01/01/10 (B571) Nouvelles de Somalie – Interpol craint la menace somalienne – le Groupe de contact réaffirme son soutien au gouvernement – 3 vendeurs de tabac “condamnés” à acheter des AK-47 pour des shebab – Le Premier ministre claque la porte – La situation en Somalie objet d’une réunion aux Nations unies – l’AMISOM a besoin d’un appui supplémentaire (6 articles en Français)

___________________ 6 – Metro (Canada) avec AP

Interpol craint la menace somalienne

L’agence policière internationale Interpol estime que les militants islamistes de la Somalie présenteront bientôt une menace plus importante que ceux issus d’Afghanistan.

En marge d’une conférence sur la sécurité en Afrique occidentale à Bruxelles, le secrétaire-général de l’agence, Ronald K. Noble, a indiqué à l’Associated Press que de plus en plus d’actes terroristes trouvent leur origine en Somalie.

Pour Interpol, a-t-il ajouté, la Somalie sera l’Afghanistan des cinq ou dix prochaines années.

La Somalie est sans gouvernement central depuis 20 ans. Le pays est aux prises avec une insurrection islamiste dirigée par al Shabab, un groupe étroitement lié au réseau al Qaïda.

Al Shabab a lancé cet été en Ouganda des attaques qui ont fait 76 victimes.

Interpol relie les forces policières de 188 pays pour combattre le crime transfrontalier.

___________________ 5 – Centre Info de l’ONU

Somalie : le Groupe de contact réaffirme son soutien au gouvernement

Le Groupe international de contact international (GIC) sur la Somalie, composé de près de 35 pays, terminait mardi sa 18ème réunion à Madrid, en Espagne. L’occasion pour ces pays de réaffirmer leur soutien au Gouvernement fédéral de transition (GFT) et pour le Président somalien, Sharif Sheikh Ahmed, de réitéré son engagement à travailler pour la paix et la stabilité de son pays, avec l’aide de la communauté internationale.

Au terme de cette réunion de deux jours, le Groupe de contact a souhaité réaffirmer un certain nombre de points quant à l’avenir de la Somalie. Il a réaffirmé son engagement en faveur d’une Somalie unie et souveraine et condamné fermement les différentes attaques terroristes attribuées aux milices islamistes Al Shebab : les attentats à Kampala, en Ouganda, en juillet, ceux contre l’hôtel Muna de Mogadiscio en août et l’attaque contre l’aéroport de la capitale somalienne en septembre.

Le GIC a aussi fait part de sa « satisfaction collective » après que les différends internes au GFT aient été réglés pacifiquement. Il a demandé en urgence aux dirigeants somaliens de rester unis et de concentrer leurs efforts sur les défis qu’ils ont à relever. Il les a également invités à se mobiliser sur la rédaction d’un projet de constitution, sur la lutte contre la corruption, la promotion de transparence des institutions et la mise en place des services de bases à la population.

Après avoir renouvelé son engagement pour la paix et la stabilité de son pays, le Président somalien, Sharif Sheikh Ahmed, a fait part de son intention de nommer dans les plus brefs délais un nouveau Premier ministre, après la démission d’Omar Abdirashid Sharmarke la semaine dernière. Le chef de l’Etat a également demandé une augmentation de l’aide apportée par la communauté internationale à son pays et à ses institutions en construction, « pour résoudre les problèmes de sécurité et obtenir des résultats tangibles ».

Dans une déclaration consacrée à la piraterie au large de la Somalie, le Représentant spécial de l’ONU pour la Somalie, Augustine Mahiga, qui présidait la réunion du Groupe de contact, a défendu une politique coordonnée incluant la lutte contre la piraterie, celle contre les insurgés, le développement, l’action militaire en mer, les poursuites judiciaires à terre et l’aide humanitaire aux populations civiles. « Tout cela fait partie de la construction d’une solution globale pour la Somalie », a-t-il estimé.

Pour le représentant de l’ONU, toutes les mesures contre la piraterie ne doivent pas être en contradiction avec l’accord de paix de Djibouti, le processus destiné au retour de la paix et de la stabilité dans ce pays ravagé par la guerre, les violences et l’anarchie depuis le début des années 1990.

« La volonté de la communauté internationale de mettre fin au fléau de la piraterie, soutenue par le Gouvernement fédéral de transition, doit s’inscrire dans le cadre d’un ensemble de mesures équilibrées qui contribuent aussi à la stabilité politique de la Somalie », a encore ajouté Augustine Mahiga, qui a défendu une meilleure coordination des opérations maritimes menées par les forces internationales et les opérations terrestres de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

Dans leur déclaration finale, les Etats membres du GIC ont par ailleurs exhorté le GFT à « élaborer d’urgence une feuille de route qui définisse la gestion de la période de transition dans les deux mois restants ». « Cette feuille de route devrait refléter une stratégie globale donnant priorité à des objectifs politiques, avec des échéances, et à la reconstruction et au développement, avec un budget », précise encore la déclaration finale, qui demande au Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie (UNPOS) de coordonner le soutien international au GFT.

___________________ 4 – La Croix avec AFP

Somalie : 3 vendeurs de tabac "condamnés" à acheter des AK-47 pour des shebab

Trois vendeurs somaliens de tabac ont été condamnés par des insurgés islamistes somaliens shebab à leur acheter des fusils AK-47 pour avoir violé leur loi interdisant le commerce du tabac, a indiqué jeudi un responsable du mouvement.

Les shebab ont imposé une interdiction sur la culture et le commerce du tabac dans la région de Gedo (sud de la Somalie), où a été instauré la Charia (loi coranique).

"Trois personnes ont été arrêtées au cours des dernières 48 heures pour avoir vendu du tabac. La Cour islamique dans la région les a condamnés à acheter des AK-47 pour les moudjahidines comme punition pour avoir violé la l’interdiction" sur le tabac, a déclaré Cheikh Bishar Adan Hassan.

La culture du tabac était traditionnelle à Gedo jusqu’à ce que les shebab, qui ont pris le contrôle des régions du sud de la Somalie, introduisent la charia et proclament "illégale" la production du tabac.

"Il y a des gens qui continuent à vendre du tabac secrètement (…) mais les islamistes vous arrêtent si ils vous trouvent en train d’en consommer", a déclaré un habitant Ali Muktar, ajoutant qu’il doutait que les trois commerçants puissent acheter les fusils dont le prix est évalué à environ 400 dollars localement.

Les shebab ont également interdit le football, la musique occidentale, les jeux vidéos et les DVD, allant jusqu’à amputer ou condamner à mort ceux qui ne respecteraient pas leur décision.

___________________ 3 – Jeune Afrique

Le Premier ministre claque la porte

Constance Desloire

La démission du chef du gouvernement somalien affaiblit un exécutif déjà malmené par l’offensive des islamistes.

« Étant dans l’incapacité de travailler avec le président, je démissionne de mes fonctions de Premier ministre du gouvernement fédéral de transition pour sauver la nation. » La décision d’Omar Abdirashid Ali Sharmarke, annoncée le 21 septembre, n’a pas surpris grand monde. Depuis qu’il avait pris la tête d’un gouvernement d’union, en janvier 2009, il ne collaborait que difficilement avec le président, Cheikh Sharif Cheikh Ahmed.

Fils d’un président de la République assassiné en 1969, Sharmarke, ex-fonctionnaire de l’ONU en Sierra Leone, ne s’entendait pas avec le chef de l’État, ancien dirigeant des Tribunaux islamiques (ils ont brièvement dirigé le pays en 2006). Tous deux s’opposaient aussi bien sur le mode d’adoption de la future Constitution que sur la responsabilité de la débandade des troupes somaliennes face aux insurgés, début septembre, dans Mogadiscio. Ils ne se voyaient plus depuis mai. Le président avait tenté à plusieurs reprises, et avec l’aide du Parlement, de pousser Sharmarke vers la sortie.

Cette démission affaiblit un exécutif somalien extrêmement fragile, porté à bout de bras par la communauté internationale et sous le feu d’une vaste offensive des milices islamistes Shebab depuis la mi-juillet. Un nouveau Premier ministre sera bientôt nommé. Il devrait, selon la coutume, être du clan Darod, tandis que le président est traditionnellement Hawiye. Un technocrate sera peut-être préféré pour éviter les querelles de pouvoir et faire avancer les dossiers. Le représentant spécial de l’ONU pour la Somalie, Augustine Mahiga, a justement rappelé qu’il restait « moins d’un an avant la fin de la période de transition, en août 2011 », et que « beaucoup de choses [devaient] encore être accomplies ».

___________________ 2 – La Tribune (Ch)

La situation en Somalie objet d’une réunion aux Nations unies

Par Lyes Menacer

La désastreuse situation politique, sécuritaire et humanitaire dans laquelle se trouve la Somalie depuis deux décennies a été au centre d’une énième réunion aux Nations unies à New York, ont rapporté hier les médias.

Cette rencontre a eu lieu au lendemain d’une nouvelle attaque (jeudi) des islamistes Shebab à Mogadiscio contre les forces gouvernementales et la force de paix de l’Union africaine (Amisom), au cours de laquelle au moins 19 civils ont été tués. Présent à New York, le président du gouvernement somalien de transition Cheikh Ahmed Sharif a sollicité l’aide internationale pour venir à bout des rebelles qui assiègent la capitale depuis plusieurs années.

Selon Augustine Mahiga, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Somalie, la mobilisation des ressources pour soutenir le gouvernement de transition et l’Amisom a été au centre des discussions, relevant que cette force de l’Union africaine «manque cruellement d’équipements de surveillance militaire permettant de prévenir les attaques des Shehab», a rapporté la presse.

Dans un point de presse commun, le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Jean Ping, a fait valoir que le problème n’était pas de trouver des recrues pour l’Amisom, qui compte plus de 7 000 soldats.

Selon lui, l’Ouganda serait même prêt à déployer jusqu’à 20 000 hommes. «Le problème est que nous devons payer ces soldats, les équiper, leur donner un armement approprié», a-t-il fait remarquer, a rapporté l’AFP. «Il faut une stratégie cohérente : aider l’Union africaine, appuyer les efforts des pays qui ont fourni les soldats et aussi multiplier les efforts au niveau financier», a recommandé le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.

Par ailleurs, le président somalien a nommé un nouveau Premier ministre par intérim à la suite de la démission mardi dernier d’Omar Abdirashid Sharmarke, selon des sources officielles. «Le président m’a nommé pour occuper l’intérim et les ministres travailleront comme d’habitude jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement soit formé», a déclaré dans un communiqué le Premier ministre par intérim, anciennement vice-Premier ministre, Abdiwahid Elmi Gonjeh.

La démission de M. Sharmarke, en conflit ouvert avec le président Sharif depuis plusieurs mois, est intervenue une dizaine de jours après une violente offensive des insurgés islamistes shebab dans la capitale, qui a vu la déroute des forces pro-gouvernementales, sauvées in extremis par la contre-attaque des soldats ougandais et burundais de la force de paix de l’UA

___________________ 1 – AfriqueActu avec Voice of America

Somalie : l’AMISOM a besoin d’un appui supplémentaire

A l’issue de deux jours de travaux en Espagne, les délégués de plus de 40 pays et organisations internationales prenant part aux travaux de la 18e réunion du Groupe international de contact sur la Somalie, à Madrid, ont déterminé que ce pays a besoin d’une aide financière accrue. Celle-ci doit permettre à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) de porter à 20 000 soldats les effectifs de la force de maintien de la paix au moment le gouvernement intérimaire se bat contre une puissante insurrection islamiste.

Dans une déclaration publiée mardi, le Groupe international de contact sur la Somalie a exhorté la communauté internationale à fournir les fonds et les équipements nécessaires à l’AMISOM. Les pays africains sont disposés à fournir d’autres contingents de soldats, a fait savoir l’Union africaine.

Le Groupe a exprimé sa « satisfaction collective » suite à la résolution de la querelle entre l’ancien Premier ministre et le président somalien Sheikh Sharif Sheikh Ahmed par la démission du Premier ministre. Présent en Espagne, ce dernier a dit qu’il nommé un intérimaire et dit qu’il désignera un nouveau Premier ministre dans « un futur proche. »

Le président somalien a, par ailleurs, promis de mener à terme les projets clé prévus dans la transition du pays vers la démocratie. Il s’agit notamment de finaliser la nouvelle Constitution.