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29/06/06 (B356_B) 20 minutes.fr : L’enquête sur la mort du juge Borrel relancée par des empreintes génétiques.


20Minutes.fr avec AFP | 29.06.06 | 11h27

La découverte d’empreintes génétiques inconnues sur le short du juge bernard Borrel relance l’enquête judiciaire de la juge parisienne Sophie Clément sur les assassins du magistrat français, tué en 1995 à Djibouti.

Ces empreintes génétiques, identifiées par le docteur Olivier Pascal, pionnier de l’ADN en France et expert près de la Cour de cassation, appartiennent à deux hommes différents qui pourraient être les assassins du juge, selon une source proche du dossier.

“C’est un avancée considérable pour l’enquête. Nous savions déjà depuis plusieurs années que Bernard Borrel avait été assassiné mais maintenant la justice est sur la piste de ses assassins et des complices”, s’est félicité Me Olivier Morice, avocat de la veuve de Bernard Borrel, partie civile.

Le corps à demi-calciné du magistrat avait été retrouvé le 19 octobre 1995 au bas d’une falaise à 80 km de Djibouti devant l’île du diable. Il était vêtu d’un slip et d’un tee-shirt.

Son short, divers objets lui appartenant ainsi qu’un bidon d’essence, avaient été découverts sur les hauteurs de cette falaise, semblant accréditer la thèse d’un suicide. Cette version a longtemps été privilégiée par les autorités françaises et djiboutiennes avant que des expertises remises en 2004 orientent l’enquête vers un assassinat.

Le docteur Pascal a remis deux rapports d’expertise à la juge Sophie Clément.

Le premier, daté du 4 avril 2006, relève la présence de trois empreintes ADN différentes sur le short de Bernard Borrel.
La première, qui appartient au magistrat, a été identifiée par comparaison avec l’ADN de ses enfants. Les deux autres empreintes génétiques sont pour l’instant inconnues.
L’une d’elles a été retrouvée dans la poche avant droit du short, là même où les enquêteurs avaient découvert du cannabis qui pouvait laisser supposer que le juge en aurait consommé avant de se tuer, ce qui a été formellement démenti par une expertise.
L’autre ADN inconnue a été découverte dans l’entrejambe du short, ce qui, selon Me Morice, “correspond parfaitement à la prise d’un corps que l’on veut transporter”.
Cette hypothèse d’un transport du corps du juge est corroborée par les conclusions d’un second rapport d’expertise d’Olivier Pascal remis au juge le 21 juin.
“Au vu de la quantité d’ADN retrouvée”, nous pouvons “exclure l’hypothèse d’un contact bref. Il faut envisager un contact long et (ou) un maintien avec force”, explique l’expert c cluant que l’hypothèse “d’un transport du corps” était “en accord” avec ses observations.
Les ADN inconnus pourraient être comparés dans l’avenir à ceux des suspects de l’enquête. La juge Sophie Clément s’intéresse notamment à deux hommes, Awalleh Guelleh et Adouani, actuellement en fuite.
Le premier a été condamné à perpétuité par contumace en France pour son implication dans l’attentat du Café de Paris en 1990 à Djibouti qui avait fait un mort et 11 blessés. Le second, condamné à mort à Djibouti pour un autre attentat, a été grâcié par l’actuel président djiboutien Ismael Omar Guelleh.
Un ancien officier de la garde présidentielle, Mohammed Saleh Aloumekani, avait rapporté à la justice en 2000 avoir entendu ces deux suspects rendre compte avec d’autres hommes de “l’élimination du juge fouineur” à Omar Guelleh, alors chef de cabinet du président Gouled Aptidon.

29/06/06 (B356_B) AFP : PARIS (AFP) – Assassinat du juge Borrel: des empreintes génétiques relancent l’enquête

Des empreintes génétiques qui pourraient appartenir aux assassins du juge Bernard Borrel, tué en 1995 à Djibouti, ont été découvertes sur le short du magistrat français retrouvé près de son corps, a annoncé mercredi Me Olivier Morice, l’avocat de la veuve du juge.

Ces empreintes génétiques ont été identifiées par le docteur Olivier Pascal, pionnier de l’ADN en France et expert près de la Cour de cassation, a-t-on précisé de même source, confirmant ainsi une information du quotidien Libération.

“C’est une avancée considérable pour l’enquête. Nous savions déjà depuis plusieurs années que Bernard Borrel avait été assassiné mais maintenant la justice est sur la piste de ses assassins et des complices”, explique Me Morice.

Le corps immolé de Bernard Borrel avait été retrouvé le 19 octobre 1995 au bas d’une falaise à 80 km de Djibouti devant l’île du diable. Il était vêtu d’un slip et d’un tee-shirt. Son short et différents o ets appartenant au magistrat avaient été découverts sur les hauteurs de cette falaise, semblant accréditer la thèse d’un suicide longtemps privilégiée par les autorités djiboutiennes et françaises.

Le docteur Olivier Pascal a découvert lors de ses expertises deux traces d’ADN inconnues sur le short du juge Borrel, l’une dans la poche avant droit et l’autre à l’entrejambe.

“Au vu de la quantité d’ADN retrouvée”, nous pouvons “exclure l’hypothèse d’un contact bref. Il faut envisager un contact long et (ou) un maintien avec force”, explique l’expert concluant que l’hypothèse “d’un transport du corps” était “en accord” avec ses observations.

29/06/06 (B356_B) Diffusion de l’émission de Canal + . Mise en ligne dans les prochains jours.

Nous avons reçu de nombreuses demandes de Djiboutiennes et de Djiboutiens qui résident dans différents pays et qui n’ont pas pu regarder l’émission diffusée hier soir par Canal+.

Nous avons pris contact avec la chaîne et nous espérons pouvoir obtenir rapidement la copie du reportage. Dès que possible nous allons la mettre en ligne sur le site pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent la regarder.

De même, nous allons proposer aux sites avec lesquels nous sommes en contact et qui ne sont pas censurés à Djibouti de la diffuser pour permettre aux internautes djiboutiens de la regarder. Nous ne donnons pas les noms de ces sites, afin d’éviter qu’ils ne soient censurés, eux aussi, hélas !…

29/06/06 (B356_B) Djibouti – Liberté, Égalité, Paix ! Paroles vaines, funestes même, depuis l’autoproclamation d’Ismaïl Omar Guelleh à la tête de l’État ; car il en a fait trois médiocres et bien tristes mensonges. ( Bouh Warsama)

Lettre ouverte aux opposants djiboutiens au régime de la tyrannie imposé par Ismaïl Omar Guelleh et par sa diaspora.


 


Il est faux de penser que la liberté et l’indépendance d’un pays puissent être disjointes et revendiquées l’une après l’autre.


 


27 Juin 2006, preuve en est faite par ce bien triste anniversaire d’une supposée indépendance dans laquelle la liberté comme les Droits humains furent et sont encore plus que jamais bafoués, insultés et traînés dans la fange par la bassesse de quelques uns/unes.

L’indépendance – avec la naissance de la République de Djibouti – n’était pas une récompense mais une responsabilité de première importance qu’avait le président Hassan Gouled Aptidon vis-à-vis de TOUTES les populations djiboutiennes et des communautés étrangères – y compris les réfugiés – qui vivaient sur le territoire national.

Par son insouciance, sa légèreté et sa cupidité largement exprimée dans une jeune république ou « Tout était possible » presque sans limites et sans barrières, l’État dirigé par Gouled a laissé s’installer, s’exprimer pleinement et se conforter les « mauvaises habitudes » d’un groupuscule de la tyrannie – grigou et xénophobe – dirigé par Ismaïl Omar Guelleh. Cette faction faite de toutes les incohérences, non représentative des populations mais exclusivement de leurs seuls intérêts privés a – jour après jour – miné le pays, ses lois et sa Constitution pour en faire un « État artificieux » tricheur et mafieux qui règne pleinement sur la jeune république depuis mai 1999 et a dépouillé de leur peu de liberté comme de leur indépendance les Djiboutiens/Djiboutiennes.

Plus de 7 années de gabegies, de tromperies ouvertes alors que les populations djiboutiennes subissent et affrontent avec un courage insensé toutes les difficultés sociales, économiques et politiques, imposées par quelques hommes/femmes opportunistes et de circonstances qui se sont accaparés tous les pouvoirs des rouages de l’appareil d’État comme ceux du secteur privé. 

Dans le monde occidental, on ne se rend pas compte dans quelle peur vivent depuis vingt-neuf ans – surtout depuis sept années – les Djiboutiens/Djiboutiennes, avec chaque jour toutes les menaces que fait peser sur leur dos la tyrannie du Palais de l’Escale et son arbitraire par l’entremise de sa Police politique.

Beaucoup d’entre-nous se désolent, critiquent ouvertement et ne comprennent pas le pourquoi des soutiens apportés par certains pays occidentaux au régime de la tyrannie d’Ismaïl Omar Guelleh. Comme elle fit par le passé en « acceptant » IOG, la France traite toujours avec le plus fort, fut-il dictateur en devenir !!!.

Par ailleurs, le « diplomatiquement correct » français …actuel…a une réponse officielle et toute faite qui masque bien des aspects et des intérêts inavouables. A la question posée, il sera répondu que « La France ne soutient pas les régimes politiques en Afrique mais a vocation d’aider les populations …. ».

Ce qui est déshonorant dans une telle réponse, ce n’est pas de mentir ; c’est de se faire prendre en flagrant délit de mensonge aussi grossier car si peu crédible. En politique, il y a les maladroits du mensonge ; Ismaïl Omar Guelleh en est l’exemple mais il n’est pas le seul dans ce domaine, le plus désolant étant qu’il n’existe pas de bouclier contre de tels mensonges politiques. Ni la crainte de Dieu, ni la damnation aux enfers n’ont empêché le mensonge, le parjure …, l’assassinat de la Justice avec l’octroi d’une décoration de la Légion d’Honneur.

Qu’on se le dise « La France de l’après de Gaulle n’a plus d’amis et c’est cela son plus grand drame en Afrique, elle n’a que des intérêts et trop souvent d’ordre privé, non point nationaux ». Ceci revient à affirmer que lorsque la France actuelle n’aura plus en la personne du tyran Ismaïl Omar Guelleh un « interlocuteur » répondant à ses …aspirations et à ses seuls intérêts ; alors et seulement alors, elle lui « trouvera » un remplaçant.

Admettons-le, l’opposition politique a commis de grandes erreurs dont elle doit tirer des leçons. Elle n’a jamais proposé depuis mai 1999 une autre alternative, un leader de l’opposition unie ; un SEUL interlocuteur face à Ismaïl Omar Guelleh.

Plus une opposition se pense intelligente, plus ses divisions sont dictées par l’orgueil.


Roger Picon
Le « théâtre politique » qu’impose IOG est fait pour diviser et dans ce difficile exercice il y réussit ; mais jusqu’à quand ?

Tout ce qui paraît au dessus de nos forces n’est pas forcément impossible ; mais tout ce qui nous est possible ne peut être au dessus de nos forces. Ceci s’appelle le « courage ». Lorsqu’on rêve tout seul à la démocratie, que pour ses seuls intérêts et bien-être, ce n’est qu’un rêve souvent de l’impossible alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité partagée. C’est assurément à cause de ceux/celles qui à Djibouti en arrivent à perdre confiance car subissant le joug de la tyrannie que l’espoir nous est donné et que vous n’avons nul droit de les décevoir. Nombreuses sont les familles qui survivent dans le pays, seules et sans espoir car elles n’ont pas les moyens de rompre le cercle infernal de la solitude, de la malnutrition, souvent frappées par la maladie qu’elles ne peuvent soigner car sans travail et que l’argent fait forcément défaut.

Dans les écrits comme dans la politique et dans nos actes – menée de concert -, l’opposition politique djiboutienne a l’indispensable besoin d’une véritable « Déclaration d’Indépendance » officialisée et rédigée en commun (indépendance ne signifiant nullement isolement..mais repartir sur des bases saines et les respecter), et surtout – ce qui serait mieux – d’une « Déclaration de Guerre médiatique » et ouverte contre la tyrannie de la pensée unique imposée par Ismaïl Omar Guelleh, perdu dans ses cloaques politicards et dorés artificiellement à l’or fin « prélevé » sur les aides internationales.

Nous avons à notre disposition, pour nous exprimer et ce depuis des années, un média global qui est l’internet. Tout comme le fait à sa manière et dans son domaine l’ARDHD en faveur du respect des Droits humains, chaque parti politique d’opposition se doit d’être à même de mobiliser ses militants en ligne sous un « pavillon de l’union », de faire pression sur les gouvernements via des campagnes d’informations par e-mails et sur le web.

Le gouvernement – dirigé par Ismaïl Omar Guelleh – a plus que jamais peur (on peut même affirmer « frayeur ») des opinions dissidentes et des dénonciations sur internet de tous les crimes dont il se rend coupable ou cautionne.

Il a vainement essayé de les faire taire en restreignant cette liberté.

Rien ne nous a été épargné. Sur ordre d’IOG, l’accès à des sites web et des blogs ont été fermés et censurés. Des firewalls ont été créés pour empêcher l’accès à l’information à partir de Djibouti. Le gouvernement Guelleh a limité, filtré l’accès aux moteurs de recherche afin d’éviter que cette information ne passe sous les yeux des Djiboutiens/Djiboutiennes.

Malgré tous les efforts et les moyens financiers dont dispose Ismaïl Omar Guelleh – notamment pour « acheter certaines consciences » en occident – il n’a pas réussi à faire taire les voix de la démocratie, de la liberté et du Respect des Droits de l’humain alors que l’on sait que – malgré toutes ses manigances et pressions exercées – l’information arrive à Djibouti suivant le principe “Si la porte nous est interdite d’accès, on entre par la fenêtre”.

Internet est le plus grand outil de communication qu’on ait inventé depuis la découverte de l’imprimerie, une rencontre entre la technologie, la curiosité naturelle des êtres humains et leur besoin de contact social, de compréhension de ce qu’il se passe dans le monde, et la force irrépressible de la voix humaine. C’est la nouvelle frontière entre celles et ceux qui veulent s’exprimer et celles et ceux qui veulent les faire taire.

Nous devons nous situer du bon côté et AGIR.

Opposants djiboutiens, les populations djiboutiennes sont à votre écoute.

La nature ne vous a point dit « Ne soyez point pauvres » et encore moins « Ne soyez point riches » ; mais plus que jamais « Soyez indépendants et libres ! » vis-à-vis du pouvoir tyrannique et sanguinaire qui tente d’acheter vos consciences et asservit vos familles ; toutes les familles djiboutiennes, sans exception d’aucune sorte. Car – faute de quoi – vous retomberiez demain dans les mêmes travers et les mêmes excès dont se rend coupable la tyrannie actuelle.

Cette liberté implique pour chacun/chacune une responsabilité et grand courage face à IOG, qu’il convient de ne pas redouter bien qu’impliquant des risques. Éternité, Égalité et la Liberté sont des Droits, la Fraternité est une obligation morale que chacun/chacune se doit d’avoir et d’exprimer sans ambiguïté vis-à-vis de TOUS/TOUTES les Djiboutiens/Djiboutiennes, sans distinction d’ethnie ou de tribu.

« La parole est au peuple. La parole du peuple, c’est la parole du souverain » (Charles de Gaulle).

La parole est – plus que jamais – à l’opposition politique à Ismaïl Omar Guelleh.

29/06/06 (B356_B) Emission de Canal + du 28 juin 2006. La chaîne nous a transmis la copie du reportage de Bernard Nicolas que nous publions intégralement pour les lecteurs djiboutiens qui sont à l’étranger ou qui ont été privés de l’émission à Djibouti pour raison de censure dictatoriale.

Comme notre site est aussi censuré, nous invitons tous les sites de l’opposition qui ne sont pas censurés à télécharger nos fichiers pour les diffuser en ligne. En effet, l’attente est forte à Djibouti et l’information doit passer …

A – Téléchargements
1 – Format très compressé (à lire dans un petit écran) : lien (900 Ko)
2 – Format normal : lien (19 Mo)

La lecture se fait avec Real Player (Téléchargement gratuit du logiciel à http://www.telechargementdelogiciel.com/Real/)

B – Lecture directe :
1 – Réseau commuté normal (56 Ko) :



2 – Réseau haute vitesse :


29/06/06 (B356_B) LE FIGARO : Mort du juge Borrel : des traces d’ADN découvertes sur un vêtement.

Près de onze ans après la disparition du magistrat à Djibouti, sa veuve pense que les meurtriers vont être confondus.


La justice française a peut-être trouvé le fil qui conduit aux meurtriers du juge Bernard Borrel, plus de dix ans après les faits. La récente découverte d’empreintes génétiques inconnues sur l’un des vêtements du magistrat français retrouvé mort à Djibouti le 19 octobre 1995 relance une enquête qui avait longtemps oscillé entre la thèse du suicide et celle de l’assassinat.

L’information, révélée hier par Libération, fait état de trois traces d’ADN relevées sur le short du juge. La première, qui appartient au magistrat, a pu être identifiée en la comparant à l’ADN de ses enfants. La deuxième, trouvée dans la poche avant droite du vêtement, est une trace étrangère. Dans son rapport du 4 avril dernier, le Dr Olivier Pascal, pionnier de l’ADN en France et expert près la Cour de cassation, assure que la troisième empreinte découverte au niveau de l’entrejambe est elle aussi inconnue. Seule certitude : les deux inconnus sont des hommes.

Le corps de Bernard Borrel aurait été transporté

La juge parisienne Sophie Clément, en charge de cet épineux dossier, dispose d’une autre pièce maîtresse. Un second rapport, toujours signé de la main du Dr Pascal, lui a été remis le 21 juin dernier. Sans équivoque, celui-ci vient corroborer la version selon laquelle le corps de Bernard Borrel aurait été transporté. Excluant l’hypothèse d’«un contact bref» entre la victime et ses agresseurs, l’expert explique qu’il «faut envisager un contact long et (ou) un maintien avec force».

Ces éléments nouveaux éclairent quelque peu d’importantes zones d’ombre du dossier. Le corps à moitié calciné de Bernard Borrel avait en effet été découvert au fond d’un ravin, devant l’île du Diable, simplement vêtu d’un slip et d’un tee-shirt. Au bord de la falaise, divers effets lui appartenant – dont son short – avaient été saisis, ainsi qu’un bidon d’essence.

Un poids sur les relations entre Paris et Djibouti

Fin 1995, l’enquête française menée sur place avait conclu au suicide. Au fil des ans, une série d’expertises et de contre-expertises avaient d’abord conforté cette thèse avant de l’infirmer. Ainsi, en 2000, une reconstitution avait permis d’établir que le juge Borrel aurait très bien pu dévaler seul le terrain afin de se donner la mort. Deux ans plus tard, le scénario de l’assassinat refaisait surface, après la découverte d’une lésion au crâne, probablement due à un objet contondant, et d’une marque sur le cubitus gauche, considérée comme une trace de lutte.

Tous les mobiles avaient été envisagés. La veuve du magistrat, Elisabeth Borrel, a toujours privilégié la piste politique. Convaincue que son mari enquêtait sur des trafics d’armes et sur l’attentat du Café de Paris, survenu en 1990 à Djibouti et dans lequel le président Ismaïl Omar Guelleh aurait été impliqué, elle n’a jamais cru à une affaire privée.

Depuis des années, le dossier Borrel pèse sur les relations entre la France et Djibouti, où la France conserve des bases militaires importantes. La juge d’instruction Sophie Clément espère néanmoins obtenir le prélèvement ADN de deux Djiboutiens : Adouani, un terroriste extrait quelques heures de sa cellule la veille du drame, et un autre détenu, Awale Guelleh, mêlé à l’attentat du Café de Paris. «La justice française est définitivement sur les traces des assassins de Bernard Borrel», s’est félicité hier Me Olivier Morice, conseil d’Elisabeth Borrel. Jusqu’ici, la justice djiboutienne n’a rien entrepris pour confirmer l’optimisme de l’avocat.

28/06/06 (B356_B) Le Nouvel Obs : Des traces d’ADN pourraient relancer l’affaire Borrel

Trois ADN masculins ont été retrouvés sur le short de Bernard Borrel, magistrat retrouvé mort en 1995 à Djibouti.

L a révélation mercredi 28 juin de la découverte d’empreintes génétiques sur les effets personnels du magistrat Bernard Borrel, mort à Djibouti en 1995, relance l’enquête dans ce dossier à l’origine d’un contentieux diplomatique entre Paris et ce pays stratégique de l’est africain.

Selon une source proche du dossier, un rapport d’expertise remis en avril et un complément de rapport transmis le 21 juin à la juge d’instruction Sophie Clément établissent la présence de trois ADN masculins sur le short de ce magistrat, retrouvé avec le reste de ses vêtements près de son corps carbonisé.

La première empreinte est celle de Bernard Borrel, ont établi les experts. Les deux autres sont inconnues. Concernant l’une d’entre elles, les experts parlent d’un “contact long” avec le short.

“Un transport du corps”

“L’hypothèse d’un transport du corps (du juge Borrel) est en accord avec nos observations”, conclut le docteur Olivier Pascal, qui dirige un laboratoire nantais en pointe dans la recherche génétique.

Aux yeux de la famille de la victime, ces travaux accréditent davantage encore la thèse de l’assassinat de Bernard Borrel, qui était coopérant français et conseiller technique auprès du ministère de la Justice djiboutien.

L’hypothèse du suicide par “auto-combustion” avait été initialement privilégiée par la justice française mais après plusieurs changements de magistrats et d’autres expertises, notamment médico-légales, c’est la piste criminelle qui est suivie.

Me Olivier Morice, avocat de la veuve du juge Borrel, estime que le magistrat français a été victime d’un assassinat commandité par le pouvoir djiboutien, pour des motifs politiques liés à des découvertes faites par Bernard Borrel.

“Une étape importante”

“C’est une étape très importante. On considère maintenant qu’on est sur la trace des assassins”, a dit Me Olivier Morice à Reuters mercredi à propos de l’expertise ADN.

Des témoignages d’opposants et d’exilés djiboutiens, dont la validité est contestée par Djibouti, laissent penser que le chef d’Etat actuel du pays, Ismaël Omar Guelleh, pourrait être impliqué.

Un ex-gardien de prison djiboutien a témoigné en mai devant la juge Sophie Clément pour raconter qu’un détenu, extrait le jour du crime de sa cellule, pouvait selon lui être impliqué dans l’affaire.

Début 2005, le gouvernement français a livré à la juge Sophie Clément deux feuillets de documents secrets sur l’affaire, tout en gardant la confidentialité sur une quarantaine de feuillets.

Un nouvelle demande pourrait être prochainement formulée par la magistrate. Le dossier Borrel est important sur le plan diplomatique, Djibouti accueillant la principale base militaire française en Afrique.
(Reuters)

28/06/06 (B356_B) Libération : Nouveau témoin dans l’enquête

Ce soir, l’émission 90 Minutes de Canal + va évoquer l’une des pistes suivies par la juge Sophie Clément. Le journaliste Bernard Nicolas fait témoigner un ancien gardien de la prison de Djibouti, Ahmed R., aujourd’hui réfugié en Belgique.

A 6 heures le 18 octobre 1995, veille de la mort du juge Borrel, celui-ci a pris son poste de travail. Il avait notamment la charge de surveiller «l’unité criminelle» des «12 cellules» où était détenu un condamné à perpétuité pour attentats terroristes nommé Adouani.

Ce gardien raconte comment, vers minuit, son propre chef accompagné de deux responsables de la gendarmerie a ouvert la cellule d’Adouani, l’en ont extrait et l’ont emmené hors de l’établissement pénitentiaire en voiture. Ce n’est que le 19 octobre, vers 23 heures, qu’il a vu le condamné regagner sa cellule.

Cet Adouani était proche d’un autre détenu, Awalleh Guelleh, militaire mis en cause dans l’attentat en 1990 du Café de Paris, à Djibouti. Awale Guelleh aurait été mêlé lui aussi à l’assassinat du juge, selon d’autres témoins djiboutiens réfugiés en Belgique et plusieurs fois entendus dans le dossier d’instruction. La juge Clément pourrait ainsi réclamer l’ADN de ces deux hommes.