26/11/06 (B371) Somalie : la bataille de Baïdoa aura-t-elle lieu ? Les informations alarmistes que nous avions lancées depuis quelques semaines, se confirment. (Infos lecteur)

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1 – AFP

L’Ethiopie,
“attaquée” par les islamistes somaliens, privilégie
le dialogue

ADDIS
ABEBA (AFP) – samedi 25 novembre 2006 – 13h00 – Le Premier ministre éthiopien
Meles Zenawi a réitéré samedi que les Tribunaux islamiques
somaliens constituaient une menace pour l’Ethiopie, où ils ont mené
selon lui des activités de “déstabilisation”, mais
a assuré privilégier la poursuite du dialogue.

“Il
y a eu des actes d’invasion depuis l’été dernier, les Tribunaux
islamiques ont entraîné, équipé et fait entrer
clandestinement en Ethiopie des dissidents armés qui ont mené
des activités de déstabilisation de l’Ethiopie”, a affirmé
M. Zenawi.

“Des
centaines sont entrés clandestinement et ils ont été
impliqués dans des affrontements avec les forces de sécurité
d’Ethiopie”, a-t-il ajouté, estimant que ces actions “qui
se poursuivent” relèvent “d’une agression”.

Les Tribunaux
islamiques ont appelé à plusieurs reprises depuis juillet au
jihad (guerre sainte) contre l’Ethiopie et les troupes éthiopiennes
déployées selon eux en Somalie.

La Somalie
est en guerre civile depuis 1991. Les institutions de transition (TSG), mises
en place en 2004, s’avèrent incapables de rétablir l’ordre devant
la montée en puissance depuis 2006 des islamistes, qui contrôlent
une grande partie du sud et du centre du pays, dont la capitale Mogadiscio.

M. Zenawi
a indiqué que le programme d’entraînement militaire mis en place
par son pays pour soutenir le TSG portait ses fruits: “Nous avons entraîné
quelque milliers de leurs soldats, nous continuons”, a-t-il ajouté,
jugeant que la constitution d’une armée gouvernementale est “essentiel
à la stabilité de la Somalie”.

Interrogé
sur le nombre de conseillers militaires déployés pour ce programme
d’entraînement, il a répondu “quelques centaines” et
expliqué qu’il “y a eu quelques accrochages entre des éléments
du TSG et des Tribunaux islamiques, des incidents mineurs ici et là,
mais en aucun cas nos troupes n’ont été impliquées”.

Le Premier
ministre a regretté que la communauté internationale ne soutienne
pas davantage l’Ethiopie devant cette menace “terroriste grandissante”
que représente selon lui les islamistes.

“Nous
n’attendons aucun feu vert de personne pour nous défendre”, a
martelé M. Zenawi assurant avoir eu des consultations avec les Etats-Unis
et l’Union Européenne (UE) sur ce dossier. Ses interlocuteurs “ont
estimé qu’une réponse militaire serait contre productive”.

“Nous
respectons leur point de vue (…) mais le Conseil de sécurité
(de l’Onu) n’a pas le droit d’empêcher quelque pays que ce soit de se
défendre quand il est attaqué”.

Soulignant
qu’il privilégie toujours l’option pacifique du dialogue avec les islamistes,
M. Zenawi a expliqué: “nous avons déjà été
attaqués. Mais nous n’avons pas encore ressenti le besoin de répondre”
militairement.

“Nous
avons des contacts avec les dirigeants jihadistes”, a-t-il souligné,
affirmant que “leur première réponse est de nier les faits:
qu’ils hébergent, entraînent, équipent et font rentrer
clandestinement des dissidents armés en Ethiopie”.

“Ils
nient qu’ils le font avec l’Erythrée, qu’ils entraînent des terroristes
d’Ethiopie”, a-t-il ajouté reconnaissant que “parfois, ils
ont semblé être sensibles à nos demandes”.

Enfin,
concernant les préparatifs militaires de l’Ethiopie, il a indiqué
que “nos forces ont été redéployées pour
être sûr que nous en avons assez à la frontière
avec la Somalie. Si les moyens pacifiques échouent nous nous réservons
le droit de nous défendre contre la violation de notre souveraineté”.

“Nous
ne déclarons pas la guerre à la Somalie”, a-t-il conclu,
“nous répondons seulement à des actes répétés
d’invasion”.

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2 – AFP

Somalie:
islamistes et gouvernement se préparent à la bataille de Baïdoa


MOGADISCIO (AFP) – samedi 25 novembre 2006 – 12h01 –

Les
islamistes somaliens ont mobilisé samedi des renforts dans la région
de Baïdoa (sud), selon des témoins, en prévision d’affrontements
près de cette ville au nord-ouest de Mogadiscio qui abrite le siège
du gouvernement de transition somalien soutenu par l’Ethiopie voisine.

“Nous
sommes prêts et nous attendons dans nos tranchées”, a assuré
le chef de guerre islamiste le Cheikh Muktar Robow. “Nous résistons
aux envahisseurs éthiopiens. La seule chose que nous attendons maintenant
est le début des combats”.

“Les
Ethiopiens ont acheminé des avions de combat, des hélicoptères
et des tanks lourds à Baïdoa. Ils ont l’intention de lancer une
attaque contre nous, et nous y sommes préparés”, a-t-il
ajouté.

Selon
des habitants, les islamistes ont mobilisé des milliers de combattants
et du matériel lourd, alors que les forces loyales au gouvernement
de transition dont les institutions siègent à Baïdoa ont
reçu, selon les islamistes, le soutien de l’armée éthiopienne.

L’Ethiopie,
qui appuie ouvertement le gouvernement somalien de transition également
soutenu par la communauté internationale, a toujours nié la
présence de troupes en Somalie mais reconnaît l’envoi d’instructeurs
militaires.

Au nombre
“de plusieurs centaines”, ces instructeurs auraient formé
“plusieurs milliers” de soldats pour le gouvernement de transition,
selon le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi samedi.

A Baïdoa,
le ministre de la Défense adjoint du gouvernement de transition Salad
Ali Jelle a estimé samedi que le mouvement de troupes islamistes à
proximité de Baïdoa étaient “provoquant et irresponsable”.

“Ils
(les Islamistes) font des erreurs stratégiques. Nous sommes informés
de leurs manoeuvres militaires stériles et nous leur conseillons de
s’abstenir de tout mouvement qui pourrait déclencher une guerre”,
a-t-il ajouté, refusant toutefois de confirmer l’acheminement à
Baïdoa d’éventuels renforts éthiopiens.

Les protagonistes
se font face près des localités de Mode Mode et de Burhakaba,
à une trentaine de km au sud-est de Baïdoa (250 km de Mogadiscio).

“Je
n’ai jamais vu un nombre aussi important de combattants autour de Burhakaba”,
a déclaré un habitant, Osman Ibarahim Rafiyo. “J’ai vu
plus de 56 véhicules armés et des milliers de miliciens islamistes
se concentrer sur le champ de bataille. Je pense que cette bataille va faire
plus de morts que prévu”, a-t-il ajouté.

Les islamistes
ont déclaré la guerre sainte contre les troupes éthiopiennes
en Somalie qui soutiennent le gouvernement de transition somalien.

“Cette
bataille est une obligation religieuse pour tout Somalien et j’appelle tous
les Somaliens à prendre les armes et à se rendre sur le champ
de bataille”, a déclaré le Cheikh Muktar Robow.

Les islamistes
ont pris le contrôle de Mogadiscio en juin et depuis ils ont étendu
leur influence dans le sud et le centre de la Somalie. L’Ethiopie, majoritairement
chrétienne, craint la montée en puissance des islamistes somaliens,
et les éventuelles répercussions sur sa propre communauté
musulmane.

Jeudi,
le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a prévenu que son
pays avait achevé ses préparatifs militaires pour une confrontation
armée avec les islamistes somaliens, tout en indiquant que l’Ethiopie
privilégiait le dialogue pour régler la crise somalienne.

Les tribunaux
islamiques “représentent une menace claire et actuelle pour l’Ethiopie”,
avait-il martelé.