13/11/10 (B578) Radio Trottoir – Le vieux IOG s’écroule ! (Lectrice)

Rien ne va plus « c’est la fin des haricots »…(deuxième partie)

Cette deuxième partie sera suivie prochainement par une nouvelle déclaration d’un jeune capitaine en tenue civile.

Ali Abdi Farah claque la porte

Début octobre 2010, Ali Abdi a piqué l’une de ses colères à laquelle personne ne s’attendait, surtout pas IOG qui n’avait jamais été confronté à une telle colère.

Ali Abdi Farah a osé claquer la porte !

Dans le salon privé d’IOG, en compagnie d’Ismaël Tani, de Djama Haïd, du ministre des Finances et du Colonel de la Garde républicaine, Ali Abdi, ministre des Télécommunications et
grand admirateur d’IOG, était en train de chanter une vieille chanson somalie.

La dévouée Kadra, après une longue sieste (en solitaire ?) venait juste d’arriver pour prendre du thé avec eux, question de se remettre en forme.

Après avoir écouté cette belle chanson qui a ému plus d’un cœur, IOG a repris la
parole pensant qu’en présence de Kadra, le ministre de la culture Ali Abdi
serait fier de répondre à ses questions.

Adoptant un ton solennel, IOG a rappelé que le troisième mandat s’approchait à grand pas et
qu’il avait l’impression que tous ses efforts étaient en train de partir en fumée.

Tous les grands projets qu’il avait construit avec Boreh partaient en poussière comme s’ils n’avaient été que des châteaux de sable.

Il ajouta,
que Lui IOG, l’homme courageux et intelligent, était parfois considéré par
ses pairs africains comme un stupide ignare, qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

Il se permit même d’ajouter quelque chose du style : “Quand un africain vous insulte, il le fait toujours en face et à haute voix.
Les blancs quand ils entendent cele, ils en rigolent en cachette et ils vous balancent
des vannes dans leurs journaux. S’ils ne savent pas parler comme les noirs, en revanche, les blancs ont
la plume acerbe et fortement insultante. Et cela fait mal !”

En ce moment je suis obligé de courber l’échine comme un chien battu, et vous mon équipe gouvernementale, surtout vous mes proches collaborateurs, vous continuez à chanter pour moi, en façade, comme si de rien n’était. Vous gardez jalousement vos petits secrets et vous restez patiemment à mes côtés pour m’écouter
gentiment sans ne rien m’apporter de constructif.

Aujourd’hui la situation est grave.

Les Afar me font leurs plus beaux sourires et ils
font semblant de collaborer avec Mohamed Djama juste à ma gauche et avec Hassan Said
le noiraud, dont je me méfie comme de la peste. Que font-ils ? Ils dénoncent quelques bergers innocents, qui courent après des bêtes affamées après, paraît-il, 4 années de sécheresse.

Pourtant, la météo avait annoncé à plusieurs reprises que le territoire avait été bien arrosé cette année et que le niveau de pluviométrie avait dépassé la moyenne enregistrée ces dernières années.

Depuis les signatures des accords de paix avec Jean-Marie d’abord, puis avec Dini ensuite, j’ai l’impression que les Afar ont changé de tactique. Comme de vrais Somali, ils sont
devenus des menteurs. A tel point que comparé à eux, je me sens en position d’infériorité. Est-il vrai que je ne suis plus qu’un « petit menteur » pratiquement inoffensif ?

C’est vraiment la fin des fins.

Il faut donc, mes chers collaborateurs, que nous laissions les mensonges aux leaders
Afar, car on ne doit pas se battre sur le même terrain qu’eux.

Nous aussi, nous devons changer rapidement de méthode. Pour cela et pour les déstabiliser, je propose que nous nous engagions sur le terrain de la vérité. Comme mes anciens compatriotes éthiopiens, il faudra utiliser la technique
des pleurs et aussi celle du poignard dans le dos.

C’est pour cela qu’aujourd’hui je vous dis toute la vérité, rien que la vérité, car la situation est dangereuse et nous sommes tous embarqués dans le même bâteau.

Nous avançons sur un couteau à double tranchant. Inutile de préciser qu’avec mon poids les risques sont agravés. Il faut agir vite, très, très vite, car j’ai constaté que les rats préféraient quitter notre navire en se jettant à la mer.

Premièrement et nous n’avons plus le choix, il faut dissoudre le Gouvernement et l’Assemblée. Je vous fais remarquer en passant que la
nouvelle constitution que j’ai faite m’autorise à le faire.

Comme cela tout le monde conservera l’espoir.

Deuxièmement, il faut nommer, en priorité, à des postes ministériels, des chômeurs
aguerris qui seront crédibles pour clamer que le chômage est en forte régression dans la République de
Djibouti. Ils prometteront pour 2012, un an que j’ai été reconduit pour un troisième
mandat, un retour à l’emploi pour toutes et pour tous.

Troisièmement, il faut sauver les meubles et nos bijoux. Sauver la Garde républicaine et le Port qui sont en situation de cessation de paiement, l’un comme l’autre, actuellement.

La seule personne qui peut venir au secours de la Garde républicaine, ce fleuron de notre sécurité, est, comme vous tous le savez tous, Ali Abdi Farah, le plus dévoué parmi mes dévoués, l’homme au cœur d’or. C’est l’homme qui n’a jamais cessé de mentir, sans que cela ne se découvre. Utilisant la belle langue Somali pour débiter des promesses, des mensonges et des attrape-couillons. En vérité, je vous le dis, c’est le meilleur d’entre nous sur ce terrain.

Personne d’autre ne pourrait faire croire aussi bien que lui, qu’il dit la vérité, alors qu’il débite des mensonges énormes.

C’est pour ces raisons que je demande très humblement à Ali Abdi Farah mon ami d’un peu moins de trente ans, de venir aux secours de la Garde républicaine, car depuis que Boreh à verrouiller le Port International de Djibouti, aujourd’hui en cessation
de paiement, criblé de dettes que l’on évalue par millions de dollars envers Dubaï Authority Port, nos Forces républicaines n’ont perdu aucun salaire depuis le
27 juin dernier.

Fin juin, j’ai pioché dans mes dernières réserves immergées au fond de ma piscine d’Haramous. Je ne peux y aller que le soir, en cachette, pour éviter que quelqu’un n’en découvre le code secret d’ouverture. En tout cas, fin décembre, j’aurais épuisé mes réserves.

Confrontés à deux crises, l’une concernant le paiement régulier des salaires de notre Garde républicaine, l’autre concernant l’urgence à reconstituer mes réserves, sous le parquet de ma piscine où j’ai fait installer le coffre-fort inviolable.

Cher Ali Abdi Farah, les seules ressources viables qui nous restent, sont celles de votre département des Télécommunications.

Je suis persuadé le geste que vous ferez envers la Garde républicaine sera gravé sur un tableau avec des lettres en or massif. Nos soldats de la Garde républicaine auront à coeur de dresser une immense
statue en bronze à ton effigie. Le camp de la Garde républicaine sera rebaptisé “Camp du vaillant Ali Abdi Farah”, le plus grand serviteur de l’Etat après
IOG.

Calmement et sans hâte,
Ali Abdi a ramassé son Kaht qu’il a enveloppé consciensieument avant de le ranger dans sa serviette. Il s’est levé et il a dit
sur un ton qui câchait une certaine colère que les Télécommunications assumaient déjà tous les frais
de fonctionnement de l’Université et d’un nouveau campus qu’on a ajouté à leur budget sans même demander un avis préalable.

Personnellement, a-t-il ajouté, je n’admettrai jamais de mettre les Télécommunications en cessation de
paiement, comme le Port et demain l’EDD et la régie des Eaux ou ONED.

Après une minute de silence, Ali Abdi a conclu « j’attends la confirmation de votre décision. Si vous la maintenez, je serais
obligé de démissionner, car je ne peux pas cautionner de telles folies ».

Vous venez de brader le musée de l’Institut des Arts et le camp
voisin des anciens « Goumiers » actuellement connus comme « commandos des
frontières » non loin de l’Assemblée Nationale. Les Iraniens ont interrompu les
travaux de construction quand ils ont compris que vous leur aviez fait de fausses promesses et que votre décision était
contraire à votre Déclaration unilatérale prononcée lors de la visite du Président Iranien sur la légitimité de l’Iran a avoir
l’accès à la bombe atomique.

Dès réception de vos instructions écrites, je vous transmettrai ma démission.

Sans même dire au revoir, il quitta Haramous sur le champ.

Madame Dulcun Assoweh
du service des écoutes de la Garde Républicaine