27/08/2013 (Brève 171) ALERTE ROUGE – Revue de presse – France-Info (à lire et à écouter) et Le Monde. “On est en train de laisser un témoin risquer sa vie au Yémen” (E Borrel)

1 – France Info (Texte + audio)

Affaire Borrel : un témoin clé arrêté au Yémen

Mohamed Alhoumekani, un des témoins qui accusent et impliquent les autorités djiboutiennes dans l’assassinat du juge Borrel, a été interpellé au Yémen. Il est menacé d’extradition vers Djibouti. Pour la veuve de Bernard Borrel, mort en 1995 à Djibouti, cette arrestation a été commanditée.

“On est en train de laisser un témoin risquer sa vie au Yémen (Elisabeth Borrel)

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Mohamed Alhoumekani a été arrêté au Yémen samedi. Il est le témoin clé de l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995. Cet ancien officier a permis de relancer l’enquête qui avait d’abord conclu à un suicide. Mohamed Alhoumekani, qui possède la double nationalité belgo-yéménite, accuse les autorités djiboutiennes d’avoir organisé un assassinat.

L’association pour la défense des droits de l’homme à Djibouti a affirmé qu’Alhoumekani avait “été arrêté samedi à la demande des autorités djiboutiennes” et qu’un haut responsable djiboutien “serait arrivé dimanche par vol spécial à Sanaa pour réclamer son extradition vers Djibouti“. Le ministère Belge des Affaires étrangères a été informé de cette arrestation “par des membres de la famille” de Mohamed Alhoumekani qui vivent sur place.

Pour Elizabeth Borrel, la veuve du juge Borrel, la présence d’une délégation djiboutienne au Yémen prouve que l’arrestation est commanditée par Djibouti. Elle réclame l’intervention de la France pour protéger ce témoin crucial et empêcher son extradition vers Djibouti.

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2 – Le Monde

Affaire Borrel : une ONG dénonce une tentative d'”étouffer l’affaire” Le Monde.fr avec AFP

L’arrestation au Yémen d’un témoin-clé dans l’affaire de la mort du juge Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995, et sa possible extradition font craindre que ce dossier ne soit “étouffé”, selon l’association de défense des droits de l’homme Survie.

L’homme en question est identifié comme étant Mohamed Saleh Alhoumekani, un ex-officier de la garde républicaine djiboutienne qui a la double nationalité belgo-yéménite.

Il s’agit d’un des témoins clés de l’affaire, car il avait mis en cause l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, et son entourage dans la mort du magistrat. Il a été interpellé la semaine dernière au Yémen, selon son avocat, Luc Cambier, qui redoute son renvoi vers Djibouti.

“UN TÉMOIN ESSENTIEL” L’ONG s’inquiète de cette possible extradition : “L’extradition de ce témoin vers la dictature djiboutienne présente un risque majeur pour la vérité sur l’implication des autorités djiboutiennes et, au-delà, des autorités françaises, dans l’assassinat de ce coopérant. L’instruction étant toujours en cours en France, le gouvernement français doit intervenir auprès des autorités yéménites pour empêcher de voir ainsi disparaître un témoin essentiel.”

Une autre ONG pour la défense des droits de l’homme à Djibouti avait affirmé que Mohamed Saleh Alhoumekani avait “été arrêté samedi à la demande des autorités djiboutiennes” et qu’un haut responsable djiboutien “serait arrivé dimanche par vol spécial à Sanaa pour réclamer son extradition vers Djibouti”.

“CELA PROUVE QUE SON TÉMOIGNAGE LES GÊNE” Elisabeth Borrel, veuve du magistrat retrouvé mort en 1995 à Djibouti, devant le palais de justice de Lille, le 2 mai 2007. Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel a été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d’un ravin, à 80 kilomètres de Djibouti. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide.

Mais en se fondant sur de nouvelles expertises et témoignages, l’enquête française privilégie désormais la thèse d’un assassinat. Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, la veuve du juge, a alerté les magistrats français de l’arrestation de M. Alhoumekani : “Il nous semble révélateur et maladroit que les autorités djiboutiennes souhaitent obtenir son retour à Djibouti. Cela prouve que son témoignage les gêne.”

Lire notre portrait : Elisabeth Borrel, veuve courage En 2006, Mme Borrel a écrit un livre intitulé Un juge assassiné, dans lequel elle soupçonne le régime djiboutien d’avoir commandité l’assassinat de son mari et les autorités françaises d’avoir voulu étouffer l’affaire au nom de la raison d’Etat et de la protection de ses relations avec Djibouti.

“Si le dossier ne va pas jusqu’au bout, c’est que l’Etat français l’aura étouffé”, déclarait en février 2005 au Monde Olivier Morice, qui est également l’actuel avocat des familles de victimes de l’attentat de Karachi.