14/02/11 (B591) Yémen Express – le ministère de l’Intérieur met en garde contre les manifestations non autorisées – Les forces de sécurité doivent cesser de tirer au Taser sur des manifestants pacifiques – Troisième jour d’affrontements entre la police et les manifestants – des milliers de personnes réclament le départ du président Saleh – Interpellations et reprise de dialogue avec l’opposition – l’opposition accepte de reprendre le dialogue avec le pouvoir – un blessé dans des heurts – Dispersion au couteau – des manifestants matraqués par la police – Manifestation dispersée par des partisans de Saleh (10 articles)

__________________ 10 – Radio Chine avec XINHUA

Yémen: le ministère de l’Intérieur met en garde contre les manifestations non autorisées

Le ministère de l’Intérieur du Yémen a mis en garde dimanche contre les manifestations non autorisées, dans un communiqué affiché sur son site Internet.

Le ministère de l’Intérieur a lancé cette mise en garde quelques heures après que les forces de l’ordre aient dispersé une manifestation à Aden, une ville portuaire dans le sud du Yémen, durant laquelle dix manifestants ont été arrêtés.

Selon les autorités, ces dix personnes ont été arrêtées pour avoir tenté de pénétrer dans une prison en vue de libérer des prisonniers.

Les forces de l’ordre ont arrêté également des dizaines de personnes plutôt dans la journée à Sanaa, en empêchant les manifestants de s’approcher du palais présidentiel.

Plusieurs manifestants ont été blessés par les forces de l’ordre qui ont utilisé les matraques électriques et des crosses de fusil pour disperser une manifestation dans la capitale réclamant le départ du président Saleh.

Le président Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, avait promis le 2 février de partir après la fin de son mandat et de ne pas remettre les pouvoirs à son fils.

________________________ 9 – Human Right Watch (HRW)

Yémen : Les forces de sécurité doivent cesser de tirer au Taser sur des manifestants pacifiques

Le ministère de l’Intérieur a déployé des forces paramilitaires armées contre des étudiants

Des membres des forces de sécurité yéménites tentent d’arrêter la journaliste Samia al Aghbari (vêtue d’une veste bleue) et l’avocat Khalid al Anisi (vêtu d’un blouson de cuir noir), qui participaient à un rassemblement pacifique à Sanaa le 13 février 2011.

« Sans provocation, les forces de sécurité du gouvernement ont tiré au Taser sur des manifestants pacifiques dans les rues de Sanaa, et les ont violemment passés à tabac. Le gouvernement devra endosser l’entière responsabilité de ces attaques. »

____________ Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch

Les forces de sécurité yéménites ont employé des pistolets à décharge électrique Taser pour réprimer une manifestation pacifique contre le gouvernement dans la capitale, Sanaa, le 13 février, et ont attaqué les manifestants à coups de matraque, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Human Rights Watch a appelé le gouvernement yéménite à mettre immédiatement fin à de telles attaques, à ouvrir une enquête, et à poursuivre en justice tout individu responsable de ces agressions.

« Sans provocation, les forces de sécurité du gouvernement ont tiré au Taser sur des manifestants pacifiques dans les rues de Sanaa, et les ont violemment passés à tabac », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Le gouvernement devra endosser l’entière responsabilité de ces attaques. »

Selon les témoignages recueillis par Human Rights Watch, une manifestation contre le gouvernement organisée par des étudiants et militants indépendants a débuté dimanche 13 février à 10 heures devant l’université de Sanaa. Peu de temps après, plus d’un millier de manifestants scandaient des slogans réclamant la démission du président Ali Abdallah Saleh.

Des dizaines de « baltagias » (soit « voyous »), des hommes recrutés par le gouvernement pour réprimer toute manifestation, sont arrivés et ont attaqué les manifestants. Souhaitant éviter une confrontation avec les « baltagias », les manifestants ont entamé une marche pacifique.

Arrivés au carrefour de Rowaishan vers 13 heures, les manifestants ont été attaqués par plusieurs centaines de forces paramilitaires de l’Organisation centrale de sécurité du ministère de l’Intérieur, armés de matraques, de fusils d’assaut militaires, et de bombes lacrymogènes. Plusieurs jeunes manifestants ont été arrêtés.

Human Rights Watch a appelé le gouvernement yéménite a respecter les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois. Selon ces Principes, les responsables de l’application des lois, dans l’accomplissement de leurs fonctions, doivent recourir dans la mesure du possible à des moyens non violents avant de faire usage de la force ou d’armes à feu. Lorsque l’usage légitime de la force est jugé inévitable, les responsables de l’application des lois doivent en user avec modération en ne causant que le minimum de dommages et d’atteintes à l’intégrité physique.

________ 8 – Radio-Canada.ca avec AP, AFP et Reuters

Troisième jour d’affrontements entre la police et les manifestants

Des milliers de manifestants yéménites ont affronté les forces de l’ordre dimanche pendant des manifestations visant la démission du président Ali Abdallah Saleh.

Au moins 23 personnes ont été arrêtées et plus d’une centaine d’autres ont été placées en garde à vue pendant cette troisième journée de manifestation consécutive.

La police et les manifestants se sont affrontés à Sanaa au Yémen

« Le peuple yéménite veut la chute du régime », « la révolution yéménite après la révolution égyptienne », ont scandé les manifestants lors d’un rassemblement dans la capitale Sanaa.

La police a repoussé, parfois violemment, les contestataires qui tentaient de s’installer sur la place Hada. Plusieurs se sont ensuite rendus devant le palais présidentiel où d’autres forces policières les attendaient.

Les Yéménites étaient déjà descendus dans la rue à la fin janvier pour demander un changement de régime, mais la démission du président égyptien Hosni Moubarak vendredi a gonflé leur enthousiasme.

Il y a deux semaines, le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a pourtant annoncé qu’il ne se représenterait pas aux élections législatives de 2013 et qu’il ne manoeuvrait pas pour installer son fils à sa succession. Ces promesses ne satisfont pas les contestataires.

L’opposition parlementaire yéménite a annoncé dimanche qu’elle acceptait de reprendre le dialogue avec le pouvoir, après des promesses de réformes annoncées par le chef de l’État.

Par voix de communiqué, l’opposition coalisée a invité le président à « retenir la leçon de ce qui se passe en Tunisie et en Égypte » et a mis en garde contre un soulèvement populaire généralisé au Yémen.

« L’opposition ne rejette pas l’invitation du président et est prête à signer un accord dans moins d’une semaine », a pour sa part déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères, Mohammed Basindwa, désormais membre de l’opposition.

Le Yémen, au sud de l’Arabie saoudite, est l’un des pays arabes les plus pauvres. Depuis plusieurs années, le gouvernement yéménite lutte contre une rébellion sécessionniste au sud et la montée en force d’Al-Qaïda qui s’y est installée.

_____________________________ 7 – La Croix

Au Yémen, des milliers de personnes réclament le départ du président Saleh

Samedi et dimanche 13 février, dans la capitale du Yémen, Sanaa, des milliers de manifestants ont réclamé le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978.

Confronté à une contestation grandissante, le chef d’État avait annoncé le 2 février que, à l’issue de son actuel mandat, en 2013, il quitterait le pouvoir sans le transférer à son fils.

Malgré cette promesse, des milliers de personnes ont exigé un changement de régime, lors du plus grand rassemblement connu en trente-deux ans de son existence. Le Yémen est l’un des pays arabes les plus pauvres.

_____________________________ 6 – France-soir

Yémen : Interpellations et reprise de dialogue avec l’opposition

Par S. V

Depuis début février, les manifestations pour le départ du président Saleh se multiplient au Yémen. Dimanche, de violents heurts avec la police ont empêché le mouvement de grogne des manifestants anti-gouvernementaux dans la capitale.

Plusieurs milliers de manifestants ont de nouveau été confrontés aux forces de l’ordre dimanche à Sanaa, la capitale du Yémen. À coups de matraque, ils ont été empêchés d’atteindre la principale place de la ville. Dans ce pays le plus pauvre du monde arabe, les manifestations de protestation contre la politique du gouvernement se sont multipliées ces dernières semaines. Notamment à Sanaa, où des appels au départ du président Ali Abdullah Saleh, depuis 32 au pouvoir, ont été répétés. Une nouvelle vague d’interpellations a de nouveau eu lieu ce dimanche. Plusieurs manifestants anti-gouvernementaux qui tentaient de marcher sur le palais présidentiel de Sanaa, ont été blessés et une vingtaine d’autres ont été interpellés.

La veille déjà, la manifestation dans la capitale yéménite pour célébrer la démission du raïs égyptien Hosni Moubarak, et par la même occasion pour réclamer le départ du président Saleh, avait aussi été repoussée par les forces de l’ordre. Selon des responsables de l’opposition, 10 manifestants ont été arrêtés à Sanaa et 120 à Taiz où les autorités ont aussi dispersé une manifestation.

Mais peu avant les affrontements, l’opposition a accepté d’entamer des pourparlers avec le président yéménite qui tente de contenir la vague de révolutions dans la région. Le dialogue avec le pouvoir avait été suspendu fin 2010, après les promesses de réformes annoncées par le chef de l’Etat.

Élargir le dialogue au Mouvement sudiste et à la rébellion chiite

Dans un communiqué, le Forum commun (une alliance de l’opposition parlementaire), s’est dit « prêt à signer dès cette semaine un accord-cadre sur (la reprise du) dialogue national » au point où il s’était arrêté le 31 octobre dans le cadre du comité du dialogue. Mais il a invité les autorités à « retenir la leçon de ce qui se passe en Tunisie et en Egypte », où la grogne populaire a conduit à la chute des chefs d’État de ces pays. Il met en garde contre « un soulèvement populaire » au Yémen, pays frappé par « la corruption, la pauvreté, le chômage, la répression, l’injustice et la tyrannie », selon le communiqué.

Le Forum commun propose aussi d’élargir le dialogue au Mouvement sudiste, un groupe séparatiste, et à des opposants en exil ainsi qu’à la rébellion chiite dans le Nord. Ce dialogue national devrait déboucher sur l’adoption d’un programme de réformes et la mise en place d’un gouvernement d’entente nationale, qui aurait la charge d’élaborer des amendements constitutionnels et de préparer des élections législatives, ajoute le texte.

Le limogeage des membres de la famille Saleh demandé

Début février, des dizaines de milliers de personnes avaient participé « au jour de colère » organisé par l’opposition pour réclamer un changement de régime. Confronté à la grogne populaire, le président Saleh avait annoncé le 2 février qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à l’expiration du sien en 2013, et avait affirmé qu’il ne chercherait pas à ce que son fils lui succède.

Mais en gage de bonne foi, le Forum demande désormais au président de limoger tous les membres de sa famille et ses proches parents des fonctions de responsabilité qu’ils occuperaient dans l’armée, la police, le gouvernement ou dans les conseils régionaux.

Au Yémen, le gouvernement central n’a guère de contrôle en dehors de la capitale. Le reste du pays est en proie à divers conflits et est devenu le nouveau refuge des militants d’Al-Qaïda, dont la branche locale est une des plus actives.

__________ 5 – Romandie News (Ch) avec AFP

Yémen: l’opposition accepte de reprendre le dialogue avec le pouvoir

L’opposition parlementaire yéménite a annoncé dimanche qu’elle acceptait de reprendre le dialogue avec le pouvoir, suspendu fin 2010, après les promesses de réformes annoncées par le chef de l’Etat.

Dans un communiqué, le Forum commun, une alliance de l’opposition parlementaire, invite les autorités à “retenir la leçon de ce qui se passe en Tunisie et en Egypte”, où la grogne populaire a conduit à la chute des chefs d’Etat de ces pays.

Il met en garde contre “un soulèvement populaire” au Yémen, pays frappé par “la corruption, la pauvreté, le chômage, la répression, l’injustice et la tyrannie”, selon le communiqué.

Le Forum commun se dit “prêt à signer dès cette semaine un accord-cadre sur (la reprise du) dialogue national” au point où il s’était arrêté le 31 octobre dans le cadre du comité du dialogue, et accepter les réformes annoncées récemment par le président Ali Abdallah Saleh.

Mais en gage de bonne foi, le Forum demande au président de limoger tous les membres de sa famille et ses proches parents des fonctions de responsabilité qu’ils occuperaient dans l’armée, la police, le gouvernement ou dans les conseils régionaux.

Confronté à la grogne populaire, le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a annoncé le 2 février le gel des amendements constitutionnels lui permettant de briguer un nouveau mandat à l’expiration du sien en 2013, et affirmé qu’il ne chercherait pas à ce que son fils lui succède.

Il avait annoncé également le report des élections législatives prévues pour le 27 avril et dont la tenue, en l’absence d’une réforme politique, était contestée par l’opposition.

Ce discours équivaut “à une abrogation de toutes les mesures unilatérales” prises à l’initiative du parti présidentiel, le Congrès populaire général (CPG), précise le communiqué remis aux journalistes lors d’une conférence de presse à Sanaa.

Le comité de dialogue est formé par des délégués du CPG et du Forum commun, qui réunit plusieurs formations d’opposition parlementaire dont le parti Al-Islah, principal groupe islamiste, et le Parti socialiste yéménite (PSY).

Dans son communiqué, le Forum commun propose d’élargir le dialogue au Mouvement sudiste, un groupe séparatiste, et à des opposants en exil ainsi qu’à la rébellion chiite dans le Nord.

Le dialogue national devrait déboucher sur l’adoption d’un programme de réformes et la mise en place d’un gouvernement d’entente nationale, qui aurait la charge d’élaborer des amendements constitutionnels et de préparer des élections législatives, ajoute le texte.

Les manifestations de protestation contre la politique du gouvernement se sont multipliées ces dernières semaines au Yémen, notamment à Sanaa, où des appels au départ du président Saleh ont été répétés.

_________________ 4 – Le Figaro avec AFP

Yémen: un blessé dans des heurts

Une femme a été blessée à Sanaa lorsque les forces de sécurité sont intervenues pour disperser une manifestation hostile au régime organisée par des étudiants, ont annoncé des témoins. Les forces de sécurité ont dispersé à coups de matraques quelque 2.000 personnes, parties de l’université de Sanaa en direction de la place Al-Sabiine, près du palais présidentiel, en scandant des slogans réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Une manifestante a été blessée dans des heurts avec les forces de sécurité qui ont empêché les protestataires de poursuivre leur manifestation. Dix manifestants ont été arrêtés, selon des participants. La militante yéménite Tawakel Karman, qui avait été brièvement arrêtée fin janvier sous l’accusation d’incitation à la violence, a participé à la manifestation.

A Taëz, au sud de Sanaa, la police a procédé à 120 arrestations après avoir dispersé à coup de matraques une manifestation sur la principale place de la ville, selon des témoins. Samedi, des milliers de jeunes Yéménites avaient manifesté à Sanaa pour réclamer le départ du président, au lendemain de la chute de son homologue égyptien Hosni Moubarak sous la pression de la rue.

La manifestation avait été dispersée par des partisans du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CGP), armés de bâtons et de gourdins mais aussi d’armes blanches, lorsqu’elle était parvenue place Tahrir (Libération), place forte de la contestation populaire.

_________________ 3 – Dernières nouvelles d’Alsace (DNA)

Yémen Dispersion au couteau

Quelque 4000 jeunes Yéménites ont manifesté hier, dans le centre de la capitale Sanaa, appelant au départ du président Ali Abdallah Saleh. « Après Moubarak, c’est le tour d’Ali », ont scandé les protestataires, en majorité des étudiants.

Aux cris de « Dégage, dégage Ali ! », « le peuple veut la chute du régime », les manifestants ont défilé de l’université de Sanaa vers le centre de la capitale.

Ils sont parvenus jusqu’à la place Tahrir, où des partisans du parti au pouvoir, le Congrès populaire général (CGP), armés de bâtons et de gourdins, mais aussi d’armes blanches (photo), ont réussi à les disperser.

_______________________ 2 – CyberPress (Canada)

Yémen: des manifestants matraqués par la police

Des manifestants anti-gouvernementaux ont été battus à coups de matraque par la police yéménite, samedi, alors qu’ils célébraient la démission du président égyptien Hosni Moubarak et enjoignait leur propre dirigeant à suivre son exemple.

Cherchant à capitaliser sur la révolution égyptienne qui a abouti au renversement de Moubarak en 18 jours, les protestataires avaient tenté de gagner l’ambassade égyptienne dans la capitale yéménite, mais ont été repoussés par les forces de l’ordre. La démission du raïs a remis en question la stabilité à long terme du pouvoir yéménite et d’autres régimes autocratiques de la région alliés aux pays occidentaux.

Les États-Unis se retrouvent dans une situation délicate parce que Washington prêche pour des réformes démocratiques, mais souhaite aussi assurer la stabilité du Yémen, qu’il considère comme un allié important dans la lutte au terrorisme islamique.

Des autobus ont conduit des membres du parti au pouvoir, équipés de tentes, de vivres et d’eau, pour occuper la place principale de Sanaa, également nommée Tahrir (place de la Libération), comme celle qui fut l’épicentre de la révolution égyptienne, afin d’éviter que les manifestants ne s’y installent. Quelque 5000 policiers et partisans du gouvernement s’y sont installés.

Selon des témoins, la police, y compris des officiers en civil, ont chassé des milliers de personnes de cette place vendredi soir alors que les manifestants déchiraient des affiches du président Ali Abdullah Saleh et hurlaient des slogans réclamant sa démission immédiate.

M. Saleh est au pouvoir depuis 30 ans et a cherché à calmer le jeu en s’engageant à ne pas être candidat à sa propre succession. Son mandat se termine en 2013.

Le Yémen, où le gouvernement central, corrompu, n’a guère de contrôle sur le pays en dehors de la capitale, est en proie à divers conflits et est devenu le refuge des militants d’Al-Qaïda, dont la branche locale, Al-Qaïda dans la péninsule arabique, est l’une des plus actives sur la planète.

Il s’agit aussi du pays le plus pauvre du monde arabe. La principale source de revenus du Yémen, ses réserves de pétrole, pourrait s’assécher dès la prochaine décennie.

La pays a été le théâtre de plusieurs attentats terroristes anti-occidentaux dans les dernières années, une vague commencée avec le bombardement du navire USS Cole, en 2000, qui avait tué 17 marins américains.

_______________________ 1 – Nouvel Obs avec Reuters

Manifestation dispersée par des partisans de Saleh au Yémen

par Khaled Abdallah
avec Mohamed Sudam et Mohammed Ghobari;
Marine Pennetier et Nicole Dupont pour le service français

Des partisans du gouvernement yéménite armés de couteaux et de gourdins ont dispersé samedi une manifestation de quelque 2.000 personnes qui, s’inspirant du soulèvement en Egypte, réclamaient la démocratie.

S’efforçant d’endiguer la vague de protestation qui s’étend dans le monde arabe, le président Ali Abdallah Saleh, qui dirige le Yémen depuis 32 ans, s’est engagé début février à quitter le pouvoir à la fin de son mandat en 2013.

L’opposition n’a néanmoins pas encore répondu à son invitation à rejoindre un gouvernement d’union. Elle souhaite la tenue de discussions sous égide occidentale ou du Golfe.

Le Yémen est aussi confronté à un mouvement sécessionniste dans le Sud tandis que dans le Nord, un fragile cessez-le-feu a été conclu avec des rebelles chiites et que l’on assiste à une résurgence de la présence d’al Qaïda.

Quelque 300 étudiants s’étaient rassemblés samedi matin à l’université de Sanaa pour manifester. Leurs rangs ont gonflé au point d’atteindre 2.000 personnes environ et un cortège s’est mis en marche en direction de l’ambassade d’Egypte.

Sur la place Tahrir, dans le centre-ville, des affrontements les ont opposés à des partisans du gouvernement qui les ont mis en fuite. Deux personnes ont été légèrement blessées, ont rapporté des témoins.

INTERPELLATIONS

La veille au soir déjà, des hommes armés avaient contraint quelque 300 opposants au gouvernement à quitter une manifestation improvisée dans la capitale yéménite.

Les autorités yéménites ont interpellé au moins 10 personnes à la suite de la célébration, vendredi à Sanaa, de la chute du président égyptien Hosni Moubarak par des manifestants anti-gouvernementaux, selon Human Rights Watch.

D’après cette ONG, la célébration a dégénéré en affrontements après l’attaque des manifestants par des centaines d’hommes armés de fusils d’assaut, de couteaux et de bâtons, sous les yeux des forces de sécurité qui ne sont pas intervenues.

“Les forces de sécurité yéménites ont le devoir de protéger des manifestants pacifiques”, a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Proche-Orient. “Dans ce cas, les forces de sécurité semblent avoir organisé l’attaque des manifestants par des hommes armés.”

Le parti au pouvoir au Yémen a dressé la semaine dernière des tentes sur la place Tahrir, dans le centre de Sanaa, afin d’occuper le terrain et d’empêcher des personnes de s’y réunir en grand nombre.

Des responsables du parti ont distribué samedi de petites sommes d’argent pour récompenser les manifestants pro-gouvernementaux. Certains s’en sont servis pour acheter de la nourriture ou du qat, une feuille que plus de la moitié des 23 millions de Yéménites ont l’habitude de consommer et à laquelle on prête la propriété de décourager les velléités de manifester.

Les autorités yéménites ont assuré samedi qu’elles respectaient le choix du peuple égyptien et qu’elles le soutiendraient dans sa quête du progrès et du développement.