25/02/11 (B592-B) Yémen Express 1/2 – le président dit qu’il ne partira “que par les urnes” – Un manifestant abattu au Yémen – l’opposition rejoint le mouvement de contestation des étudiants et cesse le dialogue avec l’Etat – la police ouvre le feu sur les manifestants, un mort et cinq blessés – un mort et dix blessés parmi les manifestants d’Aden – 6.000 manifestants dans la rue à Sanaa – violents heurts à Sanaa – le président Saleh qualifie les manifestations de “coup d’Etat” – deux morts dans les manifestations antirégime à Aden, heurts à Sanaa (9 articles)

_________________ 9 – Nouvel Obs avec AFP

21/02 Yémen : le président dit qu’il ne partira "que par les urnes"

Pendant ce temps là, des milliers de manifestants se sont réunis face à l’Université de Sanaa pour exiger son départ.

"Ni Nord ni Sud, notre révolution est celle des jeunes", répètent les manifestants. (AFP)

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a déclaré lundi 21 février, lors d’une conférence de presse, qu’il ne partirait "que par les urnes", alors que la contestation populaire contre lui s’amplifie.

"On me demande de partir, mais je ne partirai que par les urnes", a déclaré le président devant la presse.

Le président Saleh, qui dirige le Yémen depuis 1978, a promis le 2 février de mener des réformes et de ne pas briguer un nouveau mandat lors de la prochaine élection présidentielle prévue en 2013, sans parvenir à calmer la rue.

Des milliers de personnes ont entamé un sit-in

Des milliers de personnes ont entamé lundi un sit-in devant l’Université de Sanaa, foyer de la contestation dans la capitale, pour exiger la chute du régime yéménite.

Ce rassemblement intervient au lendemain de la décision de l’opposition parlementaire de se joindre au mouvement de contestation, mené jusqu’à présent principalement par des étudiants.

"Toute agression contre les manifestants est un crime"

Les ulémas du Yémen, sunnites et zaïdites, branche du chiisme prépondérante dans le nord du Yémen, ont prohibé le recours à la force contre les manifestants.

Ils ont publié un communiqué en ce sens à l’issue d’une réunion extraordinaire sous l’égide de l’influent chef islamiste cheikh Abdelmajid Zendani, soupçonné par Washington de soutenir le terrorisme.

"Toute agression contre les manifestants est un crime", ont affirmé les ulémas, prohibant dans le même temps de "tuer des membres des forces de sécurité".

Des partisans du régime s’étaient acharnés quotidiennement jusqu’à samedi sur des manifestants à Sanaa qui réclament la chute du régime, faisant un grand nombre de blessés.

A Aden, la grande ville du sud, 12 personnes ont été tuées en moins d’une semaine dans la dispersion par les forces de sécurité de manifestations tournant à l’émeute.

_________________ 8 – Radio Canada avec AFP

21/02 Un manifestant abattu au Yémen

La police a abattu un manifestant à Aden, dans le sud du Yémen, dimanche soir, lors d’une nouvelle manifestation contre le président Ali Abdallah Saleh.

Selon un bilan de l’AFP, 11 manifestants ont été tués à Aden depuis le 13 février dernier, date du début de la contestation du régime de Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Le Forum commun, une alliance de l’opposition parlementaire, a annoncé dimanche dans un communiqué qu’il se joignait au mouvement de protestation, d’abord mené par des étudiants.

À Sanaa, des étudiants ont manifesté sur le campus, sans toutefois être attaqués par des partisans du président Saleh, comme cela avait été le cas dans les jours précédents. La police avait en effet établi un cordon de sécurité autour de la zone.

Ces manifestants à Sanaa ont écrit « Dégage » dans la paume de leur main, à l’intention du président Saleh.

Selon l’agence officielle Saba, le président a aussi ordonné de protéger les journalistes. Il a renouvelé son appel au dialogue avec l’opposition, précisant cependant qu’il fallait que leurs demandes soient « légitimes ».

L’opposition a toutefois répondu par la négative. « Il n’y aura pas de dialogue avec les balles et les matraques, pas de dialogue avec un pouvoir qui rassemble les mercenaires et les casseurs pour occuper les places publiques […] et terroriser la population », affirme le communiqué du Forum commun.

________________ 7 – TSRInfo (Suisse)

20/02 Yémen: l’opposition rejoint le mouvement de contestation des étudiants et cesse le dialogue avec l’Etat

L’opposition parlementaire au Yémen a annoncé dimanche sa décision de se joindre au mouvement de protestation mené par les étudiants notamment. Elle a refusé de reprendre le dialogue avec le pouvoir sous la menace des armes.

L’opposition était restée à l’écart de la contestation mais au vue des violences, elle estime que le dialogue avec le chef de l’Etat n’a plus de sens. En effet, 10 personnes ont été tuées depuis le début de la contestation et samedi, la capitale Sanaa a enregistré sa 1ère victime. Dimanche, des centaines d’étudiants manifestaient dans le calme devant leur campus à Sanaa.

________________ 6 – Nouvel Obs avec AP

19/02 Yémen: la police ouvre le feu sur les manifestants, un mort et cinq blessés

La police a ouvert le feu samedi contre les manifestants qui défilaient, par milliers, dans les rues de la capitale Sanaa pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh. Selon un responsable médical qui a requis l’anonymat, un homme a été tué d’une balle dans le cou et cinq autres ont été blessés.

Les manifestants avaient défilé de l’Université au ministère de la Justice, en scandant "le peuple veut la chute du régime". Des policiers des unités anti-émeutes, appuyés par des éléments en civil, ont ensuite attaqué les manifestants.

A Aden, des habitants ont déclaré que les forces de sécurité, après 10 jours de manifestations, ont déserté les rues de la ville portuaire. Des groupes d’hommes ont attaqué, pillé et brûlé des bâtiments officiels, sans intervention de la police ou de l’armée, selon des témoins.

________________ 5 – Romandie News avec AFP

18/02 Yémen: un mort et dix blessés parmi les manifestants d’Aden

Un manifestant a été tué et dix autres ont été blessés dans la dispersion par la police de manifestations jeudi à Aden, dans le sud du Yémen, selon un bilan recueilli auprès des hôpitaux de la ville.

"Un mort a été transporté dans notre hôpital et quatre blessés touchés par balle y ont été admis", a déclaré à l’AFP un responsable de l’hôpital Al-Joumhouriah. Il a qualifié l’état de deux blessés de "très grave".

Quatre blessés par balles ont été admis à l’hôpital Naqib, selon des membres de cet établissement et deux dans celui de Wali, dans le quartier de Mansoura, qui a connu une manifestation imposante demandant la chute du régime.

Une marche de plusieurs centaines de jeunes était toujours en cours dans la soirée à Crater, un autre quartier d’Aden, selon des témoins.

Les nouvelles manifestations à Aden se sont produites en dépit d’un déploiement jeudi de l’armée au lendemain de violents affrontements entre des manifestants et forces de l’ordre qui ont fait deux morts et 20 blessés.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des centaines de manifestants avaient défilé jusqu’à Aden en réclamant la chute du régime.

Dans le quartier de Mansoura, ils ont tenté de prendre d’assaut le poste de police et la prison centrale. A Khor Maksar, ils ont attaqué trois hôtels, brisant leur devanture ainsi que les vitres de commerces, et coupé la circulation en incendiant des pneus, selon le correspondant de l’AFP.

________________ 4 – Nouvel Obs avec AP

18/02 Yémen: 6.000 manifestants dans la rue à Sanaa

Une manifestation a réuni 6.000 personnes jeudi à Sanaa, capitale du Yémen, au septième jour du mouvement de contestation contre le président Ali Abdallah Saleh. Des heurts se sont produits avec la police.

Quelque 6.000 Yéménites, dont des étudiants, ont manifesté à Sanaa, scandant "le peuple veut renverser le président". Les protestataires ont repoussé des assauts de la police et de partisans du gouvernement armés de bâtons et de poignards.

Une dizaine de manifestants et un nombre indéterminé de policiers ont été blessés. Selon des responsables de la sécurité, une cinquantaine de manifestants ont également été interpellés.

Des affrontements ont été signalés dans d’autres villes du pays, notamment à Aden. Cherchant à maintenir la pression, les contestataires ont appelé à la tenue vendredi d’un "jour de colère".

Selon l’agence de presse officielle Saba, le président Saleh a réuni les plus hauts gradés de l’armée mercredi soir pour discuter des troubles. L’armée a ensuité lancé un appel au calme.

La plus haute figure religieuse du pays, cheikh Abdul-Majid al-Zindani, un proche du président, a de son côté appelé à la fin des manifestations. "Le changement par les manifestations de rue est rejeté. Cela conduit au chaos", a-t-il déclaré.

Pays arabe le plus pauvre du monde, le Yémen est en proie aux manifestations depuis sept jours. Inspirés par les révoltes tunisienne et égyptienne, les manifestants yéménites se plaignent de la pauvreté, du chômage et de la corruption et demandent des réformes politiques et le départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Le chef de l’Etat yéménite a tenté sans succès de désamorcer la contestation en annonçant qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2013 et ne préparerait son fils à sa succession.

________________ 3 – Le Figaro avec AFP

17/02 Yémen: violents heurts à Sanaa

Plus de 25 Yéménites ont été blessés dans de nouveaux affrontements aujourd’hui à Sanaa entre des étudiants et des partisans du pouvoir, alors que l’armée se déployait en force à Aden, autre foyer de contestation, au lendemain de manifestations d’une rare violence.

Les manifestants, estimés à quelque 2.000 personnes, pour la plupart des étudiants, ont été attaqués dès leur sortie du campus par des partisans du Congrès populaire général (CPG), armés de gourdins et de pierres. "Le peuple réclame la chute du régime", répétaient d’une seule voix les étudiants, certains ripostant à coups de pierres à leurs attaquants.

Quinze manifestants ont été blessés, ainsi que dix partisans du CPG, selon le correspondant de l’AFP. Les forces de sécurité ont tiré en l’air pour tenter de séparer les deux parties. Selon des témoins, des partisans du CPG ont également tiré à balles réelles. Un photographe de l’AFP a été blessé à la tête par une pierre alors qu’un vidéaste travaillant pour l’AFP a été frappé par des partisans du pouvoir.

Les heurts entre les jeunes et les partisans du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978, se produisent quotidiennement depuis cinq jours. Mercredi, au moins dix étudiants ont été blessés lors d’affrontements similaires, alors que les manifestants tentaient de marcher vers le palais présidentiel. La chute des présidents tunisien Zine El Abidine Ben Ali et égyptien Hosni Moubarak à moins d’un mois d’intervalle sous la pression de la rue ont encouragé les mouvements de contestation à travers le monde arabe.

____________ 2 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

17/02 Yémen: le président Saleh qualifie les manifestations de "coup d’Etat"

Le président yéménite Ali Abullah Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, a qualifié mercredi les manifestations réclamant son départ de "coup d’Etat".

"Les jeunes qui organisent des manifestions tentent de répandre les troubles dans le pays et ils sont des éléments de coup d’Etat", a affirmé Saleh cité par l’agence de presse officielle Sana.

"Je ne m’accroche pas au pouvoir, le pouvoir est pour tout le monde, mais il doit être obtenu par les urnes", a dit Saleh dans un discours prononcé devant des milliers de partisans de son tribu dans le nord-est du pays.

"Le temps de coup d’Etat et du chaos est révolu, ceux qui veulent prendre le pouvoir doivent le prendre par les urnes, pas par le chaos dans les rues", a affirmé le président.

Le président Saleh, au pouvoir depuis 33 ans, qui fait face à une contestation de plus en plus populaire réclamant son départ, a déclaré la semaine dernière qu’il partira après la fin de son mandat en 2013 et a promis de ne pas remettre le pouvoir à son fils.

____________________________ 1 – Nouvel Obs avec AFP

16/02 – Yémen: deux morts dans les manifestations antirégime à Aden, heurts à Sanaa

Au moins quatre manifestants ont été blessés mercredi au Yémen lors d’affrontements opposant pour la quatrième journée consécutive des étudiants réclamant la chute du régime à des partisans du pouvoir, selon un correspondant de l’AFP.

De violents heurts ont opposé des manifestants anti-régime et policiers mercredi dans le sud du Yémen faisant deux morts, au moment où des centaines de protestataires ont été dispersés à coups de gourdin dans la capitale Sanaa par des partisans du président Ali Abdallah Saleh.

La journée a été sanglante à Aden, la principale ville du sud.

Deux manifestants y ont été tués et deux blessés lors d’affrontements entre les forces de sécurité et des centaines de manifestants réclamant le départ de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans dans ce pays pauvre et instable de la péninsule arabique et un allié clé de Washington dans sa lutte contre Al-Qaïda.

"Yassine Askar, l’un des trois blessés qui étaient traités à l’hôpital Naqib a succombé et son corps a été transporté dans la morgue de l’hôpital Joumhouria", a déclaré à l’AFP la source hospitalière.

Avant lui, un autre manifestant, Mohammad Ali Alwani, grièvement blessé par des tirs des forces anti-émeutes tentant de disperser les manifestants antigouvernementaux, a succombé.

Des centaines de jeunes s’étaient regroupés sur une place servant de gare routière à Aden. Ils ont ensuite pris d’assaut le siège de la municipalité dans le quartier de Mansoura et mis le feu à quatre voitures.

En début de soirée, plusieurs manifestants ont attaqué un poste de police à coups de pierres, les policiers tentant de se dégager en tirant en l’air.

Entretemps à Sanaa, des centaines d’étudiants ont tenté, pour la quatrième journée consécutive, de marcher sur le palais présidentiel sur la place Sabiine, avant d’être sauvagement pourchassés par des partisans de M. Saleh, armés de gourdins, de poignards et de pierres.

Ces derniers se sont acharnés sur les étudiants dès qu’ils sont sortis de l’Université en scandant "Le peuple veut faire la chute du régime", selon un correspondant de l’AFP sur place.

Les manifestants ont riposté en lançant des pierres sur leurs agresseurs, qui les ont ensuite poursuivis jusque sur le campus, où la police a tiré des coups de feu en l’air pour disperser les deux camps.

Au moins dix étudiants ont été blessés, selon le chef de l’Union des étudiants de l’Université, Radwan Massoud.

Signe de la violence dans la dispersion des marches, trois journalistes, dont un photographe d’Associated Press et un caméraman de la chaîne al-Arabiya basée à Dubaï, ont été battus par des partisans du Congrès populaire général (CPG, parti du président Saleh).

Au même moment, des centaines de juges se sont rassemblés à Sanaa pour réclamer "l’indépendance du pouvoir judiciaire", la démission des membres du Conseil supérieur judiciaire et des hausses de leurs salaires.

La veille, quelque 3.000 manifestants, la plupart des étudiants, avaient déjà tenté de se diriger vers le palais présidentiel avant d’être brutalement dispersés par les partisans du CPG.

"Les agissements des casseurs du CPG ne nous dissuaderont pas de continuer notre révolution pacifique", a affirmé à l’AFP M. Massoud.

Les manifestations qui se poursuivent depuis plusieurs jours dans le pays sont organisées à l’initiative d’étudiants et de composantes de la société civile.

L’opposition parlementaire, qui a décidé de reprendre le dialogue avec le régime, est restée à l’écart de la contestation. Elle n’a plus organisé de manifestation depuis une marche de dizaines de milliers de ses partisans le 3 février, après les promesses de réformes annoncées par le chef de l’Etat.

M. Saleh avait annoncé le 2 février le gel des amendements constitutionnels lui permettant de briguer un nouveau mandat en 2013, et affirmé qu’il ne chercherait pas à ce que son fils lui succède.

Enfin, des centaines de fonctionnaires ont poursuivi une grève lancée dimanche à Aden, réclamant le départ de leurs directeurs et une hausse des salaires devant les bureaux de leurs entreprises.