01/06/11 (B606) Chroniques du Sergent Ariko / Coup d’œil sur la visite du ministre de la défense a la caserne Omar Aline de la garde républicaine et celle du ministre de l’intérieur Osman Dara Ouffaneh a la caserne de l’académie de police Idriss Farah Abaneh.

Dimanche matin, le ministre de défense nationale, Mister Kamil, s’est rendu sans avertir préalablement de sa visite, à la caserne Omar Aline qui abrite le quartier général des unités de la garde republicaine.

Le ministre devait normalement aller à la caserne du CCO. Il a été induit (volontairement ?) en erreur par le haut commandement militaire.

En effet, la célébration de la fête nationale de l’armée djiboutienne s’approche.

En effet, ce lundi 6 juin, l’armée nationale va fêter ses 34 ans d’autonomie. La caserne Cheik Osman du CCO est en pleine ébullition pour préparer le défilé militaire. La visite du ministre de la défense au camp Cheik Osman aurait perturbé les répétitions. Et de plus, le général Zakaria Cheik Ibrahim (l’homme fort de l’armée djiboutienne), avait eu un sacré accrochage avec Kadra Haid.

Le ministre de la défense s’est donc consolé en effectuant une visite que n’avait jamais effectuée l’ex ministre de la défense Ougoureh Kifleh Ahmed. Et pour cause ! L’unité où il s’est rendu avait été créée après le coup d’éclat des gardes du corps du guide libyen Kadhafi (les fameuses amazones qui avaient bousculé IOG et son aide de camp le lieutenant colonel Mohamed Ibrahim) et du coup d’état de son ami de plus 30 ans, le général Yacin Yabeh Galab. A la suite de ces deux événements, IOG avait décidé de s’entourer d’une garde prétorienne à l’instar de ses amis égyptiens et autres dictateurs comme lui.

Selon des infos qui nous parviennent du camp Omar Aline le colonel berger n’a été prévenu qu’à 9h00 de la visite du ministre de la défense, qui s’ennuyait visiblement dans son bureau car il est contraint à ne faire que de la figuration.

L’essentiel des questions militaires est réglé par le cabinet militaire de la présidence et non plus par le ministère de la défense nationale dont les structures sont pourries. Même le bâtiment risque de s’effondrer à chaque instant. Ce bâtiment, qui date des années coloniales françaises, était utilisé à l’époque, selon les témoignages, pour torturer les nationalistes djiboutiens et faire taire les opposants à la puissance coloniale.

Par pur hasard et sentant que cela pouvait lui nuire, le colonel berger Mohamed Djama qui n’avait pas eu le temps de se préparer a fait appeler en urgence, le colonel Mohamed Elmi (proche d’Hassan Saïd, le bourreau du peuple) à la Présidence puisqu’il fait office de chef de cabinet militaire du dictateur depuis que son prédécesseur a été éliminé et tout porte à penser que ce pourrait être l’œuvre du SDS. (Voir note en fin de texte (*))

Le colonel Mohamed Elmi s’est aussitôt rendu au camp Omar Aline. Mais le colonel Mohamed Djama était déjà sorti du camp pour aller inspecter ses hommes au palais de la présidence. Le ministre de la défense Mister Abdoulkader Kamil, arrivé lui aussi, a du patienter dans la salle d’attente du bureau du colonel Mohamed Djama. Celui-ci arriva en retard. La caméra de la RTD a montré le colonel qui arrivait en catastrophe, serrant la main du ministre de la défense.

Un détachement d’honneur composé des jeunes recrues a été vite constitué pour que le ministre « figurant » puisse les passer en revue. Vue le délai, le comandant Ibrahim Abdi Farah dit Coca a été incapable de constituer l’équipe du drapeau et sa garde.

Selon les usages militaires, c’est le porte-drapeau et sa garde qui doivent accueillir leur ministre de tutelle au son du clairon militaire. Ensuite le ministre doit passer en revue les différents détachements de la garde républicaine avant de s’entretenir avec le patron du corps.

L’improvisation règne en maître absolu !

Nous sommes à Djibouti ! L’on y improvise chaque jour afin de tenter de faire croire que c’est un État qui fonctionne alors que les institutions sont quasiment en faillite.

Le ministre a eu le droit à des propos, disons peu élogieux, de la part du colonel Mohamed Djama Doualeh. Le ridicule a atteint son apogée, lors que le ministre de la défense, qui inspectait le bureau du colonel Mohamed Djama Doualeh, lui a demandé de lui expliquer comment fonctionner son PC.

Le colonel berger, qui ne sait même pas ce qu’est un e-mail, a fait un geste de la main sous l’œil de la camera de la RTD, pour expliquer à son ministre, très méfiant, comment fonctionnait le PC. Sous le regard surpris du colonel Mohamed Elmi, il a montré son PC et une page facebook qui était ouverte.

Le ministre s’est rendu compte que le colonel Mohamed Djama lui jouait la comédie. Il a demandé à rencontrer les officiers. Dans la grande salle de cours, on a réuni d’urgence tous les officiers, hommes et femmes. (Des promotions sur des critères ethniques – voir la note en fin de document (**))

Le ministre bidon a pu écouter un discours préfabriqué du colonel Mohamed Elmi extrait de la revue VISION que la garde républicaine publie tous les 27 juin et lors de la fête de l’institution.

Signalons que cette revue « de luxe » est imprimée à Dubaï avec l’argent du contribuable djiboutien alors que les autres corps de l’armée manque de moyens dans leur caserne.

Après avoir écouté pendant 10 minutes, ce double langage et ces blabla truffés de redites, qui ont provoqué des bâillements dans l’assistance, le Ministre a demandé à rencontrer les autres cellules qui composent la garde républicaine.

Le ministre a pu voir le gazon, le peloton motard du corps et il a suivi les explications données par le chef Sougueh qui est responsable de cette unité.

Le commandant Coca, qui voulait jouer les héros, a été remis vertement à sa place par un Mohamed Djama décidément contrarié de voir son officier-adjoint jouer les patrons devant le patron. La séance s’est terminée par la remise d’un cadeau insignifiant qui a fait rire le ministre qui est passé pour un imbécile.

Le cadeau était une pièce qui était posée sur le bureau du berger et qu’il avait reçue d’un chef de corps arabe.

Le ministre Abdoulkader Kamil s’est senti humilié par ce cadeau. Il a compris à cet instant que le colonel ne le respecterait jamais comme le fait Djama Ali Guelleh, qui a plongé la ville de Djibouti dans le noir le plus absolue, à l’égard de son collègue.

Décidément le ridicule ne tue pas. On voit sur la photo ci-dessus, le ministre Kamil mécontent de sa visite au camp Omar Aline, repartant bredouille sans avoir conservé le cadeau entre les mains.

La visite du ministre de l’intérieur à Nagad

Une autre actualité est la visite du ministre de l’intérieur Darar Ouffaneh à l’académie de police de Nagad. Le ministre a été accueilli par le colonel Abdillahi Abdi ainsi que par d’autres officiers de la police nationale.

Le ministre a pu visiter le centre de la police de Nagad. Mais il avait une idée en tête qui n’était pas du goût du colonel Abdillahi Abdi… et ce dernier en veut à son cousin ministre …

Le ministre a dit dans son discours en langue française que, pour contrer l’insécurité, les deux grands corps de l’état à savoir la gendarmerie et la police devaient travailler ensemble pour éradiquer le mal, qui serait la délinquance juvénile.

Il a stigmatisé les efforts du colonel Abdillahi Abdi en déclarant que la police devait travailler avec la gendarmerie et non le contraire.

Ce mot a profondément blessé le colonel Abdillahi Abdi et a fait rire “dans l’ombre”, son rival et probable futur patron de la police djiboutienne : le lieutenant colonel Omar Hasan Matan.

Le colonel Abdillahi Abdi a été « sonné » par cette déclaration et il a décidé ne pas montrer à son cousin ministre les différents départements qui composent la police. Il a chargé son adjoint le colonel Abdourahman Ali Kahin de faire visiter au ministre la caserne rénovée et propre de la police.

Après le ministre s’est rendu aux archives de la police et il a pu voir le fichier pénal.

Abdillahi Abdi, toujours écœuré a délégué au lieutenant colonel Idriss Jam l’explication des moyens dont disposent la police (voir photo).

C’est dans ce climat de forte tension que le nouveau ministre a pu visiter la police nationale où personne ne sait plus qui commande, tellement les officiers y sont nombreux et les querelles de pouvoir se commencent à sortir.

Le lieutenant colonel Omar Hassan Matan qui a le soutien sans faille de la première dame a reçu les assurances qu’il remplacerait bientôt le colonel Abdillahi Abdi, lequel serait nommé conseiller technique du ministre Hassan Dara Ouffaneh. Mais attention, la partie n’est pas jouée car Abdillahi Abdi a le soutien inconditionnel d’IOG.

Madame et monsieur se battent désormais pour la direction de la police. A chacun son homme.

La police est tellement paralysée que ses unités dépérissent et sont totalement démotivées. Le mois dernier, par exemple 5 policiers qui avaient été envoyés en stage de formation au États-Unis se sont évaporés dans la nature.

Un échec de plus pour un colonel Abdillahi Abdi qui a remué ciel et terre pour faire de la police djiboutienne une police exemplaire. Sauf qu’en République de Djibouti on déteste ceux qui bossent pour la patrie. Le colonel Abdillahi Abdi va-t-il payer pour la faute commise par ces hommes ?

Est-il sur le départ programmé ? À croire les infos, Kadra Haid aurait demandé son départ mais il aurait été « aimablement » refusé par son mari président. Un autre conflit au sein du couple royal ??

En finir avec Aden Robleh ?

Le couple royale a-t-il décidé d’en finir avec le PND d’Aden Robleh Awaleh ?
Nous devrions en savoir plus dans l’avenir.

Sergent-chef Ariko
Londres
Ex membre de la garde républicaine

(*) Disparition du Colonel Ladieh, dans la « discrétion » …

le prédécesseur de Mohamed Elmi était le colonel Ladieh Boulaheh de la gendarmerie. Par exemple, Ladieh avait suivi à Versailles, en qualité “d’auditeur-espion”, le procès en appel d’Hassan Saïd et de Djama le procureur.

Il était venu se faire soigner en France. Récemment, il s’était plaint de douleurs au ventre. Il n’a pas résisté (probablement la dose de poison était trop forte) et son corps a été rapatrié à Djibouti, il y a 2 semaines de cela.

Le pouvoir a ordonné un enterrement dans la précipitation sans camera de la RTD et sans qu’aucun hommage militaire ne lui soit rendu.

Plus de trace du fameux colonel Ladieh Bouleh qui était responsable de la brigade criminelle de la gendarmerie, la fameuse SRD, la section de recherche et de documentation. La torture y était une pratique courante contre les opposants.

Ladieh était aussi mêlé au scandale du détournement de la caisse militaire de retraite qu’Ougoureh Kifleh n’avait jamais voulu aborder et pour cause ! Il savait parfaitement qui avait volé la caisse et où le magot était passé.

Désormais le cabinet militaire de la Présidence est tombé aux mains d’Hassan Saïd qui a mis son homme de confiance : le commandant Mohamed Elmi. Très rapidement promu lieutenant colonel puis cette année 2011 Colonel. (Promotion acquise sans le moindre stage de formation …).

Il faut savoir que Mohamed Elmi était malmené à l’état major des FAD par le général Zakaria qui voyait en ce militaire de nature calme, un concurrent potentiel susceptible de lui prendre sa place de Chef d’état-major adjoint des armées … (sur la photos, le premier à gauche aux côtés d’Hassan Saïd. ).

(**) Des promotions sur des critères ethniques

Certains ont eu des avancements extraordinaires. Lorsque j’étais encore en service au camp ils n’étaient même pas encore sergent chef ni même sergent.

Aujourd’hui ils arborent des médailles et des galons qui sont plus grands qu’eux. En 2010, le dictateur, qui avait craint d’être confronté à une mutinerie, avait demandé au berger Mohamed Djama de recruter des jeunes Mamassan (nés à Djibouti cette fois-ci). Ces jeunes qui n’avaient jamais vu un uniforme ont été recrutés sur une base ethnique et non sur d’autres considérations telles que les diplômes universitaires ou autres expertises.

Dans la foulée plus de 15 policiers Mamassan avaient été rappelés de la police nationale en remplacement du capitaine Awaleh Ali Ouffaneh qui avait été chassé de l’institution militaire sans aucun motif connu.

Awaleh avait du rejoindre son corps d’origine qui est la police nationale.

Actuellement il sert en Côte d’Ivoire sous la bannière de l’ONU.