10/04/11 (B599) Yémen Express / les nouvelles de la semaine écoulée (3/3) – combats de rue à Sanaa et Taëz – Réunion sur la crise au Yémen dimanche à Ryad – Nouvelles manifestations au Yémen – la protestation contre le régime paralyse Aden – crise diplomatique avec le Qatar sur fond de manifestations (5 articles)

_____________________ 5 – AFP

Yémen: combats de rue à Sanaa et Taëz

De Hammoud MOUNASSAR

Les villes de Sanaa et de Taëz ont connu des combats de rue entre manifestants et policiers alors que les monarchies arabes du Golfe, inquiètes de la poursuite des violences au Yémen, s’apprêtent à relancer leurs efforts pour une transition politique chez leur voisin du sud.

Un manifestant a été tué et des dizaines de personnes ont été blessées dans ces heurts qui se sont poursuivis une bonne partie de la nuit, selon un bilan fourni dimanche par des sources médicales et par des comités encadrant les protestations contre le régime.

“Un manifestant est mort de ses blessures dans la nuit”, a déclaré dimanche un responsable de l’hôpital de campagne de Taëz, soignant les protestataires, dans cette ville située au sud de la capitale et qui est l’un des foyers de la contestation du président Ali Abdallah Saleh.

En outre, 43 manifestants ont été blessés par balle, 29 par des coups de bâton, 580 autres ont souffert de suffocations après avoir inhalé des gaz lacrymogènes. Une vingtaine d’autres manifestants ont été arrêtés.

Le bilan est tout aussi lourd à Sanaa, où 30 manifestants ont été blessés par balle, 80 par des coups de bâton et 1.200 ont été soignés pour avoir inhalé des gaz lacrymogènes, selon des sources médicales.

Taëz a connu une manifestation de colère samedi pendant laquelle la foule a demandé de juger les auteurs de la “tuerie” de la veille pendant laquelle quatre manifestants ont été tués par balle.

Les manifestants ont insisté sur un départ du président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, et rejeté toute initiative politique qui ne prévoit pas la fin du régime du chef de l’Etat yéménite.

Le chef de l’Etat a rejeté vendredi cette médiation dans sa version annoncée par le Qatar et qui prévoit clairement qu’il cède le pouvoir, tout en continuant de dire qu’il restait ouvert à l’offre des pays du Golfe.

En signe de colère, il a rappelé samedi son ambassadeur à Doha.

Cela n’a pas empêché le Conseil de coopération du Golfe (CCG) de convoquer une nouvelle réunion dimanche à Ryad sur le Yémen au niveau ministériel.

La réunion doit se tenir en présence des ambassadeurs des pays du CCG (Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman et Koweït) au Yémen, selon un responsable de ce groupement régional.

Les monarchies arabes du Golfe, que l’instabilité au Yémen inquiète, avaient proposé lors d’une réunion ministérielle il y a une semaine à Ryad leur médiation entre l’opposition et le pouvoir au Yémen.

Dans d’autres violences liées à Al-Qaïda, un colonel des services de renseignements a été assassiné samedi dans la région de Loder, dans le sud du Yémen, où des combats entre l’armée et des membres présumés d’Al-Qaïda ont fait deux tués, ont indiqué dimanche des sources médicale et de sécurité.

Des témoins ont indiqué que l’un des deux hommes armés circulant à moto a ouvert le feu sur l’officier et son fils alors qu’ils étaient devant leur domicile à Loder, avant de prendre la fuite.

Selon eux, les agresseurs font partie d’Al-Qaïda.

Par ailleurs, un soldat et un militant présumé d’Al-Qaïda, ont été tués dans les combats samedi dans la région proche de Joar, a indiqué dimanche une source des services de sécurité.

Des unités de l’armée yéménite ont bombardé à l’arme lourde un refuge présumé d’Al-Qaïda à Joar, après avoir demandé aux civils de quitter les lieux.

Après la fin des combats, des habitants ont regagné leurs demeures.

Les Etats-Unis collaboraient étroitement avec le régime du président Saleh dans la lutte contre Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), né d’une fusion des branches yéménite et saoudienne du réseau, qui est actif dans le sud et l’est du Yémen.

_____________________ 4 – Europe 1

Réunion sur la crise au Yémen dimanche à Ryad

Les ministres des Affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui ont offert leur médiation dans la crise yéménite, doivent tenir une réunion dimanche à Ryad, selon un responsable du groupement régional.

La réunion doit se tenir en présence des ambassadeurs des pays du CCG (Arabie saoudite, Qatar, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman et Koweït) au Yémen, a précisé ce responsable qui a requis l’anonymat.

_____________________ 3 – NouvelObs avec AP

Nouvelles manifestations au Yémen

Quelque 100.000 manifestants défilaient samedi à Taiz, dans le sud du Yémen, pour continuer à réclamer la démission du président Ali Abdallah Saleh et la répression du mouvement.

La veille, selon des témoins, la police a ouvert le feu, tiré des gaz lacrymogènes et frappé des manifestants à Taiz qui suivaient les cercueils de victimes d’une manifestation de la semaine dernière. D’après les témoins et des médecins d’un hôpital de campagne situé non loin, quatre manifestants ont été tués et environ 400 autres ont été blessés.

Plus de 120 personnes ont été tuées au Yémen depuis le début du mouvement de contestation le 11 février.

Intervenant vendredi devant des dizaines de milliers de ses partisans, le président Ali Abdallah Saleh a rejeté une offre de médiation du Conseil de coopération du Golfe (CCG) l’appelant à céder le pouvoir à son vice-président en échange de l’immunité pour lui et sa famille.

Il s’en est pris au Qatar pour avoir fait rendu cette proposition publique, et à la chaîne Al-Jazira pour sa couverture de la contestation yéménite. Le Yémen a rappelé son ambassadeur au Qatar.

_____________________ 2 – La Tribune de Genève avec AFP

Yémen: la protestation contre le régime paralyse Aden

La ville d’Aden, dans le sud du Yémen, était paralysée samedi par une grève de protestation contre le régime du président Ali Abdallah Saleh, à l’appel de la coordination des “Jeunes de la révolution du 16 février”.

Dans un communiqué, cette coordination a appelé la population de la ville à la désobéissance civile, invitant les habitants à ne pas payer les factures d’eau et d’électricité et les fonctionnaires à se mettre en grève.

Les commerces étaient fermés dans de nombreux quartiers et les transports publics étaient à l’arrêt, selon un journaliste.

Les jeunes, qui réclament le départ du président Saleh au pouvoir depuis 32 ans, ont dressé des barricades sur de nombreux axes routiers pour empêcher les véhicules de circuler.

Selon une source dans l’administration, peu de fonctionnaires se sont rendus à leur bureau samedi, jour ouvré au Yémen.

Aden est l’un des foyers les plus actifs de la contestation du régime. La ville a connu de nombreuses manifestations sanglantes ces dernières semaines et plusieurs responsables de la province ont rejoint les manifestants.

________________________ 1 – AFP

Yémen: crise diplomatique avec le Qatar sur fond de manifestations

De Hammoud MOUNASSAR

Le Yémen a rappelé samedi son ambassadeur à Doha pour protester contre la position du Qatar appelant au départ du président Ali Abdallah Saleh dont le principal rival, le général dissident Ali Mohsen al-Ahmar, a assuré ne pas avoir d’ambition politique.

“L’ambassadeur du Yémen au Qatar a été rappelé pour consultations après les déclarations du Premier ministre du Qatar cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani sur les efforts des pays du Golfe concernant un dialogue entre les différentes parties au Yémen”, a indiqué un porte-parole officiel à Sanaa.

Cheikh Hamad avait indiqué mercredi que les monarchies du Golfe –qui ont proposé d’accueillir à Ryad des pourparlers entre le régime et l’opposition yéménites–, souhaitaient un accord sur le départ de M. Saleh.

Ce dernier a rejeté vendredi cette initiative devant des milliers de ses partisans à Sanaa et laissé exploser sa colère contre le Qatar.

“Nous tirons notre force de la force de notre grand peuple, ni du Qatar ni de personne d’autre”, a-t-il notamment clamé.

Dans une mise au point publiée après le discours, la présidence a affirmé que M. Saleh “accueille favorablement les efforts du Conseil de coopération du Golfe (CCG) conduits par l’Arabie saoudite pour régler la crise mais refuse les déclarations du Qatar, qui constituent une ingérence inacceptable dans les affaires yéménites”.

Le chef de l’Etat a réitéré cette position dans la nuit lors d’appels téléphoniques aux dirigeants du CCG, à l’exception de celui du Qatar. Le CCG comprend aussi l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman et le Koweït.

A Sanaa, le général Ahmar a déclaré samedi que “l’armée sera à l’avenir sous les ordres des civils et je ne cherche personnellement aucun poste de pouvoir”.

La défection de ce haut gradé, commandant de la région nord-est et de la 1ère division blindée, qui avait annoncé le 21 mars rejoindre la contestation, a porté un coup dur au président Saleh, qui fait face à un mouvement de contestation sans précédent en 32 ans de pouvoir.

Ce mouvement était perceptible samedi à Taëz, au sud de Sanaa, où des milliers de Yéménites en colère ont manifesté samedi pour dénoncer les tirs des forces de l’ordre qui ont fait vendredi quatre morts et 116 blessés.

La foule s’est rassemblée sur la place de la Liberté, lieu des heurts de vendredi, en criant des slogans réclamant le procès des responsables de ce qu’ils ont qualifié de “tuerie”.

Les manifestants ont scandé “le peuple qui veut la chute du régime”, et leur refus de toute médiation qui ne comprenne pas le départ du président Saleh.

Dans le sud, des unités de l’armée ont bombardé à l’arme lourde un refuge présumé d’Al-Qaïda, après avoir demandé aux civils de quitter les lieux.

Les bombardements à l’artillerie et au canon de char se concentrent sur la localité de Joar, dans la province d’Abyane, a précisé sous couvert d’anonymat un officier de l’armée yéménite de la 25ème brigade mécanisée.

Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, s’était dit jeudi “inquiet” du relâchement dans la lutte contre les militants d’Al-Qaïda dans les pays arabes touchés par les mouvements de protestation depuis janvier.

“Le Yémen a vraiment relâché la pression sur Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa)”, a affirmé le ministre lors d’une visite en Irak.

Al-Qaïda est bien implanté dans le Sud et le Sud-Est du Yémen et les Etats-Unis collaboraient étroitement avec le régime du président Ali Abdallah Saleh, aujourd’hui contesté dans la rue, dans la lutte contre ce réseau.

Aden, la plus grande ville du sud, était quant à elle paralysée par une grève de protestation contre le régime, à l’appel de la coordination des “Jeunes de la révolution du 16 février”.