09/06/11 (B607) Communiqué en Anglais de AAA (Afar Alliance Action) pour présenter le compte-rendu de la réunion qui s’est tenue à Whashington à propos de la situation des réfugiés érythréens et à laquelle participait AAA.

Eritrean Human Rights & Refugee Crises,Symposium in Washington DC in May

The Afar Action Alliance { AAA} was invited and participated the May 28, 2011 Symposium held in Washington DC regarding the Eritrean refugee crisis.

On the conference, the Afar Action Alliance delegates made a comprehensive and convincing presentation on the condition of the Afar refuges and provided information on the root cause of the crisis and challenges the Afar refugees are facing in Ethiopia. The conference participants included various organizations whose work is to assist refugees, Eritrean intellectuals and
civic societies.

It is evident that thousand of Afar refugees from Eritrea who are in Ethiopia in the Afar Regional State did not get equally opportunity and treatment like other refugees by UNHCR. The camps that the Afars live in do not have adequate facilities such as clean water, medical facilities, and schooling for the children.

Almost all the refugees live under a shed in an open desert. Furthermore, the UNHCR field representatives and officials failed to make effort to go to the location where these refugees are located and make assessment of the condition and recognize the Afar refugees because they meet the conditions stipulated under the Geneva Conventions. UNCHR must offer full recognition to Afar refugees and treat them equally like all other refugees from Eritrea who settled in Ethiopia, Tigray Region.

In regard to resettling the Afar refugees to third country under the UNHCR mandate did not materialize so far despite appeals to UNHCR HQ in Geneva. No Afar refugees are given the opportunity to resettle in third country like thousands of refugees from other nationalities and regions in Eritrea. Afar refugees from Eritrea who are lingering in the desert must be recognized and UNHCR must offer these refugees equal treatment like other refugees.

The Afar Action Alliance has amplified and expressed the need to support the Afar refugees for recognition as refugees, for better facilities and treatment by UNHCR. All the participant of the conference agreed to advocate for Afar refugees and highlight their predicaments on various forums and media.

Afar Action Alliance is a an advocacy group who is committed to work for the disadvantaged Afars and strength civil society where all the Afar live divided in all the three the countries Eritrea, Ethiopia and Djibouti. We in the Afar Action Alliance believe we have strong moral obligation to those Afar refugees who are suffering under horrible conditions.

We would like to thank CanGo Afar, the Afar Forum and Afar community of Minnesota for their huge participation in the Symposium, and for giving us information on Refugee situation. We would also like to thank the Eritrean Global Solidarity for inviting us to this symposium. More specifically, our heartfelt thanks go to the following participants:

■ Dr. Bereket H. Selassic, a distinguished professor of African Studies and Law at the University of North Carolina
■ Dr. Yonas Mehari
■ Mr. John Stauffer, the American Team for Displaced Eritreans
■ Mr. Michael Andegeorgis, the Law Office of Michael Andegeorgis
■ Dr. Tricia Redeker Hepner, Assistant Professor of Anthropology at the University of Tennessee
■ Ms. Sigal Rozen, Public Activity Driector for the Migrant Workers Hotline, Israel
■ Dr. Yebio Woldemariam, Professor at York College of the City, University of New York
■ Dr. Yordanos M. Tedla, Physician

And we also would like to thank the following invitees:
• Action against Hunger (AAH)
• Catholic Relief Services (CRS – USCC)
• Doctors without Borders
• Food for the Hungry International (FHI)
• International Committee of the Red Cross (ICRC)
• International Federation of Red Cross and Red Crescent Societies (IFRC)
• International Organization for Migration (IOM)
• Islamic Relief USA
• International Rescue Committee (IRC)
• Overseas Development Institute (ODI)
• Oxfam
• Refugees International

11/04/11 (B599) Ethiopie – Erythrée : les informations de la semaine

_______________________ 2 – Jeune Afrique avec AFP

07/04 L’Éthiopie de Meles Zenawi provoque l’Érythrée d’Issayas Afewerki

Le gouvernement éthiopien a décidé de rompre publiquement avec la politique de « paix armée » qui définissait les relations avec son voisin érythréen. Après dix ans de conflit larvé, Meles Zenawi s’est dit prêt à appuyer un changement de régime dans la « Corée du Nord » africaine.

Cela ressemble presque à une déclaration de guerre. Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a prévenu mardi devant l’Assemblée nationale, à Addis-Abeba, qu’il aiderait désormais le peuple érythréen à se débarrasser du « régime dictatorial » en place à Asmara.

« Nous estimons aujourd’hui que nous ne pouvons plus nous contenter de cette défense passive », qui n’est pas « l’unique alternative », a prévenu le Premier ministre. « Nous n’avons pas l’intention d’envahir ce pays, mais nous devons y étendre notre influence. Et si le gouvernement érythréen essaie de nous attaquer, nous riposterons proportionnellement », a également mis en garde Meles Zenawi.

Cette déclaration met un terme à la paix armée qui régnait depuis plus de dix ans entre les deux voisins de la Corne de l’Afrique. En 2000, un accord de paix signé à Alger mettait fin à un conflit dont le bilan s’élève à quelque 80 000 morts.

Depuis, les deux pays entretiennent des relations diplomatiques très tendues. Le Premier ministre éthiopien accuse régulièrement le régime d’Issayas Afewerki (au pouvoir depuis l’indépendance érythréenne en 1993) de soutenir des membres de l’opposition et des groupes rebelles éthiopiens, même des islamistes (les shebab). Les autorités ont à plusieurs reprises affirmé que l’Érythrée était impliquée dans des attentats commis à Addis-Abeba ces dernières années. Mêmes accusation côté érythréen, Asmara dénonçant le soutien présumé d’Addis-Abeba à des groupes rebelles érythréens.

__________________________ 1 – Afrik.com

07/04 L’Ethopie prête à renverser le « régime dictatorial » en Erythrée

L’Éthiopie ne veut plus se défendre « passivement face aux agressions » de l’Érythrée, a prévenu mardi le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi lors d’un discours devant le parlement.

Addis Abeba va désormais aider le peuple érythréen à se débarrasser du « régime dictatorial », a-t-il déclaré. « Nous devons aider le peuple érythréen à renverser le régime dictatorial » d’Issaias Afeworki, estime le Premier ministre éthiopien qui a également précisé qu’il « n’avait pas l’intention d’envahir ce pays, mais nous devons y étendre notre influence ».

Il a également prévenu que si le gouvernement érythréen essayait d’attaquer l’Ethiopie, elle « riposterait proportionnellement ». Une guerre frontalière a opposé l’Érythrée et l’Éthiopie de 1998 à 2000. 80 000 personnes sont mortes durant le conflit.

20/12/10 (B583) Les traits de l’Erythrée – Afewerki a peur des USA (1 article)

___________________________ 1 – JDD

WikiLeaks-Erythrée: Afewerki a peur des EU

"Isaias Afewerki pense que les Etats-Unis vont tenter de le tuer en lançant un missile sur sa maison de Massawa", rapporte un télégramme de l’ambassade américaine en Erythrée, révélé samedi par WikiLeaks.

Le document diplomatique cite une responsable de l’ONU, l’ancien ambassadeur américain, Ronald McMullen. Afewerki serait également persuadé que le Premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, a tenté de le faire tuer en 1996.

17/12/10 (B582) Les traits de l’Erythrée – la torture et le totalitarisme, quotidien de l’Erythrée, pays à la dérive (1 article)

________________________ 1 – Le Monde

WikiLeaks : la torture et le totalitarisme, quotidien de l’Erythrée, pays à la dérive

Jean-Philippe Rémy

Dans l’un des pays les plus fermés au monde, l’Erythrée, les témoignages sur les conditions de détention dans les prisons sont rares. En voici un, recueilli par des diplomates américains en 2008, selon un télégramme diplomatique obtenu par WikiLeaks et révélé par Le Monde. Il s’agit du récit d’un Erythréen, "encore secoué émotionnellement" après cinq mois de détention arbitraire, qui raconte le quotidien des détenus du petit pays de la Corne de l’Afrique.

Le témoin avait été arrêté chez lui, à l’aube, par des soldats venus vérifier sa carte de démobilisation, pratique commune "avant la fête de l’indépendance". Le service militaire est obligatoire en Erythrée, pour les hommes comme pour les femmes, pour une période d’un an et demi généralement reconduite plusieurs fois.

Lors du contrôle, les forces de l’ordre notent que son "père porte un nom éthiopien". Depuis la fin de la guerre de 1998-2000, l’Ethiopie et l’Erythrée vivent dans un état de paix armée. Mais, alors que l’Ethiopie connaît un démarrage économique, l’Erythrée continue de vivre sur le pied de guerre, dans un pays transformé en caserne par son président, Issayas Afeworki.

"LES CRIS DE CEUX QU’ON TORTURE"

Les camps militaires servent aussi de prisons, comme celui d’Adi Abeito, à la périphérie de la capitale, Asmara, où a été transféré le témoin. Il y est enfermé dans une cellule de dix mètres sur douze où se trouvent déjà 600 prisonniers, "tellement serrés qu’il est impossible de s’allonger et à peine possible de s’asseoir". Les prisonniers n’ont le droit de se rendre "aux toilettes que deux fois par jour". "Un seau au milieu de la pièce servait pour les besoins, il était constamment plein et laissait s’écouler dans la pièce urine et étrons."

Ce n’est pas la seule difficulté de la détention : "beaucoup ne pouvaient plus parler à cause du manque d’eau, leur langue restant collée au palais par la soif."

Dans ce cloaque, on trouve "des Erythréens qui ont essayé de fuir le pays, des déserteurs, des petits criminels et des protestants". Depuis une dizaine d’années, un courant évangéliste s’est développé parmi les chrétiens (orthodoxes) du pays. Plusieurs milliers de fidèles de ces Eglises évangéliques sont en prison.

Depuis la cellule bourrée à craquer, les détenus "entendent les cris de ceux qu’on torture". Le témoin observe les membres des services de renseignement ramenant dans la pièce des détenus "portant des traces de coups et pleins de sang". Un homme est "battu sur la plante des pieds avec un tuyau en plastique". Un autre, enfermé dans un conteneur, a les bras attachés à l’arrière du corps à un pieu en bois, étirés jusqu’à toucher ses jambes. Cela s’appelle, dans les prisons érythréennes, un "huit".

Après plusieurs semaines, il est finalement interrogé par des membres des services de renseignement qui lui demandent de dénoncer les Erythréens se livrant "à une activité d’espionnage". Un groupe d’enfants "de 8 à 13 ans" se trouve en détention avec lui. Ils ont tenté de "fuir l’Erythrée à pied en marchant jusqu’à la frontière " avant d’être refoulés par les Ethiopiens en raison de leur âge. A leur retour, ils sont emprisonnés à Adi Abeito, et battus comme les autres.

Selon les diplomates américains, une partie des tensions avec l’Ethiopie s’expliquerait par le fait qu’Issayas Afeworki est convaincu que Meles Zenawi, le premier ministre éthiopien, qui était son frère d’armes dans les années de guérilla et qui a permis à l’Erythrée d’accéder à l’indépendance en 1993, a tenté de l’assassiner trois ans plus tard.

Deux ans avant la guerre Ethiopie-Erythrée, cette tentative, réelle ou imaginée, serait l’acte fondateur de leur animosité. Selon "des sources érythréennes", Issayas Afeworki, de retour de vacances au Kenya en 1996, se serait arrêté à Addis-Abeba. Le premier ministre éthiopien aurait proposé son avion pour terminer le voyage vers Asmara. Au cours de ce vol, le moteur de l’avion aurait pris feu, contraignant l’appareil à un atterrissage d’urgence. Les relations se seraient ensuite dégradées par paliers, jusqu’à l’éclatement de la guerre en 1998.

"UN DICTATEUR AUSTÈRE ET NARCISSIQUE"

Issayas Afeworki faisait alors partie des "nouveaux responsables africains" identifiés par Susan Rice, chargée de l’Afrique sous l’administration Clinton, comme les espoirs du continent. Depuis, les relations entre Asmara et Washington se sont dégradées. Les Etats-Unis reprochant à l’Erythrée d’appuyer des islamistes somaliens, notamment les Chabab, qui se réclament d’Al-Qaida.

Combien de temps l’Erythrée peut-elle rester sous la domination du président Issayas, que les diplomates américains décrivent comme "un dictateur austère et narcissique"?

Le pays est isolé, ses ressources se raréfient. Les officiers qui forment le socle du régime fondent de grands espoirs sur le début prochain de l’exploitation minière, espoirs que les diplomates américains jugent "caricaturalement exagérés". La mise en route de la mine de Bisha, exploitée par le groupe canadien Nevsun, produira bientôt un peu d’or "qui sera exporté directement vers la Suisse", puis du zinc et du fer.

Le pays "à la dérive" va-t-il se redresser?

Au sein de l’armée, épine dorsale du pouvoir, des rivalités pour le contrôle de marchés publics (notamment la "construction de casernes") tournent parfois à l’affrontement. De plus, le mécontentement gagne les officiers. Un télégramme note "des exemples de plus en plus fréquents et détaillés sur la tendance à la mutinerie de nombreuses unités de l’armée" et le "nombre croissant de soldats désertant en passant la frontière soudanaise ou même celle de l’Ethiopie".

"NOUS AVONS BESOIN DES ETATS-UNIS"

Certains hauts responsables sont, en secret, passés du côté de l’opposition.
Lors d’une rencontre discrète, un responsable du parti au pouvoir, compagnon de lutte du président, affirme avoir organisé une structure clandestine d’opposition avec des membres du parti du pouvoir. Le président Issayas "est en train de détruire le pays", assure cet officier, qui souligne que ceux d’entre eux qui ont mené la longue guerre de libération "trouvent que leurs sacrifices ont été inutiles".

Il conclut alors : "Nous avons besoin des Etats-Unis". L’ambassadeur rétorque prudemment : "Tous les mouvements pour le changement, pour réussir, doivent venir de l’intérieur." Le diplomate, du reste, réserve son jugement sur la capacité de ces responsables militaires à changer la situation : "Les anciens combattants ont une bonne réputation, mais ils ne sont pas très bien organisés."

Combien de temps Issayas Afeworki a-t-il l’intention de rester au pouvoir?

A un parlementaire allemand, qui a rapporté les propos du dictateur à l’ambassadeur américain, il affirme qu’il "compte rester au pouvoir encore quarante ou cinquante ans". Auparavant, il avait annoncé que "des élections pourraient peut-être être organisées d’ici trois à quatre décennies".

26/11/10 (B579) Contrairement aux usages feutrés de la « carrière », les diplomates djiboutiens s’emportent parfois avec une rare violence (cf le 15/10/10). C’était avant le piège tendu à IOG lors de son déplacement au Yémen, qui l’avait, lui aussi, beaucoup irrité !!! (Info lecteur)

Le coup de gueule de Mohamoud Ali Yousouf

D’habitude calme et posé, le ministre des affaires étrangères, Mohamoud Ali Yousouf s’est laissé emporter face à l’émissaire du Qatar le 15 octobre dernier.

Officiellement, durant sa visite, l’émissaire de l’émir du Qatar, qui est aussi ministre délégué aux affaires étrangères a transmis un message verbal au président Guelleh. Ce message portait sur la médiation du Qatar entre Djibouti et l’Erythrée.

Apparemment, c’est la teneur du message qui a énervé Mohamoud Ali Youssouf. En effet, il parait que l’émissaire du Qatar est venu informer les autorités djiboutiennes sur deux points :

1- Que l’Erythrée n’a pas les 9 prisonniers que Djibouti réclamaient sans cesse dont le colonel Ali Aden, un proche du général Zakaria.

2 – Que Djibouti doit dorénavant prendre un avocat, au même titre que l’Erythrée, pour plaider sa cause devant les tribunaux internationaux. Comme si l’Erythrée reconnaissait et respectait quiconque.

Alors, en quoi consistait la médiation du Qatar ?

Rien n’a changé sur le front. Les deux armées ont certes reculé, mais elles sont toujours massées des deux côtés de la frontière, à environ cinq kilomètres.

Les efforts du Qatar ne se limitent pas seulement à s’interposer entre les 2 parties sur le front, mais à trouver une issue diplomatique aussi. On parle même d’un projet de tracé de la frontière que le Qatar souhaiterait proposer au conseil de sécurité de l’ONU ; le même tracé que Google Earth.

En tout cas, ce n’est pas la première fois qu’un pays fait appel à Internet. On se rappelle de la prestation d’un certain Colin Powel, secrétaire d’état américain, devant le conseil de sécurité de l’ONU en février 2003.

12/11/10 (B577) Les traits de l’Erythrée / le régime prévoirait une purge des chrétiens non issus des Eglises officielles (Alliance Presse)

Les chrétiens évangéliques en Erythrée ont de quoi s’inquiéter. Selon l’organisation de défense des chrétiens persécutés Release International, le régime de ce pays prévoirait de purger le pays des chrétiens «illégaux» à Noël.

Dans ce pays, les autorités autorisent les Eglises catholique, luthérienne et orthodoxe mais les chrétiens de confessions non traditionnelles doivent faire face à une persécution intense. 3000 d’entre eux ont été emprisonnés ou torturés par les autorités pour n’avoir pas renoncé à leur foi, comme l’exigeait la junte militaire.

Selon le directeur de Release Erythrée, ce qui se passe dans son pays est semblable à ce qui se passe en Corée du Nord.

30/10/10 (B576) Les traits de l’Erythrée / Onze chrétiens arrêtés en Erythrée (Alliance-Presse)

Onze chrétiens évangéliques erythréens ont été arrêtés le 20 octobre dernier lors d’une vaste opération lancée par le gouverneur Mustafa Nurhussein, gouverneur de Southern Zone.

Arrestations, confiscations de téléviseurs et autres équipements électroniques ont été effectués dans les villes de Mendefera, Dekemharre et Dibarwa, selon International Christian Concern.

Les chrétiens visés par cette opération sont en majorité membres de l’Eglise Full Gospel, une Eglise déclarée hors-la-loi en 2002.

3000 prisonniers seraient actuellement détenus en Erythrée pour des motifs religieux ou politiques.

27/10/10 (B575) Les traits de l’Erythrée – 46e anniversaire de Dawit Isaac, emprisonné depuis 9 ans – Un journaliste suédo-erythréen remporte la Plume d’or de la liberté 2011 (2 articles)

___________________ 2 – RSF

46e anniversaire de Dawit Isaac, emprisonné depuis 9 ans

C’est aujourd’hui l’anniversaire du journaliste Dawit Isaac, et c’est le dixième qu’il passe en prison. Pas de célébration familiale, pas de bougies ni de gâteau d’anniversaire, Dawit se retrouve, une année encore, seul, plus isolé que jamais, entre les murs étroits et insalubres de sa cellule, peut-être dans le bagne d’Eiraeiro, ou ailleurs. Nul ne le sait. En guise de cadeau cependant, Dawit peut compter sur la mobilisation des siens. Et sur celle de quelques organisations, comme l’Association mondiale des journaux (WAN-IFRA) qui vient de lui décerner, aujourd’hui, le « 2011 Golden Pen of Freedom ».

Il y a neuf ans, lorsqu’il a été arrêté à Asmara, il n’imaginait certainement pas qu’il serait encore en détention le jour de ses 46 ans. Il pensait sûrement que son innocence aurait été prouvée depuis longtemps. Innocent, mais de quoi ?

Les raisons de sa détention demeurent à ce jour inconnues. « C’est un traître à la solde de l’Ethiopie », nous disent les autorités érythréennes. Son crime ? Avoir simplement reproduit dans le quotidien désormais disparu Setit, une lettre de ministres et de généraux appelant à la démocratisation de l’Erythrée. Il pensait aussi sans doute que sa double citoyenneté, érythréenne et suédoise, le protègerait de l’arbitraire et de l’injustice qui règnent dans son pays natal. Pourtant, le gouvernement suédois, qui affirme entretenir une « diplomatie silencieuse » avec l’Erythrée, reste inefficace.

Son frère, Esayas Isaac, refuse, lui, de rester silencieux. Il se mobilise en Suède, mais aussi à travers l’Europe, pour alerter l’opinion sur le sort du journaliste et tenter de faire agir le gouvernement suédois. Avec la section suédoise de Reporters sans frontières, représentée par Björn Tunbäck, il a organisé aujourd’hui une conférence à l’université de Göteborg, où étaient présents le Club national de la presse suédois, l’Association de politique étrangère de l’université de Göteborg, et l’ancien Premier ministre Ingvar Carlsson, qui s’est depuis longtemps illustré par ses positions contre la diplomatie silencieuse du gouvernement suédois. Carin Norberg, responsable du Nordic Africa Institute, ainsi que le journaliste érythréen en exil Meron Estifanos, ont également pris la parole.

Esayas Isaac et Reporters sans frontières n’ont de cesse d’interpeller la Suède et les autorités européennes dont ils dénoncent la passivité et le manque d’initiative. La semaine passée, ils ont présenté ensemble, en Suède et devant le Parlement européen à Strasbourg, un avis juridique sur l’obligation positive issue du droit international qui contraint la Suède et l’Union européenne à tout faire pour garantir la protection du journaliste.

Plus d’informations : http://fr.rsf.org/erythree-le-frere-de-dawit-isaac-et-18-10-2010,38564.html

Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
47, rue Vivienne
75002 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 76
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
Web : www.rsf.org
Twitter : RSF_RWB

___________________ 1 – Wan IFRA

Un journaliste suédo-erythréen remporte la Plume d’or de la liberté 2011

La Plume d’or de la liberté 2011, le prix annuel de la liberté de la presse remis par l’Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’information (WAN-IFRA), est décernée à Dawit Isaak, le fondateur du premier journal indépendant érythréen emprisonné depuis neuf ans sans chef d’inculpation ni procès.

Dawit Isaak, citoyen à la double nationalité suédoise et érythréenne, a été incarcéré en septembre 2001 suite à la fermeture des médias indépendants en Érythrée, un des pires pays au monde au point de vue de la liberté de la presse. Le pays n’a pas de médias privés : ni journaux, ni radios, ni stations de télévision.

Dawit Isaak, qui vient d’avoir 46 ans ce mercredi 27 octobre, n’a officiellement été accusé d’aucun délit et l’incertitude demeure sur le lieu de sa détention.

« Dawit Isaak, qui avait été contraint de fuir son pays pour la Suède, mais était retourné plus tard en Érythrée en raison de son attachement aux principes démocratiques et à une presse indépendante, mériterait d’être félicité pour ses actions. Le gouvernement érythréen, comptant parmi les plus répressifs au monde, a cependant choisi de l’emprisonner », a déclaré le conseil d’administration de la WAN-IFRA lors de la proclamation du prix.

« Dawit Isaak a été confronté à de rudes épreuves, mais son engagement pour la liberté de la presse et les droits de l’homme n’a jamais faibli. Dans de telles conditions, il faut faire preuve d’un grand courage pour travailler comme journaliste et ne pas faire de compromis. Dawit Isaak est une source d’inspiration pour la presse du monde entier », ajoute le conseil d’administration.

La WAN-IFRA exhorte le président érythréen, Issayas Afeworki, à libérer immédiatement Dawit Isaak.

La Plume d’or de la liberté est décernée chaque année par la WAN-IFRA pour récompenser l’action remarquable d’un individu, d’un groupe ou d’une institution ayant particulièrement contribué par ses écrits et ses actions à la défense de la liberté de la presse.

Dawit Isaak a fui l’Érythrée en 1987 lors de la guerre d’indépendance et est arrivé en Suède avec le statut de réfugié. Il est devenu citoyen suédois en 1992 après avoir travaillé pendant des années comme agent de nettoyage. Il est rentré en Érythrée en 1996 après l’accès à l’indépendance du pays.

S’attachant à développer la presse indépendante du pays, Dawit Isaak a co-fondé le premier journal indépendant, Setit, qui s’est taillé une réputation à l’échelle nationale pour son journalisme d’investigation couvrant souvent les abus de pouvoir du gouvernement.

En 2001, après la publication par Setit et d’autres journaux d’une lettre ouverte rédigée par 15 ministres du cabinet qui réclamait des réformes démocratiques et une investigation des événements menant à une guerre récurrente entre l’Érythrée et l’Éthiopie, tous les médias privés du pays ont été fermés. Onze sur les quinze ministres ont été arrêtés, ainsi que Dawit Isaak et 13 autres propriétaires de journaux, éditeurs et journalistes.

Aucun d’entre eux n’a fait l’objet d’un chef d’inculpation ou d’un procès. Dawit Isaak et les autres personnes arrêtées ont été qualifiés de traîtres. Selon les sources, parmi les journalistes détenus en 2001 quatre ont déjà trouvé la mort.

En 2008, selon certaines informations, Dawit Isaak aurait fait partie de 113 prisonniers politiques transférés dans une prison de haute sécurité à Embatkala, où les conditions de détention sont parmi les plus dures du pays. Il aurait été placé dans un hôpital militaire et malgré les dires du gouvernement assurant qu’il reçoit tous les traitements médicaux nécessaires, nous ne connaissons pas l’endroit précis de son lieu de détention et n’avons pas de détails sur son état de santé.

Le gouvernement de Suède et les médias suédois ont entrepris de nombreux mais vains efforts pour faire sortir Dawit Isaak. Le gouvernement érythréen a clairement dit que sa double nationalité suédo-érythréenne était sans importance. « La Suède ne me concerne pas. Elle n’a rien à voir avec nous », a souligné le président Issayas Afeworki l’année dernière.

Le président a également déclaré qu’il n’était pas prévu de libérer Dawit Isaak ou de lui accorder un procès avec un chef d’inculpation officiel. Les déclarations du président faites au cours d’une interview diffusée en mai 2009 ont soulevé de nombreuses critiques à l’échelle internationale lorsqu’il a mentionné : « Nous ne lui accorderons jamais un procès et nous ne le relâcherons jamais. Nous savons parfaitement comment traiter les gens de son espèce. »

L’Érythrée est un pays à parti unique gouverné par le président Issayas Afeworki depuis qu’il a acquis son indépendance de l’Éthiopie en 1993. Le pays n’a jamais connu d’élections libres. Deux tiers de la population dépendent de l’aide humanitaire de l’étranger pour se nourrir.

L’Érythrée est le plus grand geôlier de journalistes en Afrique avec au moins 19 d’entre eux en prison. D’autres ont été contraints de fuir leur pays. En raison de la politique répressive de son gouvernement, l’Érythrée est un pays qui parvient à se soustraire à la surveillance internationale et dont la population n’a pratiquement aucun accès aux informations indépendantes. La poignée de correspondants étrangers résidant dans la capitale Asmara fait l’objet d’une intense observation de la part des autorités.

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Parmi les précédents lauréats de la plume d’or de la liberté décernée chaque année depuis 1961, citons Jacobo Timerman d’Argentine (1980), Anthony Heard d’Afrique du Sud (1986), Doan Viet Hoat du Vietnam (1998), Geoffrey Nyarota du Zimbabwe (2002), Shi Tao (2007) et Li Changqing (2008) de Chine. Le lauréat 2010 était Ahmad Zeid-Abadi of Iran.

La liste complète des lauréats est publiée sur http://www.wanpress.org/pfreedom/goldenpen.php

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La WAN-IFRA, basée à Paris en France et à Darmstadt en Allemagne, avec des filiales à Singapour, en Inde, Espagne, France et Suède, est l’Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information.

Elle représente plus de 18 000 publications, 15 000 sites Web et plus de 3 000 sociétés dans plus de 120 pays.

L’association est issue de la fusion de l’Association Mondiale des Journaux et de l’IFRA, l’organisation mondiale de recherche et de services pour l’industrie de la presse. Pour en savoir plus sur la WAN-IFRA, veuillez consulter le site http://www.wan-ifra.org ou lire le magazine de la WAN-IFRA à l’adresse http://www.ifra.net/microsites/wan-ifra-magazine

Pour toute question, veuillez vous adresser à : Larry Kilman, directeur de la communication et des affaires publiques, WAN-IFRA, 7 rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris France. Tél. : +33 1 47 42 85 00. Fax : +33 1 47 42 49 48. Mobile : +33 6 10 28 97 36. E-mail : larry.kilman@wan-ifra.org