22/03/07 (B387-B) SOMALIE : les combats de mercredi ont été particulièrement meurtriers et violents. Lynchage des corps des militaires tués. Il faut remonter à 1993, lors de la défaite des américains … pour retrouver de telles scènes. L’Ethiopie semble accélérer son retrait. (2 dépêches – Info lectrice)

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1 – AP

Batailles rangées meurtrières
dans les rues de Mogadiscio

Des miliciens islamistes présumés ont traîné
dans les rues de Mogadiscio les cadavres de deux soldats gouvernementaux avant
d’y mettre le feu mercredi, au cours d’une violente bataille rangée
qui a fait au moins 16 morts et plusieurs dizaines de blessés en début
d’après-midi.

Ces violences sont parmi les pires signalées à Mogadiscio depuis
que les rebelles du Conseil des tribunaux islamiques ont été
repoussés hors de la capitale en décembre par l’armée
somalienne soutenue par des troupes éthiopiennes, après avoir
contrôlé la ville pendant six mois.

Mercredi, un groupe proche des tribunaux islamiques, le Mouvement de résistance
populaire au pays des deux Migrations, a affirmé avoir été
pris pour cible d’une offensive gouvernementale lancée à l’aube
par les forces gouvernementales dans le sud de la ville. Mais d’autres témoignages
faisaient état de combat aussi dans des secteurs nord de Mogadiscio.

Ce qu’a confirmé Mohamed Ali Nur, ambassadeur de Somalie au Kenya,
selon lequel cet assaut vise à empêcher les insurgés de
s’attaquer à des bâtiments gouvernementaux et devrait se poursuivre.
Il a en revanche démenti toute participation de soldats éthiopiens.

Les forces somaliennes et éthiopiennes, escortées de chars et
de blindés, sont entrés à l’aube à Shikole, bastion
des insurgés dans le sud de Mogadiscio, accueillis par la résistance
de centaines de combattants masqués, ont précisé pour
leur part des habitants du quartier.

Un photographe d’Associated Press y a vu des combattants traîner puis
incendier deux cadavres, un de soldat éthiopien et l’autre gouvernemental.
Puis des femmes voilées se sont mises à lapider l’un des cadavres
qui brûlait encore.

Plus tôt dans la journée, deux journalistes de la radio Shabelle
ont été interpellés alors qu’ils se rendaient à
l’aéroport assister à une conférence de presse du Premier
ministre Ali Mohamed Gedi, a annoncé le rédacteur en chef de
Radio Shabelle, Mohamed Amin, qui restait sans nouvelles de ses journalistes,
dont l’interpellation a été confirmée, sans autres précisions,
par un haut responsable de la sécurité.
______________________________ 2 – AFP

Somalie : au moins 14 morts dans d’intenses
combats à Mogadiscio

Par Mustafa HAJI ABDINUR

MOGADISCIO (AFP) – Au moins 14 personnes, dont 6 soldats, ont été
tuées mercredi dans d’intenses combats dans le sud de Mogadiscio entre
des assaillants non identifiés et les forces somaliennes et éthiopiennes.

Pendant ces combats, le gouvernement somalien a achevé mardi son transfert
dans la capitale, où il siège pour la première fois depuis
sa mise en place en 2004, a ajouté M. Nur. Le gouvernement se réunissait
jusqu’à présent à Baïdoa (250 km au nord-ouest de
Mogadiscio).

Les affrontements de mercredi à Mogadiscio ont été déclenchés
par l’attaque, à l’aube, du quartier général de l’armée
éthiopienne.

Selon un journaliste de l’AFP, au moins deux cadavres de soldats en uniforme,
impossibles à identifier, ont été brûlés
en public. “Vous (les soldats somaliens) et les Ethiopiens vous
allez mourir”, “nous vous brûlerons vivants”, criait
la foule rassemblée autour des corps calcinés.

Peu avant le début des combats, les forces de sécurité
somaliennes avaient lancé une “opération militaire pour
exterminer” les milices dans la ville, a indiqué à Nairobi
l’ambassadeur somalien au Kenya, Mohamed Ali Nur, ajoutant: “nous pensons
qu’elles sont derrière les récentes attaques au mortier”.

Par ailleurs, l’armée éthiopienne a entamé mercredi une
nouvelle phase de son retrait de Somalie, avec le départ de plusieurs
centaines de soldats dans un convoi de camions militaires, ont rapporté
des journalistes de l’AFP.

Un contingent éthiopien a ainsi quitté l’enceinte de
la présidence somalienne pour prendre la direction de l’Ethiopie.

Les affrontements et les tirs d’artillerie, particulièrement
violents mercredi à Mogadiscio, ont touché cinq quartiers.

“Il y a des éléments extrémistes des tribunaux islamiques
qui essaient de se réorganiser (…). Des éléments des
chefs de guerre sont toujours actifs. Il y a aussi des gangs de criminels”,
a commenté mercredi à Nairobi l’ambassadeur américain
au Kenya, Michael Ranneberger, qui a qualifié d'”actes affreux”
ces derniers combats.

“J’ai vu des hommes armés masqués qui tiraient en direction
des troupes du gouvernement (…) Les forces gouvernementales répondaient
par de l’artillerie lourde sur les quartiers, certains tirs ont atterri dans
des habitations, la situation devient exaspérante”, protestait
Abdisatar Mohamed, habitant du quartier KBB (sud).

“Des hommes armés ont attaqué le bâtiment de l’ancien
ministère de la Défense (qui sert de quartier général
à l’armée éthiopienne) et ouvert le feu. Les Ethiopiens
ont riposté avec une puissance de feu incroyable”, selon un autre
habitant, Mohamed Ali Nur.

Ces combats ont fait au moins 14 morts, selon des habitants, et plus d’une
soixantaine de blessés. “Nous avons reçu plus de 60 blessés,
nous sommes dans une situation très difficile”, a expliqué
l’administrateur de l’hôpital Medina, Dahir Dheere.

Mogadiscio est le théâtre d’attaques meurtrières, quasi-quotidiennes
depuis deux mois et demi. Elles sont menées par des inconnus armés
mais attribuées par le gouvernement aux islamistes somaliens qui ont
perdu fin décembre 2006-début janvier les régions qu’ils
contrôlaient.

De son côté, le capitaine Paddy Ankunda, porte-parole des troupes
ougandaises, premiers éléments de la force de paix africaine
en Somalie (Amisom), a affirmé que la force n’était pas impliquée
dans les combats.

L’Ethiopie avait justifié fin décembre son intervention en Somalie
par la menace que faisait peser, selon elle, le mouvement islamiste sur sa
sécurité.

L’armée éthiopienne aide depuis décembre le gouvernement
somalien à tenter de stabiliser le pays, et a désormais entrepris
son retrait. Elle doit être progressivement relayée par l’Amisom