21/01/11 (B588) Oh surprise ! Dans Jeune Afrique, Dileita dit “la voix de son maître ou l’âne du parrain”, reconnaît implicitement que le régime de son idole, empêche les opposants de s’exprimer … Une grosse gaffe ou une énorme bavure, de la part de celui, qui contrairement à la Tunisie, ne résistera pas au départ de son protecteur et qu’il devra accompagner (et supporter ?) sur la route de l’exil.

Dans l’un de ses nombreux articles sponsorisés et très “cire-pompes”, Jeune Afrique interviewe Dileita. Les réponses du “gros benêt” sont surréalistes. Il justifie amplement son rôle irremplaçable de président actuel et incontesté de l’Ordre prestigieux des Brosses à Reluire.

La voix de son maître racconte n’importe quoi !
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Vous ne nous croyez pas ? Eh bien prenez ces phrases à titre d’exemple :

– Incontestablement, la priorité du président Guelleh est l’emploi des jeunes. (Demandez aux jeunes dans la rue, aux diplômes qui pointent au chômage et à tous ceux qui ont été contraints de s’exiler, s’ils partagent la vision de Dileita …)

– Mais, la pauvreté est toujours présente et reste une de nos priorités. (Priorité certes de la faire perdurer, pour mieux s’enrichir sur le dos des Djiboutiens qui ont été ruinés individuellement par le régime et endettés collectivement sur plusieurs générations)

– Il faut rappeler que le président Guelleh bénéficie de très bons résultats. (Il doit certainement faire référence à l’enrichissement personnel de Guelleh, de celui de sa Paulette, de ses frères et des quelques privilégiés autorisés à “piquer” dans la caisse comme Djama Ali Guelleh ou le ministre de la Santé, pour ne citer qu’eux… !)

– l’opposition ne semble pas en mesure de présenter une candidature crédible. (Cela c’est le clou du spectacle ! Quel baratineur de petite envergure !


Chacun sachant que la nature a horreur du vide, s’il y avait une ouverture pour l’opposition à Djibouti, cela se saurait et surtout cela se verrait, car il y aurait une opposition crédible. Dileita inverse stupidement les causes et les conséquences. La réalité est autre. S’il n’y a pas d’opposition crédible (selon lui, car ses propos n’engagent que Dileita), c’est parce que Guelleh et lui se sont acharnés pour tuer toute opposition !

Dès qu’un opposant ose parler ou animer un meeting pacifique, il est immédiatement conduit à Gabode et incarcéré, sans même passer par la case “inculpation” devant un juge …”. Comment être un opposant crédible, quand on vous refuse l’accès aux seuls média disponibles ?. Au fait et curieusement, son discours ressemble fortement aux textes déjà publiés par Djibouti 24 pour décrédibiliser l’opposition. Allons, ce n’est certainement qu’un effet malicieux du hasard … !

– Si l’opposition s’était maintenue depuis 2003, elle serait peut-être au pouvoir aujourd’hui. (On peut dire tout et n’importe quoi, quand on paye bien Jeune Afrique !)
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Allez, on ne va pas vous importuner davantage avec nos “idées subversives” et nous préférons vous laisser vous régaler à la lecture de ce torchon infâme et dégradant. Une chose est certaine : Dileita sera menotté à la charrette qui conduira Guelleh, la Paulette et leurs proches vers Gabode et il ne sera pas épargné, contrairement au Premier ministre tunisien, qui est généralement reconnu comme un homme intègre et droit, même s’il a servi sous les ordres du dictateur Ben Ali !!!

_____________________________ Jeune Afrique

Le 20 janvier, le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh a été officiellement investi candidat de la coalition UMP (Union pour la majorité présidentielle) en vue de l’élection présidentielle du 8 avril 2011. Quelques heures avant l’investiture, le Premier ministre Dileita Mohamed Dileita a reçu Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’organisation de la Convention UMP prévue ce soir (jeudi 20 janvier) ?

Dileita Mohamed Dileita : Tout d’abord, je tiens à préciser que contrairement à ce qu’on a pu lire dans la presse, la cérémonie d’investiture n’a pas été reportée. Elle a toujours été prévue ce jeudi 20 janvier. Le candidat Ismaïl Omar Guelleh a été investi le 25 décembre par le Rassemblement populaire pour le progrès [RPP, le parti présidentiel]. J’ai proposé son nom au comité exécutif de l’UMP, il y a dix jours. Ce soir, nous attendons 10 000 personnes, les cinq partis politiques de l’UMP, ainsi que les associations des militants de tous les partis. Les réseaux de femmes, la plate-forme de la société civile ainsi que des invités officiels sont également conviés. Nous n’avons pas oublié la diaspora djiboutienne en créant des sites sur lesquels ils pourront suivre en direct la Convention. J’ouvrirai la cérémonie, puis tous les présidents des partis interviendront avant le discours du président de la République.

Quelles seront les grandes priorités de l’UMP en cas de victoire ?

Incontestablement, la priorité du président Guelleh est l’emploi des jeunes. Un fonds de garantie, une assurance et des facilités pour la création d’entreprises ont été créés pour leur assurer un avenir. Déjà, nous avons eu des résultats. Beaucoup de jeunes se sont regroupés pour créer leur propre entreprise. Des microcrédits et des facilités d’emploi pour les petits entrepreneurs ont également été mises en place. En 1977, lors de l’indépendance du pays, nous comptions six mois d’arriérés de salaires. Aujourd’hui, plus de 70 % des hommes et des femmes bénéficient de ces microcrédits.

Mais, la pauvreté est toujours présente et reste une de nos priorités. Nous tentons de l’enrayer grâce notamment au grand projet INDS [Initiative nationale pour le développement social, dévoilée en 2007, NDLR] et à la création d’une agence pour le développement social. Dans les quartiers les plus pauvres, nous avons mis en place des projets pilotes pour les ménages à faibles revenus. La lutte contre la pauvreté passe aussi par la construction des routes et le renforcement des infrastructures. L’énergie est également un des principaux soucis de Djibouti, alors nous travaillons à des alternatives aux hydrocarbures telles que le solaire.

Le président Guelleh avait exclu de se représenter en 2011. Or, en avril dernier, le Parlement a supprimé l’article de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats présidentiels. Et il devient officiellement candidat de l’UMP ce soir…

Il faut rappeler que le président Guelleh bénéficie de très bons résultats. Depuis son arrivée au pouvoir, beaucoup de personnes ont été étonnées des progrès en matière de développement qui ont été réalisés. Il s’est rendu compte que tout un chantier restait à réaliser. Nous nous sommes rendu compte que la Constitution, en ce qu’elle limitait le nombre de mandats présidentiels n’était pas fermée, alors nous avons demandé à la modifier. Pour cela, nous sommes passés par le Parlement, qui représente le peuple. Nous avons respecté les règles.

Depuis le décès de son leader Ahmed Dini et les boycotts de la présidentielle de 2005 et des législatives de 2008, l’opposition ne semble pas en mesure de présenter une candidature crédible… À cela s’ajoute le fait qu’elle est absente des institutions élues. Le scrutin n’est-il pas remporté d’avance pour le candidat Guelleh ?

Il n’y a plus aujourd’hui d’opposition crédible et constructive. La preuve en est que l’UAD [Union pour l’alternance démocratique, qui regroupe les trois premiers partis d’opposition, NDLR] a boycotté les dernières élections. Un mois avant celles-ci, l’UAD avait émis des observations sur le fonctionnement de la Ceni [Commission électorale nationale indépendante], alors qu’un véritable contrôle est mené par les observateurs internationaux.

Quand leurs résultats sont bons comme en 2003, ils ne remettent pas en cause l’impartialité des magistrats qui la composent ! Un véritable parti politique suppose d’avoir un siège, de mener des élections internes et de tenir des réunions hebdomadaires. Et, l’alternance se prépare à l’avance. Lors des élections de 2003, Ahmed Dini avait réussi à remporter 45 % des voix, ce qui est considérable. Si l’opposition s’était maintenue depuis 2003, elle serait peut-être au pouvoir aujourd’hui.

Regrettez-vous l’absence d’une véritable opposition ?

Nous aurions aimé qu’il y ait une opposition. En 2006, la proportionnelle a permis à des listes indépendantes de battre des partis constitués. Alors, nous souhaitons notamment ouvrir le Sénat pour que les représentants de l’opposition puissent y siéger. En vue de l’élection présidentielle d’avril prochain, nous aurions aimé débattre, échanger des idées, confronter nos projets politiques.

Tout cela est dommage. (* Mais pour qui ? Il oublie de le dire ! NDLR )