04/12/10 (B581) Les chroniques du Sergent Ariko. Réponse à un site qui l’attaque, ainsi que notre site, sous le titre “Le dernier numéro du journal du PND déçoit “, montrant une fois de plus que ses animateurs se trompent franchement de cible.

Monsieur l’animateur du site,

Je viens de prendre connaissance d’un article dans lequel vous prétendez que j’aurais déformé l’information quand j’ai raconté en détail la fin tragique de mon ami Moumin Ano.

Je connaissais mieux que vous Moumin, car nous avions servi ensemble à la Caserne Barkhat Siraj. C’était aussi mon ami. Ce que vous avancez, au sujet de sa mort est totalement faux et dénué de tout fondement.

Moumin n’est pas mort de mort naturelle, comme vous le prétendez à l’hôpital Bouffard mais il a succombé à un empoisonnement.

De plus, je vous certifie qu’il jamais été conduit à l’hôpital Bouffard, d’abord parce que ce n’est pas un hôpital djiboutien où des autorités peuvent prétendre ce qu’elles veulent et refuser une autopsie dans des cas de mort suspecte !

Dans cet hôpital digne de ce nom, le corps médical dit la vérité, contrairement à notre hôpital, qui souffre de nombreux handicaps, dont celui-ci qui est l’un des majeurs.

Moumin était un bon soldat et un homme digne de confiance. Croyez-vous, s’il ne l’avait pas été, que sa patronne assoiffée de pouvoir, méfiante et tyrannique l’aurait gardé à son service ?

L’article, que vous citez, a été publié à ma demande et je n’ose pas imaginer à quelle autorité vous répondez, pour oser le traiter “de caniveau” et pour nous servir des informations truquées qui favorisent le régime.

Vous n’êtes pas un militaire, cher ami et vous n’aviez jamais connu le défunt Moumin Ano. J’ai perdu un ami et un frère d’armes et je ne vous permets pas d’insulter sa mémoire.

Libre à vous de penser ce que vous voulez, mais un être cher est parti, par la faute d’un autre malade qui détient encore des pouvoirs.

Vous devriez vous renseigner avant de publier des âneries de la sorte.

La situation financière, dans laquelle il se débattait a Balbala pour élever ses deux enfants, en dit long sur le désintéressement des soldats de la Garde républicaine, maltraités, en plus, par un commandant en Chef qui les considèrent comme une vulgaire milice.

Moumin était un homme et un gendarme et surtout un être admirable. Il était un fervent religieux d’Allah et il n’a jamais fait aucun mal à quiconque, ni volé le moindre centime.

Paix à son âme, il sera bientôt vengé comme le sera le colonel Abdi Bogoreh assassiné par ce régime fanfaron. L’épouse de Moumin n’a nullement besoin, en ce moment de deuil, d’être mélée à des querelles partisanes.

Mais on l’achètera pas, comme on a acheté le silence de la femme d’Abdi Bogoreh, Madame Zahra Omar Haga. Lassée d’un combat, qu’elle estimanit perdu d’avance Zahra Omar Haga a finalement dit qu’Allah jugera tous les coupables, le jour de la résurrection.

Pour avoir la paix et mettre un terme aux différents harcèlements dont elle était victime, elle a reconnu du bout des lèvres que son mari Abdi Bogoreh s’était suicidé. Tout en sachant qu’il que cela était à l’opposé de toutes les valeurs qu’il avait toujours défendu durant sa vie et dans sa carrière.

La thèse avancée par le régime est fausse !

Nous connaissions bien le colonel Abdi Bogoreh comme je connaissais le défunt Moumin Ano, le général Yacin Yabeh, le commissaire Karaf, le lieutenant Abass des forces armées mort à la villa Christophe des suites de tortures, après la fuite de Aden Robleh et d’Omar Elmi Khaireh en 1986, de Djiga Biga (un autre petit SDS de cartonne), du lieutenant Daheiyieh de la SDS, et de centaines de Djiboutiens.

Lorsqu’un régime démocratique arrivera, Inch Allah, à Djibouti la villa Christophe parlera et nous dira tout ce qu’elle sait.

Je vous dirai aussi que le bâtiment qui abrite actuellement le Ministère de la Défense est utilisé, le soir pour tuer des gens. Au temps de la colonisation, la Gendarmerie française utilisait le puits qui se trouve à l’extérieur du bâtiment pour faire disparaitre les corps des indépendantistes qui avaient été torturés à mort à la brigade nord de la Gendarmerie nationale sous l’autorité de l’adjudant Le Bœuf qui commandait le service des délits.

Pour terminer cette mise au point qui était nécessaire et pour mettre un terme à vos tentatives de désintoxication contre ma personne et le site de l’ARDHD, je tiens à rendre personnellement hommage à Aden Robleh et à son journal la République qui informe la nation sur tous les faits ce que le régime veut cacher.

Merci a Aden Robleh et a son équipe.

Paix à Moumin Ano et à Samir Ibo Amin, sa femme et à ses deux enfants qui se retrouvent seuls et orphelins à Balbala.

Sergent Ariko
ex membre de la Garde républicaine.
Londres.