25/04/09 (B496) Nouvelles de Somalie … Attaque au mortier contre le parlement somalien. Un leader islamiste extrêmiste, récemment revenu à Mogadiscio après deux années en Erythrée, se prononce en faveur d’un départ des forces de l’UA, tandis que le nouveau Président se rend à la conférence de l’U.E. à Bruxellespour convaincre de son nouveau plan. ( 6 articles en Français)

________________________________ 6 – Le Monde

L’incertaine riposte contre le fléau de la piraterie maritime, par Laurent Zecchini

La piraterie maritime est aussi ancienne que la navigation. Des Antilles à la mer des Caraïbes, de l’océan Indien à l’Atlantique, en Méditerranée comme en mer de Chine, le phénomène s’est manifesté avec un même mode opératoire, du XVIe au XVIIIe siècle : les pirates utilisaient de petites embarcations rapides pour s’attaquer à de lourds navires marchands. C’est la mobilisation des marines des grandes puissances qui est venue à bout de la piraterie, à la fin du XVIIIe siècle.

Du moins le croyait-on. Celle-ci a subsisté de façon endémique, mais nul n’avait anticipé la recrudescence spectaculaire à laquelle on assiste dans les parages du golfe d’Aden, au large des côtes somaliennes et dans l’océan Indien. De 2003 à 2008, 1 845 actes de piraterie ont été recensés, soit une moyenne d’environ 330 cas chaque année. Sur ce total, 37 % des attaques se sont produites dans la région de la Corne de l’Afrique, indique l’expert de la Rand Corporation, Peter Chalk.

Trois forces navales sont aujourd’hui à la manoeuvre dans cette zone : l’une de l’Union européenne (l'”opération Atalante”) ; une autre de l’Alliance atlantique ; enfin, la “Task force 151” menée par l’US Navy. Les actions menées récemment par des commandos français et américains indiquent que les puissances occidentales, lorsqu’elles montrent les dents, peuvent obtenir des résultats, ponctuellement.

Mais la vérité est que dans une zone de près de 2 millions de kilomètres carrés, cette armada ne peut donner, peu ou prou, que des coups d’épée dans l’eau. Elle intervient en outre dans un flou juridique : selon la nationalité du bateau qui les capture, les pirates sont incarcérés en Europe, en Amérique ou au Kenya, ou tout simplement relâchés.

Cette approche empirique perdurera tant que l’on s’attaquera aux manifestations du fléau et non à ses racines, qui sont d’abord économiques. Il faut rendre justice aux pirates : les bateaux de pêche venus d’Europe et d’Asie du Sud-Est ont longtemps pillé les eaux somaliennes. Dans ce pays en proie à l’anarchie depuis plus de dix-huit ans, aucun gouvernement n’a été en mesure de faire respecter son autorité au large des côtes.

A l’origine, des groupes de pêcheurs, soutenus par de puissants clans locaux, ont entrepris de “taxer” les bateaux étrangers, pour compenser un manque à gagner, estimé à plus de 300 millions de dollars par an. Localement, l’image des pirates est davantage celle de redresseurs de torts. L’appât du gain a fait le reste, d’autant que la “ressource” semble inépuisable : 20 % du commerce mondial, transporté par quelque 25 000 navires marchands, transite par cette zone.

Ce sont autant de proies potentielles, lentes et sans défense : sous l’effet des progrès de la technologie et de la rentabilité, les effectifs des équipages ont été réduits à la portion congrue, offrant peu de résistance. Un véritable business de la piraterie s’est donc développé, qui n’épargne pas les cargos du Programme alimentaire mondial (PAM), censés apporter une aide humanitaire à plus de 3 millions de Somaliens…

La corruption généralisée qui sévit au sein du gouvernement fédéral de transition de Mogadiscio, et plus encore dans la région semi-autonome du Puntland, est gage de complicités et d’impunité. Avec des rançons qui peuvent atteindre 3 millions de dollars par bateau, 1 000 à 2 000 pirates font vivre une poignée de chefs de clans, et les quelques dizaines de milliers d’habitants qui profitent de l’économie locale de la piraterie.

Le gouvernement de Mogadiscio a saisi l’occasion, demandant que la communauté internationale finance une flotte somalienne, et renforce son aide économique, seul moyen, assure-t-il, de dissuader les jeunes Somaliens de répondre à l’appel de la “flibuste”… Pour opportuniste que soit ce plaidoyer, il énonce une vérité : le phénomène de la piraterie ne sera pas réglé par la seule approche navale.

En annonçant que les Etats-Unis vont prendre la tête de la lutte contre la piraterie, le président Barack Obama pêche peut-être par excès d’optimisme. Les Américains n’ont pas oublié leur cuisante expérience somalienne d’octobre 1993, lorsque 18 de leurs soldats avaient été tués à Mogadiscio, sur ordre de chefs de guerre sans doute peu différents de ceux qui arment les pirates d’aujourd’hui.

Reconstruire un Etat de droit en Somalie est sans doute la bonne approche, mais sûrement pas de l’extérieur, a fortiori sous la bannière des Etats-Unis. De concert avec l’Union africaine, l’UE peut jouer un rôle stabilisateur, si son effort en faveur du développement de la Somalie est de longue haleine, de même que celui des marines de guerre occidentales qui croisent dans l’océan Indien.

Reste que la communauté internationale se sent humiliée par une poignée de pirates. Et que la tentation est grande d’armer les équipages. C’est une pente dangereuse, susceptible d’inciter les pirates à ne plus faire de quartier avec les otages. Le défi que pose la piraterie est de ceux qui demandent du temps, et de l’argent, pour être relevé. “Aussi longtemps qu’existe cet immense nombre de gens pauvres et que les risques demeurent faibles, il est à mon avis impossible de maîtriser (la piraterie)” : ce constat est dressé par Robert Gates, secrétaire américain à la défense.

Laurent Zecchini

________________________________ 5 – Nouvel Obs avec AP

Somalie: le Parlement visé par une attaque au mortier à Mogadiscio

Une attaque au mortier a visé samedi le siège du Parlement somalien à Mogadiscio, manquant le bâtiment mais touchant un quartier d’habitations voisin, selon le chef de la police de la capitale somalienne. Un témoin a rapporté avoir vu cinq civils tués, dont trois enfants, et au moins 14 autres blessés.

Une séance sur le budget avait lieu au Parlement quand le bâtiment a été visé aux environs de midi (09h GMT), selon le chef de la police de Mogadiscio Abdi Hassan Awale. “Les obus de mortier ont été tirés en direction du siège du Parlement, mais aucun ne l’a touché”, a-t-il dit. “Ils ont frappé une zone résidentielle à proximité”.

Un habitant, Abdirahman Hassan, a décrit une “pluie d’obus qui a commencé à s’abattre sur notre village”. “L’un d’eux a touché une maison, tuant trois enfants d’une même famille”, a-t-il rapporté. “A un autre endroit, deux personnes ont été tuées par les obus”. Il a dit avoir compté également 14 blessés.

Jusqu’en janvier dernier, le Parlement somalien était basé à Baidoa, dans le sud-ouest du pays. Les parlementaires ont été contraints de regagner la capitale après la prise de la ville, le 26 janvier dernier, par les forces d’Al-Shabab, un groupe islamiste extrémiste.

________________________________ 4 – L’Express avec Reuters

Les 2 membres de MSF otages en Somalie sont en bonne santé

Les deux expatriés de l’ONG Médecins sans frontières enlevés le week-end dernier en Somalie déclarent être en bonne santé. Leurs ravisseurs ont relevé leurs exigences, réclamant désormais une rançon de 4 millions de dollars.

Les deux otages, un médecin belge et un infirmier néerlandais dont MSF a demandé que leur identité ne soit pas rendue publique, ont été capturés dimanche alors qu’ils étaient en mission dans la région de Bakol.

“Nous aimons nos pays, nos familles et nos amis et nous espérons les retrouver bientôt. Nous les exhortons à trouver une solution à notre situation difficile”, a dit à Reuters le captif néerlandais lors d’un bref échange téléphonique.

Son collègue belge a précisé: “Nous sommes dans des conditions difficiles mais cela va pour le moment. Je peux simplement dire qu’ils nous traitent bien.”

Les attaques visant les organisations caritatives en Somalie, où les enlèvements contre rançon sont une pratique courante, ont contraint nombre d’ONG à réduire leurs opérations dans ce pays sans pouvoir central.

Les ravisseurs des deux otages de MSF, qui réclamaient initialement un million de dollars en échange de leur libération, exigent désormais quatre millions.

________________________________ 3 – L’Express avec Reuters


L’opposition somalienne réclame le départ de la mission de l’UA

Le cheikh Hassan Dahir Aweys, chef de file de l’opposition radicale somalienne, exclut de négocier avec le gouvernement de transition avant le départ de la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom).

Militaires burundais de la mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Le cheikh Hassan Dahir Aweys, chef de file de l’opposition radicale somalienne, exclut de négocier avec le gouvernement de transition avant le départ de cette mission. (Reuters/Feisal Omar)

“Attendons que l’Amisom s’en aille et, ensuite, nous pourrons discuter avec les responsables gouvernementaux, nos amis qui font erreur”, a-t-il déclaré, s’adressant à plusieurs centaines de ses partisans à Mogadiscio.

“L’Amisom n’est pas une mission de maintien de la paix (…), ce sont des fléaux pour la Somalie. Aucun accord de paix n’a encore été conclu en Somalie. Il faut donc être patient. Il nous reste peu de temps pour lutter et atteindre nos objectifs islamiques”, a ajouté Aweys.

L’Amisom, qui compte 4.300 hommes déployés dans la capitale, y est quotidiennement prise pour cible et les observateurs s’attendent à une multiplication des agressions dont les “casques verts” sont victimes.

Chassé lors de l’offensive des troupes éthiopiennes, fin 2006, Aweys, chef de file de l’Alliance pour la relibération de la Somalie, a regagné son pays jeudi. Avant l’intervention décisive d’Addis-Abeba, il partageait avec le cheikh Sharif Ahmed, actuel chef de l’Etat, la tête des Tribunaux islamiques qui s’étaient emparés de Mogadiscio et du sud de la Somalie.


________________________________ 2 – IRIN (Nations Unies)

SOMALIE: Les populations touchées par la sécheresse affluent vers les villes

De plus en plus de personnes déplacées, touchées par la sécheresse, affluent vers les villes de Galgadud, dans le centre de la Somalie, en quête de vivres, malgré le début de la saison des pluies « Gu » (avril-juin), selon les autorités locales.

« Quelque 550 familles [3 300 personnes] sont arrivées à Abudwaq en provenance des régions rurales après avoir perdu leur bétail », a indiqué Abdirizak Abdullahi Warsame, médecin chez Hadia Medical Swiss-Somalia, une organisation non-gouvernementale (ONG) qui opère dans la ville d’Abudwaq, avec le soutien des Somaliens de la diaspora et du gouvernement suisse.

Selon le docteur Warsame, seul médecin de la ville, ce sont des pluies « peu abondantes et éparses » qui ont incité les populations à migrer.

Son organisme prodigue des soins médicaux et fournit de l’eau aux populations des camps, mais cela ne suffit pas, a-t-il expliqué ; les personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP) ont besoin de vivres, d’un moyen d’hébergement et d’eau en plus grandes quantités.

« Nous observons une recrudescence de la malnutrition chez les PDIP », a indiqué le docteur Warsame.

L’organisme a adressé des courriers à plusieurs organisations humanitaires, mais n’a reçu aucune aide à ce jour.

Dans un rapport publié le 15 avril, l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire-Somalie de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO/FSAU) a averti qu’en termes de sécurité alimentaire et de nutrition, la situation des populations touchées par la sécheresse dans le centre du pays continuait de s’aggraver, conséquence d’une saison sèche (Jilaal, de janvier à avril) exceptionnellement longue et difficile.

Selon Ali Sheikh Mahamud, préfet de Guri-Eil, plusieurs milliers de PDIP touchés par la sécheresse se sont installés dans des camps, dans la ville de Guri-Eil.

« Nous avons 11 camps en ville, qui sont habités par des PDIP, et près de 70 pour cent d’entre eux sont touchés par la sécheresse », a-t-il déclaré, ajoutant que la région comptait actuellement 10 000 familles (60 000 personnes) de PDIP, selon les estimations.

« Ceux qui viennent de Mogadiscio ont commencé à y retourner, mais ceux-là [les PDIP touchés par la sécheresse] ne sont pas près de partir », a expliqué M. Mahamud.

Plus de moyens de subsistance

« Le problème avec ces PDIP, contrairement aux PDIP habituels, c’est qu’ils n’ont nulle part où retourner. Ils ont perdu leurs moyens de subsistance », a expliqué Halima Ismail, coordinatrice des activités de l’IIDA, une ONG locale, et représentante du CISP, une ONG italienne, à Galgadud.

En effet, selon Mme Ismail, l’économie de la région repose essentiellement sur le bétail, et « la perte du bétail des nomades touche l’économie de la région dans son ensemble ».

Mme Ismail recommande d’adopter une nouvelle approche pour résoudre ce problème. Parmi les principaux choix possibles, elle suggère de lancer un programme de renouvellement du bétail ou de former les populations pour les aider à acquérir des compétences et à gagner leur vie.

Mais un des principaux problèmes de Galgadud, d’après un travailleur humanitaire de la région, qui a requis l’anonymat, réside dans « l’absence d’autorités locales efficaces, avec lesquelles les organisations humanitaires pourraient s’associer ».

Selon M. Mahamud, toutefois, la situation de sécurité dans la région s’est améliorée et les organisations humanitaires prêtes à y travailler « y trouveront un environnement très réceptif ».

Dispersées, les personnes touchées par la sécheresse se trouvent pour la plupart dans les villes de Guri-Eil, Abudwaq, Adado, Balanbale et Dusamareb, le chef-lieu de la région, a expliqué le travailleur humanitaire.

Appel lancé par les organisations humanitaires américaines

Parallèlement, six organisations humanitaires américaines qui opèrent en Somalie ont appelé le président des Etats-Unis Barack Obama à intervenir face à cette crise humanitaire.

A l’heure où l’attention mondiale est tournée vers les derniers actes de piraterie perpétrés au large du littoral somalien, « le pays reste en proie à une crise humanitaire grave », et trois millions de personnes ont besoin d’aide, d’urgence, ont déclaré les organismes (l’American Friends Service Committee, l’International Rescue Committee, le Mercy Corps, Oxfam America, Refugees International et World Concern) dans un communiqué publié le 20 avril.

« La crise humanitaire exige une aide massive de la part de la communauté internationale, et en particulier des Etats-Unis », ont-ils également déclaré.

Selon ces organismes, seuls 251 millions de dollars ont été récoltés, malgré l’appel de fonds consolidé, lancé pour 2009 à hauteur de 918 millions de dollars.

Le peu de réponses reçues à la suite de l’appel pourrait contraindre les organisations humanitaires à réduire les programmes essentiels qu’elles mènent dans certaines régions du pays. « Le président Obama doit travailler avec les alliés des Etats-Unis pour assurer que le peuple somalien reçoive des vivres et de l’eau, et qu’il dispose de moyens d’hébergement, pour pouvoir survivre », ont déclaré les organismes.

Dans un autre communiqué, publié à l’approche de la conférence des bailleurs de fonds sur la Somalie, qui se tiendra à Bruxelles, le 23 avril, l’IRC a déclaré que les actes de piraterie ne devaient pas détourner l’attention internationale de la crise humanitaire.

« L’épidémie de piraterie n’est qu’un symptôme parmi tant d’autres des conditions humanitaires épouvantables et de l’instabilité chronique qui prévalent en Somalie », a estimé Bruce Hickling, qui supervise les programmes humanitaires de l’IRC en Somalie.

________________________________ 1 – L’Express

La Somalie veut changer de cap

Par Olivier Tesquet,

Le président somalien Cheikh Charif Ahmed s’est rendu à Bruxelles jeudi, dans le cadre de la conférence internationale des donateurs.

Au terme d’une conférence de donateurs qui se tenait à Bruxelles jeudi, la communauté internationale a décidé de lever 213 millions de dollars pour aider la Somalie à se reconstruire. En aidant le pays sclérosé, les pays occidentaux espèrent enrayer les actes de piraterie au large de la Corne de l’Afrique.

La Somalie “a la meilleure opportunité depuis une génération de mettre fin à ses souffrances et d’aller vers un avenir meilleur”, a déclaré le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, dès l’ouverture de la conférence. Pour les 43 pays conviés, l’enjeu était à la fois simple et primordial: desserrer les cordons de la bourse pour aider le gouvernement à réaffirmer sa souveraineté. Au total, 213 millions de dollars ont été dégagés, pour la seule année 2009. Les fonds iront notamment à la mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) et les forces de sécurité locales. Par ailleurs, de nombreux soutiens logistiques, tentes et véhicules blindés notamment, ont été promis.

Depuis la chute du dictateur Siad Barre en 1991, le pays se fissure sous les coups de boutoir des islamistes radicaux, et les structures étatiques sont gangrénées par des luttes claniques entre seigneurs de guerre. Elles ont d’ailleurs fini par exploser, divisant le pays en trois entités autonomes. En 2009, la Somalie ressemble donc à une voyoucratie offshore, où la piraterie devient l’eldorado d’une population livrée à elle-même.

Aux yeux du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, la situation humanitaire y est l’une des pires au monde. Pire encore, pour Médecins sans Frontières, les Somaliens ont essuyé en 2008 une vague de violence sans commune mesure depuis 10 ans.

Panser à terre les plaies de la mer

Partie émergée de l’iceberg, la menace pirate ne figurait pas à l’agenda de la conférence. Une décision qu’a justifié le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à quelques heures de l’ouverture des discussions. “Si nous ne traitons pas les causes profondes, le délabrement de l’Etat et la pauvreté, nous échouerons”, a-t-il insisté. Dans une tribune du Figaro de mercredi, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, appuie cette politique en affirmant que “[la France] ne peut pas se contenter d’une action navale”. L’Union européenne, appréhendant les actes de piraterie pour ce qu’ils sont – un symptôme -, semble avoir compris que le salut de la Somalie se trouve sur la terre ferme.

Surtout, malgré la mise en place de l’opération navale “Atalante”, destinée à protéger les navires dans le golfe d’Aden, les attaques ont décuplé au cours du premier trimestre 2009. Selon le Bureau maritime international, elles sont passées de 6 à 61 par rapport à la même période de 2008. Face à ce problème endémique et structurel, la Somalie a réaffirmé sa volonté de lutter elle-même contre les pirates, en formant notamment 2000 policiers de plus (elle en compte aujourd’hui 3000).

La menace islamiste

“Le rétablissement de la sécurité et de la paix en Somalie est la base de toute solution au problème (de la piraterie) et nous attendons l’assistance de la communauté internationale pour renforcer les gardes côtes pour pouvoir faire face aux pirates”, a déclaré de son côté le président somalien Cheikh Charif Ahmed, un islamiste modéré qui tente de rassembler un consensus autour de lui. Nous appelons à la communauté internationale à ne pas se contenter de solution partielle. Ceux qui commettent ces délits partent de la terre ferme et nous devons commencer à combattre à cet endroit-là”.

Ironie du sort, cette annonce intervient le jour où Cheikh Hassan Dahir Aweys, l’ancien numéro un des tribunaux islamistes, pose de nouveau le pied sur le sol somalien. Partisan d’une ligne dure, il est soupçonné de liens avec Al-Qaeda par les Etats-Unis. Il pourrait surtout être une menace supplémentaire pour le fragile pouvoir en place.