12/11/07 (B421) MOGADISCIO (AFP) – Somalie : les forces loyalistes lancent une opération de recherche d’armes à Mogadiscio

Les forces gouvernementales somaliennes et l’armée éthiopienne ont lancé lundi une opération de ratissage dans le quartier du grand marché de Mogadiscio, à la recherche d’armes après les combats meurtriers de la semaine dernière avec les insurgés.

Les perquisitions sont menées maison par maison alors que le marché de Bakara a été fermé dimanche, a déclaré lundi le maire de la capitale somalienne, Mohamed Omar Habeb.

“Quiconque sera absent des lieux sera considéré comme se cachant (…) L’opération durera une semaine”, a-t-il ajouté.

Aucun tir n’était entendu lundi matin à Mogadiscio, où les insurgés, qui comptent dans leurs rangs des combattants islamistes, avaient bombardé dimanche des positions proches du palais présidentiel.

Le quartier de Bakara, dans le sud de la capitale, avait été déserté dimanche par l’essentiel de sa population.

Des milliers de civils ont cherché refuge dans des endroits préservés de la violence, après les derniers affrontements – les pires depuis une vaste opération de l’armée éthiopienne en avril – qui ont fait 59 morts jeudi et vendredi, selon une estimation de l’AFP établie sur la base de témoignages.

Lundi matin, des commerçants ont réaffirmé qu’il n’y avait pas d’armes cachées dans les multiples boutiques de Bakara.

Bakara abritait jusqu’il y a quelque mois le marché aux armes de Mogadiscio, où fusils d’assaut, mitrailleuses ou pièces d’artillerie étaient en vente libre depuis que le pays a sombré dans le chaos avec le début de la guerre civile en 1991.

“Je ne pense pas qu’il y ait des armes dans le marché, mais laissons les vérifier”, a réagi le président des commerçants du quartier, Ali Mohamed Siad. “Nous avons besoin que le gouvernement assure la sécurité de nos activités.”

Selon des responsables du clan hawiye, dominant à Mogadiscio et dont sont issus la grande majorité des insurgés, les forces de sécurité ont également arrêtés des personnalités du clan, dans le cadre des opérations de répression de l’insurrection.

Le porte-parole du clan, Ahmed Diriye, deux de ses fils et un autre chef traditionnel, ont été interpellés dimanche, selon le président de l’association des chefs coutumiers hawyie, Mohamed Hassan Haad. “Nous demandons leur libération immédiate (…) Ils n’ont fait rien de mal.”

L’arrêt des activités du marché va aggraver la crise humanitaire d’une population qui est la première victime des affrontements, en compliquant le ravitaillement de la ville.

Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), près de 90.000 personnes avaient déjà fui Mogadiscio ou avaient été déplacées dans la ville au cours des combats des deux dernières semaines et les localités proches de la capitale ont du mal à faire face à l’afflux des déplacés.

En plus des conséquences de la guerre, les Somaliens sont confrontés à une crise agricole.

La plus riche région agricole du pays, Shabelle, vient de souffrir de sa pire récolte en treize ans. Les organisations humanitaires ont averti que la vie de milliers d’enfants était menacée par les pénuries alimentaires.

Fin 2006, l’armée éthiopienne est intervenue aux côtés des forces du gouvernement somalien, lui permettant de mettre en déroute les forces des tribunaux islamiques, qui avaient pris le contrôle pendant quelques mois de la majeure partie du centre et du sud du pays.

Depuis, l’impasse politique est totale. L’opposition à dominante islamiste exclut toute discussion avec le gouvernement du président Abdullahi Yusuf Ahmed.