13/01/03 (B180) Premières privations de libertés publiques. A peine le surlendemain d’un scrutin annoncé comme soi-disant libre et transparent par IOG, le régime dictatorial interdit un rassemblement pacifique de l’opposition spolliée de sa victoire par la fraude électorale. Rien n’a changé décidément au royaume du petit Guelleh ! (cf dépêche AFP)

L’opposition appelle
à un rassemblement non autorisé par le gouvernement

DJIBOUTI, 12 jan (AFP)
– L’opposition djiboutienne a appelé dimanche à un rassemblement
lundi dans la capitale, dénonçant des “fraudes” lors
des législatives de vendredi qui ont donné une victoire totale
au pouvoir en place, et affirmant avoir remporté au moins 22 des 65
sièges de l’Assemblée.

Dans
la soirée, le ministre de l’Intérieur, Abdoulkader Doualé
Waïs, a annoncé avoir refusé d’autoriser ce rassemblement:
“j’ai donné les instructions nécessaires aux forces
de l’ordre pour contrecarrer toute démarche tendant à troubler
l’ordre public”.

Dans une intervention
retransmise par la télévision nationale, il s’est toutefois
dit prêt à “réexaminer une demande” de l’opposition
si elle “donne l’assurance et la garantie nécessaires pour canaliser
ses adhérents et sympathisants”.

De son côté,
le président Ismaël Omar Guelleh a appelé les opposants
au calme.

Selon les chiffres du
ministère de l’Intérieur, l’Union pour la majorité présidentielle
(UMP) a obtenu 62,7% des voix et conservé les 65 sièges de l’Assemblée.
L’opposition, avec plus d’un tiers des voix, n’est donc pas représentée.

Il s’agissait du premier
scrutin vraiment multipartite depuis l’indépendance en 1977 de cette
ancienne colonie française de la Corne de l’Afrique, qui abrite la
plus importante base militaire française à l’étranger.

Le chef de l’opposition
à Djibouti, Ahmed Dini, 70 ans, ancien chef de la rébellion
afar, a appelé dimanche à un rassemblement des opposants lundi
après-midi dans la capitale, pour protester contre les “fraudes”
commises selon lui.

Se basant sur les comptes-rendus
des délégués de l’opposition, présents dans les
bureaux de vote, M. Dini, tête de liste de l’Union pour l’alternance
démocratique (UAD, coalition d’opposition), a affirmé que l’opposition
avait remporté au moins trois des cinq circonscriptions, soit au moins
22 sièges sur

Les comptes-rendus des
deux autres circonscriptions, dont celle de Djibouti-ville (37 sièges),
étaient dimanche en cours d’étude par l’opposition, selon lui.

“Nous faisons un
meeting pour remercier nos militants et les informer”, a déclaré
à l’AFP M. Dini, se refusant à dévoiler quel mot d’ordre
il donnerait à ses sympathisants.

“Les chiffres du
ministère de l’Intérieur sont faux. Nous sommes en face d’un
non-droit, d’un déni de justice. Ici, les gens sont pacifiques, mais
on les pousse à bout”, a-t-il ajouté.

“Nous sommes légalistes,
nous respectons la légalité, mais que faire lorsque cette légalité
est absente?”, a poursuivi M. Dini. A ce jour, il s’est refusé
à appeler à des manifestations de rue.

“Calmez-vous et attendez
le prochain scrutin en travaillant dur”, a conseillé le président
Guelleh, 55 ans, interrogé par l’AFP dans son palais présidentiel.

Evoquant l’appel de l’opposition
à un rassemblement lundi, il a déclaré: “c’est un
droit, mais il ne faut pas non plus violer les droits des autres”.

“Vous savez, en Afrique,
dès qu’il y a une manifestation, on casse les voitures, on casse tout.
La rue appartient à tout le monde, elle n’est pas aux manifestants
seulement”, a-t-il poursuivi.

M. Guelleh, élu
en 1999, a estimé que nombre d’électeurs ayant voté pour
l’opposition “ont sanctionné le gouvernement parce que le gouvernement
a tardé à répondre à leurs demandes en matière
d’emploi”.