14/08/10 (B565) Yémen Express – Le travail des enfants atteint des proportions alarmantes – Le Yémen rend publique une nouvelle liste des terroristes d’al-Qaïda les plus recherchés – Yémen : les personnes déplacées par les combats désormais confrontées aux intempéries – Le numéro deux d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique menace le gouvernement saoudien (3 articles)

_______ 3 – Angola Press

Yémen : Le travail des enfants atteint des proportions alarmantes

Après la mort de leur père il y a deux ans, Rasil et Anouar ont été placés dans un garage automobile de Sanaa, venant ainsi grossir la cohorte d’enfants forcés d’entrer sur le marché du travail au Yémen, le plus pauvre des pays de la péninsule arabique.

Rasil al-Kamiri, 11 ans, et son frère Anouar, âgé de 8 ans et muet de naissance, passent le plus clair de leur temps les mains dans le cambouis, nettoyant des pièces détachées pour pouvoir nourrir le reste de la famille restée au village d’Al-Akhmoor, à 300 kilomètres au sud de la capitale.

“Je travaille jour et nuit”, dit laconiquement Rasil alors qu’Anouar, le sourire innocent, observe les gestes de son aîné pour pouvoir les imiter. Selon une étude de 2010 de l’ONG basée aux Etats-Unis CHF International, cinq des onze millions d’enfants yéménites travaillent. Les trois cinquièmes ne sont pas scolarisés.

Selon l’organisation, 40% de ces enfants sont forcés à travailler entre l’âge de 7 et 13 ans et 10% commencent à travailler à 9 ans. Ce taux atteint 20% à 12 ans et 40% à 13 ans. Plus encore, 80% de cette population effectue des travaux dangereux ou fatigants et 60% utilisent des outils dangereux pour leur âge, tandis que 30% avouent avoir été blessés ou être tombés malades au travail.

Un cinquième sont maltraités et 10% victimes d’abus sexuels, selon l’étude qui relève que certains parents poussent leurs enfants à aller travailler en Arabie saoudite voisine où ils peuvent gagner quelque 400 dollars par mois, un montant très supérieur aux salaires yéménites.

______ 2 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Le Yémen rend publique une nouvelle liste des terroristes d’al-Qaïda les plus recherchés

Le ministère yéménite de l’Intérieur a publié jeudi une nouvelle liste des terroristes d’al-Qaïda les plus recherchés, et qui comprend huit individus.

Sur la liste figurent les noms, les photos et d’autres informations concernant les huit personnes, dont l’âge et le lieu de naissance, a précisé le ministère dans un communiqué affiché sur son site Internet.

Dans son communiqué, le ministère de l’Intérieur a fait savoir que les brochures de la nouvelle liste, qui sont assez petites pour être mises dans la poche, ont été distribuées à tous les commissariats de police et points de contrôle de sécurité dans le pays.

“Les enquêtes ont révélé que les huit terroristes les plus recherchés étaient impliqués dans un certain nombre de crimes et de sabotage commis dans la province de Marib (nord-est) et de la province de Shabwa (sud-est)”, affirme le communiqué.

Selon le communiqué, la distribution de la nouvelle liste contribuera à accélérer le processus de leur arrestation là où ils font apparition, et une telle mesure s’inscrit dans le cadre d’une campagne de traque continue des membres d’al-Qaïda en vue de resserrer le cordon de sécurité à leur encontre.

Le Yémen, pays natal des ancêtres du leader du réseau d’al-Qaïda, Oussama ben Laden, a intensifié les opérations de sécurité et les raids aériens contre les groupes terroristes, après que la branche d’al-Qaïda au Yémen eut revendiqué un attentat avorté visant à faire exploser un avion de ligne américain à destination de Detroit l’an passé.

_______________ 2 – CICR

Yémen : les personnes déplacées par les combats désormais confrontées aux intempéries

Dans le nord du Yémen, des milliers de personnes passeront le Ramadan loin de chez elles, certaines pour la deuxième fois ou plus. Les mauvaises conditions météorologiques viennent s’ajouter aux difficultés quotidiennes que rencontrent les déplacés internes et les populations locales touchés par la dernière vague de combats qui s’est achevée en février 2010.

Vers la mi-juillet, des affrontements intenses ont été signalés dans la région instable de Harf Sufyan, dans le gouvernorat d’Amran (nord du pays). Depuis, des accrochages sporadiques se poursuivent, ce qui aggrave une situation déjà difficile sur le plan humanitaire.

« De nombreuses personnes sont sans ressources après avoir dû fuir en raison des combats. Elles ne peuvent pas regagner leur foyer et s’efforcent de survivre du mieux qu’elles peuvent », déclare Jean-Nicolas Marti, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) au Yémen. « Les fortes pluies, les vents violents et d’autres conditions extrêmes rendent la vie encore plus pénible à ceux qui ont trouvé refuge dans des abris de fortune. »

Le mois dernier, les pluies ont provoqué des inondations intermittentes dans l’est et le nord du pays, bloquant certaines routes et coupant des communautés entières les unes des autres. Selon des sources officielles, le prix des denrées de base tels que les produits laitiers, le sucre, le riz, la viande et les légumes est monté en flèche. Comme ces prix élevés restent inabordables pour bon nombre, les commerçants ont décidé, pour la plupart, de fermer jusqu’à ce que la situation s’éclaircisse. Par conséquent, les habitants ont toujours plus de peine à satisfaire leurs besoins les plus essentiels.

« Les temps sont durs pour tout le monde au Yémen, mais surtout pour les communautés du nord, touchées par la vague de combats qui s’est achevée en février 2010. En particulier, ceux qui ont presque tout perdu sont encore plus dépendants de l’aide extérieure qu’ils peuvent trouver, quelle qu’elle soit », explique M. Marti. « Le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen font tout leur possible pour rendre supportable la vie des déplacés internes hébergés dans les camps et ailleurs. »

Le CICR travaille dans le nord du pays depuis 2004. En coopération étroite avec le Croissant-Rouge du Yémen, l’institution s’emploie à alléger les souffrances des dizaines de milliers de personnes victimes du conflit armé qui ressurgit régulièrement. Malgré le contexte imprévisible, l’année dernière, les deux organisations ont fourni eau, vivres, abri et soins médicaux de base à au moins 150 000 personnes déplacées ou résidentes dans les gouvernorats de Saada et d’Amran.

Outre ses opérations dans le nord, le CICR a développé ses activités dans d’autres régions du pays. Il a récemment ouvert un bureau dans la ville d’Aden, au sud, où sa priorité consiste actuellement à s’assurer que le personnel et les volontaires du Croissant-Rouge du Yémen soient formés et capables d’intervenir efficacement en cas d’urgence. De plus, l’institution a commencé à travailler à deux projets visant à procurer de l’eau potable à plus de 14 000 personnes dans le gouvernorat de Lahj.

Vivres et autres articles essentiels

Dans le nord, bon nombre ne peuvent pas rentrer chez eux à cause des tensions persistantes et n’ont nulle part où aller. Le CICR et le Croissant-Rouge du Yémen ont pris des initiatives pour les aider à s’en sortir. Le mois dernier, ils ont :

  • distribué des rations alimentaires pour un mois, contenant de la farine de blé, du riz, des haricots, de l’huile, du sucre et du sel, à plus de 17 000 personnes dans les districts de Sahar et d’Al-Safra (gouvernorat de Saada) et dans la région de Damaj, à 6 500 déplacés internes vivant dans des camps à Saada, et à 200 résidents d’un camp de la ville d’Amran ;
  • donné des couvertures, des matelas, des assortiments d’ustensiles de cuisine et d’autres articles ménagers de première nécessité à plus de 2 500 personnes dans la vieille ville de Saada et dans le district d’Al-Safra, ainsi qu’à 200 personnes déplacées hébergées dans un camp à Amran. En outre, environ 6 500 déplacés internes vivant dans l’un des six camps du gouvernorat de Saada ont reçu des seaux, des jerrycans et d’autres biens essentiels ;
  • fourni des bâches en plastique à plus de 6 500 personnes déplacées vivant dans des camps à l’intérieur ou aux alentours de la ville de Saada, et remplacé les tentes endommagées de 1 800 autres sinistrés pour les aider à mieux se protéger des pluies torrentielles récentes.

Approvisionnement en eau potable

Le mois dernier, en coopération étroite avec le Croissant-Rouge du Yémen, le CICR a :

  • terminé la construction de deux réseaux ruraux d’approvisionnement pour donner accès à l’eau potable à plus de 1 500 personnes de retour à Al-Khodad et Al-Masro, dans le gouvernorat de Saada ;
  • continué de distribuer quelque 450 000 litres d’eau par jour dans 75 points d’eau du gouvernorat de Saada, et de fournir suffisamment de diesel pour faire fonctionner la totalité du réseau d’approvisionnement en eau de la ville du même nom. Deux forages que l’institution a modernisés dans la vieille ville couvrent les besoins de près de 120 000 personnes touchées par le conflit, dont quelque 10 600 déplacés internes vivant dans des camps gérés par le Croissant-Rouge du Yémen ;
  • fourni de l’eau potable à plus de 9 000 personnes déplacées et résidents locaux vivant dans les régions d’Al-Gubba, Khaiwan al-Hamra, Khaiwain al-Medina, Khamer et Houth, dans le nord du gouvernorat d’Amran, ainsi qu’achevé la construction de cinq nouveaux points d’eau et remis en état un autre qui avait été détruit durant le conflit dans la zone d’Al-Harf (nord-est du gouvernorat) ;
  • poursuivi ses travaux dans le cadre de deux projets ruraux dans les régions de Samaan al-Baqri et de Kawkaban (gouvernorat de Lahj), qui visent à fournir de l’eau potable à plus de 14 000 personnes.

Soins de santé

En juillet et début août, le CICR a :

  • amélioré l’accès aux soins de santé de base en terminant la rénovation du centre de santé du Croissant-Rouge du Yémen à Saada, et continué de moderniser le centre du Croissant-Rouge à Amran et un hôpital public à Houth ;
  • continué d’appuyer 11 structures de soins de santé du Croissant-Rouge du Yémen dans le gouvernorat de Saada, où plus de 4 600 consultations ont été tenues. Dans le gouvernorat d’Amran, les deux établissements de soins de santé qui bénéficient d’un soutien du CICR, à Khaiwan al-Hamra et Khaiwan al-Medina, ont donné au total près de 850 consultations ;
  • fourni au nouvel entrepôt médical du Croissant-Rouge du Yémen à Saada des fournitures pour les soins de santé primaires et des articles à usage unique en quantité suffisante pour quatre mois au maximum (notamment des comprimés, des antibiotiques, des produits injectables, des sirops destinés aux enfants et des solutions intraveineuses) ;
  • organisé trois cours sur les premiers secours destinés aux formateurs (deux à Aden et un à Sanaa) ; par conséquent, 58 volontaires de 13 sections du Croissant-Rouge du Yémen seront désormais en mesure de former d’autres volontaires à intervenir efficacement en cas d’affrontements armés, de catastrophe naturelle ou d’autres situations d’urgence ;
  • tenu une réunion de deux jours à Aden pour examiner les moyens d’améliorer les services offerts aux patients dans les cinq centres de réadaptation physique appuyés par le CICR (à Aden, Al-Mukalla, Saada, Sanaa et Taiz).

Les 25 participants représentaient ces cinq centres, le Fonds social pour le développement, le Fonds pour la réadaptation et l’assistance aux personnes handicapées et quatre ministères nationaux.

_______________ 1 – Radio Chine Avec XINHUA

Le numéro deux d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique menace le gouvernement saoudien

Le numéro deux d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), Saeed Ali al-Shihri, a menacé de renverser le gouvernement saoudien en donnant des instructions à ses partisans dans le pays.

Saeed Ali al-Shihri, basé au Yémen, a proféré cette menace dans un enregistrement audio publié mardi sur Internet.

Il y a des partisans d’Al-Qaïda tant dans la police que dans les forces armées saoudiennes, a déclaré al-Shihri, en appelant ces partisans à renverser le gouvernement saoudien, parce qu’il “collabore avec” les Etats-Unis pour contrôler le monde arabe.

L’AQPA a perpétré ces deux derniers mois une série d’attentats meurtriers contre des infrastructures de sécurité au Yémen ainsi que contre des intérêts occidentaux dans le sud du Yémen.

La semaine dernière, le groupe terroriste a revendiqué la responsabilité de deux attentats, perpétrés respectivement le 22 et 25 juillet dans la province riche en pétrole de Shabwa (sud-est), qui se sont soldés par la mort de 12 soldats de sécurité, dont plusieurs officiers de haut rang.

Al-Shihri, ancien détenu de Guantanamo, avait appelé, dans un enregistrement audio, les cellules régionales d’Al-Qaïda à enlever des Chrétiens, des princes et des responsables saoudiens pour pousser le gouvernement saoudien à libérer leurs militants détenus en Arabie saoudite.

Le groupe terroriste a également juré “de perpétrer davantage d’attentats contre les intérêts du gouvernement saoudien au Yémen”.

Le Yémen, pays natal du chef d’Al-Qaïda, Oussama ben Laden, a intensifié les opérations de sécurité et les raids aériens contre les groupes terroristes, après que le cellule d’Al-Qaïda au Yémen eut revendiqué une tentative d’attentat à la bombe sur un avion de ligne américain à destination de Détroit en décembre 2009.