20/10/07 (B418) Les difficultés d’acheminer l’aide humanitaire en Somalie pour ravitailler les familles qui sont plongées dans la misère et la famine – Deux articles.

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OCHA : ‘il n’a jamais été aussi difficile de travailler en Somalie’

19 octobre 2007 – Eric Laroche, le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour la Somalie, a déclaré aujourd’hui que les conditions de travail en Somalie devenaient de plus en plus difficiles en raison du harcèlement constant à l’égard des travailleurs humanitaires, alors que la situation d’une partie croissante de la population reste critique.

« La situation est pire que dans le passé », a affirmé Eric Laroche lors d’une conférence de presse aujourd’hui à New York. Il y a un « manque total de discipline » de la part des toutes les parties, même les plus structurées, a-t-il regretté.

La situation humanitaire s’est aggravée et le Coordonnateur estime que le nombre de Somaliens qui ont un besoin immédiat d’aide est passé d’un million en début d’année à 1.5 million à présent. « Ils n’ont rien », a-t-il insisté.

Depuis le mois d’avril, la situation s’est compliquée et les déplacements du personnel humanitaire sont toujours plus difficiles. De nombreux barrages le long des routes empêchent les camions d’avancer s’ils ne versent pas une somme d’argent parfois conséquente.

La situation alimentaire est critique, et plus de 4% des enfants de moins de cinq ans souffrent sévèrement de malnutrition, « Ils sont sur le point de mourir », a déclaré le Coordonnateur, annonçant que l’ONU ne pouvait atteindre que 20% de ces enfants.

Le gouvernement fédéral de transition a la responsabilité de préparer des élections, une nouvelle constitution, mais aussi d’assurer la sécurité de la population, a rappelé Eric Laroche. Or, « il y a eu de nombreuses violations du droit humanitaire », mais aussi des droits de l’homme, a-t-il ajouté.

Il y a un climat général de suspicion. La responsabilité ne retombe pas que sur le Premier ministre et le président, mais sur tous les niveaux de gouvernement, en commençant par les districts, a-t-il insisté.

Les premières cibles de la violence sont les forces du gouvernement fédéral de transition, des milices qui travaillent pour le gouvernement, et les Ethiopiens. « Ce qui est nouveau, ce sont les assassinats », a déclaré Eric Laroche, en mentionnant les attaques-suicides et les assassinats commis en vertu d’un « code d’honneur ».

Les travailleurs humanitaires sont parfois accusés de prendre partie, mais « nous ne faisons que notre travail », a affirmé Eric Laroche. Quand nous avons assisté les personnes déplacées, il ne s’agissait pratiquement que de femmes et d’enfants, a-t-il souligné.

L’arrestation, il y a deux jours, d’un fonctionnaire du Programme alimentaire mondial (PAM) par les forces antiterroristes du gouvernement est un acte condamnable, a rappelé le Coordonnateur (dépêche du 17.10.2007).

Idris Osman a été détenu après que les forces de sécurité ont pénétré dans l’enceinte de l’ONU. « Il n’y a pas d’accusation officielle, nous n’avons jamais reçu d’accusation contre personne », a déclaré Eric Laroche.

Josette Sheeran, la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), a également appelé le gouvernement à protéger les travailleurs humanitaires. « Nous opérons dans un environnement où règne l’insécurité : piraterie, banditisme et violence générale », a-t-elle expliqué dans un communiqué publié aujourd’hui.

Le Coordonnateur a cependant annoncé que l’ONU prévoyait d’accroître la présence du personnel international dans le pays. Il y a une forte volonté de la communauté internationale, a-t-il ajouté, mentionnant l’accroissement du nombre de personnels internationaux au Somaliland et au Puntland ces dernières semaines. Il faut être sur place pour avoir du poids et agir, a-t-il insisté.

_____ 2 – AFRIQUE EN LIGNE –
Faciliter l’acheminement de l’aide en Somalie

Addis-Abeba, Ethiopie – Les Nations unies et le gouvernement éthiopien ont conclu jeudi à Addis-Abeba un accord destiné à permettre à l’aide humanitaire d’urgence de parvenir aux populations sinistrées vivant dans le sud de la Somalie, indique un communiqué officiel publié jeudi dans la capitale éthiopienne.

Selon l’accord, l’Agence éthiopienne de planification préalable et de prévention des catastrophes (DPPA) va mettre en place des centres d’appui conjoints dans les zones concernées afin que les aliments, les médicaments et autres matériels d’assistance parviennent aux sinistrés.

Les bénéficiaires de ces aides sont victimes des effets de la sécheresse ou d’inondations survenues en septembre dernier dans le bassin du fleuve Wabishebelle suite à des pluies diluviennes.

Ces inondations ont endommagé 5.630 hectares de terres agricoles, faisant 48.300 sinistrés et 8.880 déplacés.

Le gouvernement éthiopien et l’ONU ont convenu de renforcer la coordination et l’appui logistique à la distribution de l’aide d’urgence par le biais de bureaux qui seront installés dans la ville de Dire Dawa, dans l’est de l’Ethiopie.

“Le gouvernement éthiopien a donné aux Nations unies l’assurance que les activités humanitaires au sein de la région du Somali ne feront l’objet d’aucune restriction”, a affirmé le coordinateur humanitaire des Nations unies et Représentant résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Fidele Sarassoro.

“Ces développements sont une bonne nouvelle pour les populations de la région. Nous nous réjouissons de l’excellente collaboration que nous avons constatée jusqu’ici”, a-t-il ajouté.

Le gouvernement éthiopien a également proposé de rétablir “immédiatement” la liaison aérienne entre les villes de Kebridehar et Shilabo afin de faciliter les opérations humanitaires.