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16/09/03 (B212) Les « rafles » s’appellent désormais des « ratissages ciblés », mais c’est la même chose ! (AFP – DJIBOUTI)

Djibouti: ratissages "ciblés"
contre les clandestins restés sur place

DJIBOUTI, 16 sept (AFP)
– La police et l’armée ont entamé mardi des opérations
de ratissage "ciblées"
à Djibouti, à la
recherche de clandestins n’ayant pas obéi à l’ultimatum leur
intimant de quitter le pays avant lundi minuit, ont constaté des journalistes
de l’AFP.

Aux premières
heures du jour, la police a ainsi investi le secteur d’Ambouli, dans le sud-est
de la capitale.

Les policiers, sillonnant
les ruelles, ont emmené tous ceux qu’ils surprenaient à dormir
à la belle étoile dans le "Djebel" (montagne), au
centre d’Ambouli.

Ratissages et contrôles
se sont poursuivis un peu plus loin, à "Gabode", où
des abris de fortune ont poussé de chaque côté de la voie
ferrée.

Cent quatre-vingt étrangers
en situation irrégulière ont été arrêtés
dans la journée et conduits au centre de transit de la police, à
Nagad, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de la capitale,
selon le ministère de l’Intérieur.
Ils y seront séparés
par nationalités en vue de leur reconduction vers leurs pays d’origine,
a-t-on indiqué de source policière.

"Au Djebel, la police
n’est pas rentrée dans les maisons et s’est contentée de vérifier
les pièces d’indentité des personnes se trouvant dehors",
a indiqué à l’AFP un habitant du secteur Ali Ahmed Ali.

Les policiers ont toutefois
forcé les abris de clandestins, faits de branches de bois, de tôle
ondulée et de bouts de bâche plastique, a-t-on constaté.

"Nous avons mobilisé
quatre compagnies de 125 hommes et des agents des services de renseignements
et de la sécurité publique",
a déclaré
mardi à l’AFP Abdel-Nasser Cheikh, conseiller du ministre de l’Intérieur.

"Ces opérations
ciblées vont se poursuivre" a-t-il ajouté.

Pour traquer les étrangers
en situation irrégulière à Djibouti-ville, "la police
va s’appuyer davantage sur des agents du service de renseignement qui dévoileront,
avant toute intervention, ceux qui continuent de garder et de faire travailler
des gens au noir", a confirmé à l’AFP une source policière.

Les départs de
retardataires par le train ou la route seront toutefois "tolérés"
sans autre formalité, a souligné mardi le ministère de
l’Intérieur, en remerciant à cette occasion les gouvernements
voisins d’Ethiopie, d’Erythrée, du Yémen et les autorités
du Somaliland pour "leur complète coopération empreinte
de bonne volonté et leur compréhension".

Le ministre djiboutien de l’Intérieur, Abdoulkader Doualeh Waïs,
avait souligné samedi que 90% des ressortissants étrangers en
situation irrégulière avaient quitté Djibouti, ce qui
évitait le recours à des opérations systématiques
de "bouclage des quartiers et de fouilles des domiciles à la recherche
des clandestins".

M. Waïs avait alors annoncé "des opérations ciblées"
et la mise en place d’un système de contrôle d’identité
"permanent" et inopiné dans les rues.

"Deux compagnies de la police, formées de quelque deux cent cinquante
hommes, ont été créées pour mener des opérations
de vérification des cartes d’identité, des documents de voyage
ou de séjour", a précisé à l’AFP le chef
d’état-major de la police, le colonel Hassan Djama.

"L’armée a de son côté eu pour mission de rendre
la frontière plus hermétique", a-t-il ajouté.

Djibouti va reconstituer une unité de l’armée baptisée
"Groupement nomade autonome", a-t-on appris de source militaire.

Cette unité, démantelée peu après l’indépendance
de Djibouti en 1962, était composée essentiellement de supplétifs
nomades, qui assuraient un meilleur contrôle des pistes de caravaniers
et des itinéraires utilisés par les "passeurs d’hommes"
et les contrebandiers.

16/09/03 (B212) Selon une information communiquée par le GED, Guelleh aurait des contacts fréquents et approfondis avec Ariel Sharon, le premier Ministre israéliens, qui serait venu le rencontrer par deux fois à l’aéroport de Djibouti, dans les salons privés.(GED)

Voilà une nouvelle
qui ne devrait pas faire plaisir aux nations arabes qui soutiennent Guelleh
… Nous avions déjà eu l’occasion d’attirer l’attention de
nos lecteurs sur la station d’écoute israélienne installée
à proximité de Djibouti et servie par des militaires israéliens,
puis les échanges de stagiaires djiboutiens.

Mais là, si le
GED a raison, on peut vraiment dire qu’IOG a franchi la barre !

_______________________________
Article du GED

16/09/03 – L’Agence Djiboutienne
d’Information prise – une fois de plus – en flagrant délit de situation
de mensonge par omission volontaire. Ismaël Omar Guelleh recevait il
y a une dizaine de jours – à deux reprises et très discrètement
– M Ariel Sharon qui faisait escale à Djibouti. par Osman Ahmed Kahin
dit Talabo


L’Agence de Désinformation Ismaélienne – entendez ainsi la traduction
qu’il convient de faire de l’ADI – nous a habitués à pondre
des communiqués mettant en exergue tous les faits et gestes glorifiant
son Seigneur et Maître Ismaël Omar Guelleh au point que lorsque
son Excellentissime s’endort – lors de réunions et après un
bon repas bien arrosé – l’ADI vous répondra qu’Ismaël Omar
ne s’est pas assoupi mais réfléchit profondément ; qu’il
est très préoccupé par tous les problèmes cruciaux
– nationaux et internationaux – et y porte une attention de tous les instants
……


Quant aux ronflements – caractéristiques de tels instants et bien connus
de son entourage – ils ne font que confirmer – selon la version officielle
et seule admissible – que son Excellentissime est " Hyper concentrée
" et qu’il convient de ne pas la déranger dans ces moments d’intense
méditation.


Par ailleurs, n’attendons pas de cet ersatz d’Agence d’information qu’elle
révèle au grand public les dessous d’un nébuleux dossier
qui mettrait en évidence le réel positionnement d’Ismaël
Omar Guelleh vis-à-vis du problème palestinien et des souffrances
d’un peuple frère qui ne demande – tout comme l’exprime l’immense majorité
du peuple juif – qu’à vivre en paix sur une terre partagée équitablement.


Ce que l’ADI – si prolixe d’habitude sur les moindres mouvements d’IOG lorsqu’il
reçoit des personnalités étrangères – s’est bien
gardée de mentionner c’est que lors du déplacement d’Ariel Sharon
en Inde – il y a de cela une dizaine de jours – deux rencontres se sont effectuées
très discrètement dans les salons privés de l’Aéroport
international de Djibouti entre le premier ministre israélien et Ismaël
Omar Guelleh vers 4 heures 30 du matin – bien matinal en ces circonstances
il est vrai pour le moins inhabituelles.


A notre connaissance le cheminement aérien le plus court Tel Aviv –
New Delhi ne comporte pas d’escale aérienne sur Djibouti – ni à
l’aller, ni au retour.


On se doit donc d’en conclure que ces visites discrètes – au cours
desquelles on a tenté d’écarter tous les " curieux et fouineurs
" en établissant un très large périmètre
de sécurité autour de l’Aéroport de Djibouti – ont été
programmées et que d’évidence les pays membres de la Ligue arabe
n’en ont pas été informés.


De là à établir un lien entre ces visites non officialisées
et les tractations en cours – depuis plus de 6 mois – entre le premier ministre
israélien et Ismaël Omar Guelleh – par délégations
interposées – il y a un pas que nous nous garderons bien – pour l’instant
– de franchir.


Ce que l’on sait c’est qu’une délégation djiboutienne s’est
rendue récemment en toute discrétion à Tel Aviv pour
négocier divers accords bi latéraux notamment pour ce qui pourrait
concerner le renforcement de la présence de la " diplomatie "
israélienne à Djibouti – par l’intermédiaire de sociétés
écrans – et du soutien financier qu’apporterait Israël par compensation
notamment avec la fourniture d’armements lourds à l’Etat djiboutien
dont on sait – par ailleurs – que ce ne serait certes pas au profit de notre
Armée nationale mais servirait aux desseins hégémoniques
et aux visées d’Ismaël Omar Guelleh sur des régions limitrophes
dont il souhaite s’approprier les ressources du sous sol au détriment
des états voisins.


A ceci s’ajoute la possible inauguration d’une synagogue dans la capitale
djiboutienne – dans l’année à venir – avec le fait que l’on
pourrait fort bien et de plus débaptiser l’avenue du Général
de Gaulle pour lui donner un nom qui aurait vraisemblablement le don de soulever
quelques réactions au sein du monde arabe…..


Quant à la déclaration récente du gouvernement Guelleh
– retranscrite par l’ADI – condamnant vivement la décision israélienne
visant à l’expulsion ou à l’élimination physique du Président
Yasser Arafat, il faut y voir – là encore – un subterfuge masquant
maladroitement les réalités des accords sous jacents passés
avec Ariel Sharon ayant – là encore – valeur de falsification d’Ismaël
Omar Guelleh vis-à-vis des états arabes et du peuple palestinien.


Chacun est libre de penser ce qu’il veut en penser quant au bien ou mal fondé
desdits accords entre L’Etat ismaélien et le PM d’Israël ; mais
bien plus sur la forme que sur le fond ce que nul ne saurait contester c’est
que – là encore – Ismaël Omar Guelleh est pris en flagrant délit
de manipulation et de mensonge vis-à-vis des populations de notre pays
– des états arabes et du peuple palestinien dont il n’a que faire de
ses souffrances.


" Nous savons qui il est quand nous observons ses pratiques falsificatrices
mais surtout ce qu’il aurait du faire pour le peuple djiboutien, qu’il n’a
pas fait et ne fera pas ".


Osman Ahmed Kahin dit
Talabo

15/09/03 (B212) La résistance ? Djibouti: certains clandestins décidés à rester coûte que coûte (AFP Djibouti)

DJIBOUTI, 14 sept (AFP)
– Accoudé au comptoir de son échoppe dans un quartier populaire
de Djibouti-ville, Mohamed, jeune éthiopien en situation irrégulière,
explique calmement qu’il ne quittera pas Djibouti, malgré l’ordre donné
à tous les immigrés clandestins de quitter ce petit Etat de
la Corne de l’Afrique avant lundi minuit.

« Je ne rentrerai
pas en Ethiopie. Il n’y a a pas d’argent là-bas », explique ce
garçon de 22 ans, arrivé il y a cinq ans à Djibouti,
où il vit avec son oncle.

Fin juillet, les autorités
de Djibouti ont lancé un ultimatum aux immigrés clandestins,
leur intimant de quitter l’ancienne colonie française le 31 août,
avant de reporter l’échéance au 15 septembre.

Samedi, le ministre de
l’Intérieur a écarté la menace des « rafles »
qu’il avait d’abord annoncées, mais a confirmé qu’il ferait
procéder à « des opérations ciblées »
à l’expiration de l’ultimatum.

« Je n’ai pas peur
de la police », affirme Mohamed. « Mon oncle va me faire faire une
carte d’identité djiboutienne ».

« A Djibouti, la carte
d’identité ça s’achète! », rigole en écho
Abduselam, un voisin.

« Il y a des clandestins
qui en ont déjà acheté, ça coûte environ
200.000 francs djiboutiens » (un peu moins de 1.200 dollars), poursuit-il.

« Je n’ai pas besoin
de me cacher. S’ils viennent, je leur dirai que je suis moitié Djiboutien,
moitié Ethiopien. Ils me croiront, étant donné que je
parle afar », assure-t-il, confiant. L’afar est une langue parlée
dans les deux pays voisins.

Si Mohamed a choisi de
rester, c’est aussi pour sa famille en Ethiopie, qui compte sur lui. Tous
les deux ou trois mois, il leur envoie environ 30.000 francs djiboutiens (176
dollars).

Le cas de Mohamed est
connu dans le quartier, mais cela ne semble pas l’inquiéter. « Je
fais confiance aux gens ici », dit-il.

« Moi je ne le dénoncerai
pas », assure un jeune Djiboutien, la bouche remplie de khat, la plante
euphorisante qui fait partie du quotidien de Djibouti. Il est venu faire des
achats dans la boutique de Mohamed.

« On est solidaires »,
renchérit Abduselam. « Le ministre a dit à la télé
que les Djiboutiens allaient dénoncer les clandestins, mais c’est pas
vrai, ça marche pas, ça », affirme-t-il.

Le quartier de Mohamed,
qui hébergeait des milliers d’Ethiopiens et de Somaliens en situation
irrégulière, s’est considérablement vidé depuis
l’ultimatum du gouvernement djiboutien.

Ils seraient 70.000 à
80.000 à avoir déjà plié bagages et repris la
route vers leur pays d’origine, selon le ministère djiboutien de l’Intérieur,
qui estimait samedi que Djibouti s’était vidé de 90% de ses
clandestins.

15/09/03 (B212) La venue d’Abdi Nour Alaleh au Canada, un moment qui promet d’être inoubliable. (Lecteur)

Depuis quelques semaines,
l’arrivéee à Ottawa du grand chanteur Djiboutien, Abdi Nour
Alaleh est annoncée. Elle se précise aujourd’hui..

Abdi Nour Alaleh comme
Neima Djama Miguil et combien d’autres grands artistes ont malheureusement
été contraints de prendre le chemin de l’exil.

L’arrivée
de Abdi Nour, va certainement rappeler de bons souvenirs à nombreux
de nos compatriotes : la période faste de la chanson Djiboutienne.

Abdi Nour va retrouver
Neima Djama, avec qui il a chanté en duo. Nous pouvons dire que ce
sera des retrouvailles historiques, car les deux artistes n’ont pas chanté
ensemble depuis une dizaine d’années.

Nous appellons tous les
Djiboutiens et tous les somalophones à venir au concert de notre grand
artiste.

Bien sûr, le comité
d’organisation vous tiendra informer de toutes les nouvelles de notre
grand chanteur.

Avant de terminer, nous
voudrons informer à la communauté Djiboutienne et somalienne
que la cassette du concert de notre chanteuse Fatouma Haldhaa sera disponible
à partir du lundi 22 septembre 2003.

Vous pourrez vous la procurer
chez FIANE à l’adresse suivante (1).

Merci à tous ceux
et à toutes celles qui viendront honorer de leur présence, la
venue d’Abdi Nour Alaleh.

(1) Fiane
Entertainment Centre
1263 Wellington St.
Ottawa, ON, K1Y 4L2.
(613) 722-2296

14/09/03 (B210) Scènes effroyables à la Gare de Djibouti où des malheureux, en état de grande faiblesse, sont partagés entre la peur des rafles promises par le Ministre de l’Intérieur et la peur d’être controllés en chemin, sans billet et de risquer d’être molestés ou jetés par la portière.(AFP – Djibouti)

Djibouti: les clandestins
éthiopiens partent avec le dernier train régulier

DJIBOUTI, 14 sept (AFP)
– Le sifflet du train à destination de Dire Dawa, en Ethiopie, a retenti
plusieurs fois et les voyageurs qui somnolaient à l’entrée de
la gare ferroviaire de Djibouti, des immigrés clandestins éthiopiens
préférant le départ à l’expulsion, se réveillent
brusquement. Il est près de 4h00, dimanche matin (01h00 GMT).

Anissa, 18 ans, arrivée
à Djibouti à l’âge de 10 ans, n’a « pas d’argent »,
dit-elle.

Pourtant, elle espère
bien trouver une place dans ce dernier train régulier vers l’Ethiopie
avant l’expiration de l’ultimatum fixé aux clandestins pour quitter
l’ancienne colonie française avant lundi, minuit.

« Ce sont principalement
des habitants illégaux qui veulent retourner en Ethiopie », explique
Ismaël Adosh, employé du Chemin de fer Djibouto-Ethiopien, en
désignant les quelques 150 passagers maintenant rassemblés autour
des grilles d’accès au perron.

Un par un, ils présentent
leur ticket, acheté 3.000 francs djiboutiens (environ 17 dollars),
avant de hisser leurs bagages dans les wagons.

« Mais il n’y a plus
grand monde maintenant, comparé au mois d’août », ajoute
Ismaël.

Il se souvient de la nuit
du 17 août où « plus de quatre mille clandestins » sont
montés dans huit trains gratuits, arrivés les uns après
les autres.

Aux grilles d’entrée,
une femme harangue Ahmoud, un collègue d’Ismaël, qui laisse passer
ou refoule un à un les voyageurs.

« J’ai payé
mon ticket comme tout le monde, laissez-moi monter! », crie une commerçante
djiboutienne qui voyage régulièrement entre les deux Etats voisins
de la Corne de l’Afrique.

« Il faut d’abord
laisser la place aux invités », rétorque Ahmoud, en désignant
les clandestins sur le départ.

Au même moment,
une Ethiopienne force le barrage et court vers le train.

« C’est gagné
pour elle », rigole Ismaël, en expliquant que « de toutes façons,
les immigrés clandestins sans ticket seront autorisés à
monter cette nuit, car c’est là le dernier train prévu pour
l’Ethiopie avant l’échéance de lundi à minuit ».

Ahmoud confirme, mais
rappelle que « les étrangers en situation irrégulière
ont plusieurs fois eu l’occasion de monter à bord de trains gratuits
au mois d’août ».

Comme Anissa, certains
ont attendu le dernier moment pour quitter Djibouti, où le travail
est « mieux rémunéré » que dans leur pays d’origine,
pour toucher leur dernière paie, explique-t-elle.

« Je travaillais comme
+boniche+ », ajoute Anissa, qui a appris un peu de français à
Djibouti. « Pour ce travail payé ici entre 7.000 et 8.000 francs
djiboutiens, on ne touche que l’équivalent de 500 francs djiboutiens
en Ethiopie », souligne-t-elle.

Il est 4h00, le train
part.

Des commerçants
et des clandestins se mettent à courir sur le perron. Certains réussissent
à prendre le train en marche, quelques-uns grimpent même sur
le toit.

Dans la cour de la gare,
quelques clandestins, dont Anissa, sont restés, leurs bagages amoncelés
près d’eux.

« Ils n’ont pas de
ticket et n’ont pas osé partir, ils ont peur des contrôleurs
en marche », explique Ahmoud.

« De toutes façons,
il est possible que le gouvernement annonce d’autres trains d’ici lundi à
minuit », confie-t-il, comme pour leur donner un peu d’espoir.

14/09/03 (B212) Djibouti: l’ultimatum aux étrangers répond aux « souhaits » anti-terroristes (AFP – Djibouti)

DJIBOUTI, 14 sept (AFP)
– L’ultimatum lancé aux étrangers en situation irrégulière,
sommés de quitter Djibouti avant lundi minuit, répond aux « souhaits »
de la coalition occidentale anti-terroriste, a-t-on indiqué dimanche
à l’AFP de source proche du gouvernement djiboutien.

Le gouvernement de Djibouti
a affirmé et répété que sa décision d’expulser
ses immigrés clandestins, annoncée fin juillet, était
souveraine, alors qu’une rumeur, démentie officiellement par Washington,
évoquait une pression des Etats-Unis, qui ont installé sur place
le quartier général de la coalition anti-terroriste dans la
Corne de l’Afrique.

« Les forces coalisées
dans le cadre de la lutte anti-terroriste surveillent de près l’espace
aérien et maritime de la République de Djibouti, mais souhaitent
que les forces djiboutiennes soient en mesure d’empêcher le franchissement
des frontières terrestres », a reconnu dimanche un haut responsable
djiboutien, sous le couvert de l’anonymat.

« On veut savoir désormais
qui vit avec nous, qui entre et qui sort », a-t-il ajouté.

« Nous devons être
en mesure de mieux contrôler nos frontières terrestres »,
a-t-il insisté.

Le ministre djiboutien
de l’Intérieur, Abdoulakader Doualeh Waïs, a invoqué des
« impératifs sécuritaires » dans une vaste campagne
médiatique qui devrait avoir abouti lundi soir au départ de
quelque 70.000 à 80.000 immigrés clandestins, selon les estimations
des autorités.

Le ministère estimait
samedi que 90% des clandestins avaient déjà préféré
le départ, même précipité, à l’expulsion
par la force, menace répétée
depuis le lancement
de l’ultimatum, fin juillet.

Ces départs
en masse éviteront le recours aux « rafles » annoncées
contre les immigrés qui n’auraient pas respecté l’ultimatum,
a précisé samedi M. Doualeh Waïs.

Pour ceux qui « restent »
ou « se cachent » encore, il a toutefois promis la poursuite « semaine
après semaine, voire mois après mois », d’opérations
systématiques de vérifications d’identité dans les rues.

Sa campagne pour le
départ des clandestins annonçait également des poursuites
pénales ou des amendes contre les entreprises, sociétés
ou commerces employant des étrangers non déclarés. Cette
mise en garde incluait le personnel domestique et les gardiens.

Dans un contexte de lutte
contre le terrorisme et d’alertes répétées sur les risques
d’attentats dans les pays de la Corne de l’Afrique, « la population +flottante+
de Djibouti, formée essentiellement de migrants économiques,
semble avoir réagi par réflexe de repli et de sauvegarde »,
a déclaré à l’AFP un analyste politique.

« Les gouvernements
éthiopien, érythréen et du Somaliland (nord-ouest de
la Somalie) semblent avoir également répondu aux attentes des
autorités djiboutiennes pour le retour des personnes en situation irrégulière
vers leur pays ou région d’origine » a-t-il ajouté.

Les 70.000 étrangers
qui ont déjà quitté le pays, selon les estimations ministérielles,
représentent 11,6% de la population totale de la République
de Djibouti, évaluée à 600.000 habitants.

Selon M. Doualeh Waïs,
Djibouti reste ouvert aux étrangers, mais pourvu qu’ils « entrent
avec des documents de voyages officiels, se munissent de visas d’entrée
et respectent la législation du travail en vigueur dans le pays »,
a-t-il précisé.

14/09/03 (B212) La communication du Ministre de l’Intérieur « patauge dans la semoule » et il semble s’être pris les pieds à maintes reprises, dans le tapis de ses contradictions. (lecteur)

D’abord l’affaire des
‘rafles’.

Le Ministre a utilisé
ce terme pendant de longues semaines de médiatisation à outrance
dont le but avoué, était de susciter un climat de terreur, parmi les étrangers
résidant à Djibouti depuis des dizaines d’années pour
certains.

S’apercevant que l’utilisation
de ce mot qui ne peut qu’évoquer des souvernirs terribles, que ce soit
durant la 2ème guerre dans l’allemagne nazie ou dans d’autres pays
ensuite, il a fait volte-face et il s’est mis récemment à parler
d’opérations ciblées.

Il semble que la différence
entre les deux ne soit pas clairement établie et que l’on parle de
la même chose … A suivre

_____________________________________

Ensuite l’affaire de
la responsabilité de l’opération
.

Affirmant haut et clair,
que l’opération avait été lancée pour des raisons
économiques d’abord et de sécurité locale ensuite, le
Ministre hurlait que Djibouti prenait ses décisions de façon
souveraine. Il a raison sur ce point. Mais il ne faut pas oublier que des
considérations humanitaires doivent limiter l’exercice d’une souveraineté
totale, absolue et parfois même criminelle … On ne peut que regretter que la communauté
internationale, ait été bien absente/ silencieuse tout au long de cet épisode
tragique.

Aucun pays, en dehors
de nombreuses associations (dont la FIDH, la LDDH et les sites du GED et de l’ARDHD que nous apprécions tous, ici) n’ont rien tenté
pour faire respecter, sinon les droits des malheureux condamnés à
la déportation, au moins un minimum d’humanité, de prise en
charge et d’accompagnement financier et psychologique.

Pour certains malheureux,
c’est leur vie qui s’effondre, c’est leur commerce vendu à la hâte
pour des sommes dérisoires, c’est leurs économies de plusieurs
années de labeur acharné qui se sont envollées, etc..

Pour tenter de se déresponsabiliser,
le gouvernement a chargé quelques hauts fonctionnaires, avec la complicité
des médias locaux à la solde du pouvoir (voire de la représentation
locale de l’AFP) d’insinuer sous le couvert de l’anonymat, que Djibouti répondait
à des sollicitations américaines précises. Puisque cela semble être
faux (à preuve le communiqué américain qui lui avait
renvoyé le bébé avec une certaine brutalité propre
aux Yankees), il fallait procéder par la rumeur. On l’a dit sans le
dire …. Qui fut vraiment dupe !

Aujourd’hui le Ministre
modifie le cap, une nouvelle fois (une de plus) et il laisse entendre qu’il
aurait répondu aux sollicitations de la communauté anti-terroriste
(Entendez Américains + allemands + italiens + espagnols, …).

Alors, Monsieur le Ministre,
Djibouti agit-il en toute souveraineté ou sous les ordres des grands
frères protecteurs, largement implantés à Djibouti ?

Votre communication est
bien alambiquée. Ce ne doit pas être facile pour vous, mais si
vous aviez dit la vérité, cela vous aurait évité de
vous prendre, à maintes reprises, les pieds dans le tapis.

Et encore heureux que
vous ne parliez pas de la légitimité de personnes originaires
d’Ethiopie, dont vous faites partie, aux commandes de la République.

A force de renvoyer
le bébé ou la patate chaude, vous allez finir par vous brûler
!

En tout cas, pour nous c’est fini, on ne vous croira plus jamais !

14/09/03 (B212) L’Afrique, terre d’accueil et d’expulsion des clandestins (AFP Nairobi)

NAIROBI, 13 sept (AFP)
– A l’exemple de Djibouti qui a fixé à lundi un ultimatum pour
le départ des personnes en situation irrégulière, depuis
leur indépendance plusieurs pays africains ont ordonné aux clandestins
de faire leurs bagages, contraignant des dizaines de milliers de personnes
à fuir.

Depuis fin juillet, près
de 80.000 clandestins, essentiellement Ethiopiens et Somaliens, ont quitté
Djibouti, petit pays au coeur du dispositif anti-terroriste mis en place par
les Américains dans la Corne de l’Afrique.

Selon les autorités
djiboutiennes, il resterait autant de clandestins dans le pays. Une fois l’ultimatum
passé, lundi à minuit (21h00 GMT), ces immigrés risquent
d’être expulsés, le gouvernement ayant annoncé des « rafles ».

Ces départs forcés
de clandestins interviennent alors que les pays occidentaux renforcent considérablement
leur dispositif de protection aux frontières.

Avec cette politique de
fermeture des pays du nord et la multiplication des conflits, notamment en
Afrique, « les flux migratoires qui se dirigeaient vers les pays riches
sont bloqués sur le continent africain », explique à l’AFP
Driss El Yazami, secrétaire général de la Fédération
internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), basée à
Paris.

L’Afrique est devenue
« la première zone réceptrice de réfugiés
et de demandeurs d’asile », ajoute-t-il. Elle accueille aujourd’hui plus
de la moitié des 25 millions de réfugiés dans le monde,
selon la FIDH.

Parallèlement,
le continent noir est devenu une terre d’expulsion. Car l’exode de clandestins
de Djibouti n’est pas le premier du genre en Afrique.

L’opération la
plus spectaculaire a été organisée en 1983 au Nigeria.
A la veille de l’élection présidentielle, Lagos a ordonné
l’expulsion de tous les étrangers en situation irrégulière,
provoquant l’exode sans précédent de plus de deux millions de
personnes, essentiellement des Ghanéens. Deux ans plus tard, les autorités
nigérianes chassaient encore 700.000 clandestins.

Ces expulsions, pour
des raisons économiques ou politiques, sont souvent synonymes de spoliations,
brutalités, rackets, parfois de morts. En revanche, le départ
des clandestins de Djibouti s’est effectué, jusqu’à présent,
de façon pacifique.

Ces expulsions sont souvent
décidées par des pays à l’économie relativement
dynamique: le Nigeria, important producteur de brut, Djibouti, qui jouit d’une
certaine prospérité avec la présence de bases militaires
américaine et française, ou encore le Gabon, autre puissance
pétrolière, qui a expulsé en 1995 80.000 étrangers
qui ne s’étaient pas acquittés, notamment, des frais de cartes
de séjour.

Plus récemment,
poursuit Driss El Yazami pour expliquer les expulsions, les pays qui hébergent
des clandestins, notamment les Etats africains, ont subi « une double
pression, américaine et européenne, leur demandant de jouer
le rôle de surveillance des flux migratoires ».

Enfin, les Etats sont
devenus très méfiants à l’égard des immigrés
clandestins en raison de la « confusion récente entre le demandeur
d’asile, le travailleur immigré économique et le présumé
terroriste », ajoute-t-il, en citant notamment le cas de Djibouti.

En mai dernier, plusieurs
pays occidentaux, dont les Etats-Unis, avaient estimé que ce petit
pays pouvait être la cible d’attentats.