18/09/2011 (B622) Les Chroniques du Sergent Ariko. Mission en Somalie = mission suicide.

Nous venons d’apprendre que 600 hommes du rang et des officiers supérieurs ont été désignés pour aller en Somalie.

IOG, après avoir été informé du contenu de mes Chroniques récentes, aurait piqué l’une de ses colères légendaires. Il a ordonné aux officiers qui avaient d’abord refusé la mission dans un premier temps, de prendre le commandement de ce « corps expéditionnaire », direction la Somalie.

À la RTD le général Zakaria a reçu tous les officiers que l’on a cités. Je viens maintenant de recevoir la liste des troupes qui vont aller en Somalie.

La majorité de ce contingent est composée d’hommes rebelles qui avaient décliné l’offre d’IOG.

Il y a d’abord un bataillon du régiment d’action rapide commandé par le Lieutenant-Colonel Osman Doubad Sougouleh. (Voir photo)

Une partie importante des troupes est composée d’hommes de la gendarmerie, de la garde républicaine et de la police nationale.

Cinquante membres de la police nationale sont placés sous les ordres du commandant Abdourahman ex patron de la FAR (Force d’action rapide de la force nationale de la police).

Soixante jeunes dont beaucoup de nouvelles recrues de la Gendarmerie ont été désignés. Ils seront commandés par le Lieutenant Colonel Douksieh Abdi Douksieh.

Le commandant Saïd Absieh a toutefois refusé l’offre du colonel Abdillahi Abdi et d’aller se faire tuer en Somalie.

La garde républicaine va envoyer 15 hommes commandés par le capitaine Mohamed « pompier ».

On constate qu’il y a une forte proportion de personnels issus des ethnies Afar et Odahgob.

Le dictateur a-t-il utilisé cette occasion pour se débarrasser des membres influents de cette tribu, en particulier, qui est celle d’Abdourhaman Borreh ?

IOG avait été très affecté par le refus de la Justice espagnole d’extrader Borreh, en dépit des dossiers défendus par le procureur de la République djiboutienne et relayés par l’Ambassadeur à Paris.

Est-ce la façon qu’il aurait choisie pour se venger ?

Les soldats de l’ethnie d’Ina Borreh devront-ils payé en perdant la vie en Somalie ?

En plus, c’est une période, où l’on signale une recrudescence d’activité des Al Shebbabs qui ont juré de reconquérir le terrain perdu pendant leur repli stratégique.

Les soldats, qui ont rejoint le camp d’entrainement d’Ali Ounes prés d’Obock, ont reçu la visite du Ministre des sports accompagné du directeur des finances Saïd « caoutchouc », (dont la femme et les enfants ont démandé l’asile politique en Suède – curieux ??? Nos frères djiboutiens réfugiés en Suède devraient transmettre l’information aux autorités de leur pays d’accueil).

C’est du jamais vu ! Le ministre de la défense qui ne salue pas les troupes sur le départ …

Le Ministre de la défense Kamil Mohamed ne s’est même pas dérangé pour saluer les troupes en partance pour la somalie.

Mais aussi, pourquoi IOG a-t-il délégué le Ministre des sports qui a remis à chaque soldat un sac de sport comme s’ils partaient pour un pic-nic.

Les soldats sont furieux de ne rien savoir sur leur mission. Le général Zakaria leur a seulement expliqué qu’ils allaient en Somalie pour rétablir la paix dans un pays ravagé par deux décennies de guerre civile.

Certains n’ont pas hésité à demander le paiement de leur salaire et des primes additionnelles.

Le général Zakaria a manqué de clarté dans sa réponse, puisqu’il a dit tout simplement qu’il n’avait aucune information à ce sujet. Et il a passé la parole au directeur des Finances, délégué par Djama Mahamoud Haid puisque le Ministre ilyas Moussa Dawaleh est en disgrâce depuis son accrochage avec Djama Haid dans son bureau au sujet d’un juteux Acho de 15 millions de fdj.

Le directeur Saïd “caoutchouc” est le protégé de Djama Mahamoud Haid. Il a expliqué aux soldats que l’Etat allait faire tout ce qu’il fallait pour que les hommes ne manquent de rien, mais c’est bien vague !

Cette affirmation sans preuve a jeté le froid. Les hommes du rang, ne savent pas, ce qui les attend en Somalie. Plusieurs soldats ont demandé des explications complémentaires mais le général Zakaria, pour éviter de répondre, a ordonné la dispersion. Les caméras de la RTD ont reçu des instructions pour ne pas interroger les soldats qui cachaient mal leur désarroi face à une mission hyper dangereuse.

Après les échecs qu’il a essuyés d’abord en Espagne pour l’extradition d’Ina Bogoreh puis via sa femme en Éthiopie avec le refus du jeune Ougas Moustapha, IOG se venge-t-il sur la tribu de l’ex « golden boy » de la république ?

De son coté, Aden Robleh Awaleh, a pointé le fait que la plupart des officiers avaient refusé d’aller se faire tuer en somali. Par vengeance IOG aurait demandé au patron des Armées, de désigner de préférence tous les officiers cités dans le journal d’Aden Robleh Awaleh.

Dans le camp d’Ali Ounes, les hommes attendent l’arrivée d’une mission de l’Union africaine qui va venir d’Addis Abeba pour les inspecter.

A Djibouti tout le monde craint que cette mission suicide ne tourne au désastre et que l’on ait de nombreux morts à déplorer et des cercueils qui reviendront avec le drapeau national.

A noter que je n’ai identifié aucun soldat issu de la tribu de la dernière dame ni de celle de son mari dictateur dans la liste.

C’est dire le niveau de transparence dans ce recrutement pour une mission qui n’est qu’une autre invention du diable qui commande Djibouti.

Cela apparaît comme une mission suicide dont le véritable objectif serait de se débarrasser des éléments durs chez les Afar et chez les issa Odahgob.

Sergent Ariko
Londres