22/10/10 (B574) Erythrée / RSF / Le frère de Dawit Isaac et Reporters sans frontières pressent la Suède et l’Union européenne d’agir pour faire libérer le journaliste emprisonné.

Le 18 octobre 2010, à Stockholm, et le 19 octobre, à Strasbourg, Esayas Isaac et la section suédoise de Reporters sans frontières interpellent le gouvernement suédois et les autorités européennes sur l’obligation juridique issue du droit international qui les contraint à tout faire pour garantir la protection du journaliste Dawit Isaac, emprisonné depuis neuf ans en Erythrée. Citoyen doté de la double nationalité suédoise et érythréenne, en cela ressortissant européen, l’ancien journaliste du quotidien disparu Setit est un prisonnier d’opinion.

Candidat finaliste pour l’obtention du prix Sakharov en 2009, le journaliste pourrait à nouveau faire partie de la liste des nominés 2010, qui doit être rendue publique ce 18 octobre.

"L’avis juridique démontre que la Suède et l’Union européenne sont obligées d’utiliser tous les moyens possibles pour aider leur ressortissant, Dawit Isaac. C’est un moment crucial", a déclaré Esayas Isaac, le frère du journaliste.

"Depuis des années, nous dénonçons la cruauté des autorités érythréennes vis-à-vis des journalistes emprisonnés et nous appelons l’Union européenne à réagir. Depuis des années, nous demandons à Bruxelles de s’opposer à la politique répressive d’Asmara en étant plus ferme sur le plan diplomatique et en conditionnant son aide en matière de coopération. La mobilisation en faveur de Dawit Isaac prend désormais une nouvelle dimension puisqu’elle a lieu également sur le terrain juridique", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

"La Suède doit se demander quels sont les moyens les plus appropriés pour protéger Dawit Isaac et le faire enfin libérer. Effectuer une visite d’État en Erythrée ? Ouvrir une ambassade permanente à Asmara dont le mandat principal serait de défendre la cause du journaliste ? Appliquer enfin les sanctions imposées sur ce pays par les Nations unies et cesser d’accueillir de hauts responsables érythréens comme Yemane Ghebreab l’été dernier ?", a ajouté Jean-François Julliard.

A la demande d’Esayas Isaac, de la section suédoise de Reporters sans frontières, mais aussi de l’Union des écrivains suédois, de l’Association suédoise des éditeurs de magazines, du PEN suédois, du Club national de la presse suédois, et du Comité Free Dawit, deux avocats suédois, Me Percy Bratt et Me Olle Asplund, ont établi une note juridique démontrant que la Suède et l’Union européenne ont "l’obligation positive" d’agir en faveur de Dawit Isaac. En se basant notamment sur le principe de droit international coutumier de la protection diplomatique (jus protectionis) et sur les articles 2, 3, 6 et 10 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales (droit à la vie, interdiction de la torture, droit au procès équitable et droit à la liberté d’expression), ils prouvent que la Suède et l’UE sont contraintes d’agir par tous les moyens pacifiques possibles pour le défendre.

Le 18 octobre, à 10 heures, les résultats de ce travail sont présentés au cours d’une conférence de presse au cabinet Bratt&Feinsilber, à Stockholm. Immédiatement après, Esayas Isaac et Reporters sans frontières se rendront au ministère suédois des Affaires étrangères pour déposer leur avis juridique, accompagné d’une lettre adressée au ministre Carl Bildt.

Le lendemain, à Strasbourg, Esayas Isaac et la section suédoise de Reporters sans frontières, accompagnés par un groupe de parlementaires européens mené notamment par les députés suédois Olle Schmidt et Eva-Britt Svensson, présenteront cette note juridique au commissaire européen Andris Piebalgs, ainsi qu’au président du Parlement européen, Jerzy Buzek. Ils donneront ensuite une conférence de presse au Press Bar du Parlement européen, à 17 heures 30, pour présenter leur démarche et rendre compte du retour que leur auront fait les autorités européennes.

Emprisonné en Erythrée depuis le 23 septembre 2001, Dawit Isaac est détenu au secret, sans avoir jamais eu droit à un procès, et alors que son état de santé est très inquiétant. Les autorités d’Asmara, qui refusent de reconnaître la nationalité suédoise du journaliste, ne laissent filtrer aucune information sur sa situation.

En dépit de récentes révélations de plusieurs sources érythréennes faisant état du transfert de Dawit Isaac au bagne d’Eiraeiro, il est à ce jour impossible de savoir avec certitude où le journaliste est détenu.

Plus d’informations sur Dawit Isaac et la trentaine de journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/erythree-neuf-ans-apres-les-rafles-de-17-09-2010,38395.html

Signez la pétition pour la libération des journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/petition-pour-la-liberation-des-journalistes-emprisonnes,37550.html


Ambroise PIERRE
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23/09/10 (B570) Les traits de l’Erythrée – Le monde doit s’occuper de l’Érythrée, dit l’ICG – un pays au bord de la crise – Déclaration de la Haute Représentante, Catherine Ashton, au nom de l’Union européenne sur les prisonniers politiques en Érythrée (3 articles)

________________ 3 – Métro (Canada) avec AP

Le monde doit s’occuper de l’Érythrée, dit l’ICG

La communauté internationale doit accorder plus d’attention au gouvernement autoritaire de l’Érythrée pour empêcher ce petit pays de la mer Rouge de devenir un nouvel état en déroute dans la corne africaine, prévient un nouveau rapport de l’organisme International Crisis Group.

L’impact de sa guerre contre l’Éthiopie voisine entre 1998 et 2000, une économie en voie de s’effondrer et une augmentation de la pauvreté minent la légitimité du régime autoritaire qui dirige le pays, indique le document rendu public tard mardi.

Plutôt que d’acculer l’Érythrée dos au mur, dit le rapport, la communauté internationale devrait faire preuve de plus de compréhension envers son histoire et ses attentes.

À la fin de 2009, le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé un embargo militaire et d’autres mesures sévères à l’Érythrée, pour avoir fourni des armes aux insurgés somaliens et pour avoir refusé de régler son différend frontalier avec Djibouti — un allié important des États-Unis dans la région.

Il y a dix ans, poursuit le rapport, l’Érythrée faisait face à des défis mais demeurait stable. Aujourd’hui, le pays connaît des problèmes graves mais n’est pas pour autant en crise, dit l’ICG. L’organisme ajoute que l’Érythrée n’est pas le seul fauteur de trouble dans la région.

L’isolation internationale a poussé le président Isaias Afwerki et ses anciens compagnons d’armes à resserrer leur emprise sur le pays et à limiter les libertés civiles pour créer une unité nationale docile, conclut le rapport.

_____________________ 2 – AFP

L’Erythrée, un pays au bord de la crise

L’Erythrée est un pays « sous grave tension » qui s’affaiblit progressivement, son principal pilier, l’armée, étant gangrenée par la corruption, observe l’institut de recherche International Crisis Group (ICG) qui préconise un engagement plus fort de la communauté internationale.

« Il y a juste dix ans, l’Erythrée pouvait être raisonnablement qualifié de pays sous pression mais stable. Aujourd’hui, c’est un pays sous grave tension même s’il n’est pas encore en crise ouverte. Bien qu’il soit improbable qu’il connaisse un soulèvement dramatique dans le futur proche, il s’affaiblit de manière constante », estime ICG, dans une analyse publiée mardi sur l’évolution du pays depuis la guerre contre l’Ethiopie en 1998-2000.

L’armée, longtemps la principale force d’équilibre du pays, « devient moins stable, gangrenée par la corruption et de plus en plus faible », souligne le rapport.

Aussi, poursuit l’institut de recherche basé à Bruxelles, la communauté internationale doit s’engager davantage dans ce pays de la Corne de l’Afrique pour éviter qu’il ne devienne un nouvel Etat en perdition dans la région.

« Bien qu’il n’y ait pas de contestation ouverte pour le moment, le gouvernement ne peut considérer que cela va durer dans le long terme. Le changement n’est vraiment qu’une question de temps », affirme Andrew Stroehlein, directeur des publications d’ICG.

« La communauté internationale devrait s’engager en Erythrée en prenant mieux en compte les difficultés passées et actuelles du pays », affirme le groupe de recherche.

Selon lui, le militarisme et l’autoritarisme qui marquent le régime politique du président Issaias Afeworki trouvent leurs racines dans l’histoire du pays marquée par la violence et les trente années de la guerre d’indépendance, finalement obtenue en 1991.

« Les conséquences de cet héritage sont apparues clairement au cours de la décennie qui s’est écoulée, avec le renforcement du pouvoir du président érythréen et d’une petite cohorte d’ex-combattants et la suppression des libertés au profit d’un programme axé sur l’unité nationale et l’idée que l’Erythrée est entourée d’ennemis », commente ICG.

Les tensions avec l’Ethiopie voisine demeurent élevées, après le long conflit frontalier.

_____________________ 1 – Organisation Presse Africaine (Ch)

Déclaration de la Haute Représentante, Catherine Ashton, au nom de l’Union européenne sur les prisonniers politiques en Érythrée

African Press Organization (APO)

L’Union européenne demeure profondément préoccupée par la détention, depuis septembre 2001, de onze députés et membres du Front populaire pour la démocratie et la justice et de dix journalistes indépendants. On ne sait pratiquement rien de leur état de santé. Ils sont détenus de manière illégale et mis au secret, sans chef d’inculpation, en contradiction totale avec les obligations internationales de l’Érythrée en matière de droits de l’homme.

L’Union européenne est profondément préoccupée par des informations récentes, non confirmées, selon lesquelles certaines de ces personnes seraient mortes en détention. Elle invite les autorités érythréennes à rendre publiques toutes les informations concernant le lieu de détention des prisonniers politiques et à leur permettre d’avoir des contacts avec leur famille et leurs avocats.

L’Union européenne demande fermement la libération sans condition de ces prisonniers et de toutes les autres personnes détenues pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions. Elle déplore en outre le fait que l’Érythrée continue de violer les obligations qui sont les siennes en vertu du droit national et international, en dépit des appels lancés à maintes reprises par la communauté internationale. (…)

17/09/10 (B569) Les traits de l’Erythrée – Erythrée / Neuf ans après les rafles de septembre 2001, la chasse aux journalistes se poursuit (RSF. Lien à la fin de l’article pour signer la pétition)

Neuf ans exactement après la brutale opération de nettoyage politique lancée le 18 septembre 2001 à Asmara, le pouvoir érythréen continue de museler toute forme de liberté d’expression. Alors que Reporters sans frontières a adressé une lettre à la police britannique, le 16 septembre 2010, pour lui demander d’engager des poursuites contre l’un des responsables de cette campagne de répression, un journaliste vient à nouveau d’être arrêté alors qu’il tentait de fuir le pays, a appris Reporters sans frontières.

Au cours de l’été 2010, Eyob Kessete, journaliste du service amharique de la radio publique Dimtsi Hafash, a été arrêté alors qu’il tentait de franchir la frontière avec l’Ethiopie. Son lieu de détention est inconnu. Arrêté une première fois au début de l’été 2007, alors qu’il tentait déjà de faire défection, le journaliste avait été détenu dans plusieurs centres pénitentiaires avant d’être relâché fin 2008 ou début 2009. Sa remise en liberté avait été obtenue grâce à la garantie apportée par certains de ses proches.

Le sort d’une vingtaine d’autres journalistes emprisonnés est toujours entouré du même silence pesant des autorités. On est par exemple sans nouvelles du journaliste Said Abdulhai, arrêté au cours de la dernière semaine de mars 2010. De même l’incertitude demeure sur le lieu de détention du journaliste suédo-érythréen Dawit Isaac, arrêté le 23 septembre 2001 à Asmara. La semaine prochaine, la foire du livre de Göteborg, en Suède, présentera pour la première fois un recueil de nouvelles écrites par l’ancien journaliste du quotidien disparu Setit, intitulé « Hope – The Tale of Moses’ and Manna’s Love and other texts ».

Les rafles de septembre 2001, la suspension de la presse privée et l’arrestation des principaux directeurs de journaux ont fait basculer l’Erythrée dans une période sombre. Le pays n’est toujours pas sorti de cette ère de terreur, par la faute de l’intolérance et des délires paranoïaques de ses dirigeants. Il n’existe aujourd’hui aucun média indépendant, les correspondants de la presse étrangère sont personae non gratae, et les employés des médias publics, transformés en fonctionnaires zélés de la propagande gouvernementale, n’ont d’autre choix que de fuir ou d’obéir aux ordres.

Le 16 septembre 2010, Reporters sans frontières a écrit au War Crimes Department de Scotland Yard pour connaître l’état d’avancement de l’enquête menée sur Naizghi Kiflu, citoyen érythréen résidant en Grande-Bretagne. Ministre de l’Information et conseiller présidentiel à l’époque des rafles, ce dernier peut être arrêté et poursuivi en vertu de l’article 134 du Criminal Justice Act de 1988 qui sanctionne la pratique de la torture. En mai 2008, Reporters sans frontières avait publié un rapport sur le rôle de cet homme dans l’appareil répressif érythréen intitulé « Enquête sur Naizghi Kiflu, l’éminence grise du dictateur ». Lire le rapport : http://fr.rsf.org/erythree-enquete-sur-naizghi-kiflu-l-21-05-2008,27110.html.

Depuis trois ans, l’Erythrée se trouve en dernière position du classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières, à la 175e place sur 175 pays. Dictateur le plus impitoyable du continent, hier héros de la libération, aujourd’hui Président opprimant son peuple, le chef de l’Etat, Issaias Afeworki, figure dans la liste des « prédateurs de la liberté de la presse ». Plus d’informations : http://fr.rsf.org/spip.php?page=predateur&id_article=37180.

Signez la pétition pour la libération des journalistes emprisonnés en Erythrée : http://fr.rsf.org/petition-pour-la-liberation-des-journalistes-emprisonnes,37550.html.

09/09/10 (B568) Les traits de l’Erythrée – Afewerki joue Paris (1 article)

______________________ 1 – Jeune Afrique

Afewerki joue Paris

Par Christophe Boisbouvier

Toujours très virulent contre les États-Unis, le chef de l’État tente malgré tout de sortir de son isolement.

Et si le président érythréen commençait à mettre de l’eau dans son vin ? Le 18 août à Asmara, l’ombrageux Issayas Afewerki a reçu longuement (plus de deux heures) un émissaire venu très discrètement de Paris, le diplomate Stéphane Gompertz, directeur Afrique au Quai d’Orsay. Une première depuis la visite en 2006 de la ministre française de la Coopération, Brigitte Girardin.

Le 8 juin, déjà, Afewerki avait fait un geste d’ouverture : il avait accepté la médiation de l’émir du Qatar dans le conflit territorial qui l’oppose à la République de Djibouti dans la région frontalière de Ras-Doumeira (zone clé du détroit de Bab el-Mandeb). À son interlocuteur français – dont le pays a de multiples intérêts à Djibouti –, le président érythréen a confié qu’il attendait maintenant les propositions du Qatar sur Ras-Doumeira.

Souple sur Djibouti, Afewerki reste en revanche intraitable à l’égard de son grand voisin du sud : « Pourquoi l’Éthiopie veut-elle un accès au port d’Assab ? Elle a déjà Djibouti ! » Pas d’ouverture non plus sur la question somalienne. Malgré le rapport 2010 d’un panel de l’ONU sur l’assistance militaire et financière que l’Érythrée apporte aux islamistes somaliens, Afewerki continue de nier toute forme de soutien aux Chabaab de Mogadiscio. « Je sais qu’ils ne sont pas fréquentables, mais, soyez réalistes, il faut faire avec », ajoute-t-il dans ce qui ressemble à un demi-aveu. Le problème, c’est que le maître d’Asmara prétend qu’il ne sait pas comment établir le contact avec ces mêmes Chabaab…

Les sanctions votées en décembre dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU contre l’Érythrée commencent donc à produire leurs effets. Pour essayer de sortir de son isolement international, Issayas Afewerki fait les yeux doux aux Djiboutiens et aux Français. Mais il ne bouge pas d’un millimètre sur le front éthiopien et continue de traiter l’Amérique de « grand Satan ». Bref, il calme le jeu sur un front pour mieux tenir sur les deux autres.

02/09/10 (B567) Les traits de l’Erythrée – Un troisième chrétien perd la vie dans les prisons érythréennes cette année (1 article)

_____________________________ 1 – Alliance Presse

Un troisième chrétien perd la vie dans les prisons érythréennes cette année

Le mois dernier, Yemane Kahasy Andom est décédé dans la prison militaire de Mitire, en Erythrée. Il s’agit du troisième chrétien évangélique, qui perd la vie dans cet Etat d’Afrique de l’Est. Les autorités lui avaient refusé des soins médicaux.

Le quadragénaire a été victime d’une malaria foudroyante. Ses très mauvaises conditions de détention sont également en cause. Battu, il a également été isolé durant deux semaines, dans une cellule souterraine.

Il était en prison depuis 18 mois.

Le chrétien avait refusé de renoncer à sa foi chrétienne. Yemane Kahasy Andom était membre de l’Eglise Kale-Hiwot de Mendefera. Il a été enterré sans cérémonie par le personnel pénitencier.

Deux autres chrétiens évangélique sont morts en prison cette année en Erythrée. Mogos Hagos Kiflom, 37 ans, ainsi que Mehari Gebreneguse Asgedom, 42 ans, sont tous deux morts en janvier. Le second, diabétique, s’est également vu refuser des soins médicaux.

17/08/10 (B565) Les traits de l’Erythrée : des opposants s’organisent pour renverser le président Isaias Afewerki (Afrik.com)

Ils mettent en place un parlement en exil pour assurer la transition

Une coalition de dix partis d’opposition érythréens a pris une résolution pour former un parlement en exil lors de son assemblée qui s’est terminée mardi à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Elle entend renverser le président Isaias Afewerki et veut être prêt pour assurer la transition dans le pays.

Pendant neuf jours, les quelques 300 membres de la coalition ont planché sur un seul thème : l’éviction du président Isaias Afewerki. Dans une déclaration publiée mardi en fin de rencontre, le groupe a indiqué qu’il mettrait en place un parlement en exil, dans un délai d’un an. Celui-ci entend s’associer avec l’opposition politique érythréenne pour être en mesure de prendre le relais en tant que gouvernement de transition après, après le départ Isaias Afewerki.

Pour les membres de la coalition, le gouvernement actuellement en place à Asmara qui fait l’objet de sanctions ciblées des Nations unies serait très affaibli et proche de l’effondrement. Il ne pourrait pas résister très longtemps aux pressions de la communauté internationale. La coalition entend donc mobiliser les Erythréens et laisse entendre qu’elle n’épargnera aucun moyen pour atteindre ses objectifs.

Créée il y a deux ans à Addis-Abeba, la coalition bénéficie du soutien du gouvernement éthiopien. Dans un premier temps, celui-ci lui a offert des temps d’antenne pour diffuser ses programmes sur les chaines de télévision publiques. Une pratique abandonnée par la suite, sans explication.

11/08/10 (B564) Les traits de l’Erythrée – Les éditeurs suédois vont publier un journaliste emprisonné en Erythrée (1 article)

__________________ 1 – Les Echos avec AFP

Les éditeurs suédois vont publier un journaliste emprisonné en Erythrée

Plusieurs importantes maisons d’édition suédoises ont annoncé lundi qu’elles allaient publier conjointement une traduction des travaux du journaliste Dawit Isaak emprisonné sans procès depuis 2001 en Erythrée.

Dawit Isaak, qui a la double nationalité érythréenne et suédoise, avait été arrêté avec une douzaine d’autres journalistes, propriétaires de journaux et éditeurs, accusés par les autorités érythréennes d’être des espions à la solde de l’Ethiopie.

Sa famille et ses proches sont sans nouvelle de lui depuis plusieurs années et son lieu de détention reste incertain. Selon un ancien gardien cité début 2010 par les médias suédois, Dawit Isaak serait toutefois détenu dans une prison secrète de haute sécurité à Eraeiro, près d’Asmara, et serait en mauvaise santé.

"Il a été privé de ses droits fondamentaux, n’a jamais été poursuivi, n’a pas eu droit à un procès" ou à un avocat, écrivent les maisons d’édition suédoise dans une déclaration commune, soulignant que Dawit Isaak est "le seul journaliste et ressortissant de l’Union Européenne à être traité de cette façon dans le monde".

Les médias et défenseurs des droits de l’homme, en Suède et dans d’autres pays, réclament sa libération depuis longtemps et le ministère suédois des Affaires étrangères agit de même par voie diplomatique, pour l’instant sans succès.

Les éditeurs suédois comparent leur décision de publier les travaux de Dawit Isaak à celle de leurs collègues allemands de publier les "Versets sataniques" du britannique Salman Rushdie, quand une fatwa le condamnant à mort avait été lancée contre lui en 1989 par l’ayatollah iranien Ruhollah Khomeini.

Le livre de Dawit Isaak doit être présenté le 23 septembre au salon du livre de Goteborg.

30/06/10 (B558) Les traits de l’Erythrée (1 article en Français)

_______________ 1 – Centre Info de l’ONU

Erythrée : des progrès mais pas de levée des sanctions

L’Erythrée a fait des progrès depuis l’établissement d’un régime de sanctions en 2009, mais ce pays doit faire plus pour prouver qu’il se conforme aux résolutions de l’ONU, estime le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un rapport publié lundi.

« Malgré les positions qu’il a adoptées de longue date sur la Somalie et Djibouti, le gouvernement érythréen a récemment pris un certain nombre d’initiatives pour engager un dialogue constructif avec ses voisins et la communauté internationale », relève ce rapport remis au Conseil de sécurité.

Parmi ces initiatives, Ban Ki-moon cite la participation du gouvernement érythréen à la Conférence d’Istanbul sur la Somalie en mai dernier et son implication dans les pourparlers engagés par le Qatar pour résoudre le différend frontalier avec Djibouti.

« Je me félicite de l’approbation par l’Erythrée de la Déclaration d’Istanbul sur la Somalie, cela marque une rupture notable avec sa politique antérieure », salue le rapport. Le Secrétaire général rappelle en effet que « jusqu’à peu », le gouvernement érythréen contestait « la légalité et la légitimité du Gouvernement fédéral de transition somalien et exigeait l’expulsion des troupes de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) ».

Le Secrétaire général se dit aussi « encouragé » de voir l’Erythrée engagée sur la voie d’un règlement pacifique de son conflit frontalier et d’une normalisation de ses relations avec Djibouti. Ban Ki-moon se réfère à l’accord signé entre les deux pays en juin, grâce à la médiation du Qatar, et qui a débouché sur le retrait de troupes érythréennes du territoire djiboutien et le déploiement d’une force d’observation qatarienne à la frontière entre les deux pays.

Evoquant ensuite les sanctions imposées à l’Erythrée par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1907 en 2009, le Secrétaire général regrette que les capacités de vérification de l’ONU soient toujours « restreintes ». Dans cette résolution, le Conseil impose en effet un embargo sur les ventes d’armes au pays, interdit aussi à plusieurs hauts responsables érythréens de voyager et prévoit le gel de leurs avoirs, en raison de leur rôle dans la déstabilisation de la région de la Corne de l’Afrique. Ban Ki-moon dit toutefois espérer que le nouveau Groupe de contrôle sur la Somalie et l’Erythrée puisse contrôler l’application de la résolution 1907.

Le rapport du Secrétaire général salue ensuite les initiatives de l’Erythrée pour rétablir sa représentation au siège de l’Union africaine, à Addis Abeba, en Ethiopie. Il appelle le pays à en faire autant avec l’Autorité intergouvernementale de développement. Ban Ki-moon souligne en effet qu’en « renforçant sa participation aux activités des organisations régionales et ses liens avec la communauté internationale, l’Erythrée contribue au renforcement de la paix et de la stabilité de la Corne de l’Afrique ».

Pour conclure, le Secrétaire général estime que l’évolution récente de la situation est « un pas dans la bonne direction », mais exhorte le gouvernement érythréen à intensifier ses efforts « afin d’apporter la preuve qu’il se conforme à la résolution 1907 ». Il ajoute aussi que des progrès dans la mise en œuvre des décisions de la Commission du tracé de la frontière entre l’Erythrée et l’Ethiopie et dans la normalisation des relations entre ces deux Etats contribueraient à la stabilisation de la toute la région de la Corne de l’Afrique.