04/08/08 (B459-B) GED : a lire un article que nous publions avec l’aimable autorisation de son Webmaster. Il Ă©tait une fois la corruption
El hadj le croyant
Il Ă©tait une fois, un pays situĂ© en Afrique de l’Est et nommĂ© la « CĂ´te des Braves ». Jadis, ce pays Ă©tait considĂ©rĂ© par le monde entier, comme l’un des pays les plus stables au monde, un pays oĂą il fait bon vivre et surtout oĂą l’on peut y faire en toute impunitĂ© des transferts frauduleux de grosses sommes d’argent en les faisant passer de banque Ă comptes spĂ©ciaux suivant la paritĂ© de l’USD.
Ses habitants avaient fini par se convaincre que leur pays était un pays béni de Dieu.
Ils Ă©taient tellement convaincus d’avoir la main du Tout Puissant sur eux, qu’ils oublièrent d’observer les interdits et s’abandonnèrent dans tous les vices dont un, que Dieu dĂ©testait particulièrement, Ă savoir : la corruption.
Ils Ă©taient si corrompus que mĂŞme pour organiser des Colloques sur ce sujet, les corruptions entraient en jeu jusqu’Ă la commercialisation mĂŞme du panneau oĂą l’on pouvait lire « Halte Ă la corruption ».
Les corruptions Ă©tant si nombreuses que quelqu’un eut l’idĂ©e de faire une binne affaire en vendant au ciel les informations qui remontèrent jusqu’Ă l’Eternel. Ce qui le rendit très furieux, et cela d’autant plus que ses reprĂ©sentants, c’est-Ă -dire les hommes de Dieu, qui avaient pour mission divine de conduire ses enfants sur le chemin de la morale et de l’Ă©thique suivant les saints prĂ©ceptes religieux, s’Ă©taient abandonnĂ©s eux aussi dans le flĂ©au de la corruption.
Une telle chose rendit l’Eternel très, très malheureux.
Il s’assit au bord de sa boule bleue et observa le comportement des habitants de la « CĂ´te des Braves ».
Il vit des militaires de haut rang, sensĂ©s ĂŞtre des hommes d’honneurs, se fourvoyer dans de multiples combines dont celle consistant Ă faire transiter des matĂ©riels par leurs propres sociĂ©tĂ©s pour ensuite les faire acheter par le ministère de la DĂ©fense et les Etats Majors tout en dĂ©gageant d’Ă©normes bĂ©nĂ©fices.
Il vit ces mêmes militaires, détourner partie des véhicules offerts par des pays étrangers et les faire immatriculer dans le milieu civil aux noms de leurs fils et filles.
Il vit des forces de l’ordre dont la mission Ă©tait de protĂ©ger le pays et ses habitants, laisser entrer des armes, après avoir reçu des espèces sonnantes et trĂ©buchantes. Il vit des Policiers enlever des enfants de rĂ©fugiĂ©s pour les revendre ensuite dans le monde occidental. Il vit des Policiers se faire complices de trafiquants de drogues qui leur donnaient des ordres qu’ils Ă©xĂ©cutaient.
Il vit une sage-femme laisser mourir une femme en travail, parce que son mari refusait qu’une opĂ©ration soit pratiquĂ©e sur elle. Il vit des mĂ©decins de garde dans des hĂ´pitaux publics abandonner leurs malades pour se rendre dans des cliniques privĂ©es et vendre des mĂ©dicaments offerts au nom de l’aide mĂ©dicale internationale.
Il vit des hommes de Dieu organiser chaque jour et chaque nuit de grandes cĂ©rĂ©monies de prière, dans l’unique objectif Ă©tait de s’enrichir au dĂ©triment de leurs fidèles. Il vit certains d’entre eux se faire inviter nuitamment Ă la table des hommes politiques et sortir de leur domicile avec de grosses enveloppes d’argent et certains sous l’emprise de l’alcool au point que la Garde PrĂ©sidentielle avait reçu de les ramener Ă leur domicile en toute discrĂ©tion.
Il vit l’administration du pays basculer dans la corruption et fut encore plus malheureux de voir des procureurs et des juges s’abandonner aussi dans le mal.
Devant un spectacle aussi pitoyable, plusieurs questions se bousculaient dans la tĂŞte de l’Eternel. Punir toute la population ou descendre pour sĂ©parer les bons grains de l’ivraie ? Il opta pour la deuxième solution.
C’est ainsi qu’il dĂ©cida de descendre pour dresser la liste des corrompus et des honnĂŞtes du pays des Braves, en commençant par la justice.
Il se rendit dans la capitale du pays situĂ©e au bord de l’eau. Une fois dans la capitale, il se rendit directement au Ministère de la Justice et dĂ©couvrit que, en dehors de la Direction des affaires pĂ©nales et de la Direction des affaires civiles, tous les autres services et hauts cadres de ce Ministère sont corrompus jusqu’Ă la moelle Ă©pinière.
Ces hauts cadres prennent de l’argent aux prisonniers de la prison civile en leur promettant de faire pression sur les juges d’instruction en charge de leur dossier, afin que ces derniers manipulent la procĂ©dure et maquillent les crimes en dĂ©lit pour minimiser leurs peines.
EcÂśurĂ©, l’Eternel allait sortir du Ministère quand il vit une dame remettre une grosse somme d’argent Ă un cadre pour obtenir l’accĂ©lĂ©ration de la libĂ©ration provisoire de son mari emprisonnĂ© Ă la prison civile de la capitale.
Il prit le nom du fonctionnaire corrompu et sortit du Ministère de la justice, les larmes aux yeux.
Du Ministère, il se rendit non loin de lĂ , au Parquet gĂ©nĂ©ral, directement dans le bureau du procureur gĂ©nĂ©ral de la rĂ©publique, le procureur Grandes Oreilles Sourdes, Djam pour les amis. LĂ , il vit la secrĂ©taire du procureur, une charmante demoiselle recevoir 200 000 FDJ, des mains d’une dame qui intervenait pour le compte d’un parent emprisonnĂ©.
Assis confortablement dans un fauteuil, Dieu vit la mĂŞme scène se produire Ă six reprises. Il chercha Ă comprendre la raison de ce commerce honteux dans un tel bureau et Ă un tel niveau. Il dĂ©couvrit que le procureur gĂ©nĂ©ral prenait de l’argent aux parents des prisonniers pour leur libĂ©ration provisoire ou sous caution, en fixant la caution selon son bon vouloir et ses besoins au mĂ©pris de la loi après avoir reçu sa part. Il peut ainsi faire passer une caution lĂ©gale de 10 millions Ă 2 millions après avoir reçu 1 ou 2 millions de la part des parents du prĂ©venu.
Dieu prit alors le nom du procureur gĂ©nĂ©ral – facilement reconnaissable car il avaiot dĂ©jĂ une paire de menottes Ă un poignet en guise de bracelet – ainsi que celui de sa secrĂ©taire, vĂ©ritable plaque tournante de la corruption et femme de mains du Parquet gĂ©nĂ©ral.
Il se rendit dans les bureaux des autres procureurs et partout, c’Ă©tait la mĂŞme scène.
Il prit deux feuilles. Sur la première, il nota les noms des procureurs et des juges d’instruction corrompus des tribunaux de première instance de la capitale Ă©conomique du pays des Braves corrompus. Devant leur nom, l’Ă©ternel nota ceci :
« Ils libèrent les criminels pour de l’argent. Ils commettent un double pĂ©ché ».
Sur la deuxième feuille, Dieu nota les noms des procureurs et des juges d’instructions des tribunaux de première instance de la capitale qui sont au dessus de tout soupçon et qui font honnĂŞtement et correctement leur travail.
L’Ă©ternel mit devant leur nom, la phrase suivante :
« J’Ă©lèverai ces juges et je bĂ©nirai pour des siècles et des siècles, leurs progĂ©nitures ».
Enfin, Dieu se rendit à la prison civile de la capitale pour interroger les prisonniers sur les pratiques qui y avaient cours. Leurs réponses lui fendirent le coeur.
Il apprit que certains qui n’avaient commis que de petits dĂ©lits passibles au maximum de quelques mois de prison, Ă©taient maintenus dans cette prison inhumaine depuis plusieurs annĂ©es sans jugement, tout simplement parce qu’ils n’avaient personne pour les aider ou parce qu’ils n’ont pas assez d’argent pour acheter leur libertĂ© dans les mains corrompues d’un procureur de la rĂ©publique ou d’un juge d’instruction.
Il apprit Ă©galement que de grands criminels, des trafiquant de drogues, des assassins, des violeurs multi rĂ©cidivistes qui mĂ©ritaient au minimum de passer le reste de leur vie en prison, s’en tiraient avec seulement avec quelques mois de prison par la magie de la manipulation des procĂ©dures et des lois, manipulations opĂ©rĂ©es par des juges d’instruction et des procureurs de la rĂ©publique corrompus par les criminels.
Très bouleversĂ© par tout ce qu’il venait d’apprendre, Dieu sortit de la prison et s’Ă©loigna.
Quelques mètres plus loin, il s’arrĂŞta, jeta un dernier coup d’oeil sur cette prison construite pour 1500 prisonniers et oĂą vivaient Ă prĂ©sent, entassĂ©s comme des bĂŞtes, 5000 prisonniers dont certains n’avaient commis aucun crime et se retrouvaient enfermĂ©s, tout simplement parce que celui Ă qui ils avaient affaire, avait assez d’argent pour acheter une dĂ©cision de justice ou connaissait le procureur de la rĂ©publique, procureur qui enferme et libère en fixant les cautions non pas selon la loi, mais selon la tĂŞte du justiciable, transformant ainsi la justice en injustice au service des forts.
Dieu sortit de sa poche la liste des procureurs et des juges corrompus de la capitale économique et hésita entre deux solutions : prendre sur le champ un décret irrévocable pour bouleverser à jamais leur vie ou leur accorder une seconde et dernière chance. Dans sa grande miséricorde,
il décida de leur accorder une seconde chance.
Une fois retournĂ© dans son royaume cĂ©leste, il envoya un courrier aux procureurs et aux juges d’instruction corrompus de la capitale Ă©conomique, avec ampliation au Ministre de la Justice, au PrĂ©sident de l’AssemblĂ©e Nationale, Ă tous les procureurs et juges du pays, aux hommes de Dieu, au peuple et au PrĂ©sident de la RĂ©publique. Le courrier contenait le message suivant :
« Vous ĂŞtes une gĂ©nĂ©ration d’indignes, peu respectueuse des prĂ©ceptes religieux et corrompue.
Votre corruption est montĂ©e jusqu’Ă moi l’Eternel. Si vous ne vous repentez pas, bientĂ´t, je bouleverserai votre vie.
Ainsi parle l’Eternel ».
