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04/08/2016 (Brève 831)  Deux victimes par balles d’une bavure (intentionnelle ?) de la Police de Guelleh, condamnées à 2 ans de prison ferme en lieu et place de l’auteur. L’UDDESC déclenche deux procédures d’alerte.

Djibouti : Président Guelleh a condamné les victimes blessées par balle à 2 ans de prison ferme…

Les deux victimes dont l’un blessé par balles s’appellent Mohamed Elmi et l’autre Naguib Moumin Ahmed

Le 31 juillet 2016 un policier ripou, chauffeur du commissaire de l’arrondissement 4, avait fait usage de sa pistole de service à l’égard de deux chômeurs djiboutiens qui avaient trouvé un emploi d’occasion dans un chantier au lieu-dit Barwaqo 2 – phase 1, dans la commune de Balbala.

Monsieur Abdillahi, le policier ripou, un cousin d’Ismaël Omar Guelleh – président de Djibouti, avait tenté de chasser leur travail deux djiboutiens du clan Yonis/Moussa afin de placer deux clandestins éthiopiens qu’il exploite avec le soutien de son autre cousin, le commissaire de l’arrondissement 4. Le commissaire et son chauffeur ont sous leur protection une centaine des clandestins qui partent gagner leurs vies dans la ville et surtout dans la commune de Balbala et ces derniers reversent chaque jour une partie de leur gain à leurs protecteurs. Un système de rackette pratiqué à Djibouti par beaucoup des fonctionnaires de l’état. Voir rapport sur le trafics d’êtres humains du département d’état américain de juillet 2016 donne un aperçu –http://www.rfi.fr/ameriques/20160701-etats-unis-john-kerry-trafic-humains-birmanie-afrique-djibouti-soudan-haiti-.

Quand les deux djiboutiens ont montré de la résistance, le policier ripou n’a pas hésité à un moment pour faire usage de son arme à feu de service. Une balle traverse le bras d’un de deux djiboutiens, Mohamed Elmi. Voyant la gravité de la bavure, le policier court trouver la protection de ses cousins. L’affaire remonte rapidement à Ismaël Omar Guelleh, qui dans sa haine personnelle à l’égard du clan Yonis/Moussa ordonne l’arrestation de deux victimes.

Les deux victimes Djiboutien sont traduites devant la justice le jeudi 4 aout 2016. Dans un semblant de colère le procureur de la république se met à crier devant les deux victimes, Mohamed Elmi et Naguib Moumin Ahmed, en leur disant : «  savez-vous que le président de Djibouti n’aime pas ceux qui collaborent avec les perturbateurs des réseaux sociaux ? Pourquoi avez-vous donné une photo et des informations à www.hch24.com? »

Le procureur de la république a tenu un procès express plutôt tourné sur l’article que nous avions publié le 3 aout 2016 sur cette affaire. Le seul moment que le sujet principal a été abordé fut quand la djiboutienne de l’ethnie Afar qui avait recruté les deux travailleurs djiboutiens avait été contrainte de se présenter à la barre avec deux versions de faits totalement différents. Ayant subi une pression terrible et des menaces sérieux, elle n’arrivait pas à se défaire de la vérité sans oubli le sort qui l’attend si elle ne suit pas les ordres reçus de la police politique.

Sans débat, ni des preuves culpabilisant les victimes, ni une instruction d’enquête justifiant une décision d’emprisonnement, le procès prend fin rapidement et le procureur recommande la condamnation des deux djiboutiens à 2 ans de prison ferme. Les juges acceptent l’ordre et envoient Mohamed Elmi et Naguib Moumin Ahmed à la prison centrale de Gabode pour 2 ans de prison ferme avec seulement dix de possibilité de recours contre la décision.

Cette condamnation basée sur l’ordre d’Ismaël Omar Guelleh motivé par sa haine particulière à l’encontre  du clan des deux victimes a remis à jour la tension entre le clan du président Guelleh, le Mamasan, et le Yonis/Moussa. La tension est palpable dans la ville de Djibouti depuis le jeudi et le risque de la dérive vers une situation comparable aux guerres civiles de la Somalie en 1991 et au Rwanda 1994 est à redouter.

Le samedi 6 aout 2016, l’UDDESC a saisi différentes instances onusiennes et des ongs des droits de l’homme afin que des réactions et des condamnations soient adressées au gouvernement djiboutien.