30/10/10 (B576) Nouvelles de Somalie – l’ONU condamne l’exécution de deux jeunes femmes – Violents affrontements en Somalie – le désaccord entre les dirigeants au sujet du nouveau Premier ministre persiste – Deux jeunes filles exécutées publiquement en Somalie pour “espionnage” – les islamistes exécutent deux jeunes filles pour espionnage – Deux adolescentes exécutées par des islamistes en Somalie (6 articles)

___________________ 6 – Centre d’informations de l’ONU

Somalie : l’ONU condamne l’exécution de deux jeunes femmes

Le Représentant spécial de l’ONU pour la Somalie, Augustine Mahiga, a condamné vendredi, de la manière la plus ferme possible, l’exécution sommaire de deux jeunes femmes accusées d’espionnage dans la localité de Beledweyne, dans le centre de la Somalie.

« L’exécution publique sommaire de ces deux jeunes femmes qui n’ont eu aucun recours légal pour assurer leur défense est un acte horrible qui montre le mépris complet des extrémistes pour la vie humaine, en particulier celle des personnes vulnérables », indique-t-il dans un communiqué rendu public vendredi.

« Les responsables de ce crime épouvantable doivent rendre des comptes », ajoute-t-il, avant d’adresser ses sincères condoléances aux familles et aux proches de deux jeunes femmes.

Selon la presse, ce sont des membres des milices islamistes Shebab qui sont responsables de ces exécutions par balles, organisées mercredi devant une centaine de personnes, à Beledweyne. Les deux jeunes femmes étaient âgées de 17 ou 18 ans selon des témoignages cités par la presse, qui rapporte également qu’après l’exécution, le commandant régional des Shebab, Cheikh Youssouf Ali Ougas, aurait indiqué que des dizaines d’autres personnes étaient détenues à Beledweyne pour le même motif et encouraient la même peine.

Ce mois-ci, la ville a été le théâtre de violents combats entre les milices Shebab qui ont fait allégeance à Al-Qaïda et contrôlent la plus grande partie du centre et du sud de la Somalie et les forces du le Gouvernement fédéral de transition, soutenu et protégé par la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM).

_______________________ 5 – Afrique Actu

Violents affrontements en Somalie

Jean-Pierre Ndongo

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a tiré vendredi la sonnette d’alarme sur la détérioration de la situation humanitaire à la frontière entre le Kenya et la Somalie où des centaines de personnes fuient les combats.

« Cette semaine, nous avons vu des centaines de Somaliens fuyant les affrontements survenant dans la ville frontalière de Beled Hawo en Somalie, entre Al-Shabaab et Ahlu Sunna Wal Jamaa, une milice alliée au Gouvernement somalien de transition », a déclaré un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d’une conférence de presse à Genève, en Suisse.

« Hier, plus de 7.100 réfugiés squattaient le site du Point de frontière numéro un, situé à environ 500 mètres de la frontière entre la Somalie et le Kenya. Ce sont principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées. Leurs conditions de santé et de sécurité se détériorent d’heure en heure. Certaines de ces personnes dorment en plein air dans ce lieu depuis l’éruption des combats le 17 octobre dernier », a-t-il ajouté.

Le HCR indique que l’un des camions de l’organisation humanitaire, Islamic Relief Worldwide, a été touché jeudi par des tirs lors d’une livraison de matériel d’aide d’urgence à des réfugiés sur la frontière. L’incident a provoqué une suspension des activités humanitaires. La distribution de l’aide humanitaire a malgré tout repris vendredi matin après que les autorités kényanes aient sécurisé le site.

« Le HCR exhorte les autorités kényanes à permettre le transfert de ces personnes dès que possible. En début de semaine, nous avons identifié avec les autorités un site approprié appelé Garbakole situé à environ 11 kilomètres de la frontière. Cependant, nous attendons toujours le feu vert des autorités centrales et locales pour nous permettre d’accéder à ce site », a souligné Adrian Edwards.

« Parallèlement, selon des informations sommaires depuis la Somalie, les conditions de ces personnes déplacées depuis la toute dernière escalade de violence sont épouvantables. Ces personnes sont dans une situation désespérée alors qu’aucune agence humanitaire ne peut accéder à eux », a-t-il conclu.

_________________________ 4 – French News avec XINHUA

Somalie : le désaccord entre les dirigeants au sujet du nouveau Premier ministre persiste

Les députés somaliens ont promis se rencontrer mardi pour confirmer le Premier ministre nouvellement nommé, un jour plus tôt que la date prévue par le président du parlement, agravant davantage le désaccord entre les principaux dirigeants.

Le président somalien Sheikh Sharif Ahmed et le président du parlement Sharif Hassan Sheikh Adan sont ouvertement en désaccord sur la façon d’organiser le vote de confirmation du nouveau Premier ministre désigné.

Le dirigeant somalien maintient que le vote est ouvert pendant que le président du parlement estime qu’il devrait être secret.

Plus de 200 députés favorables au président se sont rencontrés à Mogadiscio, la capitale somalienne, et ont annoncé la tenue d’une session parlementaire mardi en dépit de la déclaration du président du parlement selon laquelle elle aura plutôt lieu mercredi.

Les députés ont affirmé que la décision du président du parlement de reporter la session parlementaire était anticonstitutionnelle et qu’ils désigneront un président par intérim si l’actuel et ses adjoints n’assistent pas et ne président pas les travaux.

Le différend est apparu lorsque les deux officiels ont émis pendant le week-end deux communiqués contradictoires sur la légalité de la position de chacune des parties sur la méthode de vote en vue de l’approbation du nouveau Premier ministre.

Entre temps, les médias locaux ont rapporté que les deux dirigeants se sont rencontrés pour aborder la question, mais qu’ils n’ont pas pu s’entendre.

Le conflit est perçu comme un revers majeur pour le gouvernement somalien qui se bat contre une insurrection meurtrière qui a contraint le gouvernement à s’enfermer à l’intérieur de quelques blocs dans la capitale instable, Mogadiscio, pendant que les rebelles islamistes contrôlent la majeure partie du sud et du centre du pays.

Le gouvernement somalien est assailli par des divergences internes depuis sa formation en 2004, entravant ainsi les efforts de lutte contre les rebelles islamistes.

_________________________ 3 – Le Monde

Deux jeunes filles exécutées publiquement en Somalie pour “espionnage”

Les islamistes chabab ont exécuté par balle, mercredi à Beledweyne, dans le centre du pays, deux jeunes filles jugées coupables d’espionnage, ont rapporté jeudi 28 octobre des témoins présents sur place.

Cette exécution, une première concernant des femmes sous un tel chef d’accusation, s’est déroulée devant plusieurs centaines de personnes dans cette ville proche de la frontière avec l’Ethiopie. “Ces femmes espionnaient pour l’ennemi et ont été arrêtées par les moudjahidins [combattants islamiques] la semaine dernière, a déclaré à la foule, après l’exécution, Sheikh Youssouf Ali Ougas, commandant régional des chabab. Après une longue enquête, elles ont avoué leurs crimes.”

“Les deux filles étaient assises par terre, les mains liées dans le dos. Un groupe de combattants leur a alors couvert le visage et les a exécutées dans le dos”, a raconté un témoin. “C’était choquant, les filles étaient si jeunes. On voyait qu’elles étaient désespérées, mais personne ne pouvait leur venir en aide”, s’est indigné un autre. Une femme a également témoigné : “Nous étions tous profondément désolés pour ces jeunes filles exécutées ainsi devant des centaines de personnes. Je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer.” Le commandant régional des chabab a prévenu, à l’issue de l’exécution, que des dizaines d’autres personnes étaient détenues à Beledweyne pour le même motif d’espionnage et encouraient la même peine.

MULTIPLICATION DES EXÉCUTIONS

Les chabab, qui ont fait vœu d’allégeance à Al-Qaida, contrôlent la plus grande partie du centre et du sud de la Somalie, livrée au chaos depuis 1991, et tentent de renverser le fragile gouvernement de transition protégé par une force de l’Union africaine dans la capitale, Mogadiscio. La ville de Beledweyne a notamment été le théâtre de violents combats ce mois-ci entre les chabab et des forces pro-gouvernementales. Considérés par les Etats-Unis comme une organisation terroriste, les chabab avaient déjà exécuté deux hommes pour espionnage ce mois-ci à Mogadiscio.

Il y a deux ans, la lapidation d’une femme condamnée pour adultère par un tribunal islamique de Kismayo, dans le sud du pays, avait provoqué l’indignation dans le monde entier. Depuis, les islamistes somaliens ont multiplié les exécutions pour meurtre ou espionnage, et coupé les mains de nombreux voleurs présumés.

_________________ 2 – AFP

Somalie: les islamistes exécutent deux jeunes filles pour espionnage

Les islamistes shebab ont exécuté par balles mercredi à Beledweyne (centre de la Somalie) deux jeunes filles jugées coupables d’espionnage, ont rapporté jeudi des témoins.

Cette exécution, une première concernant des femmes sous un tel chef d’accusation, s’est déroulée devant plusieurs centaines de personnes dans cette ville proche de la frontière avec l’Ethiopie.

Les jeunes filles semblaient âgées de 17 ou de 18 ans, selon les témoignages recueillis par l’AFP.

“Ces femmes espionnaient pour l’ennemi et ont été arrêtées par les moudjahidine (combattants islamiques) la semaine dernière”, a déclaré à la foule, après l’exécution, Cheikh Youssouf Ali Ougas, commandant régional des shebab. “Après une longue enquête, elles ont avoué leurs crimes”, a-t-il ajouté.

Ce responsable islamiste a ajouté que des dizaines d’autres personnes étaient détenues à Beledweyne pour le même motif et encouraient la même peine. La ville a été le théâtre de violents combats ce mois-ci entre les shebab et des forces pro-gouvernementales.

Les shebab, qui ont fait voeu d’allégeance à Al-Qaïda, contrôlent la plus grande partie du centre et du sud de la Somalie, livrée au chaos depuis 1991, et tentent de renverser le fragile gouvernement de transition protégé par une force de l’Union Africaine dans la capitale Mogadiscio.

“Le groupe (shebab) a informé la population qu’une punition publique allait se dérouler à l’encontre de deux femmes jugées coupables d’espionnage”, a rapporté un des témoins, qui ne s’est identifié que par le prénom d’Ali.

“Je ne savais pas qu’il comptait les exécuter. Les deux filles étaient assises par terre, les mains liées dans le dos. Un groupe de combattants leur a alors couvert le visage et les a exécutées dans le dos”, a poursuivi ce témoin.

“C’était choquant, les filles étaient si jeunes. On voyait qu’elles étaient désespérées, mais personne ne pouvait leur venir en aide”, a ajouté Ali.

“Nous étions tous profondément désolés pour ces jeunes filles exécutées ainsi devant des centaines de personnes”, a rapporté une autre témoin, Maryam Ahmed. “Je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer. Je suis inquiète pour les dizaines d’autres personnes détenues en ce moment pour les mêmes raisons”, a-t-elle ajouté.

Le gouvernement de transition a condamné jeudi après-midi ces exécutions.

“Cette exécution constitue une nouvelle violation des droits de l’Homme par des criminels. Le meurtre d’enfants innocents ne peut trouver aucune justification au regard de l’Islam”, a dénoncé le ministre de l’Information Abdirahman Omar Osman.

Les shebab, considérés par les Etats-Unis comme une organisation terroriste, avaient déjà exécuté deux hommes sous l’accusation d’espionnage ce mois-ci à Mogadiscio.

Il y a deux ans, la lapidation d’une femme condamnée pour adultère par un tribunal islamique de Kismayo, dans le sud du pays, avait provoqué l’indignation dans le monde entier. Depuis, les islamistes somaliens ont multiplié les exécutions pour meurtre ou espionnage, et coupé les mains de nombreux voleurs présumés.

Les shebab somaliens se revendiquent d’une conception de l’islam particulièrement sévère, inspirée de la doctrine wahhabite et appliquée par une police religieuse, l’Armée de la moralité.

_________________ 1 – Nouvel Obs avec AP

Deux adolescentes exécutées par des islamistes en Somalie

Un groupe islamiste lié à Al-Qaïda a annoncé avoir exécuté deux adolescentes dans l’ouest de la Somalie, pour espionnage au profit du gouvernement somalien soutenu par l’ONU.

Le juge de la faction Al-Shabab, cheik Mohamed Ibrahim a condamné mercredi les deux jeunes filles à la mort pour avoir travaillé pour les soldats pro-gouvernementaux qui combattent le groupe dans la ville de Belet Weyne.

Ayan Mohamed Jama, 18 ans, et Huriyo Ibrahim, 15 ans, ont été abattues par un peleton d’exécution peu après le verdict. Au moment de tirer, ils ont crié “il n’y a pas de Dieu sauf Allah”, a rapporté un témoin oculaire sous couvert d’anonymat.

Le groupe Al-Shabab contrôle de grandes parties du sud de la Somalie et ses membres ont fait allégeance à Al-Qaïda.