10/04/09 (B494) Nouvelles de Somalie : Le Figaro avec AFP / Somalie: 2 civils tués dans des attaques

Au moins deux civils ont été tués au cours d’attaques menées dans la nuit de jeudi à vendredi à Mogadiscio par des insurgés islamistes contre des positions de soldats de la force africaine de paix en Somalie et de la police somalienne, selon des sources concordantes.

Les attaques ont eu lieu dans les quartiers du carrefour de K4 (sud de la capitale somalienne) et de Taleh, où sont respectivement positionnés des soldats de la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom) et des policiers somaliens, provoquant leur riposte.

Les deux camps ont utilisé des mortiers et des mitrailleuses lourdes dans ces accrochages.

« Des éléments terroristes on attaqué notre base à Taleh et les soldats de l’Amisom à K4, mais il n’y a pas eu de victimes », a déclaré à l’AFP le colonel Ali Hashi, officier de la police somalienne.

« Nous avons été informés que deux civils ont été pris au piège de l’échange de tirs et ont été tués », a-t-il ajouté.

Ce bilan a été confirmé à l’AFP par des témoins.

Selon ces témoins, au moins six civils ont également été blessés dans ces affrontements.

Rufaci Mohamed Salad, chauffeur d’une ambulance publique, a déclaré à la presse avoir transporté six civils blessés dans les quartiers frappés par les attaques.

Les responsables de l’Amisom n’étaient pas disponibles dans l’immédiat pour commenter ces incidents.

Des groupes islamistes radicaux somaliens, opposés au nouveau président islamiste modéré Sharif Sheikh Ahmed, ont promis de poursuivre leurs attaques contre les forces gouvernementales et les soldats de maintien de la paix déployés dans le pays.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique, est déchirée par une guerre civile depuis 1991.

09/04/09 (B493) Nouvelles de Somalie … Le Figaro avec AFP / Somalie: radio fermée par des islamistes.

Les extrémistes islamistes somaliens "shebab" ont ordonné aujourd’hui à Radio Mandeq, la dernière radio indépendante émettant dans l’extrême sud du pays, d’arrêter sa diffusion, a indiqué à l’AFP le directeur de la radio, Hassan Mohamoud Halane.

"On ne nous a donné aucune raison justifiant la fermeture. Ils nous ont simplement dit par téléphone d’arrêter la diffusion et d’aller au poste de police pour une explication", a expliqué M. Halane, joint depuis Mogadiscio à Bulohawo, localité du sud du pays contrôlée par les shebab où est basée Radio Mandeq.

Les shebab ont ordonné au directeur de produire une copie des programmes diffusés par la radio, a précisé de son côté Mohamed Garane, un collègue de M. Halane.

Les insurgés islamistes extrémistes "shebab" combattent les forces gouvernementales et la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Ils ont pris le contrôle de nombreuses localités du sud du pays, en guerre civile depuis 1991.

La Somalie est l’un des pays les plus dangereux au monde pour les journalistes, selon les organisations de défense des droits de l’Homme.

18/03/09 (B490-B) Le Figaro avec AFP / Affaire Borrel : rebondissement possible

Elisabeth Borrel, la veuve du juge français Bernard Borrel tué en 1995 à Djibouti, demande la réouverture d’une enquête pour subornation de témoin sur la base de documents inédits de l’ex-cellule "Afrique" de l’Elysée saisis par des juges en 2008, a annoncé une source proche du dossier.

"Il apparaît que ces actes d’instruction ont été extrêmement fructueux, montrant combien l’Etat français, à son plus haut niveau, a tout tenté sous la présidence de Jacques Chirac pour étouffer la recherche de la vérité", écrit Borrel dans sa demande adressée le 16 mars à la justice.

Le juge Borrel avait été retrouvé mort en 1995 à Djibouti, le corps à demi-calciné. Djibouti a conclu à un suicide mais l’enquête française privilégie la thèse d’un assassinat. Des témoignages dont celui de l’ex-membre de la garde présidentielle Mohamed Saleh Alhoumekani, mettent directement en cause le président Ismaël Omar Guelleh et son entourage.

Parallèlement à l’enquête criminelle, deux enquêtes judiciaires ont été menées en France. La première pour "pression sur la justice", dans le cadre de laquelle des documents élyséens ont été saisis, est toujours en cours à Paris.

La seconde pour "subornation de témoins", que Borrel voudrait voir réouvrir, s’est conclue par le renvoi en correctionnelle à Versailles (banlieue parisienne) de deux proches du président Guelleh.

09/03/09 (B489) Le Figaro : «Amis et alliés des Américains, mais pas suivistes»

Interview de Bernard Koucher // Propos recueillis par Renaud Girard

INTERVIEW – Deux ans après son arrivée au Quai d’Orsay, le ministre des Affaires étrangères détaille les nouvelles priorités de la politique extérieure de la France.

LE FIGARO. – Quelles initiatives diplomatiques nouvelles attendez-vous de l’Administration Obama ?

Bernard KOUCHNER. – Nous plaçons beaucoup d’espérance dans les positions affichées par le président Obama, qui semble plus enclin au multilatéralisme que son prédécesseur. Nous, en tout cas, nous sommes des multilatéralistes acharnés. Nous avons fermement l’intention de travailler étroitement avec nos alliés américains.

Mais la France n’a pas attendu le président Obama ; depuis près de deux ans, une nouvelle diplomatie de notre pays est à l’œuvre.

Nous n’avons jamais attendu l’assentiment des Américains et nous ne l’attendrons pas pour déployer notre propre diplomatie, mais nous sommes heureux lorsque nous sommes d’accord. La méthode de la France, c’est de parler clair, sans a priori, pour tenter partout de prendre le chemin de la paix. Nous l’avons prouvé au Proche-Orient, en Géorgie, en Amérique latine.

Ce qui ne nous empêche pas, en toute indépendance, de bien accueillir la proposition du président russe Medvedev d’ou­vrir des discussions sur la sécurité européenne. Nous développons une politique étrangère autonome, indépendante, adaptée, mais nous tentons de jouer collectif. Souvent nous avons été précurseurs. Et souvent nous avons été suivis.

Par exemple ?

Contre l’avis des Américains, nous avons repris des relations approfondies avec la Syrie. Ce ne fut pas facile. Mais maintenant le même chemin semble emprunté par les Américains. Autre exemple, lors du sommet de Bucarest, nous avons voté contre le plan d’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Otan. Nous avons tenu bon, avec l’Allemagne et les quatre autres pays fondateurs de l’Union européenne. En Amérique latine, nous avons établi des relations positives avec le président du Venezuela Hugo Chavez et nous le faisons actuellement avec Cuba.

Lorsque nous avons, avant les autres, défendu la lutte contre le changement climatique, les États-Unis n’ont pas suivi. Mais, dans son dernier discours au Congrès, le président Obama a clairement mis l’accent sur ce thème. Nous sommes des amis des Américains, nous sommes des alliés, mais nous ne sommes pas des suivistes.

La France a été précurseur sur la Syrie. Pourquoi ne le seriez-vous pas en parlant avec le Hamas, qui, après tout, a gagné les seules élections libres jamais organisées en Palestine ?

Nous avons l’ambition d’être rapides, de ne pas attendre le consensus pour avancer, de voir large. Ce qu’il faut, c’est la paix au Proche-Orient. Elle passe par un État palestinien viable, à côté de l’État d’Israël, dont il assurera, par son existence même, la sécurité à long terme. Nous nous battrons toujours pour l’existence de l’État d’Israël, comme nous nous battrons jusqu’au bout pour la création de l’État palestinien.

Le Hamas est un élément important de la société palestinienne mais aujourd’hui il n’a pas encore pris le chemin de la paix. Ce n’est pas à nous de décider quel type d’entente il doit y avoir avec le Fatah pour la constitution d’un gouvernement représentatif de tous les Palestiniens. Nous soutenons la médiation égyptienne actuelle.

Dès lors que le Hamas formera un gouvernement avec le Fatah et respectera les principes du processus de paix, nous n’au­rons plus de problème pour parler avec lui. Il faut qu’il accepte l’initiative de paix saoudienne entérinée par la Ligue arabe (reconnaissance par tous les pays arabes de l’État d’Israël en échange de son retour aux frontières de 1967).

Fin décembre, la ministre des Affaires étrangères israélienne Tzipi Livni a été reçue à l’Élysée. Le président Sarkozy lui a recommandé la modération sur l’affaire de Gaza. Y a-t-il une fatalité à ce qu’Israël n’écoute jamais les conseils de la France ?

La suite a montré que l’offensive militaire israélienne à Gaza a été contre-productive et n’a rien réglé. Mais, en diplomatie, il faut toujours tout tenter et ne jamais se décourager. Et n’oubliez pas que nous avons aussi reçu le président palestinien Mahmoud Abbas.

En poursuivant son processus de colonisation en Cisjordanie occupée, Israël ne rend-il pas impossible la constitution future d’un État palestinien viable ?

Sans aucun doute. Le président Sarkozy, dans son discours à la Knesset, a été très clair sur ce point. Je regrette que les Américains ne nous aient jamais rejoints dans une condamnation plus ferme des colonies de peuplement israéliennes. Il n’y aura pas de paix possible tant que les colonies essaimeront. Mais la diplomatie française s’obstine.

L’histoire de la dernière décennie à Gaza se résume à des bombes financées par les Américains détruisant des installations publiques palestiniennes financées par les Européens. N’est-il pas temps d’arrêter ce cycle ?

C’est la guerre qu’il faut arrêter. Mais, en attendant, il faut aussi reconstruire. À la conférence de Charm el-Cheikh, la communauté internationale – y compris les États-Unis – a engagé plus de 4 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza. Mais l’urgence aujourd’hui, c’est la levée du blocus de Gaza et des barrages militaires israéliens en Cisjordanie.

Sur le dossier nucléaire iranien, la France n’est-elle pas plus royaliste que le roi en réclamant à cor et à cri de nouvelles sanctions, alors que la nouvelle Administration américaine prône l’ouverture d’un dialogue sans condition avec Téhéran ?

Nous avons toujours été pour le dialogue avec Téhéran et nous le continuons. J’ai rencontré plusieurs fois mon homologue iranien ainsi que d’autres dirigeants de ce pays. Cela n’a pas été couronné de succès. Quant aux sanctions, trois résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU en ont prises. Je vous concède que certaines restrictions nationales, comme le gel des investissements, n’ont pas été suivies par tous nos partenaires européens.

Il n’en demeure pas moins que les Iraniens doivent répondre aux demandes de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique de Vienne), pour apporter la preuve que leur programme nucléaire n’a rien de militaire, ce qu’ils n’ont toujours pas fait. Là aussi, nous nous obstinons, car nous estimons que toutes les voies de la diplomatie n’ont pas été épuisées.

N’est-il pas irréaliste d’exiger de l’Iran qu’il abandonne totalement sa production d’uranium enrichi ?

C’est nécessaire, indispensable. Il est très suspect de voir l’Iran ne pas répondre aux demandes de l’AIEA. On ne peut pas accepter que l’Iran ait une bombe atomique sous prétexte que d’autres pays, comme le Pakistan, la possèdent. Veut-on que tous les pays de la région se dotent à leur tour de l’arme atomique ? Évidemment non ! Ceux qui ne sont pas capables de la fabriquer eux-mêmes l’achèteront. Ce serait extraordinairement dangereux ! Mais je n’oublie pas que les Perses forment une grande nation et qu’on ne peut rien régler dans le golfe Persique et en Asie centrale en les ignorant.

Quel intérêt la France a-t-elle à rejoindre le commandement intégré de l’Otan, structure bureaucratique lourde, inadaptée à mener les guerres asymétriques modernes comme on l’a vu en Afghanistan ?

Je vous laisse cette appréciation. Nous sommes membres fondateurs de l’Alliance atlantique. Le général de Gaulle nous a retirés du commandement intégré en 1966 car il ne voulait pas, dans le contexte de la guerre froide, de troupes étrangères stationnées en France qui ne soient pas sous commandement français.

Aujourd’hui, le contexte a changé. Le Pacte de Varsovie et le danger communiste n’existent plus. Nous avons participé à toutes les opérations de l’Otan, en Bosnie, au Kosovo, en Afghanistan, sans pour autant avoir été associés à l’élaboration des plans. La France ne peut plus continuer à être le seul réalisateur d’un film qui n’ait pas été invité à l’écriture du scénario !

Cela ne remet nullement en cause notre indépendance de décision.

Je vous rappelle que l’appartenance pleine et entière de l’Allemagne à l’Otan ne l’a pas obligée à participer à l’invasion de l’Irak. En revanche, nous allons y gagner des commandements qui seront significatifs et, surtout, la participation à l’élaboration des plans que nous sommes censés, si nous l’acceptons, appliquer. Nous sommes en faveur de l’européanisation de l’Otan ! Les Européens auront de surcroît plus facilement la faculté de mener des opérations extérieures, sans accord ni participation des Américains.

Quant à l’Afghanistan, il n’y aura pas de solution seulement militaire. Il faut donner plus de responsabilités aux Afghans, y compris sur le plan de la sécurité. Il n’est pas question d’en faire une démocratie à l’occidentale. Nous devrons respecter le résultat des prochaines élections quel qu’il soit. Nous resterons le temps qu’il faudra pour que la société civile afghane soit capable de prendre son destin en main. Si des talibans nationalistes parviennent au pouvoir par les urnes et respectent la Constitution, c’est l’affaire des Afghans. Ce que nous refusons, c’est le soutien au djihadisme international.

N’y a-t-il pas une contradiction entre la volonté d’une action humanitaire occidentale au Soudan et l’inculpation de son président par la Cour pénale internationale ?

Non, car nous avons tout essayé. Il y a eu au Darfour un mas­sacre permanent, des centaines de milliers de victimes, des mil­lions de déplacés. Qui d’autre que le président peut en être tenu responsable ? J’ai rencontré de nombreuses fois le général Béchir et le président Sarkozy l’a rencontré deux fois.

On lui a demandé de faire un geste ; il n’en a pas fait un seul et, pis encore, il n’a pas hésité à nommer ministre de l’Action humanitaire dans son pays un de ses proches déjà inculpé par la CPI ! À notre initiative, l’Europe a réussi à sécuriser l’est du Tchad. Grâce aux 3 000 hommes de l’Eufor (provenant de 17 pays européens), le quart des déplacés ont pu rentrer chez eux, et les attaques des milices arabes janjawids contre les réfugiés soudanais darfouris ont cessé.

Quelle dose de realpolitik doit tempérer le « droit d’ingérence » qui vous est si cher ?

Je n’aime pas beaucoup le terme bismarkien de realpolitik, mais, oui, il faut prendre dans le monde les réalités locales, humaines, religieuses, telles qu’elles sont. Ce droit d’ingérence, c’est la responsabilité de protéger les populations en danger. Elle a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies.

Je suis fier d’y avoir contribué et, ministre des Affaires étrangères de la France, de continuer ce combat. Toute vie humaine est précieuse, quelles que soient la latitude, la religion, la couleur de peau. Mais l’essentiel est que cette responsabilité de protéger s’exerce de façon préventive. Le bon exemple, c’est la Macédoine, où les mille hommes de l’Otan puis de l’UE ont empêché la tension entre Slaves et Albanophones de dégénérer.

Aujourd’hui, il ne servirait évidemment à rien d’envoyer plus de troupes en Somalie, immense territoire sans structure étatique, sans y combattre la misère.

Ce pays a depuis peu un islamiste modéré comme nouveau président. Nous devons le soutenir. Dans la région, la lutte contre la piraterie et pour la liberté des mers est essentielle. L’Europe s’est là aussi engagée, avec l’opération Atalante, sous commandement britannique. Quel beau symbole !

Le premier ministre chinois Wen Jiabao a ostensiblement boudé la France lors de son dernier voyage en Europe. Comment comptez-vous rétablir de bonnes relations entre Pékin et Paris ?

Par la patience et la détermination. Nous avons dit en décembre que ce n’était pas à la Chine de dicter son agenda au président de la République française : je ne vois rien d’anormal à ce que le chef de l’État ait rencontré le dalaï-lama, grande personnalité religieuse, Prix Nobel de la paix. Mais, par ailleurs, nos amis chinois savent bien que nous n’avons jamais mis en cause l’intégrité territoriale de la Chine ou favorisé la sécession du Tibet. C’est vrai que nous nous sommes demandés pourquoi les Chinois nous critiquaient plus que les autres.

Est-ce parce qu’ils ont toujours estimé la France plus que les autres ?

Est-ce parce qu’ils attendent aussi beaucoup de nous ? En tout cas, nous, nous attendons beaucoup d’eux. Et nous serons patients.

18/01/09 (B482) Le Figaro / Somalie: l’ONU va renforcer l’UA.

Les Nations unies ont accepté d’apporter un « soutien logistique » à la force de paix de l’Union africaine (UA) déployée en Somalie, a annoncé le Commissaire à la paix et la sécurité de l’organisation africaine, Ramtane Lamamra.

« Nous allons avoir très rapidement un paquet de soutien logistique global des Nations unies pour l’Amisom », la force de paix africaine en Somalie, a déclaré M. Lamamra à des journalistes à l’issue d’une réunion avec une équipe d’experts onusiens à Addis Abeba, où siège l’UA.

« Ce paquet est très important, il peut aller jusqu’à la fourniture de moyens lourds (avions, hélicoptères) en passant par la fourniture de carburant, de nourriture, d’équipement à nos éléments en Somalie », a-t-il ajouté, sans donner d’estimation du montant de ce soutien. « Ce qui est très important, c’est que ce paquet sera financé directement par l’ONU », a-t-il souligné.

14/01/09 (B481) Le Figaro avec AFP / Somalie : un employé du PAM abattu (Article du 6/01)

Un travailleur humanitaire somalien du Programme alimentaire mondial (PAM) a été tué aujourd’hui par des inconnus armés dans la région de Gedo (sud-ouest de la Somalie), a annoncé cette agence des Nations unies dans un communiqué diffusé à l’AFP à Nairobi.

"Trois hommes masqués ont abattu Ibrahim Hussein Duale, Somalien de 44 ans qui supervisait un programme de distribution de nourriture dans une école du village de Yubsan, à six km de la capitale régionale Garbahare", explique le PAM dans son communiqué.

24/12/08 (B479) Le FIGARO avec AFP / Somalie : « génocide » (envoyé de l’ONU)

L’envoyé spécial de l’ONU pour la Somalie a jugé aujourd’hui qu’il y avait "en Somalie, un génocide qui ne dit pas son nom, avec des générations entières sacrifiées" dans la guerre, qualifiée de "récréation de presque 20 ans" durant laquelle "les Somaliens ont détruit leur pays".

Ahmedou Ould Abdallah, envoyé spécial de l’ONU, s’exprimait auprès de l’AFP, en marge d’une réunion au siège de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA sur les situations en Somalie, mais aussi en République démocratique du Congo (RDC) et en Mauritanie.

"Les déclarations de l’Igad (Autorité intergouvernementale pour le développement – 6 pays d’Afrique de l’Est) et du Kenya ces derniers jours ont montré que la région veut sonner la fin d’une récréation de presque 20 ans pendant laquelle les Somaliens ont détruit leur pays", a lancé M. Ould Abdallah.

"Il y a en Somalie un génocide qui ne dit pas son nom, avec des générations entières sacrifiées; les (dirigeants) somaliens sont secoués par les menaces de sanctions (…) ils ont peur de la fin de l’impunité", a-t-il poursuivi.

"On est dans l’urgence, surtout avec le retrait annoncé de l’Ethiopie et on ne peut pas se dérober devant nos responsabilités", a-t-il martelé.

L’armée éthiopienne, intervenue officiellement depuis fin 2006 en Somalie voisine, a annoncé son retrait total du pays d’ici début 2009.

L’Igad a condamné dimanche le président du gouvernement de transition somalien, Abdullahi Yusuf Ahmed, et imposé des sanctions contre Mohamoud Mohamed Gouled, le Premier ministre désigné par M. Yusuf le 16 décembre, malgré l’opposition du Parlement somalien qui a jugé illégal le limogeage du précédent Premier ministre, Nur Hassan Hussein.

Selon la charte du gouvernement fédéral de transition, le président n’a pas le pouvoir de démettre le Premier ministre sans l’approbation du Parlement. Or, ce dernier a apporté un soutien massif au Premier ministre limogé et à son gouvernement, les qualifiant de "légitimes".

De son côté, le Kenya a récemment annoncé que son gouvernement allait prendre des sanctions individuelles contre M. Yusuf, suite à sa décision de démettre M. Hussein.

29/11/08 (B476) Le Figaro avec AFP : L’ONU doit discuter avec l’Ethiopie.

La communauté internationale doit discuter « sans délai » avec l’Ethiopie du retrait avant la fin de l’année de ses troupes de Somalie, annoncé aujourd’hui par Addis Abéba, a déclaré à l’AFP le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Somalie, Ahmedou Ould Abdallah.

« Ce qui nous intéresse tous, c’est la stabilité en Somalie. Il faut donc que les membres permanents du Conseil de Sécurité, que l’Union Africaine (UA) et l’Union Européenne (UE) discutent sans délai avec l’Ethiopie de ce retrait », a indiqué le diplomate onusien.

« J’invite la communauté internationale à parler sérieusement avec les Ethiopiens, à comprendre leur position et à leurs donner tous les appuis nécessaires pour éviter un vide sécuritaire », a-t-il précisé par téléphone depuis Bruxelles.

L’Ethiopie a annoncé à l’UA et à l’ONU que ses troupes seraient complètement retirées de Somalie « d’ici la fin de l’année », dans un courrier adressé à ces deux organisations le 25 novembre, a indiqué vendredi le ministère éthiopien des Affaires étrangères.