23/05/11 (B605) Yémen Express – des diplomates évacués de l’ambassade assiégée, Saleh n’a pas signé l’accord – des partisans du régime encerclent médiateur et ambassadeurs à Sanaa – Saleh refuse de signer l’accord, menace d’une guerre civile – le président Saleh serait prêt à signer l’accord de sortie de crise – Saleh évoque un “complot” – Bouteflika continue de soutenir le pouvoir au Yémen (6 articles)

___________________________ ARDHD

Comme on pouvait s’y attendre, en fonction de toutes les manoeuvres dilatoires dont il est coutumier, Saleh a trouvé une nouvelle raison pour ne pas signer au dernier moment, l’accord avec l’opposition.

Cette fois, il a fait encercler les négociateurs, dont certains ont du quitter l’Ambassade en hélicoptère.

Saleh préfère garder le pouvoir et continuer à tuer systèmatiquement ses concitoyens. Espérons que l’immunité pour lui et ses proches, qui faisait partie des termes de l’accord, ne lui sera plus accordée et qu’il sera jugé pour tous les crimes qui ont été commis sous ses ordres.

_________________________ 6 – RTL (Belgique) avec Belga

Yémen: des diplomates évacués de l’ambassade assiégée, Saleh n’a pas signé l’accord

Le médiateur du Golfe dans la crise yéménite et l’ambassadeur des Etats-Unis à Sanaa, encerclés par des centaines de partisans armés du régime yéménite, ont été évacués dimanche soir par hélicoptère, a indiqué un diplomate du Golfe.

Des témoins avaient indiqué auparavant que le médiateur du Golfe et des diplomates occidentaux avaient été évacués par deux hélicoptères. Mais selon le diplomate, les ambassadeurs de Grande-Bretagne, de l’Union européenne et de monarchies du Golfe se trouvaient toujours encerclés à l’ambassade des Emirats arabes unis.

Seuls le médiateur du Golfe, Abdellatif Zayani, et l’ambassadeur américain ont été évacués par hélicoptère de l’ambassade émiratie vers le palais présidentiel.

Les deux hommes ont assisté au Palais à la signature par des représentants du régime de l’accord sur la transition du pouvoir, proposé par les monarchies du Golfe et cautionné par les Etats-Unis et l’Union européenne, selon le diplomate.

M. Zayani a été ensuite héliporté jusqu’à l’aéroport de Sanaa, quittant le Yémen sans avoir obtenu la signature par le président Ali Abdallah Saleh de l’accord, a annoncé le porte-parole du parti de M. Saleh, Tarek Chami. (DGO)


_________________________ 5 – Romandie News (Ch) avec AFP

Yémen: des partisans du régime encerclent médiateur et ambassadeurs à Sanaa

Des centaines de partisans du régime yéménite, armés, encerclaient dimanche après-midi l’ambassade des Emirats Arabes Unis à Sanaa, où étaient réunis des ambassadeurs occidentaux et un médiateur du Golfe dépêchés pour tenter de dénouer la crise, a indiqué un diplomate à l’AFP.

Les ambassadeurs des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de l’Union européenne ainsi que le secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), Abdellatif Zayani, se trouvent dans l’ambassade assiégée, selon la même source.

Les diplomates étaient réunis dans l’attente d’une décision du président Ali Abdallah Saleh de signer un accord sur la transition au Yémen, élaboré par le CCG.

Ils avaient assisté samedi soir à la signature par l’opposition parlementaire de ce document.

Un haut responsable du parti au pouvoir a affirmé que le chef de l’Etat refusait de signer l’accord avant d’en définir le mécanisme d’application.

Des centaines de partisans du chef de l’Etat avaient bloqué dès le matin les principales artères de Sanaa.

_________________________ 4 – AFP

Yémen: Saleh refuse de signer l’accord, menace d’une guerre civile

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a refusé dimanche de signer un accord sur la transition et menacé d’une guerre civile, amenant les monarchies du Golfe à suspendre leur médiation.

Un manifestant a été tué et un autre blessé sur la route de l’aéroport par des tirs de partisans du président Saleh, qui se sont déployés par centaines dans la capitale, bloquant les principales artères de la ville et faisant craindre le pire aux habitants.

M. Saleh a mis en garde l’opposition contre une "guerre civile", multipliant les conditions pour signer l’accord de sortie de crise élaboré par le Conseil de Coopération du Golfe (CCG) et prévoyant son départ dans un mois.

Réunis en soirée à Ryad, les ministres des Affaires étrangères du CCG ont annoncé avoir "décidé de suspendre leur initiative en l’absence des conditions propices" pour la réussite de leur médiation.

Cette mesure survient alors que le président Saleh a refusé dimanche de signer un accord sur une transition du pouvoir au Yémen, paraphé la veille par l’opposition et dimanche par le parti présidentiel et ses alliés en présence du secrétaire général du CCG, Abdellatif Zayani.

M. Zayani a quitté en début de soirée Sanaa pour Ryad sans avoir obtenu la signature par le chef de l’Etat de l’accord.

Le médiateur a été évacué par hélicoptère, avec l’ambassadeur des Etats-Unis à Sanaa Gerald Michael Feierstein, de l’ambassade des Emirats arabes unis où ils avaient été encerclés par des centaines de partisans armés du régime yéménite.

Les deux hommes ont assisté au palais présidentiel à la signature par des responsables du parti au pouvoir et de ses alliés -n’engageant pas le président Saleh- de l’accord sur la transition.

L’ambassadeur américain a ensuite regagné, par hélicoptère, l’ambassade des Emirats d’où il avait pu sortir en milieu de soirée avec ses homologues de Grande-Bretagne, de l’Union européenne et de pays du Golfe, après une intervention des autorités, selon un diplomate du Golfe.

Le chef de la diplomatie émiratie, cheikh Abdallah Ben Zayed Al-Nahayane, avait demandé instamment à Sanaa d’assurer la sécurité de l’ambassade et des diplomates qui s’y trouvent.

Pour protester contre cet incident, un haut responsable du Congrès populaire général (CPG), le parti de M. Saleh, Ahmed Soufane, a annoncé dimanche à l’AFP sa démission du bureau politique du parti.

Les rues de la capitale étaient vides dimanche soir à l’exception des partisans du régime armés. "Nous avons peur, la situation peut tourner à l’anarchie avec les hommes de tribus armés acheminés par le président" à Sanaa, a affirmé un habitant, Nabil Sadek.

L’opposition, qui avait signé samedi soir l’accord sur la transition, a averti M. Saleh qu’il serait "chassé du pouvoir" sous la pression de la rue s’il ne signait pas l’accord.

Les opposants à M. Saleh ont organisé sur la place du "Changement" la plus grande manifestation qu’ait connue la capitale depuis janvier pour réclamer le départ immédiat du président, selon le correspondant de l’AFP.

Quelque 1,5 million de personnes ont pris part à ce rassemblement, selon des estimations concordantes dans les milieux de l’opposition. Les manifestants ont maintenu leur sit-in en soirée, protégés par les hommes du général Ali Mohsen al-Ahmar, qui a fait défection en mars et s’est rallié aux contestataires.

Le Yémen est secoué par une contestation populaire contre le régime de M. Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, accusé de népotisme et de corruption. La révolte a coûté la vie à 181 personnes, selon un décompte de l’AFP.

Le plan de sortie de crise, élaboré avec l’aide des Etats-Unis et de l’UE, prévoit la formation par l’opposition d’un gouvernement de réconciliation et la démission un mois plus tard de M. Saleh en échange d’une immunité pour lui-même et pour ses proches, puis une élection présidentielle dans les 60 jours.

_________________________ 3 – RFI

Au Yémen, le président Saleh serait prêt à signer l’accord de sortie de crise

L’opposition a signé ce samedi soir 21 mai 2011 le plan de sortie de crise au Yémen présenté par les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et prévoyant le départ d’Ali Abdallah Saleh dans un mois. Le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, doit le signer dimanche à Sanaa, selon son parti. Ali Abdallah Saleh a confirmé ce samedi qu’il le signerait, tout en parlant de « complot ». Il faut savoir que la signature de ce plan de sortie de crise avait déjà été maintes fois annoncée.

David Baché

Cela fait environ un mois et demi que le plan de sortie de crise est « sur le point d’être signé ». Proposé par le Conseil de coopération des pays du Golfe (CCG), il prévoit notamment la formation d’un gouvernement de réconciliation, le départ, un mois plus tard, du président Ali Abdallah Saleh, et l’organisation d’une élection présidentielle 60 jours plus tard. Et cela en échange d’une immunité totale pour le président sortant et pour ses proches.

Mais Ali Abdallah Saleh pariant sur un pourrissement du mouvement, fait traîner les choses : le parti au pouvoir, son propre parti donc, annonce régulièrement qu’un accord a bien été trouvé avec l’opposition sans que jamais le président ne le signe.

Ce samedi, Ali Abdallah Saleh a lui-même pris la parole pour dire qu’il acceptait le plan de sortie, une prise de position inédite. Aussitôt équilibrée par des accusations de « complot » ourdi à son encontre par les monarchies du Golfe, et par la menace, s’il venait à quitter le pouvoir, d’un nouvel essor d’al-Qaïda dans le pays.

Ce dimanche, le Yémen célèbre le 21e anniversaire de son unification. Reste à voir s’il pourra aussi célébrer la fin d’un régime qui dure depuis plus de 32 ans.

_________________________ 2 – Le Figaro avec AFP

Yémen: Saleh évoque un "complot"

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a qualifié aujourd’hui de "complot" le plan du Golfe sur une transition du pouvoir qui prévoit son départ, réclamé par un large mouvement de protestations populaires.

Cette attaque surprise survient à la veille de la signature du plan du Conseil de coopération du Golfe (CCG), confirmée pour demain par le porte-parole du parti de M. Saleh et par un responsable du CCG. "Cette initiative (du Golfe), que nous traitons positivement dans l’intérêt de la patrie, n’est en fait qu’un pur complot. Mais nous l’avons acceptée", a déclaré M. Saleh lors d’une intervention diffusée par la télévision d’Etat.

Ali Abdallah Saleh Saleh, qui s’exprimait lors d’un défilé militaire organisé dans une caserne de la police à Sanaa à l’occasion du 21e anniversaire de l’unification du Yémen, à célébrer demain, s’en est pris aux Etats-Unis et à l’Occident, sans les nommer. La révolte populaire au Yémen, lancée fin janvier dans la foulée des soulèvements populaires en Tunisie et en Egypte, répond "à un agenda de grandes puissances qui exportent leurs problèmes et entendent imposer leur tutelle à des peuples démunis en raison de leurs problèmes économiques et politiques", a-t-il dit.

Il semble répondre au président américain Barack Obama qui, dans un discours jeudi sur la future stratégie américaine au Moyen-Orient, a placé fermement son administration du côté des manifestants arabes pour la démocratie, et enjoint au président Saleh de respecter ses engagements sur une transition du pouvoir. M. Saleh a par ailleurs accusé les monarchies du CCG de financer les protestataires qui réclament son départ. "L’argent afflue de l’étranger, dont une partie par les canaux officiels" et "le reste provient d’organisations caritatives des Frères musulmans, notamment dans les pays CCG", a-t-il accusé à propos des protestataires, dans une rare attaque publique contre ses voisins des riches monarchies pétrolières du Golfe.

Selon un bilan établi à partir de sources médicales et de sécurité, 180 personnes ont été tuées dans la répression des manifestations anti-régime.

_________________________ 1 – @-Marrakech

Bouteflika continue de soutenir le pouvoir au Yémen

eMarrakech: «Je tiens à vous exprimer ma détermination à continuer à œuvrer avec vous pour le développement des relations de fraternité et de coopération qui lient nos deux pays dans l’intérêt des deux peuples frères»

Ainsi, s’est adressé le présient algérien Bouteflika à son homologue yéménite Ali Abdallah Saleh à l’occasion des 21 ans de réunification du Yémen. Bouteflika continue de soutenir Saleh qui se trouve mêlé à un bain de sang puisque, selon des sources médicales et sécuritaires, 180 personnes ont été tuées depuis fin janvier dans la répression des manifestations appelant au départ de Saleh.

«Il m’est agréable, au moment où la République du Yémen s’apprête à célébrer le 21e anniversaire de sa fête nationale de vous présenter au nom du peuple et du gouvernement algériens et en mon nom personnel mes sincères félicitations ainsi que mes meilleurs vœux de santé et de bonheur pour vous-même, Bouteflika, rapporté par la presse.

Un message bien fraternel à un président qui refuse de quitter le pouvoir malgré les grandes manifestations qui secouent son pays.