Articles

27/08/2013 (Brève 171) ALERTE ROUGE – Revue de presse – France-Info (à lire et à écouter) et Le Monde. “On est en train de laisser un témoin risquer sa vie au Yémen” (E Borrel)

1 – France Info (Texte + audio)

Affaire Borrel : un témoin clé arrêté au Yémen

Mohamed Alhoumekani, un des témoins qui accusent et impliquent les autorités djiboutiennes dans l’assassinat du juge Borrel, a été interpellé au Yémen. Il est menacé d’extradition vers Djibouti. Pour la veuve de Bernard Borrel, mort en 1995 à Djibouti, cette arrestation a été commanditée.

“On est en train de laisser un témoin risquer sa vie au Yémen (Elisabeth Borrel)

1°) A écouter en WMA



2°) A télécharger en MP3
Lien de téléchargement

Mohamed Alhoumekani a été arrêté au Yémen samedi. Il est le témoin clé de l’affaire du juge français Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995. Cet ancien officier a permis de relancer l’enquête qui avait d’abord conclu à un suicide. Mohamed Alhoumekani, qui possède la double nationalité belgo-yéménite, accuse les autorités djiboutiennes d’avoir organisé un assassinat.

L’association pour la défense des droits de l’homme à Djibouti a affirmé qu’Alhoumekani avait “été arrêté samedi à la demande des autorités djiboutiennes” et qu’un haut responsable djiboutien “serait arrivé dimanche par vol spécial à Sanaa pour réclamer son extradition vers Djibouti“. Le ministère Belge des Affaires étrangères a été informé de cette arrestation “par des membres de la famille” de Mohamed Alhoumekani qui vivent sur place.

Pour Elizabeth Borrel, la veuve du juge Borrel, la présence d’une délégation djiboutienne au Yémen prouve que l’arrestation est commanditée par Djibouti. Elle réclame l’intervention de la France pour protéger ce témoin crucial et empêcher son extradition vers Djibouti.

________________________________________
2 – Le Monde

Affaire Borrel : une ONG dénonce une tentative d'”étouffer l’affaire” Le Monde.fr avec AFP

L’arrestation au Yémen d’un témoin-clé dans l’affaire de la mort du juge Bernard Borrel, retrouvé mort à Djibouti en 1995, et sa possible extradition font craindre que ce dossier ne soit “étouffé”, selon l’association de défense des droits de l’homme Survie.

L’homme en question est identifié comme étant Mohamed Saleh Alhoumekani, un ex-officier de la garde républicaine djiboutienne qui a la double nationalité belgo-yéménite.

Il s’agit d’un des témoins clés de l’affaire, car il avait mis en cause l’actuel président djiboutien, Ismaël Omar Guelleh, et son entourage dans la mort du magistrat. Il a été interpellé la semaine dernière au Yémen, selon son avocat, Luc Cambier, qui redoute son renvoi vers Djibouti.

“UN TÉMOIN ESSENTIEL” L’ONG s’inquiète de cette possible extradition : “L’extradition de ce témoin vers la dictature djiboutienne présente un risque majeur pour la vérité sur l’implication des autorités djiboutiennes et, au-delà, des autorités françaises, dans l’assassinat de ce coopérant. L’instruction étant toujours en cours en France, le gouvernement français doit intervenir auprès des autorités yéménites pour empêcher de voir ainsi disparaître un témoin essentiel.”

Une autre ONG pour la défense des droits de l’homme à Djibouti avait affirmé que Mohamed Saleh Alhoumekani avait “été arrêté samedi à la demande des autorités djiboutiennes” et qu’un haut responsable djiboutien “serait arrivé dimanche par vol spécial à Sanaa pour réclamer son extradition vers Djibouti”.

“CELA PROUVE QUE SON TÉMOIGNAGE LES GÊNE” Elisabeth Borrel, veuve du magistrat retrouvé mort en 1995 à Djibouti, devant le palais de justice de Lille, le 2 mai 2007. Magistrat français détaché à Djibouti, Bernard Borrel a été retrouvé mort le 19 octobre 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d’un ravin, à 80 kilomètres de Djibouti. Les enquêteurs djiboutiens et français avaient privilégié dans un premier temps la thèse du suicide.

Mais en se fondant sur de nouvelles expertises et témoignages, l’enquête française privilégie désormais la thèse d’un assassinat. Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, la veuve du juge, a alerté les magistrats français de l’arrestation de M. Alhoumekani : “Il nous semble révélateur et maladroit que les autorités djiboutiennes souhaitent obtenir son retour à Djibouti. Cela prouve que son témoignage les gêne.”

Lire notre portrait : Elisabeth Borrel, veuve courage En 2006, Mme Borrel a écrit un livre intitulé Un juge assassiné, dans lequel elle soupçonne le régime djiboutien d’avoir commandité l’assassinat de son mari et les autorités françaises d’avoir voulu étouffer l’affaire au nom de la raison d’Etat et de la protection de ses relations avec Djibouti.

“Si le dossier ne va pas jusqu’au bout, c’est que l’Etat français l’aura étouffé”, déclarait en février 2005 au Monde Olivier Morice, qui est également l’actuel avocat des familles de victimes de l’attentat de Karachi.

14/11/02 (B171) Question à IFTIN. Pourquoi ne vous êtes-vous pas exprimé publiquement depuis que vous êtes arrivé à Bruxelles ? (Lecteur)

Nous sommes étonnés par le profond silence de M. Iftin depuis
son arrivée à Bruxelles. Lui qui a frolé la mort quand
il était pourchassé à Addis Abeba par les hommes de la
SDS.

Qu’elles étaient les raisons de commettre cette tentative de meurtre
? Il a bien failli y laisser sa peau. Tous les Djiboutiens sont impatients
de l’entendre.

Ce qui nous étonnent encore plus, c’est que son sergent “ARIKO”
fait publier des Scoops sur votre site, alors que ses deux anciens Chefs (Iftin
et Alhoumekani) conservent le profil bas et silencieux.

Iftin attends-tu de mourir pour parler ?

Tu dois te libérer du poids de ces secrets. Nous attendons tes confidences
avant que les gars de la SDS qui grouillent à Bruxelles ne te condamnent
au silence éternel, en t’envoyant au paradis. Tant que tu ne dévoileras
pas la verite ou que tu la garderas pour toi, tu resteras une cible prioritaire
pour le régime, qui aura tout intérêt à te tuer.
Alors, au fond, mieux vaut parler pour protéger ta vie. Ensuite tu
vivras en paix !

Aies le culot de parler et d’aider les Djiboutiens à se debarraser
de ce regime !

Au revoir et à bientôt.

Les Djiboutiens de Demain
Hollande

13/11/02 (B171) Avant de publier le volet N°2 de la ‘Saga d’IOG’, le sergent Ariko a pensé qu’il était plus urgent de parler de l’affaire BORREL.

_________________________
Note de l’ARDHD

Le volet N°1
de la ‘Saga d’IOG’ avait intéressé de nombreux lecteurs, qui
attendent avec impatience le volet N°2. Le Sergent Ariko a promis de nous
l’adresser rapidement. Ce matin, il a choisi de nous proposer ‘L’affaire Borrel’.
Comme nous l’avons écrit cette affaire devrait connaître des
retentissements importants en décembre, en particulier avec la diffusion
de l’émission 90 minutes, très attendue de Canal +.

Réserve :
comme toujours nous publions les textes du Sergent Ariko sous sa seule responsabilité,
n’ayant pas les moyens de vérifier les points et laissant aux lecteurs
le soin de se forger leur opinion.

_____________________________________

L’affaire
du Juge Borrel.

Cette affaire se passe
à Djibouti. A l’époque, elle a surpris beaucoup de personnes
qui découvraient que l’on pouvait commettre des assassinats et que
l’on pouvait tenter de les maquiller en suicide au nom de la coopération
entre les deux pays.

Donc, le jeudi 19 octobre,
le corps du Juge est trouvé vers 7 heures du matin dans la région
du Goubet. Il est transporté à Djibouti, précisémentà
la morgue de l’hôpital militaire Bouffard. Après l’autopsie,
il a été annoncé que le Juge s’était suicidé
en s’immolant par le feu …

Comment a-t-on pu dire
qu’il s’était immolé par le feu à partir du moment où
certains documents classés ‘top secret’ avaient disparu de l’hôpital
militaire
Bouffard ?

Je savais que cette affaire
allait être confiée à la SDS en collaboration avec les
Services de Renseignements français basés à Djibouti
sous les ordres du Commandant Marc Fontrier.

Aussitôt M. Jean-Claude
Sapkas qui était le conseiller juridique de Gouled a demandé
à Madame Borrel de conserver le plus strict silence sur cette affaire

je sais que Madame Borrel
s’est constituée partie civile devant le Juge de Toulouse Mme Myriam
Viargues et qu’elle a porté plainte pour assassinat.

Pour IOG, c’est une affaire
qui a été reprise par le Parti socialiste, qui le mettrait en
accusation. IOG demande à la population de Djibouti de manifester devant
l’Ambassade de France. Il impose aux Parlementaires de
signer une pétition et il les menace de dissoudre l’Assemblée
nationale s’ils ne s’exécutent pas sur le champ.

La pétition est
remise personnellement à l’Ambassadeur M. Patrick Roussel par le Président
de l’Assemblée M. Saïd Ibrahim Badoul.

Le 19 janvier 1998 le
Juge Morachini saisi la brigade criminelle de Paris pour qu’elle enquête.

Bizarre cette affaire
!

Les Juge Leloire et Morachini
se déplaceront à Djibouti à deux reprises : le 30 octobre
1998 et le 25 février 2000 (Lors de son séjour, Leloire a discuté
tranquillement à Djibouti avec le Chef de l’État et il l’a informé
des progrès de l’enquête des risques qu’ils couraient si l’enquête
concluait à un meurtre, en particulier au niveau de la dégradation
des relations IOG – Chirac)


lors du déplacement du 25 février, un autre procureur M Dauvez,
ainsi que Madame Dominique Lecomte de l’Institut médico-légal
de Paris accompagnaient les deux Juges.

Ils concluront tous au
suicide ! Mais ils n’ont jamais trouvé le rapport de l’hôpital
! Il avait été soigneusement retiré des dossiers avant
leur arrivée à Djibouti….

C’est le 27 septembre
2000 que les Policiers de la Brigade criminelle de Paris ont remis aux deux
Juges leur rapport (le rapport sera en faveur d’IOG).
Dans ce rapport, ils indiquent qu’aucun des témoins rencontrés
et interrogés n’a été en mesure de fournir le moindre
élément tangible et véritable qui prouverait que c’est
un suicide.

Comment ont-ils pu écrire
qu’ils avaient interrogé des personnes pour prendre en considération
leur témoignage ? On sait bien que personne n’a la liberté de
dire la vérité à Djibouti, y compris les membres de l’Ambassade
de France et les coopérants.

Par exemple, tout le monde
se souvient de la mésaventure qui est arrivé à l’avocat
qui venait défendre des opposants à Djibouti. Il n’a même
pas pu descendre l’avion … car les autorités de Djibouti refusaient
qu’il mette, ne serait-ce qu’un pied, sur le sol de la République.

Il faut savoir aussi que
le juge Borrel était affecté au Ministère de la Justice
à Djibouti dans le cadre de la coopération française.
D’après le pouvoir en place à Djibouti, il travaillait avec
ses collègues nationaux sur l’actualisation du Code national djiboutien,
hérité de la France.

Guelleh est malin, il
a raconté (selon des sources à Djibouti) que le couple
Borrel traversait des moments difficiles. Selon lui, Monsieur Borrel aurait
été traumatisé par la mort d’un de ses amis magistrat,
lui aussi. Il en a même rajouté en faisant dire que Monsieur
Borrel était en proie à une crise de
dépression depuis qu’il avait appris qu’il aurait été
atteint d’un zona (maladie infectieuse due à un virus du groupe Herpès).

Le pouvoir s’est étendu
longuement sur une lettre dans laquelle le juge aurait consigné ses
dettes (selon l’enquête franco-djiboutienne). Mais il y avait bien autre
chose et ce dossier comportait en réalité le fameux document
que les deux pays voulaient empêcher à tout prix d’atterrir dans
des mains indésirables.

Dans cette opération
de calomnie montée à l’instigation de Guelleh, la Gendarmerie
djiboutienne a évoqué dans un rapport, la liaison que
Monsieur Borrel aurait eu, autrefois, avec madame Jeanine Piquonne, une femme
d’origine malgache avec laquelle il aurait eu une fille nommée Tania.

J’ai poursuivi mon enquête
sur cela. Lors de leur visite à Djibouti, les deux juges n’ont jamais
considéré qu’il pourrait être utile d’interroger l’ancien
Ministre de la Justice M. Moumin Bahdon Farah qui était le patron effectif
de M. Borrel.

Lorsque M. Borrel aurait
dit à Madame Borrel qu’il n’était plus digne d’elle, il voulait
lui dire la vérité, en fait, sur ce qu’il le tracassait. Il
voulait parler de ses découvertes concernant les responsables de la
mort du fils de l’Adjudant Nervet dans l’attentat terroriste du Café
de Paris, qui avait été commandité par Guelleh et monté
par la SDS.

M. Borrel n’était
pas un homme qui acceptait les compromis et il avait diligenté des
enquêtes sérieuses à Djibouti dans plusieurs affaire qui
convergeaient toutes vers l’actuel ‘homme fort’ de Djibouti. La liste, que
le
Juge possédait, donnait les noms de tous les proches collaborateurs
du chef du pouvoir en place qui auraient pu être impliqués dans
ces affaires.

Sinon, pour quelles raisons
M. Sapkas aurait-il demandé à Madame Borrel de ne jamais parler
de ce document ni de cette fameuse liste qui dérange les deux pays.

Je m’adresse au Juge Leloire
et je lui demande s’il a enquêté sur l’affaire (dont parle le
document secret que détenait Bernard Borrel) de la BDMO. Nous savons
que cette banque permettait le blanchiment de l’argent sale reçu de
Paris via différentes compagnies.

L’argent reçu et
blanchi pourrait avoisiner 2.710.394.000 FDJ !

La lettre de l’Océan
indien du 14-05-1994 disait clairement la vérité sur cette affaire.
Un Ministre en l’occurrence M Ali Mahamadé Houmed s’est immiscé
dans cette affaire qui concernait aussi le Directeur de l’EDD, M Djama Ali
Guelleh.

Une commission a été
nommée par le Gouvernement. Elle était présidéepar
M Luc Aden, ancien Président du Conseil constitutionnel. L’enquête
montrera que les proches du pouvoir ont encaissé 67 millions de FDJ.
D’où vient cet argent ?

Et pourtant les autorités
disaient qu’il n’y avait plus d’argent dans les caisses, afin de justifier
la fameuse taxe patriotique de 10 % prélevée sur les salaires
des fonctionnaires.

Toujours à l’attention
du Juge Leloire : pourquoi n’avez-vous jamais interroger M. René Gastaldi
(très proche de Barkat Gourad) qui a été arrêté
à l’Île de la Réunion par la Gendarmerie française
et qui a été immédiatement
transféré à Paris ?

Dans les numéros
612 et 614, la Lettre de l’Océan indien évoque cette affaire.

La liste, que détenait
M. Borrel, concernait aussi la contrebande entre Djibouti et l’Île de
la Réunion. Aujourd’hui Maîtres Martinet, Montagné et
Mourad Farah sont protégés par Guelleh. L’argent blanchi (via
la BDMO en particulier) a servi pour acheter des armes qui ont été
utilisées contre le Frud. Il a aussi servi à acheter une partie
des dirigeants du Frud.

Un navire battant pavillon
Grec a débarqué les armes qui provenaient de Bulgarie. Elles
étaient destinées à Monsieur Saad Cheik Moussa. Mais
le container recelait bien d’autres choses …

En particulier, des déchets
nucléaires !

En tuant le Juge, on effaçait
tout !

Mais la vérité
finit toujours par triompher. Quoique l’on fasse. Quelles que soient les précautions
que l’on prend, il y a toujours un grain de sable. En l’occurrence le Lieutenant
Alhoumekani, ancien membre de la Gendarmerie qui est sorti du bois et qui
n’a pas hésité à dire la vérité sur ce
qu’il sait.

Il a été
rejoint par mon supérieur, le Commandant iftin, qui était le
patron de la Garde républicaine basée a Calelon.

Notre brave Lieutenant
n’a pas hésité à parler dans l’émission de Poivre
d’Arvor et il a déclenché un tollé général
dans l’entourage de Guelleh. Ce dernier s’est mis à accuser la France
de conspiration politique.

Guelleh a promis au Juge
Leloire que si d’autres preuves ou d’autres témoignages sortaient,
il dénoncerait toutes les personnes qui sont complices avec lui dans
le complot. (N’est-ce pas, M. Charles Pasqua,
ancien Ministre de l’Intérieur du temps d’Alain Juppé, que vous
en saviez des choses ? ).

Guelleh était fou
furieux. Il a dit à Leloire que l’autre Juge avait des
liens avec le Juge Éric Halphen qui travaillait sur l’affaire des HLM
de Paris, qu’il était proche de Me Montebourg, du substitut du Procureur
de Toulon
Monsieur Lévy et Madame la Ministre Élisabeth Guigou.

Si cette affaire était
aussi limpide, pour quelles raisons :

  • aurait-il été
    nécessaire de faire assassiner le Major Daheiyié par la SDS
    ?
  • les deux juges Leloire
    et Moracchini auraient-ils fait pression sur Alhoumekani lorsqu’il a témoigné
    à Bruxelles, afin de tenter d’obtenir, sinon qu’il revienne sur son
    témoignage, mais au moins qu’il lui retire toute substance,

Toujours furieux, Guelleh
a exigé que l’Ambassade de Djibouti à Bruxelles établisse
un rapport régulier afin de l’informer de tous les faits et gestes
d’Alhoumekani et d’Iftin.

Je sais que la discussion
commencée entre les envoyés de Guelleh et iftin est dans l’impasse.
Iftin sait très bien, en dépit de toutes les promesses que pourraient
lui faire IOG, ce qui l’attend s’il rentrait à Djibouti. L’exemple
du Major Daheiyié est bien dans son esprit et il prouve que Guelleh
ne plaisante pas avec ces affaires-là.

Iftin était venu
deux fois en Belgique. A chaque fois, Guelleh le faisait surveiller par la
SDS dans la maison de la Cité Aquitaine (actuel emplacement de la Villa
Christophe).

La suite sera pour vendredi.

Sergent
Hassan Moussa dit Ariko
Canada.

13/11/02 (B171) Trois dictateurs africains renoncent à leur pourvoi en cassation. Reconnaissent-ils de façon implicite que les dossiers publiés par F.X. Verschave dans ‘Noir Silence’ sont conformes à la réalité ? Communiqué de Survie.

Communiqué de Survie

Procès
pour offenses à chefs d’État contre Noir silence

MM. Sassou Nguesso, Déby et Bongo se désistent
de leur pourvoi en cassation. Ils s’inclinent devant le jugement de la Cour
d’appel, qui a validé
le ” sérieux ” d’un ouvrage dénonçant leur
criminalité multiforme.

Denis Sassou Nguesso, Idriss
Déby et Omar Bongo avaient intenté en 2000 un procès
pour offenses à chefs d’État contre l’auteur et l’éditeur
du livre Noir Silence (François-Xavier Verschave, président
de l’association Survie, et Laurent Beccaria, gérant des éditions
des Arènes). En 2001, ils avaient perdu en première instance.
Sur la forme : le Tribunal avait estimé que le délit invoqué
était contraire à la Convention européenne des Droits
de l’Homme. Les plaignants et le parquet avaient fait appel.

La 11e Chambre de la Cour
d’Appel de Paris s’est prononcée le 3 juillet 2002. Sur le délit
d’offense, elle n’a pas admis l’argument du Tribunal – validé pourtant
par un arrêt récent de la Cour européenne des Droits de
l’Homme. Mais elle a relaxé les accusés sur le fond (”
la bonne foi “) – un jugement sans précédent à ce
niveau. Une déroute pour les plaignants, qui se sont pourvus en cassation.

Mesurant finalement l’effet-boomerang
de ces procès à répétition, désastreux
pour une “image” si chèrement acquise, ils se sont discrètement
désistés de ce pourvoi auprès de Bruno Cotte, président
de la chambre criminelle de la Cour de Cassation. Le jugement de la Cour d’Appel
est donc définitif. Et aussi la victoire sur le déni, le mensonge,
la désinformation, que subissent quotidiennement les peuples congolais,
tchadien et gabonais, les démocrates de ces pays, les victimes de ces
régimes. Les témoignages de ces démocrates et des parents
des victimes ont d’ailleurs été décisifs.

Il est désormais
possible de qualifier Denis Sassou Nguesso de ” dictateur “, auteur
de ” crimes contre l’humanité “, et d’évoquer sa ”
complicité ” dans l’attentat contre le DC10 d’UTA.
L’on peut dire qu’Idriss Déby ” entretient soigneusement sa réputation
de tueur, par des carnages réguliers “, signaler son ” irrésistible
attirance ” vers ” le pillage de l’État, la mise à
sac des populations averses et leur “terrorisation” “, écrire
qu’il est ” goulu de transactions illégales “.
L’on peut qualifier Omar Bongo de ” parrain régional “, son
régime de ” démocrature prédatrice “, perpétuée
par la fraude électorale. Sans parler de toutes les accusations précises
que ces trois potentats ont préféré ne pas relever dans
leu assignation initiale.

Rappelons les attendus
du jugement déclarant les accusés ” non coupables du délit
d’offense à chefs d’Etat étrangers ” : ” les documents
versés et les témoignages recueillis au cours de la procédure
[…] établissent non seulement l’importance et l’actualité
des sujets évoqués mais aussi le sérieux des investigations
effectuées. […] Si l’ouvrage se veut résolument militant,
il ne trahit cependant pas son objectif de critique des systèmes politiques
des Etats africains évoqués et du fonctionnement des relations
internationales, spécialement avec la France. A ce titre, […] il
n’apparaît pas que la démarche de François-Xavier Verschave
soit critiquable “.

De nombreux témoins
ont, selon l’expression de la Cour, ” apporté leur crédit
à l’ouvrage querellé “. Quatre avocats, William Bourdon,
Antoine Comte, Francis N’Thepe et Vincent Toledano, ont apporté leur
conviction et leur talent. Trois mille personnes avaient défilé
en février 2000 en faveur des accusés, qui ont reçu le
soutien écrit de quinze mille citoyens français et étrangers,
et de nombreuses associations. La renonciation des plaignants est aussi leur
victoire.

Désormais définitif,
le jugement de la Cour d’Appel concourt à démontrer l’illégitimité
de trois régimes claniques, à exposer le large éventail
des méthodes d’oppression et de pillage qu’ils déploient – un
condensé de cette ” Françafrique ” dont on prétend,
à Paris, qu’elle est passée de mode.

Apprenant cette victoire
judiciaire, nous pensons tout particulièrement aux habitants de la
région du Pool, près de Brazzaville, victimes depuis quatre
ans d’un ” nettoyage ethnique ” à répétition,
dans un silence médiatique assourdissant : puisse-t-elle contribuer
à discréditer ce projet mortifère !

12/11/02 (B171) Légalisation du PDD de Mohamed Chehem Daoud.

L’ADI confirme la légalisation d’un nouveau parti politique dénommé
‘Parti Djiboutien pour le Développement (PDD)’

Le récépissé a été accordé à
M. Mohamed Daoud Chehem, ancien Ministre des Fiances qui avait déclaré
à l’AFP dans un dépêche parue le 5 novembre : “Le
PDD se battra pacifiquement en tant que membre de l’opposition djiboutienne
unifiée pour des élections transparentes et démocratiques
et pour l’alternance politique”.

______________________ Note de l’ARDHD.

La ressemblance des noms des nouveaux partis, ne risque-t-elle pas de susciter une certaine confusion ?

Nous n’avons rien à dire concernant la légalisation des Partis
politiques, dont on ne peut que se réjouir, dans la mesure où
elle correspond à une réelle volonté d’affirmer des progammes
politiques clairs et précis. Nous resterons vigilants pour dénoncer
les manoeuvres du pouvoir qui auraient pour but ultime de tromper le peuple
et de soutenir indirectement le RPP.

Ce sont les sigles qui nous inquiètent aujourd’hui. Ils sont tellement
proches (à une ou deux lettres près) que l’on peut craindre
que cela ne suscite une certaine confusion au niveau des électeurs
:

– PND, PRD, PDD, PPSD.

11/11/02 (B171) Suite de notre reportage sur la ville. Les problèmes de l’eau à Djibouti – Contrastes.


Les Ets Coubeche – Photo RAWT

On ne parle que rarement
d’Ali Coubeche et pourtant il est omniprésent dans l’économie
et dans la politique locale. Par exemple, il manque rarement un déplacement
officiel de Guelleh.

Peut-on considérer
que Monsieur Ali Coubeche fait partie de la mafia locale ? Il est à
la tête d’un empire qui produit et qui distribue des marques prestigieuses
et très vendues à Djibouti : Coca-Cola, Fanta, Miko, Crystal
(eau minérale), …etc.

On dit qu’il exploite
ses employés en leur donnant des salaires de misère (35.000
FD, soit 200 euro mensuels) et qu’il exige un travail acharné. Ce serait
plutôt le type d’entreprise qui fonctionne au fouet plutôt qu’à
la motivation.

Mais il faut reconnaître
que l’entreprise est prospère en dépit des ponctions qui sont
réalisées par l’État dès que Guelleh a besoin
d’argent. A la veille du 25ème anniversaire de l’Indépendance,
Ali Coubeche avait fait ‘une sortie’ pour dire que les entreprises ne pourraient
plus assumer tous les paiements extra-fiscaux qui leur étaient imposés

Ali Coubeche est depuis
des années, le Président immuable de la Chambre de Commerce
et d’Industrie de Djibouti où il règne en véritable propriétaire.
De ce fait, il abuse assez souvent de son pouvoir, en sélectionnant
les adhérents de la Chambre sur la base de critères qui sont
assez éloignés de l’objectivité ….

La Chambre de Commerce
et d’Industrie de Djibouti, à l’image de l’Assemblée nationale
est monocolore – le Parti, rien que le Parti.

Les projet des petits
commerçants, s’ils risquent d’être compétitifs et concurrents
des activités des ‘gros’ adhérents, sont impitoyablement torpillés.

Combien de gens ont-ils
fait faillite à cause de lui ? Il ne reste plus qu’à espérer
que ce système véritablement maffieux soit mis au grand jour,
car il a contribué à ruiner l’économie du pays en empêchant
la constitution d’un tissu de petites entreprises ou de petits commerces,
employeurs de main d’oeuvre.

Récemment, il paraît
que le propriétaire du restaurant ‘ 22 ‘ ( d’origine Issa) avait financé
la construction d’une usine ultramoderne d’eau minérale.

Aussitôt, Monsieur
Coubèche à développé un projet concurrent : Crystal
( eau minérale ). A l’arrivée, seul le projet d’Ali Coubeche
a été agréé …. Au propriétaire du restaurant
’22’, il ne lui reste plus que ses yeux pour pleurer. Combien d’argent a-t-il
perdu ?

Said Ali Coubèche
ne se soucie pas de la santé des Djiboutiens. La matière première
est gratuite, puisqu’il puise l’eau dans la mer …. Or des déchets
extrêmement toxiques ont été récemment déversés
pas très loin de son établissement. Il s’agit des récipients
contenant des produits dangereux commandés par l’entreprise Éthiopienne
d’électricité pour assurer la protection des poteaux. Mal choisis,
les récipients s’étaient dégradés sous l’action
chimique du produit …. créant une catastrophe écologique de
première gravité pour la mer et pour la faune. Le pouvoir en
a minimisé les effets … pour éviter d’engager les dépenses
qui auraient été nécessaires … et pour ne pas gêner
les activités d’Ali Coubeche.

Aucune précaution
… aucune explication. Coubeche conserve son monopole et il continue à
vendre son eau. Fait-il réaliser des analyses ? On peut en douter.

Combien de Djiboutiens
sont-ils devenus malades, combien de nourrissons ont-ils été
empoisonnés ? Personne ne le dira, personne ne le saura, car Coubeche
tient l’information secrète. Lui, il doit boire une autre marque d’eau
qui est plus chère. A la différence des pauvres Djiboutiens,
il peut se l’offrir…

Vraiment les Djiboutiens
n’ont pas de chance : l’eau de la ville n’est plus potable, à cause
des malversations et de la mauvaise gestion du patron de l’ONED. Maintenant
la solution alternative n’est pas plus sécurisante …..

Dans les années
cinquante, Monsieur Coubèche s’était distingué en militant
pour que la nationalité française ne soit donnée uniquement
aux arabophones et aux francophones. Une idée perverse pour exclure
les "indigènes".

La réaction avait
été très rapide et son frère fut tué par
ce qu’il considérait comme un ‘indigène’ .

On murmure que l’homme
nourrit une certaine rancune à l’égard des Issa. Il est vrai
que le nombre des Issa adhérents à la Chambre de Commerce et
d’Industrie est relativement limité, ce qui créé des
tensions.

Le père d’Ali Coubeche,
qui nous dit-on, avait milité en faveur de la parité fixe du
Franc Djibouti avec le Dollar US, vient de se voir attribuer le nom d’une
rue. C’est dire si les relations avec le dictateur sont cordiales.

______________________________________


Cité d’Enguela

A voir cette
photo, personne ne pourrait dire que Djibouti manque d’eau ! Si Djibouti manque
d’eau, c’est parce que les fonds d’investissement et d’entretien des réseaux
ont été détournés par le Directeur de l’ONED.
Il en est de même pour les réseaux d’assainissement : mais là,
c’est le Maire qui a détourné l’argent.

Bref, l’eau
qui stagne n’est pas de l’eau de pluie, mais ce sont les eaux usées
qui ne parviennent plus à s’écouler et qui remontent à
la surface, générant des odeurs pestilentielles et des risques
graves de maladie … pour les malheureux qui habitent le quartier. Ce problème
est étendu à la majorité de la Ville, comme vous avez
pu le constater tout au long de ce reportage.

10/11/02 (B171) Plusieurs lecteurs nous demandent de regrouper les articles les plus lus sous des rubriques faciles à consulter. Nous essayons de les satisfaire sans engager une modification de notre structure informatique qui prendrait plusieurs semaines … Un premier essai avec les Chroniques “Fort et juste” du Sergent Ariko.

Des lecteurs nous ont demandé si nous pourrions conserver les articles
les plus percutants, afin qu’ils soient visibles par chaque nouveau lecteur.

Nous comprenons leur souhait, mais cela pose plusieurs problèmes :

– d’effectuer une sélection judicieuse des articles les plus percutants
….

– d’arbitrer sans cesse, afin de ne pas dépasser un volume maximum d’octets pour chaque
page, pour limiter autant que possible, les temps de chargement,

Nous vous rappelons que la nouvelle organisation de nos bases permet de consulter
tous les articles parus. Deux systèmes cohabitent actuellement : celui
de la recherche multicritères qui concernent deux périodes et
celui de la recherche plus classique par index pour les autres. Le second
devant s’effacer à terme au profit du premier plus facile à
utiliser.

Pour tenter de répondre à ces lecteurs, nous faisons un essai.
Tous les articles écrits sous la signature du Sergent Ariko “Fort
et juste” et qui ont suscité un fort intérêt, sont
référencés désormais dans une rubrique spéciale.

Pour les retrouver, il suffit d’utiliser notre moteur de recherche multicritères
et de sélectionner simplement dans la case ‘RUBRIQUE’ le mot ‘Ariko’.
C’est un premier test que nous développerons ensuite pour d’autres thèmes, s’il répond aux
attentes.

10/11/02 (B171) Roger Picon nous a proposé une chronologie des traités qui ont abouti à la création de la République de Djibouti

Cette analyse fort bien
documentée est présentée sur le site du GED. Elle couvre la période de 1835 à 1945 et elle présente aussi un rappel de la contribution des bataillons Somali aux côtés des forces françaises au cours des deux dernière guerres mondiales. Toutes nos félicitations à l’auteur pour ce travail remarquable.

Malheureusement et faute de place, nous n’avons pas pu l’inclure dans le journal en cours, mais nous lui avons réservé une place spéciale sur le site afin qu’elle puisse être consultée facilement.

Ci-joint le lien : https://www.ardhd.org/affinfo.asp?articleID=1382