25/11/2015 (Brève 525) Pour permettre aux lecteurs de se retrouver parmi les différentes contributions qui évoquent le 4ème mandat de Guelleh ou des candidats déclarés, il faut se reporter à la constitution actuellement en vigueur, même si la forme utilisée pour l’adoption des modifications à la demande de Guelleh par une Assemblée nationale totalement soumise, est particulièrement critiquable et totalement anti-démocratique …. (ARDHD)

Prenons un seul extrait des modifications concernant l’élection présidentielle tel qu’il a été promulgué et repris au JO de la République.

Source http://www.presidence.dj/texte.php?ID=92&ID2=2010-04-21&ID3=Loi

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TITRE III : DU PRESIDENT

Article 23
“Le président de la République est élu pour six ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n’est rééligible qu’une seule fois”.

Article 24
“Tout candidat aux fonctions de président de la République doit être de nationalité djiboutienne, à l’exclusion de toute autre, jouir de ses droits civiques et politiques et être âgé de quarante ans au moins”.

Est modifié comme suit :

TITRE III : DU POUVOIR EXECUTIF

Article 23
“Tout candidat aux fonctions de président de la République doit être de nationalité djiboutienne, à l’exclusion de toute autre, jouir de ses droits civiques et politiques et être âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus à la date de dépôt de sa candidature”.

Article 24
“Le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il est rééligible dans les conditions fixées à l’article 23”.

Le reste sans changement.
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Notes d’explication :
1°) Contrairement à ce qui a pu être écrit récemment, Guelleh, tant qu’il ne sera pas atteint par la limite d’âge de 75 ans au jour du dépôt de sa candidature, peut se représenter autant de fois qu’il le souhaitera, ce qui n’était pas le cas dans la version originale de la constitution promulguée en 1992….

2°)
Tout candidat doit n’avoir exclusivement que la nationalité djiboutienne, ce qui exclut de fait un certain nombre de candidatures qui sont annoncées sur les réseaux sociaux.

3°) En rédigeant cet article, l’équipe de l’ARDHD n’a pas l’intention de prendre position dans un débat alors qu’elle n’aurait aucune légitimité pour le faire, mais par principe, elle respecte les lois en vigueur, ce qui ne l’empêchera pas de critiquer et de continuer à dénoncer avec la plus grande force, les abus, les dérives autoritaires et l’utilisation détournée à des fins personnelles, de tous les moyens de la Loi, de l’Etat, de la Police et de la Justice.

21/11/2015 (Brève 520) La fondation Jean Jaures a publié le 20 nov 2015, une note sous la signature de Paul Roba (analyste) “Djibouti – Quelle situation politique ?” (Info lecteur)

Lien avec le site : http://www.jean-jaures.org/Publications/Notes/Djibouti-quelle-situation-politique

DJIBOUTI : QUELLE SITUATION POLITIQUE ?
Paul Roba*
NOTE n° 287 – Fondation Jean-Jaurès – 20 novembre 2015

La République de Djibouti, pays de la Corne de l’Afrique, comptant 23 000 km2 et huit cent mille habitants, avec une population qui croît à un taux de 2,8 %, est souvent mal connue et son peuple méconnu. Le regard extérieur, lorsqu’il s’oriente vers Djibouti, tend à se concentrer sur la dimension géostratégique et sa traduction militaire sur le territoire. Non pas qu’il ne se passe rien d’intéressant sur cette terre de pasteurs nomades en voie de sédentarisation accélérée, et qu’il n’y ait rien à en dire. Mais, sa petite taille – même si Djibouti n’est pas le plus petit pays ni le moins peuplé du monde –, son image de pays de garnison, la logique de la realpolitik mais aussi la patience de son peuple malgré sa détresse, expliquent la faible médiatisation de Djibouti. Pourtant, Djibouti vit une situation préoccupante qui justifierait une attention toute particulière.

En dépit de ses atouts non négligeables, le petit État connaît, avec le pouvoir en place, sous-développement économique, misère sociale généralisée et verrouillage politique, ce qui est lourd de risques pour le pays lui-même comme pour ses intérêts.

Cette note essaie de décrire une situation lourde de risques qui devrait interpeller la communauté internationale.

Un pays avec une position stratégique prisée

La République de Djibouti, pays de la Corne de l’Afrique, est située sur les rives de la Mer rouge où elle est la clé du détroit de Bab-El-Mandeb, mais aussi à l’entrée du Golfe d’Aden, porte de l’Océan indien, c’est-à-dire au carrefour des routes économiques de première importance, ce qui lui confère une position stratégique. Aussi abrite-t-elle la plus grande base militaire française, la seule base américaine en Afrique ainsi que la première base militaire du Japon à l’étranger depuis la Seconde guerre mondiale. Djibouti accueille, de plus, des contingents allemands, espagnols, britanniques, hollandais, etc. Au niveau international, elle offre diverses facilités, notamment à la force européenne Atalante qui lutte contre la piraterie.

Ces bases militaires assurent des recettes importantes au pays sous forme de loyers : les Français paient 30 millions d’euros par an, les États-Unis 30 millions de dollars (qu’ils s’engagent à doubler) et les Japonais autant que les Américains, pour ne citer que les pays disposant de bases. La présence des bases étrangères permet aussi d’avoir des retombées financières pour l’économie locale. Autant de ressources qui viennent s’ajouter à celles que génère l’utilisation des ports djiboutiens par l’Éthiopie enclavée et dont pas de moins de 80 % des importations et exportations passent par Djibouti.

Au plan économique, Djibouti jouit d’une monnaie stable, le Franc Djibouti, à parité fixe avec le dollar depuis sa création en 1949 par les Français (un dollar vaut environ 177 francs Djibouti) ainsi que d’un réseau bancaire inséré dans le système international. Et le pays n’est pas sans richesses naturelles connues : sel, ciment, perlite, géothermie, vent, soleil. Sans oublier son potentiel touristique et artisanal comme ses ressources halieutiques qui, alliées à ses possibilités agropastorales, peuvent contribuer à sa sécurité alimentaire. Il peut aussi compter sur un capital humain à large majorité jeune qui, formée ou mieux formée, est capable de jouer pleinement son rôle dans un développement économique durable. Enfin, sa position géographique privilégiée, qui l’adosse à un arrière-pays qui s’étend au-delà de l’Éthiopie enclavée, confère à Djibouti une vocation de place commerciale et financière.

Les Djiboutiens n’aspirent qu’à travailler, vivre décemment et jouir des droits et libertés fondamentaux que leur garantit la Constitution, laquelle adhère aux valeurs universelles de la démocratie.

C’est dire si Djibouti a les atouts nécessaires pour devenir un pays apaisé et un partenaire fiable et stable dans une région particulièrement troublée.

Une économie sous-développée et sous emprise présidentielle

Djibouti présente, néanmoins, les caractéristiques d’une mal-gouvernance économique et d’un sous-développement inhérent. L’économie djiboutienne est duale car elle comporte, à côté du secteur formel, une large composante informelle qui consiste en des micro-activités de subsistance et fait survivre la majorité de la population. Le secteur formel est dominé par des revenus de rente, tirés des ports ainsi que des bases et contingents militaires étrangers. L’économie djiboutienne est très peu diversifiée puisqu’elle est dominée par les activités du secteur tertiaire à hauteur de 77 % du PIB et 60 % de la population active, l’industrie et l’agriculture ne concourant à la richesse intérieure que pour 19 % et 4 % respectivement. Le tertiaire se répartit entre les transports, les télécommunications, le commerce, le tourisme et les activités bancaires. Il a pour principal pôle les activités portuaires et celles des services connexes de commerce, de manutention, de transport et de logistique. La balance commerciale est structurellement déficitaire : les exportations sont faibles contrairement aux importations (hydrocarbures, produits alimentaires et biens d’équipement). Ces importations créent une sensibilité des prix aux fluctuations des marchés internationaux, ce qui, aggravé par des pratiques commerciales trop souvent monopolistiques, rend la vie très chère.

Autre triste caractéristique, l’économie djiboutienne est sous la mainmise du chef de l’État, Ismaël Omar Guelleh et de sa famille, qu’il s’agisse du secteur privé ou du public. Directement ou indirectement, les activités économiques sont contrôlées par le pouvoir en place.

Cette gestion vaut à la République de Djibouti d’être classée 155ème sur 189 pays au classement de Doing Business (recul d’un point par rapport à 2014). Le pays est ainsi classé 163ème pour la création d’entreprise, 171ème pour l’exécution des contrats, 176ème pour le raccordement à l‘électricité et 180ème pour l’accès au crédit. Autre conséquence de la mauvaise gestion, l’endettement public atteint 60 % du PIB et progresse chaque année de 10 %. Il est dû pour beaucoup à des prêts non-concessionnels contractés auprès de la Chine. « La dette extérieure contractée et garantie par l’État devrait culminer à environ 81 % du PIB en 2017-18 », selon le FMI dans un communiqué de presse publié le 27 février 2015. La corruption n’est pas étrangère à cet endettement préoccupant dont les effets financiers et socio-économiques vont se faire cruellement sentir dans les toutes prochaines années (2017-2018) lorsque vont commencer les remboursements aux préteurs chinois des emprunts non-concessionnels et sans période de grâce, comme par exemple celui de 505 millions de dollars américains contracté au titre de la reconstruction du chemin de fer qui relie Djibouti à Addis-Abeba. Transparency International ne classe-t-elle pas Djibouti au 107ème rang sur 175 pays ?

Une misère sociale généralisée

Du fait de ce sous-développement économique et de cette mainmise présidentielle sur les revenus, le chômage dépasse le taux de 60 % de la population active et le pays connaît une trop grande pauvreté. La pauvreté relative frappe 80 % de la population et la pauvreté absolue 43 %.

À cela s’ajoutent un fort taux d’analphabétisme qui touche 54,5 % des adultes, un système éducatif qui dysfonctionne et de faible qualité ainsi qu’un système de santé largement défaillant.

D’où le contraste saisissant entre l’opulence du régime et la misère du peuple.

D’où également le classement peu enviable de 170ème sur 187 pays à l’Indice de développement humain (IDH) en 2014.

Un espace politique et civil verrouillé

À Djibouti, le parti du président Ismaël Omar Guelleh, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), ancien parti unique, est au pouvoir depuis l’indépendance en 1977. De 1977 à 1999, le pouvoir sans partage est exercé par le président Hassan Gouled Aptidon (décédé en novembre 2006), auquel succède en mai 1999 son neveu et chef de la sécurité, Ismaël Omar Guelleh. Cette succession est rendue possible par un hold-up électoral commis en avril 1999 au détriment du candidat de l’opposition et figure de l’indépendance, Moussa Ahmed Idriss, qui s’est depuis lors retiré de la vie politique.

Le président Ismaël Omar Guelleh rassemble l’ancien parti unique, devenu coquille vide de l’aveu même du régime selon un rapport interne en 2012, et quelques fantomatiques formations satellites, pour former l’Union pour la majorité présidentielle (UMP). Puis il systématise, davantage encore, le pouvoir, contrôlant sans limites les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif.

Cette situation politique explique que les élections n’aient jamais été ni libres, ni transparentes à Djibouti et que l’opposition ait toujours été maintenue loin de la gestion du pays. Les dernières élections législatives du 22 février 2013 ont vu la victoire de l’opposition (à hauteur de 80 % des suffrages exprimés) non reconnues par le régime. Après près de deux ans de crise post-électorale, marquée par une dure répression, l’Union pour le salut national (USN), coalition des sept partis djiboutiens d’opposition, et le gouvernement ont signé un accord-cadre politique le 30 décembre 2014. À ce titre, l’USN a eu la sagesse de renoncer à ses 52 sièges (sur les 65 que compte l’Assemblée nationale), se contentant des dix députés que le régime a bien voulu lui reconnaître. Ces quelques députés de l’opposition, les premiers depuis l’indépendance, ont commencé à siéger en janvier 2015 après près de deux ans de boycott. En échange de cette grande concession, l’opposition a obtenu l’engagement du pouvoir à procéder, outre le rétablissement dans leurs droits des personnes lésées au cours de la répression post-électorale, à des réformes démocratiques effectives, réformes au premier rang desquelles une Commission électorale nationale indépendante paritaire et un statut de l’opposition. L’accord prévoit aussi le renforcement de la décentralisation et l’amendement de la loi sur la communication pour permettre la libre création de médias indépendants. Mais cet accord-cadre est resté lettre morte et le risque est d’autant plus grand que la crise s’amplifie à l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2016, risque d’autant plus élevé que la jeunesse est désespérée.

Ce verrouillage politique s’accompagne d’un verrouillage civil. Ainsi, le paysage médiatique se réduit à une radio, une télévision et un journal, tous gouvernementaux. L’autorisation d’émettre est systématiquement refusée aux médias audiovisuels indépendants. C’est la radio en ligne La Voix de Djibouti (LVD) qui a reçu le dernier refus d’émettre sur le territoire djiboutien du ministère de la Communication, le 11 mai 2015. De même, la société civile ne peut pas se développer. Aucune association ne peut agir sans être inféodée, d’une manière ou d’une autre, au régime. Quant au mouvement syndical, il n’a point droit de cité, toute tentative d’action syndicale étant combattue par le régime.

Point étonnant alors que, pour la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) classe Djibouti au 170ème rang sur 180 pays en 2015, classement en recul d’un point par rapport à 2014.

Les relations diplomatiques compromises par le régime

Le régime nuit aussi aux intérêts des partenaires de Djibouti. Ainsi, il trahit ses engagements envers les partenaires stratégiques occidentaux tels que la France, les États-Unis ou le Japon en se jetant dans les bras de la Chine rivale ou en faisant les yeux doux aux non moins rivaux Russes. Le président Guelleh ne cache pas son intention d’accorder une base militaire à la Chine, qui crible déjà le pays de dettes, et d’assurer ainsi à Pékin une suprématie locale, que sa présence militaire renforcerait d’un statut de détentrice des principaux actifs djiboutiens si le pouvoir corrompu et incompétent de Guelleh ne parvenait pas à rembourser sa dette publique envers elle, hypothèse largement probable. D’autant que Guelleh a déjà réussi à compromettre le partenariat stratégique avec les Émirats arabes unis, qui ont beaucoup investi dans le secteur portuaire djiboutien. Les Émiratis ont gelé leurs relations avec Djibouti en avril 2015, suite à un comportement violent du chef de l’armée de l’air djiboutienne à l’encontre d’un officiel Émirati, comportement qui a poussé la tension à son paroxysme.

Ce rapprochement inconsidéré avec la Chine, puissance anti-démocratique et de surcroît peu créatrice d’emplois et de revenus pour les Djiboutiens, est mal perçu par l’opinion publique.

Conclusion

La mauvaise gouvernance, le pouvoir sans partage et la misère sociale suscitent mécontentement et sentiment d’injustice, en particulier chez les jeunes qui représentent plus de 70 % de la population générale et qui ne se voient pas d’avenir sous ce régime.

Le désespoir des jeunes comme des moins jeunes est d’autant plus grand que les négociations pour la mise en œuvre de l’accord-cadre politique du 30 décembre 2014 entre l’opposition et le gouvernement sont dans l’impasse, ce qui éteint la lueur d’espoir qu’il a suscité quant à l’évolution de la situation et la possibilité d’une alternance démocratique.

Un tel contexte offre aux marchands de la mort et autres adeptes de la violence, présents dans la région, particulièrement en Somalie et au Yémen, deux pays voisins et aux liens forts avec Djibouti, un terreau fertile où ils peuvent semer leur discours de haine, de violence destructrice et de chaos.

C’est dire si Djibouti, où l’élection présidentielle prévue pour avril 2016 ne s’annonce ni libre ni transparente, encourt de lourds risques de chaos si le président Guelleh continue de mépriser et de museler l’opposition comme le peuple djiboutien.

Avant qu’il ne soit trop tard, les puissances qui ont des intérêts à Djibouti, et particulièrement la France et les États-Unis, doivent prendre leurs responsabilités. Elles doivent user de leur influence auprès du président Guelleh et aider les Djiboutiens à échapper au scénario du pire.

Dans une région qui brûle de toutes parts (Yémen, Somalie, tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée, etc.), et dans un pays à population fortement jeune et désespérée, le régime du président Guelleh, néfaste à tous égards et rejeté par l’immense majorité des Djiboutiens, constitue une menace, à la fois pour le pays et pour ses partenaires stratégiques, que la communauté internationale ne peut pas sous-estimer. Il ne peut plus être traité comme si de rien n’était.

10/11/2015 (Brève 511) Djibouti attendu au tournant démocratique (Article publié par Contrepoints. (Signé Paul Laroche)

Lien avec l’article : https://www.contrepoints.org/2015/11/10/228518-djibouti-attendu-au-tournant-democratique.

Le vent de la contestation souffle de plus en plus fort à Djibouti et la réaction du pouvoir ne s’est pas fait attendre. En quête de dialogue avec le président Ismaël Omar Guelleh, l’opposition désespère de trouver un terrain d’entente malgré un compromis politique couteux en 2013. Presque trois années plus tard, la pression repart à la hausse et le pouvoir multiplie les arrestations afin de couper l’élan d’un mouvement qui pourrait le faire vaciller. Djibouti est-il sur la mauvaise pente ?

Par Paul Laroche.

Ne nous le cachons pas, beaucoup de pays africains ne s’honorent pas par le respect de la démocratie et des droits de l’homme. Le petit État de Djibouti bordé par le Golfe d’Aden ne fait malheureusement pas exception malgré l’espoir d’un dialogue national renouvelé suite à des élections législatives en 2013 qui avait vu la percée historique de l’opposition. En place depuis 1999, le président Ismaël Omar Guelleh semble bien vouloir se représenter en 2016 pour effectuer un quatrième mandat. Une possibilité qui suscite l’indignation de ses adversaires politiques qui pour certains sont arrêtés et détenus au mépris des règles de droit. La tension monte à Djibouti et la violence de la réaction du pouvoir peut faire craindre un embrasement généralisé à moyen terme. Une hypothèse aux résultats contreproductifs pour un pouvoir qui cherche à renforcer encore sa mainmise sur l’État.

Face à un nouveau regain de tensions politiques, L’Association Française d’Amitié et de Solidarité avec les Peuples d’Afrique (AFASPA) a adressé un courrier au président djiboutien, mais aussi au président Français afin que cessent « les violations diverses des droits de l’homme perpétrées par les militaires et les forces de police Djiboutiennes sur des bases ethniques, tribales et familiales, à l’encontre des personnes dont le seul délit est d’avoir un lien plus ou moins lointain avec des membres du Front pour la Restauration de l’Unité et de la Démocratie (FRUD) ».

Opposé militairement aux forces de l’ordre djiboutiennes, le FRUD constitue une épine dans le pied d’un président qui souhaite disposer d’une liberté totale dans son pays. Des opérations coup de poing sont parfois menées par l’un ou l’autre des protagonistes sans que la paix ne soit mise sur l’autel de la réconciliation nationale. Depuis le 3 octobre, ce sont les forces loyalistes qui sonnent la charge avec des arrestations de civils dont le seul crime est d’être liés familialement avec des membres du FRUD. Une campagne de terreur dénoncée par l’AFASPA après les premières révélations de la Ligue djiboutienne des droits de l’homme. Plusieurs dizaines de personnes auraient été arrêtées à ce jour dont une quinzaine de femmes.

La justice djiboutienne doit rapidement faire la lumière sur ce qui ressemble de plus en plus à une tentative d’intimidation par le pouvoir, même s’il est encore trop tôt pour cerner tous les tenants et les aboutissants de cet épisode peu glorieux. À un an des élections présidentielles auxquelles le président Guelleh ne peut pas se présenter si la Constitution reste la même, l’affaire fait grand bruit au sein d’une société djiboutienne qui voit avec inquiétude la montée des tensions. Sur le plan international, l’image d’Ismaël Omar Guelleh pourrait s’en ressortir ternie surtout que cela survient quelques semaines après le refus présidentiel de se présenter devant la justice britannique (en qualité de témoin) pour faire la lumière dans le procès Boreh.

Djibouti est à un tournant de son histoire. Soit toutes les parties en présence font preuve de responsabilité et cessent les actions qui engendrent la violence, soit une dérive autoritaire sans précédent et des contestations violentes pourraient éclater dans un pays où la stabilité est recherchée par les grandes puissances qui disposent notamment de bases militaires. En effet, la situation géographique tout à fait exceptionnelle de Djibouti en font un théâtre de manœuvres militaires bien plus importantes que ne le suggère la puissance intrinsèque du pays.

31/10/2015 (Brève 499) Au travers « d’indiscrétions » et de communiqués de presse, un informateur, qui nous transmet cette information, a appris l’ahurissante passation de marché gré à gré, pour la gestion de l’espace aérien de la république de Djibouti. (Info lecteur).

Dans un communiqué diffusé sur internet, la société Hadid International Aviation précise qu’« en raison de l’augmentation du nombre de vols au-dessus et à l’atterrissage dans le pays principalement en raison de la situation politique dans la région, Hadid International Services a été approché et désigné par l’Autorité de l’Aviation Civile de Djibouti pour gérer le contrôle de l’espace aérien ».

Hadid International Aviation Services, prestataire de service Émirati de navigation aérienne (PSNA), fondée par Baha Hadid en 1981, obtient (dans la plus grande discrétion) l’exclusivité du contrôle aérien, à savoir : le contrôle d’approche de(s) aérodrome(s) et aéroport(s) ; la délivrance des droits d’atterrissage ou de décollage ; la perception des redevances aéroportuaires ; ainsi que la gestion de l’espace aérien national (communication/navigation/surveillance/information aéronautique).

Généralement, l’exclusivité du contrôle aérien est confié, pour des raisons de sûreté et de souveraineté, à un service public ou à une entreprise appartenant à l’État.

Cette énième entorse aux procédures de passation des marchés publics survient dans le cadre de plusieurs scandales qui ont éclaboussé les autorités djiboutienne depuis son adhésion, en 1982, à l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI). Le 29 mars 2010, suite à un audit, l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI), contacte dans un rapport “cinglant” : « l’absence à Djibouti de tout code juridique de l’aviation civile et le non-respect des critères et normes internationaux ».

30 ans après son adhésion à l’OACI, le 01 mars 2012 sera finalement promulguée : la Loi n°152/AN/11/6ème L portant Code de l’Aviation Civile.

Le 30 avril 2015, dans un article intitulé “Chaos in tower, danger in skies at base in Africa”, le Washington Post, affirme que “l’espace aérien de Djibouti est devenu dangereux pour les pilotes de l’US Force” à cause de “contrôleurs aériens qui dorment sur leur lieu de travail”. Dans un communiqué en date du 05 mai 2015, dénonçant “les accusations mensongères d’une presse à sensation”, le gouvernement djiboutien, quant à lui, affirme que “les contrôleurs aériens reçoivent des formations régulières à l’étranger dans des centres de formations agréés et les licences qui leurs délivrées sont en conformité avec la réglementation de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI)”. la sous-traitance des missions de l’État par des organisations non-gouvernementales ;

  • la partialité de l’administration publique à l’égard de certains contrôleurs (tribalisme) ;
  • l’absence de promotion par le mérite ;
  • l’impunité ;
  • la politisation des emplois ;
  • la gestion non orthodoxe des finances publiques ;
  • la corruption ;
  • la violation délibérée des instruments juridiques nationaux et internationaux (Convention de Chicago) ;
  • l’incivisme ;

tous réunis sous le vocable de mal gouvernance et auxquels on pourrait rajouter bien d’autres, qui font le lit à un État failli, sont malheureusement à l’origine du mal être de l’aviation civile djiboutienne.

Il ne suffit pas de se doter d’une Autorité de l’Aviation Civile (Loi n°108/AN/10/6ème | Décret n°2015-272/PR/MET) pour que celle-ci fonctionne.

Il faudrait non seulement des dirigeants, mais surtout des dirigeants agissant selon les principes d’organisation et de fonctionnement de l’État. Il apparaît tout à fait clairement à la lecture du communiqué de Hadi, malgré l’« attitude » de façade, exhibée aux yeux de la Communauté Nationale, les autorités djiboutiennes tentent de satisfaire la presse américaine.

En tentant ainsi de décapiter le métier de “contrôleur aérien”, le régime actuellement en place à Djibouti, nous démontre sa fragilité d’« État défaillant », incapable d’assurer sa mission essentielle de développement économique et social de formation; de garant de la sécurité; de la surveillance de l’espace aérien.

A cette fin, toujours égal à lui-même, dans le seul but d’étouffer toute contestation syndicale ou associative qui naîtrait de l’application de cet accord, le 20 octobre 2015, le régime dictatorial interdit à l’Association Professionnelle des Contrôleurs de la Circulation Aérienne (APCCAD), de célèbrer la Journée Mondiale du Contrôleur Aérien.

02/02/2015 (Brève 449) Selon un article de LOI, la partie gouvernementale ne se précipiterait pas pour appliquer les différentes résolutions inscrites dans l’accord-cadre du 30 décembre 2014

Confirmant les craintes que nous avions exprimées dans nos articles précédents, LOI précise que si l’opposition a mis en application les résolutions de l’accord-cadre du 30 décembre (fin des manifestations, participation de ses élus à l’A.N.,..), il n’en est pas de même du côté du Gouvernement.

Parmi les points qui auraient du être appliqués et qui ne le sont toujours pas, LOI cite :
– la réintégration des députés de l’USN et le paiement de leurs arriérés,
– l’amnistie des trois religieux,

– la restitution de la caution payée pour les élections de 2013,

Parmi les points dont l’application a pris du retard :
– la commission paritaire en charge de proposer un accord pour la création d’une CENI indépendante et pour préciser le statut de l’opposition. Elle aurait du se réunir immédiatement après la signature de l’accord et ce n’est que le 21 janvier qu’elle a commencé les travaux qui devraient être achevés le 21 février (30 jours)

Parmi les seuls points appliqués :
– la restitution des passeports qui avaient été confisqués aux dirigeants de l’USN,
– la retransmission sur la RTD de certains événements organisés par l’opposition

Lire l’article (payant) sur LOI : IOG joue au chat et à la souris avec l’USN
______________________ Note de l’ARDHD
Bien qu’il soit encore un peu tôt pour en tirer des conclusions définitives, il semble que le régime de Guelleh ne soit pas encore disposé à accepter des concessions démocratiques de base ….

27/07/2014 (Brève 422) L’équipe de l’ARDHD souhaite à toutes les Djiboutiennes, à tous les Djiboutiens et à tous les musulmans, une très bonne fin de ramadan.

Alors que le mois béni du ramadan va s’achever dans les prochaines heures, l’équipe de l’ARDHD souhaite à tous les musulmans une très bonne fête pour célébrer la fin de ce mois de prère et de privation.

Elle a une pensée particulière pour toutes celles et tous ceux qui souffrent, d’abord à Djibouti, sous la férule du régime dictatorial, puis en Ethiopie où survivent de nombreux réfugiés et enfin dans toutes les zones où les populations civiles, souvent sans défense, subissent de plein fouet, des attaques militaires disproportionnées.

Elle souhaite que ce mois de prière puisse contribuer à ramener la paix et la justice, partout dans le monde et en particulier dans les pays dominés par des dictateurs sans foi ni loi et dans les zones de guerre.

19/03/2014 (Brève 375) Guelleh assure “son” avenir ! Compterait-il se faire réélir jusqu’en 2035 ? Oui si l’on croit cette information publiée sur le site Afriquinfo à partir de l’agence chinoise XINHUA. Encore de la communication “poudre aux yeux”. Pour masquer la misère dans laquelle il a plongé volontairement le pays, il fait croire que cela ira mieux … en 2035 !

Djibouti adopte un projet de développement à long terme “Vision Djibouti 2035”

DJIBOUTI (Xinhua) – Le gouvernement djiboutien, réuni mardi en conseil des ministres, a adopté le projet “Vision Djibouti 2035” relatif à l’orientation de la politique nationale djiboutienne de développement sur le long terme.

Il s’agit, selon un communiqué du gouvernement djiboutien, d’ une réflexion prospective globale sur l’avenir du pays dans laquelle s’inscriront désormais la planification stratégique et les stratégies de développement à court et moyen termes.

Ce document élaboré sur la base d’une approche participative est essentiellement fondée sur une articulation entre les aspirations des populations, les enjeux et défis majeurs et le scénario désiré de développement à long terme en République de Djibouti.

Selon le porte-parole du gouvernement djiboutien, Mahmoud Ali Youssouf, qui s’est exprimé devant la presse, l’élaboration de ce document important reflète l’oeuvre d’un consensus national dans lesquelles les intervenants ont permis de réfléchir sur le renforcement de la stratégie djiboutienne de développement durable et de construire une société meilleure.

Il a indiqué par ailleurs que cette stratégie, qui va servir de cadre de référence aux actions futures, a été bâtie sur cinq piliers principaux qui sont la paix et l’unité nationale, la bonne gouvernance, une économie persifié et compétitive, la consolidation du capital humain et l’intégration régionale.

Ce projet ambitieux couvre à la fois l’aspect économique mais aussi social et prend en compte des secteurs porteurs tels que l’ Education, le Tourisme, la Pêche, les Nouvelles Technologies et l’ Industrie avec des projets structurants.

“Ces grandes orientations de cette étude prospective vont permettre au pays de poursuivre les objectifs d’une véritable politique de développement à long terme et tendre vers une ère de prospérité et de bien être”, a-t-il dit.

Pour M. Mahmaoud, la réalisation de ce programme de développement qui concerne l’ensemble des Djiboutiens s’inscrit dans le cadre d’une consolidation des bases de la construction économique, sociale et spatiale. Elle permettra surtout la réalisation des fortes avancées dans tous les domaines afin de faire de notre pays, un pays émergent.

En vue de concrétiser ce nouveau modèle de croissance, la ” Vision Djibouti 2035″, dont la coordination et le suivi des actions sera assuré par le Conseil Supérieur de Planification, présidé par le président de la République, sera opérationnalisé à travers des plans d’actions quinquennaux.

Cette approche consultative et participative a été conçue, selon le porte-parole du gouvernement djiboutien, pour permettre de consolider le processus de développement de Djibouti pour offrir aux futures générations un pays prospère.

“C’est une vision qui ambitionne de faire du pays un pôle économique, commercial et financier régional et international”, a- t-il conclu.

24/09/2012 (Brève 028) Sortie de piste pour la Vache qui rit ? (selon LOI)

Selon une dépêche, qui est à lire sur le site de LOI, Dileita serait positionnée vers la sortie de route… Il a déjà été remplacé à la vice-présidence du RPP par le ministre de la défense, Abdoulkader Kamil Mohamed.

Mauvais présage, diront les observateurs !!

A quand la chute finale ? Selon les mêmes observateurs, son départ de la primature ne saurait tarder … ! Wait and see (attendre et voir).

Va-t-il rejoindre l’opposition en créant son propre parti avec quelques brebis égarés et de préférence du style caméléon (un coup avec Guelleh, un coup contre lui).

Nous espérons quand même qu’il ne se retirera pas définitivement, car ce serait dommage de perdre un homme aussi énergique, qui avait autant de convictions personnelles. Son charisme et sa force de persuasion resteront inégalés … !! Ou l’inverse, qui sait ?

En tout cas, à l’ARDHD nous sommes fort attristés parce qu’il va falloir le remplacer à la Présidence de l’Ordre des Brosses à Reluire, dont il ouvrait toujours les séances avec quelques mots courtois de bienvenue, avant de s’éclipser pour aller cueillir ses fraises préférées au PK 20 ou faire une bonne sieste… au sujet de laquelle, par souci de respecter sa vie privée et ses éventuelles frasques, nous ne dévoilerons rien.