, le général Petraeus, a fait, quant à lui, une visite surprise samedi au président yéménite, Ali Saleh, officiellement pour le féliciter de ses efforts et pour annoncer un doublement de l’aide à son pays estimée à 70 millions de dollars en 2009.

Le Royaume-Uni se joindra aux États-Unis dans ce soutien, pour former notamment une unité spéciale antiterroriste et protéger les frontières. Un sommet consacré au Yémen aura lieu le 28 janvier à Londres. Mardi, Barack Obama consacrera sa réunion spéciale avec les chefs des agences de sécurité à l’attentat manqué de Noël et à la situation dans ce pays arabe.

Les attaques récentes de drones ­(avions sans pilote) montrent la détermination des États-Unis d’éradiquer al-Qaida et laissent présager de nouveaux raids. Mais le problème dépasse les frontières du Yémen, avec des ramifications en Somalie, en Arabie saoudite et dans toute la région.

_________________________ 3 – AFP

Yémen: les ambassades américaine et britannique toujours fermées

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont maintenu lundi leurs ambassades fermées à Sanaa, pour le deuxième jour consécutif, en raison de menaces d’al Qaïda, selon des sources occidentales.

Un responsable de la sécurité de l’ambassade américaine, joint au téléphone par l’AFP, a indiqué que la chancellerie était fermée lundi, sans préciser la date de sa réouverture.

Une source diplomatique occidentale a par ailleurs indiqué que l’ambassade britannique était également fermée.

Des policiers yéménites étaient déployés en force lundi matin autour des deux chancelleries voisines, ainsi que des ambassades d’Allemagne et d’Arabie saoudite, selon un journaliste de l’AFP.

L’ambassade américaine avait annoncé dimanche dans un communiqué qu’elle était fermée “en raison de l’existence de menaces d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqap) contre les intérêts américains au Yémen”.

Le conseiller pour la lutte antiterroriste du président américain Barack Obama, John Brennan, avait affirmé sur CNN dimanche soir que “selon certaines indications, Al-Qaïda prépare un attentat contre une cible à Sanaa, qui pourrait être notre ambassade”.

Le Foreign Office avait également indiqué que la fermeture de l’ambassade de Grande-Bretagne était due à des “raisons de sécurité”.

En revendiquant l’attentat manqué perpétré le jour de Noël par le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab sur un avion américain se rendant d’Amsterdam à Detroit, l’Aqap a promis la mort à “tous les croisés” et affirmé que l’attaque était une riposte à un raid mené en décembre contre ses membres au Yémen.

_________________________ 2 – Le Point avec Reuters

Menaces au Yémen, Washington et Londres ferment leurs ambassades

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont fermé dimanche leurs ambassades au Yémen en raison d’une menace d’attentat contre leurs intérêts dans ce pays.

La mission américaine affirme avoir reçu une menace du réseau Al Qaïda qui, d’après les services de renseignement américains, est de plus en plus présent dans ce pays.

A Londres, le Foreign Office a invoqué des raisons de sécurité pour expliquer la fermeture de l’ambassade du Royaume-Uni à Sanaa.

L’ambassade d’Espagne a quant à elle restreint l’accès à ses bureaux, également pour des raisons de sécurité, mais demeurait ouverte et ses services fonctionnaient normalement. Selon le journal El Mundo, l’ambassade d’Espagne sera toutefois fermée au public lundi.

Washington dispose d’indications selon lesquelles Al Qaïda prépare un attentat contre un objectif à Sanaa, a déclaré dimanche un proche collaborateur du président américain Barack Obama, sans préciser de quel objectif il pouvait s’agir.

“Nous savons qu’Al Qaïda est présent là-bas. Nous savons que nous devons nous tenir sur nos gardes”, a déclaré à la chaîne CNN John Brennan, conseiller d’Obama à la Sécurité intérieure et à la lutte antiterroriste.

Al Qaïda a affirmé que la tentative d’attentat jour de Noël contre un avion américain constituait une riposte à l’implication des Etats-Unis au Yémen et à leur soutien militaire au gouvernement yéménite qui a lancé une offensive contre le groupe islamiste.

ENTRAINÉ AU YEMEN

Brennan a déclaré un peu plus tard sur “Fox News Sunday” que le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab, inculpé pour cette tentative d’attentat, avait été entraîné au Yémen dans un camp d’activistes touché en décembre lors d’un raid dans lequel des dirigeants auraient été tués ou grièvement blessés.

“Au cours du mois dernier, al Qaïda a essuyés plusieurs coups et plusieurs dirigeants d’al Qaïda au Yémen ne sont plus de ce monde en raison de cette action déterminée et agressive”, a-t-il dit.

Selon Brennan, il y a “plusieurs centaines” de membres d’al Qaïda au Yémen et les services de renseignement s’efforcent de déterminer “s’il n’y a pas là un autre Abdulmutallab”.

“L’ambassade des Etats-Unis à Sanaa est fermée aujourd’hui 3 janvier 2010 en raison de menaces d’Al Qaïda dans la péninsule Arabique contre les intérêts américains au Yémen”, lit-on dans un communiqué diffusé sur le site de la mission diplomatique.

Le Yémen a d’ores et déjà renforcé les mesures de sécurité sur ses côtes pour empêcher que des islamistes s’introduisent dans le pays en provenance de Somalie. Selon l’agence de presse officielle Sana, les autorités ont placé sous une surveillance 24 heures sur 24 des activistes d’Al Qaïda dans deux provinces du littoral après que des militants somaliens eurent affirmé être prêts à envoyer des renforts à Al Qaïda au Yémen.

Le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a reçu samedi à Sanaa le général américain David Petraeus, chef du commandement central américain (Centcom), et discuté avec lui d’un renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines économique, militaire et de sécurité.

Mais le ministre yéménite des Affaires étrangères Aboubakr al Kirbi, cité dimanche par l’agence de presse yéménite, a déclaré que son gouvernement ne coordonnait pas avec Washington ses attaques contre Al Qaïda.

Prié de dire si le Yémen avait accepté de donner son feu vert à des frappes aériennes américaines contre des objectifs d’Al Qaïda au Yémen, Kirbi a répondu qu'”il n’existe aucun accord avec les Etats-Unis dans ce domaine”.

POLICE ANTITERRORISTE

En revanche, selon le ministre, le Yémen coopère avec divers pays étrangers en matière d’échange d’informations et de formation.

Le général Petraeus a déclaré récemment que les Etats-Unis doubleraient leur aide militaire au Yémen, où les autorités sont aux prises notamment avec une rébellion chiite dans les montagnes du nord du pays.

Ces insurgés de la secte Zaïdi sont en lutte contre le gouvernement de Sanaa depuis 2005. Le conflit a fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Dans le Sud essentiellement sunnite, les autorités ont dû faire face à des manifestants séparatistes qui réclament l’indépendance de leur région. Le Sud-Yémen a été réunifié à son voisin du Nord en 1990 et n’a pas réussi à faire sécession lors du conflit de 1994.

Washington cherche le moyen de développer sa coopération militaire et dans le domaine du renseignement avec le Yémen, afin d’accentuer la pression sur Al Qaïda dans la péninsule arabique.

Les Etats-Unis et la Grande-Bretagne ont convenu à cet égard de financer une force de police antiterroriste au Yémen, a annoncé dimanche le gouvernement britannique. Cette coopération, qui portera aussi sur la Somalie, prend forme une semaine après l’attentat manqué contre le vol Amsterdam-Detroit.

Selon Aboubakr al Kirbi, 300 activistes d’Al Qaïda seraient actifs au Yémen.

Deux élues américaines – une sénatrice républicaine et une représentante démocrate – ont exhorté dimanche la Maison blanche à ne pas rapatrier des Yéménites détenus sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, que Barack Obama a promis de fermer.

Il reste 91 prisonniers yéménites au centre de détention Guantanamo, ouvert en 2002. Six détenus ont été rapatriés au Yémen en décembre.

Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, organisera le 28 janvier une conférence sur le Yémen, en marge de celle déjà programmée à Londres sur l’Afghanistan.

Avec Alan Elsner et Jackie Frank à Washington,
version française Eric Faye,
Jean-Loup Fiévet et Nicole Dupont

_________________________ 1 – Le Nouvel Obs avec AP

Le Yémen renforce ses troupes dans des bastions d’Al-Qaïda

Le Yémen a déployé des centaines de soldats supplémentaires dans deux provinces montagneuses de l’est de son territoire, bastions d’Al-Qaïda où pourrait s’être rendu le jeune Nigérian accusé d’avoir voulu commettre un attentat à bord du vol Amsterdam-Detroit le jour de Noël, selon des responsables de la sécurité.

L’envoi de ces renforts dans une région reculée largement hors de contrôle du gouvernement central témoigne des efforts récents de Sanaa pour lutter contre le terrorisme. Les Etats-Unis envisagent pour leur part de plus que doubler leur aide anti-terroriste à ce pays en 2010, comme l’a annoncé le général David Petraeus, commandant des forces américaines engagées en Irak et en Afghanistan, reçu par le président Ali Abdullah Saleh samedi, selon un responsable gouvernemental yéménite.

Washington a consacré 67 millions de dollars (46,8 millions d’euros) à la formation et au soutien au Yémen contre le terrorisme en 2009. Seul le Pakistan a reçu davantage -environ 112 millions (78,2 millions d’euros).

Le président Barack Obama a accusé samedi la branche yéménite d’Al-Qaïda d’avoir entraîné et équipé le Nigérian de 23 ans Umar Farouk Abdulmutallab, qui a tenté d’allumer un dispositif explosif peu avant l’atterrissage de son avion à Detroit le 25 décembre. Le jeune homme, qui a été maîtrisé et arrêté, a déclaré aux enquêteurs américains avoir reçu formation et ordre de dirigeants d’Al-Qaïda au Yémen.

Les enquêteurs américains et yéménite essaient depuis de retracer le passage du suspect au Yémen, où il a séjourné d’août au 7 décembre dernier, officiellement pour étudier l’arabe à Sanaa. Il a en fait disparu la plupart du temps et pourrait s’être rendu dans les provinces de Marif ou Jouf, bastions orientaux du réseau d’Oussama ben Laden, où les djihadistes ont tué de nombreux responsables locaux de la sécurité ces derniers mois.

Umar Farouk Abdulmutallab pourrait aussi être avoir entretenu une correspondance électronique avec l’imam radical yéméno-américain Anwar al-Awlaqi, sympathisant d’Al-Qaïda et de la “guerre sainte” contre les Occidentaux, qui se cache au Yémen, d’après des responsables de la sécurité ayant requis l’anonymat.

Anwar Al-Awlaqi avait échangé des dizaines de courriels avec le major américain d’origine palestinienne Nidal Malik Hasan, accusé du massacre de la base militaire texane de Fort Hood, qui avait fait 13 morts.

Dans les régions de Marif et Jouf, de nombreux dirigeants tribaux mécontents du gouvernement de Sanaa ont offert l’asile aux combattants d’Al-Qaïda, yéménites et étrangers venant notamment d’Arabie saoudite, d’Irak ou d’Afghanistan.

L’armée yéménite a mené des raids aériens et terrestres contre des repaires d’Al-Qaïda dans les provinces alentour en décembre, visant des dirigeants de la branche locale du réseau terroriste.