16/12/2011 (B634) Un franco-djiboutien, qui vivrait en Suisse officiellement, mais qui serait établi à Paris, est mis à l’honneur dans l’affaire de détournements de fonds et de commissions occultes (dite Karachi / Vente d’armes) par le Journal Le Point, dont nous reprenons des extraits. (Infos lecteur)

____________________________ Note de l’ARDHD

Fils de l’ancien directeur de la Banque Indosuez Mer Rouge à Djibouti, beau-frère de Me Aref (“Le corbeau repenti”) et neveu du Premier Ministre Dileita (“La vache qui rit”), Wahib Nacer sévit dans la haute finance … Sont citées : une filiale du Crédit Agricole, domiciliée … aux Bahamas et une société financière appartenant à la famille du ministre de la Défense saoudien de l’époque, Ali Bugshan, ???

Trés discret de nature et on comprend maintenant pourquoi, il est désigné par Takiedine dans une interview accordée au Journal Le Point, comme le mystérieux banquier au sein de l’affaire, qui aurait mis en place un système de commissions occultes en faveur du clan Chirac.

On pourrait alors se demander s’il n’aurait pas aussi servi d’intermédiaire entre le clan Chirac et IOG pour solder des “petites” affaires courantes. N’allons pas jusqu’à parler des arrangements dans le règlement de l’assassinat du Juge Borrel ou d’autres.

________________________ Encadré du Point :

Un mystérieux banquier au coeur de l’affaire

A en croire Takieddine, le banquier Wahib Nacer serait l’homme qui a mis en place un système de commissions occultes en faveur du clan Chirac.

Ce Franco-yéménite de 67 ans chargé de la clientèle banque privée pour la zone Moyen-Orient au Crédit agricole suisse aurait, parallèlement à ses activités bancaires, été le gérant (de fait ou de droit) de la société écran Parinvest, qui a perçu 85 millions de francs en marge du contrat Sawari II.

Cette structure, immatriculée aux îles Vierges avec une domiciliation en Suisse, aurait ensuite servi, selon Takieddine, à redistribuer l’argent des commissions, via un compte Crédit agricole aux Bahamas. Vers quel(s) destinataire(s) ? Takieddine pointe les liens entre Nacer et l’intermédiaire concurrent Alexandre Djouhri, domicilié comme lui à Chêne-Bougeries, près de Genève.

Des élucubrations, selon l’entourage de Djouhri, qui certifie que ce dernier ne connaissait pas à l’époque Nacer et qu’il n’a aucun lien avec la société Parinvest.

L’intermédiaire nous fait savoir qu’il a porté plainte pour dénonciation calomnieuse

____________________________ Extraits de l’article principal

Takieddine : “Je veux faire tomber le système”

Rebondissement dans l’affaire Karachi.

Les juges Le Loire et Van Ruymbeke viennent d’obtenir le feu vert du parquet de Paris pour élargir leurs investigations. Jusqu’à présent, les deux magistrats pistaient les commissions en marge du contrat de vente de sous-marins au Pakistan qui auraient pu bénéficier au clan d’Edouard Balladur, alors Premier ministre. L’enquête vient de bifurquer vers l’entourage de Jacques Chirac.

La justice soupçonne les chiraquiens d’avoir détourné après leur arrivée au pouvoir, en 1995, une partie des commissions sur un autre contrat d’armement signé sous Balladur avec l’Arabie saoudite, cette fois.

A l’origine de cette nouvelle piste, l’intermédiaire Ziad Takieddine, homme clé des négociations avec les Saoudiens. Mis en examen pour complicité et recel d’abus de biens sociaux, l’insaisissable Libanais évoque aujourd’hui un véritable système de corruption et réclame, comme le révèle Le Point, l’audition de l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin.

Tentative d’assassinat, libération des infirmières bulgares, négociation de la dernière chance avec Kadhafi… “Monsieur T.” se livre.

(…)

Qu’est devenu l’argent des commissions qui n’a pas été versé aux intermédiaires saoudiens ?

Sur ordre de l’entourage de Jacques Chirac, l’ancien contrat Sawari II a été déchiré et remplacé par d’autres, à l’insu de l’Arabie saoudite. Ces nouveaux contrats prévoyaient le versement par la Sofresa de 85 millions de francs à Parinvest, une société domiciliée en Suisse.

Une autre société, Issham, en Arabie saoudite, aurait perçu 1,4 milliard de francs. Les transferts à ces deux sociétés ont le même destinataire, la structure Al Bugshan à Genève, appartenant à la famille du ministre de la Défense saoudien de l’époque, Ali Bugshan.

213 millions d’euros se seraient évaporés dans la nature…
Oui. C’est du détournement de fonds. Une partie de l’argent a transité par une filiale du Crédit agricole suisse, aux Bahamas.

Son directeur était Wahib Nacer.

C’est l’homme le plus discret de la République. Il est né à Djibouti, mais il est de nationalité française, marié à une Française. Il est supposé vivre en Suisse, mais je sais qu’il habite à côté de chez moi, à Paris. C’est lui qui a géré la société suisse Parinvest, détenue par le groupe saoudien Al Bugshan.

Quel rapport avec Dominique de Villepin ?
Wahib Nacer est un proche de l’intermédiaire Alexandre Djouhri, grand ami de Villepin. En 1997, alors qu’officiellement le nouveau gouvernement a coupé le robinet des commissions en marge de Sawari II, l’Elysée me demande de reprendre langue avec les Saoudiens. Sur place, je découvre qu’il existe un deuxième contrat négocié par un deuxième intermédiaire, Alexandre Djouhri.

Ce contrat prévoit des commissions de l’ordre de 17 %, bien supérieures à ce qui était prévu initialement.

(…)

Avez-vous les preuves de ce que vous avancez ?
Il faut maintenant que l’enquête soit élargie à d’éventuels faits de corruption ayant eu lieu après 1995. C’est le sens du supplétif demandé grâce à moi par les juges le 3 novembre.

Le juge trouvera les preuves s’il donne suite à mes demandes d’acte et procède aux auditions de Michel Mazens, président de la Sofresa jusqu’en 2006, de Wahib Nacer, dirigeant de Parinvest, et de Dominique de Villepin, qui prétend avoir arrêté les commissions, alors que c’est faux. Entendu le 23 septembre, l’ancien directeur général délégué de la Sofresa Jacques-Yves Gourcuff a confirmé le reroutage des commissions.

Le juge devrait aussi obtenir du Crédit agricole en Suisse, à Bahreïn et aux Bahamas les mouvements de fonds concernant les sociétés Sofresa, Parinvest et Sofresa-Issham. S’il fait cela, il sera proche de la vérité.

(…)

JEAN-MICHEL DÉCUGIS,
MÉLANIE DELATTRE
ET CHRISTOPHE LABBÉ