04/12/2011 (B633) Grâce à LVD (et à un lecteur qui nous a transmis l’information), nous avons découvert une méthode révolutionnaire et indédite, pour se faire rapidement de l’argent de poche, lorsque l’on est sous-préfet à Djibouti-Ville. Il suffit de dresser des contraventions et d’empocher l’argent.

C’est la nouvelle méthode révolutionnaire qui a été mise au point, testée, puis développée par le sous-préfet du 1er arrondissement de Djibouti, l’inventeur chef Abdo (ou Abdi) Issa Boulaleh, dont le dossier sera chaudement recommandé au comité de cooptation de l’homme de la semaine !

C’est simple, facile et ça rapporte gros en vingt-quatre heures. Pas d’investissement, pas de charges, rien que du bénéfice.

Vous prenez un carnet de contraventions, rédigée dans un français approximatif (pas besoin d’être un expert dans la langue de Molière et assurément, lui ne l’est vraiment pas …). Vous établissez des contraventions. Selon le cas, vous pouvez dresser la contravention pour un motif ou pour un autre, mais vous avez le droit de cumuler tous les motifs, même si certains peuvent paraître contradictoires comme par exemple :

– contravention pour la construction non autorisée d’un parking et contravention pour stationnement illicite.

Vous posez le papillon dans la boîte à lettres des familles que vous avez ciblées et sous 24 heures, les chefs de famille viennent vous payer en “liquide”, sans n’exiger aucun reçu officiel émis par le Trésor public. (Normal car le T.P. ne recevra jamais l’argent)

De toutes les façons, si l’un des dangereux contrevenants venaient à exiger un reçu, il suffirait de doubler le montant des amendes pour lui en faire passer l’envie. Pas de numéro d’ordre, pas de date : ni vu ni connu. Tout bénef ! !!!

___________________ Article de LVD qui présentait l’information

Sous-préfet Abdo Issa : Une contravention qui sent la corruption

Un curieux document émanant d’un de ces sous-préfets placés et protégés par le dictateur Guelleh retient notre attention cette semaine. Il s’agit d’une contravention signée par le préfet Abdo (Abdi pour l’état-civil) Issa Boulaleh qui officie à la tête du premier arrondissement de Djibouti-ville, arrondissement à forte composante commerciale prisée des agents publics corrompus qui y rackettent commerçants et non-commerçants.

Ce qui retient d’abord l’attention sur cette contravention, c’est la langue très approximative dans laquelle elle est rédigée, signe de la médiocrité administrative qui règne dans cet arrondissement. L’imprimé est bourré de fautes de français.

Mais le plus grave, c’est qu’elle ne comporte aucune référence. Il n’y a ni lieu précis de la prétendue contravention, ni date, encore moins de numéro de contravention. Il y a juste la signature, le tampon et le nom du sous-préfet, comme si le sieur Abdo Issa Boulaleh était l’État en cette circonspection à l’instar d’un certain Ismaël Omar Guelleh au niveau du pays.

Renseignement pris, il semble que c’est là une pratique courante qui fait partie des procédés d’enrichissement illicite de ce sous-préfet. Qui rentre du pèlerinage à la Mecque et Medine ! Abdo Issa signe un simple imprimé volant et empoche le montant de la contravention. Le trésor public, auquel il est censé reverser cet argent, n’y voit que du feu.

Comme dit un dicton de chez nous, le dromadaire règle sa marche sur la marche de celui qui le précède. En d’autres termes, tel chef d’État, tels préfets et sous-préfets.

A titre de preuve, nous publions ce document dont un de nos nombreux correspondants a pointé bien des fautes de langue. Sans le nom de la victime, cependant, car ce serait l’exposer à des représailles de ce hadj pas comme les autres.