02/12/10 (B580) Les chroniques du Sergent Ariko : la République en Uniforme (2ème partie)

IOG a créé la Garde républicaine, pour des motifs personnels et non pas comme le suggère une rumeur propagée par le SDS, en représailles au fait que des gardes du corps de la Garde présidentielle, l’auraient bousculé.

Le premier commandement a été confié au Lieutenant colonel Abdo Dembil. Dans les écoles militaires françaises, cet excellent officier a été maintes fois reconnu pour ses grandes qualités par ses instructeurs français, à l’instar d’un autre officier, le Commandant commissaire Ali Mohamed Robleh de la Gendarmerie nationale.

Avec ce commandement, IOG lui a confié en priorité absolue, la recherche d’une nouvelle caserne afin d’éloigner les hommes de la nouvelle unité de la caserne Barkhat Siraj, qui était le cantonnement de la Garde présidentielle.

Après avoir mis en place les cellules administrative et financière, la date de création du corps a été fixée au 30 janvier 2002. C’est un anniversaire que la Garde républicaine fête chaque année.

IOG laisse faire le colonel Abdo Abdi Dembil qui est marié à une femme Mamassan. Après avoir rempli convenablement ses obligations selon les instructions reçues, le président dictateur lui adresse ses félicitations. Il inspecte personnellement le nouveau cantonnement de sa garde rapprochée.

IOG, disciple de Siad Barreh ?

On peut penser qu’il voulait montrer à la population qu’il était devenu en quelque sorte le Mohamed Siad Barreh de Djibouti. On peut se poser des questions, quand on sait que Mohamed Siad Barreh a régné en Somali en dictateur et qu’il a non seulement ruiné son pays, mais qu’il a détruit le consensus social qui n’a toujours pas été recréé plus de dix-huit années après sa chute.

Les observateurs estiment qu’IOG essaye en permanence de copier son Maître à penser.

Le berger retourne à l’école.

A ce moment-là « le berger » Mohamed Djama Doualeh, bédouin de par ses origines, s’est décidé à suivre des cours du soir pour se préparer à prendre le pouvoir dans ce régiment, par surprise, comme un lion.

Il apprend le Français, le soir, à la maison tout en continuant d’assurer avec la vigilance la plus pointilleuse, la sécurité du dictateur.

Un recrutement exclusivement sur des critères ethniques

Le recrutement se fait sur la base ethnique et non pas sur la base des connaissances. Mohamed Djama visite toutes les casernes pour sélectionner des réfugiés Mamassan, arrivés comme lui, de la brousse. Il évite les jeunes djiboutiens, car il estime qu’ils seraient incapables de comprendre ses méthodes. En effet, deux mondes séparent les réfugiés de fraiche date et les enfants de familles établies depuis des générations dans le pays.

Quant à Kadra elle recrute aussi ! Mais dans le quartier 3 comme pour contrebalancer la politique ethnique de son mari dictateur.

Pendant que Mahdi Cheik Moussa à la Gendarmerie et Hassan Djama à la Police se débattent dans la pénurie budgétaire, la nouvelle unité bénéficie de toutes les attentions du régime. Ils reçoivent des beaux uniformes et ils sont entraînés par les forces françaises.

Les forces américaines contribuent aussi à leur formation en particulier dans le domaine de la lutte contre les terroristes.

Cette nouvelle force, mieux équipée, mieux formée deviendra vite une source d’inquiétude pour les autres corps : Gendarmerie, forces armées djiboutiennes et Police.

Abdo Abdi Dembil est mis à l’écart

Quand le colonel Abdo Abdi Dembil a terminé la première étape, on le juge inapte à assurer le commandement de ce régiment d’élite. Pour le mettre à l’écart en 2004, le dictateur l’envoie suivre une formation a l’école de guerre de Paris.

Pendant son absence IOG signe un décret présidentiel par lequel il nomme le commandant Mohamed Djama en qualité de chef de Sa Garde républicaine.

Kadra comprend le danger …

Elle n’apprécie pas du tout ce changement de patron à la tête de la Garde républicaine.

Informé par son épouse de la perte de son commandement et sans attendre la fin de son stage de formation en France, le colonel Abdo Abdi Dembil rentre aussitôt à Djibouti. A peine arrivé, il demande à être reçu au palais. C’est Hassan Saïd qui le reçoit et qui lui annonce que le président avait pris la décision de le renvoyer à la caserne Guédi Gaab.

Furieux Abdo Abdi Dembil lui a annoncé son intention de démissionner, pour partir en retraite, la tête haute. Hassan Saïd a refusé sa démission et l’a nommé (pur hasard du calendrier) Commandeur de l’ordre de la grande Etoile de Djibouti, la plus haute distinction du pays mais pour service rendu à IOG et non au pays.

Puis il a été « remisé » comme un objet devenu inutile à la caserne Guédi Gaab près de l’État-major des FFDJ.

Mohamed Djama, le bédouin, a commencé à parler un peu le Français et il se lance dans des expéditions punitives. La première victime qui va faire les frais de sa colère, c’est le commandant Ibrahim Elmi Kaïb. Éjecté sur le champ de la Garde républicaine, il est renvoyé à son ancien corps : Gendarmerie nationale.

Il faut se souvenir du fait que le commandant Ibrahim Elmi Kaïb avait humilié ce bédouin arrivé de nulle part, devant tous les membres de la garde.

Mohamed Djama ne s’arrête pas là. Il continue sa sinistre besogne et il cible les Gardes du corps du dictateur. Il limoge sans raison valable le capitaine Daher Ladieh Waiss, un jeune officier Mamassan originaire de la ville de Dikhil, qui avait fait tout son cursus militaire à la Gendarmerie royale marocaine. Marié à une jeune marocaine, Il est renvoyé dans la Gendarmerie nationale. Après trois années d’errance, il a été récupéré au cabinet militaire de la présidence en remplacement du colonel Ladieh Boulaleh parti se faire soigner à Paris.

Kadra Haid ne chôme pas de son côté. Elle demande au capitaine Coca de tirer profit de la Garde, comme il est responsable du peloton escadron spécialisé des motards qui encadrent les cortèges présidentiels.

Mohamed Djama n’aime pas que la première dame se mêle des affaires militaires. Il retire sa confiance à Ibrahim Abdi Farah et il donne le poste à son cousin Houssein Hassan Farah un ancien gendarme. Coca demande à la première dame d’intervenir. Elle ordonne à Mohamed Djama de revenir en arrière, mais il refuse poliment de lui obéir. La méfiance s’installe entre les deux unités de la Garde.

Mais Mohamed Djama a d’autres comptes personnels à régler…

C’est sur le capitaine Awaleh Ali Houffaneh, non seulement un ancien camarade de brousse, mais aussi un cousin, qu’il s’acharne. Ce dernier dirige la Garde rapprochée de la première dame de Djibouti.

Lorsque ils sont « sortis » de la brousse en 1985 Awaleh et Mohamed Djama étaient des bons amis et Awaleh Ali Houffaneh l’avait même « pistonné » auprès du colonel Yacin Yabeh pour qu’il le recrute dans la police nationale à la section des F A R (Forces d’action rapide de la FNS) devenue aujourd’hui la Brigade spéciale.

Mohamed Djama a prétendu avoir été maltraité par son ancien ami, dès qu’ils étaient arrivés au campement de réfugiés et il lui en a gardé une féroce rancune, attendant l’heure de se venger.

Awaleh Ali Houffaneh a fait un faux pas.

Il a amené à la résidence du couple de pacotilles le citoyen Seke Toureh, neveu d’Hassan Gouled.

Kadra était tellement furieuse qu’elle limogea sur le champ, le responsable de sa sécurité personnelle.

Par pure vengeance et pour bien enfoncer le couteau dans la plaie, Mohamed Djama lui retira toutes ses fonctions au sein de la Garde républicaine. Des leaders du clan Mamassan Bafourlaba sont intervenus en sa faveur et Awaleh Ali Houffaneh a été nommé comme chef du département arabe de la Garde républicaine. Un poste qui n’existait même pas !!

Awaleh n’en avait cure et faute d’avoir des responsabilités à assumer, il s’est lancé dans le « business », comme représentant de la société d’eau “Il Jano” d’Ali Sabieh.

Découvrant qu’il livrait de l’eau, IOG le muta chez les Casques bleus, histoire de lui faire comprendre qu’il devait aller se faire pendre ailleurs.

Avec sa méchanceté et sa cruauté hors du commun, Mohamed Djama, juste avant son départ pour la Cote d’Ivoire, le fit muter dans la Police nationale, son ancien corps, avec le grade de Commandant.

Comme on peut le comprendre, c’est avec un grand désir de vengeance qu’Awaleh Ali Houffaneh a quitté Djibouti pour la Côte d’Ivoire.

Après avoir fait le vide parmi les officiers, Mohamed Djama n’avait plus qu’Ibrahim Abdi Farah dit Coca, un Isaak. Mais il était difficile à « dégommer » parce qu’il est protégé par Kadra et le commandant Birrir.

Qu’à cela ne tienne, il fait envoyer aussi le Commandant Birrir en Côte d’Ivoire et au moment où il montait dans l’avion, il le mute, lui aussi, dans son ancien corps : le groupement interarmes de Tadjourah.

A son retour, Birrir revient furieux ! Il demande des explications. Mohamed Djama se terre dans un silence coupable. Birrir quitte le camp Omar Aline mais il jure de se venger.

La roue tourne !

C’est au tour de Mohamed Djama de payer pour tous les crimes, toutes les injustices et toutes les méchancetés qu’il a commis. Depuis quelques jours j’ai appris qu’il serait plus en odeur de sainteté au palais.

Selon les informations que j’ai reçues, il se pourrait Mohamed Djama puisse être limogé rapidement sur pression de la Paulette.

Cela figurerait dans un document qu’Hachi aurait présenté au dictateur après la querelle royale et le départ de Paulette pour Addis Abeba. IOG aurait accepté à contrecœur cette proposition mais cela aurait fait partie des conditions à remplir pour que Kadra revienne à Djibouti.

Neima Djama Miguil refait parler d’elle

Entre temps Kadra a été informée par l’entremise de ses espionnes d’Ottawa, que Neima Djama Miguil s’apprêtait à rentrer à Djibouti pour lutter aux côtés des Issas. Elle a mis en ligne sa nouvelle chanson qui insulte Kadra. Son intention est d’aller « dire deux mots » au dictateur sur sa gentille et douce épouse … !.

Apprenant cela Kadra rentre précipitamment d’Addis Abeba, accompagnée d’Hachi son porte-parole.

Quand Neima Djama apprend la nouvelle, elle préfère rester à Ottawa, sachant que tout va exploser à Djibouti, le 11 avril 2011, jour de l’élection présidentielle.

IOG croit encore au Père Noël ! A son âge ????

IOG est persuadé que les Djiboutiens sont des moutons et qu’ils vont lui renouveler sans rechigner son bail au palais de Beit el Wali. Mais il n’a pas encore intégré que, cette fois, l’opposition, la société civile, les forces armées et la diaspora disent d’une seule voix NON à la Présidence à vie qui se prépare.

Mohamed Djama sait que ses jours sont comptés.

Il y a quelques jours, le petit nain a failli être abattu devant son domicile. Les hommes du clan Ourweineh d’Abdi Bogoreh savent qu’il est responsable de la mort de leur Colonel. Il n’y a aucun doute là-dessus, ils essaieront de le tuer même si d’autres gars doivent mourir aussi.

Le P’tit Zak a été visé lui aussi. Il a demandé la protection du SDS. Il est très entouré par le petit nain, ca, comme lui, il sait aussi que ses jours sont comptés. Dans son nouveau poste par intérim, il n’a fait que susciter des haines et n’a rien fait de bon pour les hommes ni leurs familles.

IOG a proposé à Mohamed Djama de prendre le Commandement de la Gendarmerie. Mais Mohamed a compris que c’était un piège, dicté par Kadra haid qui veut le remplacer par le colonel Mohamed Ali Absieh (Isaak comme elle) à la tête de la Garde républicaine.

Écœuré par ce que le couple infernal organise dans son dos, il demande des explications au Président dictateur. Ce dernier l’a verbalement convaincu qu’il bénéficiait toujours de son entière confiance mais Mohamed Djama sait que la parole d’IOG n’engage que ceux qui la croit.

Il a compris que c’était est fini pour lui.

C’est son pire ennemi, Mohamed Ali Absieh qui va prendre le pouvoir désormais avec le soutien de Kadra, la femme forte de Djibouti.

Comme Mohamed Djama n’a jamais été animé que par la cruauté et le désir de vengeance, il a fait savoir clairement à la Paulette que si jamais il était limogé, comme il en a fait lui-même limoger tant d’autres, elle devrait craindre pour sa vie. Oserait-il l’abattre de sang froid ?

Effrayé par ces propos, Kadra, selon les témoins présents au palais, aurait exigé qu’IOG le fasse place aux arrêts en attendant de statuer sur son sort.

Celui qui tue est tué, dit un adage

Mohamed Djama a été suspendu durant 3 jours. Le jour de l’Aïd el Adha, il est resté puni chez lui. Il n’est pas venu au Palais pour escorter le président dictateur et il a demandé le soutien des leaders Bafourlaba.

Malheureusement pour lui, ces derniers en ont assez de ses méthodes de criminel et ils lui ont fait passer une fin de non-recevoir.

Quand IOG a inauguré les puits dans la région d’Ali Sabieh, Mohamed Djama était à l’Académie militaire d’Arta pour remettre leurs diplômes à des jeunes officiers somaliens, alors qu’en temps normal, il aurait du accompagner le président sur le terrain.

Comme l’a dit, Hachi Abdillahi Orah dans un majliss, Mohamed Djama est devenu infréquentable.

Mohamed Djama a creusé une tombe, sans même s’apercevoir que c’est lui qui tomberait dedans, car il n’a plus de soutien.

A-t-il tué le sergent Moumin à titre de représailles et d’avertissement à l’encontre Kadra

L’histoire nous le dira peut-être un jour ! Le proche où tous ces gens devront répondre de leurs actes, d’abord devant la justice des hommes puis devant celle d’Allah. La vie de Mohamed Djama ne tient plus qu’à un fil.

On peut penser qu’il pourrait se faire tuer, comme l’ont été des membres de la sécurité djiboutienne qui s’entretuent après avoir assassiné la population djiboutienne.

La fin du régime est là, devant nos yeux. Les ministres se dévorent, le président voleur ne pense qu’à conserver son fauteuil, la première dame ne pense qu’à s’enrichir plutôt que de servir le peuple, l’opposition renaît de ses cendres, la jeunesse se bat pour ses droits, l’armée affamée et condamnée à errer à Doumeira doute de l’issue du conflit, l’inflation galope, rendant la vie de plus en plus cher, la population fuit le pays vers d’autres terres, l’administration est en faillite, l’économie a viré au rouge, les assassinats non élucidés se multiplient, les poursuites judicaires sont étouffées dans l’œuf, les règlements de comptes se multiplient entre les familles, l’organisation de la santé est chancelante, l’éducation est agonisante sur le point de mourir définitivement et ce qui reste du patrimoine et qui ne l’a pas encore été est à vendre.

La liste est longue, mais elle indique clairement que la fin de ce régime fanfaron est proche.

Toutes et tous, nous disons NON au 3ème mandat d’IOG
– NON à la politique de la faim imposée par le système féodal d’IOG,
– NON à Kadra Haid
– NON à la mafia qui s’approprie les richesses du pays par le vol
– NON aux élections manipulées à l’avance,
– NON aux safaris électoraux,
– NON aux manipulations, au clientélisme, au tribalisme, comme moyen de gouvernance
– NON à la guerre
– NON à la politique dictatoriale

Ensembles, nous disons NON NON et NON à IOG. NON merci, on ne veut plus de toi.

Je remercie Daher Ahmed Farah qui a lancé un appel aux Oulémas de Djibouti pour qu’ils refusent ce 3ème mandat, parce qu’il est un mandat Haram. Les Oulémas de Djibouti, ainsi que les fideles, ont répondu positivement à l’appel de DAF, qui est le benjamin de l’opposition comme l’avait dit Ahmed Dini sur son lit de mort.

Les fidèles désertent les mosquées à la vue de Pharaon. Un grand remerciement aux fidèles de la mosquée Omar Farouk de Balbala qui ont répondu positivement à l’appel. Ils ont manifesté leur rejet du régime en place en vidant la mosquée et en s’attaquant au gros. Mêmes remerciements aux fidèles de la ville d’Ali Sabieh qui ont dit NON à IOG et à son cirque électoral. C’est comme cela, avec des actions spectaculaires que l’on peut acculer ce gros dictateur à la chute.

Nous soutenons toute l’opposition.

Je remercie aussi mahdi Ibrahim God, autre grande figure de l’opposition djiboutienne, qui a su démontrer son courage et sa force dans sa lutte contre le régime féodal. J’étais présent à la conférence de Londres et j’ai bien écouté ce que chacun avait à dire.

Se tromper est humain ! Nous accueillons au sein de l’opposition l’ex-bras financier d’IOG, Charles Boreh. Si Allah lui a ouvert le cœur, il a senti qu’IOG menait le pays à la faillite et il a décidé de le combattre.

Je ne refermerai pas cette page sans rendre un vibrant hommage à Jean-Loup Schaal et à toute son équipe qui lutte avec nous pour le plus grand bonheur de notre pays.

Merci a vous toutes et tous, vous les Djiboutiens qui nous soutenaient dans notre noble combat.

Sergent-chef Ariko
Londres.