13/08/10 (B565) Portrait d’un notaire devenu “notaire aux petits oignons” pour soutenir la dictature. Va-t-il jusqu’à utiliser son “aura” ministériel, pour avaliser des faux témoignages propres à disculper certains hauts responsables civils et militaires en charge de la pérennisation de la dictature ? Même si la réponse ne peut pas être donnée de façon ni affirmative ni catégorique, certains témoins et des victimes s’élèvent aujourd’hui, pour dénoncer des pratiques qu’ils jugent “curieuses” au sein de son étude …

Abdallah Mohamed Kamil s’était illustré dans la lutte contre le régime colonial. Après l’indépendance, il a été nommé Premier ministre le 5 février 1978, succédant à Ahmed Dini qui avait démissionné. Il ne conservera le poste que pendant une durée courte, puisque le 2 octobre 1978, il cède le fauteuil à Barkat Gourad qui lui, saura faire durer le plaisir, jusqu’au 7 mars 2001, date de la nomination de Dileita.

Depuis 1978, Abdallah Kamil a privilégié une certaine discrétion politique. Certes il a accompagné le FRUD dans les année 90 et probablement, il a participé à des actions de lobbying auprés des Gouvernements Erythréen et Ethiopien. Aujourd’hui et depuis que Guelleh est devenu Président, il semble avoir enterré les différents motifs de revanche qu’il aurait pu avoir contre Guelleh, tant sur le plan personnel que politique.

Honorablement installé comme notaire à Djibouti et membre du conseil constitutionnel, c’est un notable. Ancien élève de Science Po à Paris, il jouit désormais de sa forturne mais il semble qu’il n’hésiterait pas à user de “l’aura” conféré par sa charge ministérielle pour donner un petit coup de main au régime dictatorial, lorsque ce dernier est au pied du mur.

Par exemple, il est intervenu pour certifier des témoignages douteux contre Abdallah Deberkalleh qui s’était exprimé sur le massacre de 60 membres du groupe Afar d’Ali Mirrah, exterminés à la frontière avec le Somaliland (Guerissa, Guestir et Aicha-Adda) (10 environ avaient survécu) par l’AND en application des ordres qui auraient pu avoir été donnés par Guelleh à son complice le fameux Zakaria (lien).

Abdallah Deberkalleh a toujours soutenu ses affirmations, que ce soit dans la presse somalilandaise ou devant la Justice française, quand il témoignait contre Zakaria en faveur de notre association.

Déclaration de M Deberkalleh à la presse somalilandaise
Les déclarations de M Deberkalleh au journal Jamhuuriya N° 1345 du 21 octobre 2000 avait été prise très au sérieux par la Présidence qui avait effectué une traduction du Somali vers le Français.




____________________________



La lettre de l’Océan indien (version anglaise) du 2 novembre 1991

_____________________________________________

A posteriori et pour venir en aide à ce bon Zakaria (*), le Grand Zakaria, pas son homonyme dit “Zakouille la fripouille”, Abdallah Kamil qui avait certainement pardonné à Guelleh l’enlèvement de sa “Belle Hélène”, a accepté de recevoir et de contre-signer en son étude, des témoignagnes pour le moins douteux.

– D’abord celui d’un proche cousin d’Abdallah Deberkalleh, le dénommé Youssouf Deberkalleh Mohamed,

– Puis Gaas Adou Ahmed, …

Tous les deux accusent Abdallah Deberkalleh de mensonges et font l’éloge des qualités humaines, des qualités de coeur et du sens de la responsabilité et de l’hospitalité du fameux Zakaria : les Djiboutiens savent la vérité à son sujet …

Passons ! Sauf que certains témoins prétendent qu’Abdallah Kamil aurait rendu visite, à l’époque des faits, à l’hôpital à certains rescapés de la tragédie, en compagnie de Jean-Paul Noël Abdi. Il ne pouvait donc pas ignorer ni la tragédie ni le massacre.

Si ce point était confirmé, aurions-nous la preuve d’un acte de félonie de la part du “notaire aux petits oignons” ? Probablement.

En tout cas, il n’a eu aucun scrupule à enregistrer et à certifier les témoignages ci-dessous. Pour un notaire qui connaît le droit et les peines prévues pour faux témoignage, on peut se poser des questions. Pour un membre issu d’une ethnie, on verrait plutôt la trahison de ses soeurs et frères.

Bref, le notaire de Djibouti est un “notaire aux petits oignons” pour Guelleh. Est-ce lui qui va affecter aux proches du régime, les titres de propriété des terrains laissés vacants par les incendies organisés ?

__________________________

(*) Il s’agit bien du Général Zakaria, qui avait attaqué l’ARDHD en diffamation et qui était défendu … par Me Aref – le Corbeau repenti.

Abdallah Deberkalleh, Ali Iftin, Mohamed Alhoumekani, Roger Picon et Ali Coubba étaient venus à la barre pour témoigner contre Zakaria et conforter la défense de l’ARDHD.

A noter que c’était la première fois que l’on évoquait devant un tribunal français, la torture, les viols, la corruption et les crimes massifs perpétrés à Djibouti sous les ordres de Gouled, puis de Guelleh.