06/05/2021 (Brève 1809) La voix au Chapitre : Le 8 mai, ne nous laissons pas voler notre histoire ! (Par Aïnaché)

Mes amis, je suis en colère.

Après son élection frauduleuse, Ismail Omar Guelleh aurait choisi de fêter son investiture le 8 mai prochain.

Vous avez bien lu, le 8 mai.

Une date hautement symbolique pour nous, Djiboutiens et Djiboutiennes : la victoire écrasante du oui à 99,75 %  lors du référendum sur l’indépendance de notre pays en 1977.

Cet anniversaire qui devrait être notre fête de la victoire, le gouvernement en place ne la célèbre jamais.  Il tire un trait sur la véritable Histoire de notre pays et tisse à grand frais une légende trompeuse dans laquelle l’an 1 de la République daterait de sa première investiture.

Une large majorité de nos jeunes ignore l’Histoire de notre pays.  Récemment, lors d’une rencontre avec des quadragénaires,  j’ai rappelé les grands moments que j’avais vécu et qui ont fondé Djibouti.

J’ai constaté qu’ils me regardaient avec de grands yeux et que, pour la majorité d’entre eux, ils n’avaient jamais eu l’occasion de s’approprier le récit fondateur de la nation.

Parmi eux, un diplomate de carrière,  voyant mon étonnement m’a résumé avec une pointe d’humour,  la situation :   “Vous oubliez, que pour notre génération,  notre histoire commence en 1999”.

C’est l’année de l’accession à la présidence du dictateur qui nous gouverne.
Alors, si Ismail Omar Guelle confirme cette date,  je vous invite à manifester et à célébrer de notre côté le  8 mai 1977, un jour où tous nos espoirs se portaient sur un avenir indépendant pour le plus grand bonheur de tous.

Regroupons-nous sans distinctions ethniques ou tribales, célébrons cet anniversaire ensemble.

Osons dénoncer le tribalisme qui nous divise et dont profite le gouvernement en place.

Lançons une vaste révolution pour abolir ces barrières.

Comprenez-moi bien,  c’est très important : il n’est pas question de faire table rase de nos coutumes. Bien au contraire, conservons précieusement  le patrimoine de nos différentes ethnies.

Nous en sommes tous les héritiers et les héritières, les fils et les filles.

En revanche,  travaillons à abolir dans ces structures tribales, ce qui nous ligote, ce qui nous sépare, ce qui nous empêche d’imaginer et de construire un avenir heureux ensemble.

Mes amis, je vous y invite, faisons de ce 8 mai 2021,  la journée d’une nouvelle victoire, d’une nouvelle naissance pour une nation unie et fière.

Aïnaché
La voix au Chapitre