12/10/2012 (Brève 036) Communiqué de SURVIE, sous la signature de son Président, à propos de la viste de François Hollande pour le sommet de la Francophonie. (Tribune publiée sur Mediapart)

11 octobre 2012 par Fabrice Tarrit

Tribune publiée sur Mediapart.

Après quelques atermoiements et une déclaration supposée offensive sur l’absence de démocratie en RDC destinée à atténuer d’éventuelles critiques, François Hollande se rendra samedi à Kinshasa pour participer au sommet de l’OIF. Avec pour enjeu, sous couvert de promotion de la langue française et des valeurs républicaines, l’affirmation de la domination économique, politique et militaire de la France vis à vis de ses « partenaires » africains.

En langue de bois, la langue la plus courante dans les enceintes diplomatiques, « dictateur » se dit « chef d’Etat élu au terme d’un scrutin entaché de quelques irrégularités », se compromettre avec des régimes corrompus et répressifs se défend par la volonté de « ne pas pratiquer la politique de la chaise vide ». « État en déliquescence et en proie à la violence » se dit « Etat fragile » ou, si l’on veut se montrer un peu plus offensif, « Etat où la situation de la démocratie et des droits de l’Homme est inacceptable ».

En acceptant de participer au sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie de Kinshasa, et donc de se rendre sur les terres de Joseph Kabila, l’un des pires dictateurs du continent, imposé par les armes, la répression des opposants et la violation des urnes (à l’exemple de la mascarade électorale de novembre 2011), le Président de la République semble cependant bien enterrer définitivement ses promesses d’en finir avec le système de la Françafrique. Ce ne sont pas sa petite déclaration sur l’état des droits de l’Homme en RDC et quelques aménagements cosmétiques affichés dans le programme du déplacement présidentiel (escales à Dakar, rencontre d’opposants congolais) qui atténueront le choc du symbole. Celui de voir une nouvelle fois un chef de l’Etat français s’afficher aux côtés d’un parterre de chefs d’Etat supposés unis par une langue en partage, quand le terreau commun d’un bon nombre d’entre eux est la corruption et l’oppression, dans le cadre d’un Sommet de l’organisation porte-étendard de l’influence française qu’est la Francophonie.

De simple agence de coopération culturelle et technique (ACCT), en 1970, l’Organisation internationale de la Francophonie s’est muée de sommet en sommet en enceinte politique, avec la nomination d’un secrétaire général, l’adoption d’une Charte et un élargissement constant à des pays comptant parfois très peu de locuteurs français mais qui voient un grand intérêt à intégrer l’amicale des chefs d’Etat francophones, espace de solidarité politique à défaut d’être un vrai outil d’échange culturel et linguistique.

Malgré l’adoption de textes sur la défense de la démocratie, à l’instar de la déclaration de Bamako de 2000, l’OIF a en effet servi tout au long de son existence à conforter des dictateurs en place, tenant ses sommets à Brazzaville ou à Ouagadougou, envoyant des délégations complaisantes « observer » certaines élections (160 missions sur une vingtaine d’années, dont bien peu ont nourri la chronique pour leur esprit critique, à l’exemple de la caution apportée en octobre 2011 à l’élection présidentielle au Cameroun) ou acceptant dans ses rangs des dictateurs anglophones isolés politiquement.

Parmi les volets moins connus de l’activité de l’OIF figure également la « prévention des conflits », consacrée par la déclaration de Saint-Boniface, adoptée par l’OIF en mai 2006. Présenté comme un secteur de plus en plus stratégique pour cette organisation lors d’un colloque de l’OIF en 2009 à l’IRIS, s’appuyant principalement sur des activités de formation, ce glissement militaire de la Francophonie fait surtout redouter un nouvel habillage multilatéral de l’interventionnisme militaire français, en supplément des cadres onusien, européen (Eufor) ou de dispositifs comme RECAMP.

Ce déplacement intervient dans un contexte d’accélération du positionnement de l’exécutif français sur le terrain des relations franco-africaines, avec pour point focal la crise au Mali, qui alimentera à n’en pas douter les échanges formels et informels entre la délégation française et les chefs d’Etat africains présents à Kinshasa. Il serait à cet égard intéressant de savoir si le Président de la République osera parler de « situation des droits de l’Homme inacceptable » dans un pays comme le Tchad, dont la France négocie le soutien militaire à une intervention au Mali.

François Hollande et son gouvernement auront donc réussi l’exploit de s’approprier en quelques mois seulement toutes les composantes diplomatiques, politiques, monétaires et militaires de la Françafrique. Le terrain économique avec la promotion des intérêts d’Areva auprès du président nigérien Issoufou, reçu 11 juin dernier. Le terrain politique et diplomatique, avec les déplacements de ministres français au Tchad et au Burkina Faso fin juillet et l’accueil à l’Elysée d’Ali Bongo, Alassane Ouattara et Blaise Compaoré en l’espace de deux mois. Le volet militaire, avec pour point d’orgue l’activisme français dans les couloirs de l’ONU à New York pour imposer une intervention militaire dans le Sahel pilotée par la France. Et bien sût le volet monétaire, avec la célébration à Paris des 40 ans du franc CFA le 5 octobre dernier.

Ne manquait plus qu’un sommet de l’OIF pour, le temps d’une petite photo de famille, d’un discours de circonstance sur les valeurs et les droits à défendre (il est toujours utile d’animer un peu les repas de famille) et de quelques échanges avec des associations et opposants, continuer d’apporter du crédit à une organisation supposée linguistique qui n’a toujours été qu’un outil d’influence.

En langue de bois diplomatique, il est certes plus convenable de dire « Francophonie » que « Françafrique ».

Fabrice Tarrit,
président de l’association Survie

10/05/2012 (B655) Survie / Billets d’Afrique n°213 de mai 2012 / La démocratie en deuil (Sous la plume de Laurence Dawidowicz). Article repris sur notre site avec l’aimable autorisation de la rédaction.

SurvieDepuis plusieurs années
de nombreuses alertes
ont été lancées auprès de
nos lecteurs dans Billets
d’Afrique pour appeler à
la libération de Jean-Paul
Noel Abdi et alerter l’opinion
française sur la répression
s’abattant sur l’opposition et
sur les défenseurs des Droits
de l’homme à Djibouti.

Bien avant l’indépendance
(obtenue en 1977), Jean-Paul
Noel Abdi s’était engagé dans
le mouvement indépendantiste, au sein
de la Ligue populaire
Africaine pour
l’indépendance (LPAI). Il avait ensuite
été élu député lors de la première
législature du 8 mai 1977 et réélu à trois
reprises, jusqu’en 1997, date à laquelle
il avait rompu avec fracas ayant perdu
toute confiance dans son gouvernement.

D’ailleurs dès 1996, il avait cofondé
un groupe d’opposition à l’Assemblée
nationale djiboutienne.

Plus tard, en 1999, en pleine période de
guerre civile, il a créé la Ligue djiboutienne
des Droits de l’homme (LDDH) dont
il devint le président, rattachée à la
Fédération internationale des Droits
de l’homme.

Dès sa prise de fonction
il fut victime d’une grenade lancée par
les agents du nouveau régime d’Ismaël
Omar Guelleh car il avait dénoncé des
exécutions et autres sévices à l’encontre de
victimes civiles à Meldeho.

Un acte lâche
qui, loin de le décourager, a fait l’effet
inverse.

Ainsi, il réussit à convaincre les
instances parlementaires européennes
de la répression et dénonça avec force
l’emprisonnement, le 23 septembre 1999,
du candidat de l’Opposition djiboutienne
unifiée, Moussa Ahmed Idriss et de
plusieurs membres de sa famille.

Jean-Paul Noel Abdi s’est constamment
battu pour la liberté et la démocratie en
république de Djibouti où n’existent
qu’une seule radiotélévision gouvernementale,
qu’un seul journal gouvernemental,
qu’un seul parti UMP, à
l’Assemblée nationale et aux «conseils
régionaux», qu’un seul syndicat
gouvernemental.

Il dénonçait la corruption, les arrestations
et incarcérations arbitraires, la torture en
Djibouti citant avec grande précision les noms des
victimes comme des tortionnaires, les
dates et lieux des exactions, précisait les
responsabilités des plus hautes autorités
du pays. Il visitait les prisonniers
politiques et se battait pour qu’ils soient
jugés et non détenus «provisoirement»
pendant des années.

Ses derniers combats ont eu pour
objet d’obtenir la libération des
opposants politiques et des journalistes
d’opposition (notamment Farah Abadid
Hildid et Saîd Houssein Robleh) mais
aussi pour réclamer la libération du juge
Mohamed Cheick Souleiman, incarcéré
pour avoir prononcé des non-lieux au
bénéfice de manifestants arrêtés lors de
manifestation contre la candidature du
président de la République IOG pour un
troisième mandat, violant la constitution
(Jean-Paul avait accueilli et guidé une
mission d’Avocats sans frontières venue
le soutenir).

Cela lui avait valu un harcèlement
judicaire quotidien et de multiples
incarcérations mais il refusait de
renoncer à ses activités de défense des
droits humains.

Plusieurs fois, les appuis
des organisations internationales dont
il était membre comme la Fédération
internationale des Droits humains,
l’Observatoire des Défenseurs
des Droits de l’homme, l’Union
interafricaine des Droits de l’homme,
avaient soutenu les alertes de nos
réseaux pour obtenir sa libération.

Son avocat, Maître Tubiana a plusieurs
fois été empêché d’aller plaider lors
de ses procès.

Nos pressions ainsi que celles
de l’Association pour le Respect
des Droits de l’homme à Djibouti
s’adressaient aussi au gouvernement
français, soutien du pouvoir en place
à Djibouti, sans rupture ni état d’âme.

Notre vigilance restera en éveil mais
Jean-Paul Noel Abdi n’est plus, il s’est
éteint des suites d’une grave maladie.

Les hommages de toute l’opposition
politique appellent à poursuivre la
lutte pour rester digne de lui.

Laurence Dawidowicz

10/05/2012 (B655) Survie / Billets d’Afrique n°213 de mai 2012 / La démocratie en deuil (Sous la plume de Laurence Dawidowicz). Article repris sur notre site avec l’aimable autorisation de la rédaction.

SurvieDepuis plusieurs années
de nombreuses alertes
ont été lancées auprès de
nos lecteurs dans Billets
d’Afrique pour appeler à
la libération de Jean-Paul
Noel Abdi et alerter l’opinion
française sur la répression
s’abattant sur l’opposition et
sur les défenseurs des Droits
de l’homme à Djibouti.

Bien avant l’indépendance
(obtenue en 1977), Jean-Paul
Noel Abdi s’était engagé dans
le mouvement indépendantiste, au sein
de la Ligue populaire
Africaine pour
l’indépendance (LPAI). Il avait ensuite
été élu député lors de la première
législature du 8 mai 1977 et réélu à trois
reprises, jusqu’en 1997, date à laquelle
il avait rompu avec fracas ayant perdu
toute confiance dans son gouvernement.

D’ailleurs dès 1996, il avait cofondé
un groupe d’opposition à l’Assemblée
nationale djiboutienne.

Plus tard, en 1999, en pleine période de
guerre civile, il a créé la Ligue djiboutienne
des Droits de l’homme (LDDH) dont
il devint le président, rattachée à la
Fédération internationale des Droits
de l’homme.

Dès sa prise de fonction
il fut victime d’une grenade lancée par
les agents du nouveau régime d’Ismaël
Omar Guelleh car il avait dénoncé des
exécutions et autres sévices à l’encontre de
victimes civiles à Meldeho.

Un acte lâche
qui, loin de le décourager, a fait l’effet
inverse.

Ainsi, il réussit à convaincre les
instances parlementaires européennes
de la répression et dénonça avec force
l’emprisonnement, le 23 septembre 1999,
du candidat de l’Opposition djiboutienne
unifiée, Moussa Ahmed Idriss et de
plusieurs membres de sa famille.

Jean-Paul Noel Abdi s’est constamment
battu pour la liberté et la démocratie en
république de Djibouti où n’existent
qu’une seule radiotélévision gouvernementale,
qu’un seul journal gouvernemental,
qu’un seul parti UMP, à
l’Assemblée nationale et aux «conseils
régionaux», qu’un seul syndicat
gouvernemental.

Il dénonçait la corruption, les arrestations
et incarcérations arbitraires, la torture en
Djibouti citant avec grande précision les noms des
victimes comme des tortionnaires, les
dates et lieux des exactions, précisait les
responsabilités des plus hautes autorités
du pays. Il visitait les prisonniers
politiques et se battait pour qu’ils soient
jugés et non détenus «provisoirement»
pendant des années.

Ses derniers combats ont eu pour
objet d’obtenir la libération des
opposants politiques et des journalistes
d’opposition (notamment Farah Abadid
Hildid et Saîd Houssein Robleh) mais
aussi pour réclamer la libération du juge
Mohamed Cheick Souleiman, incarcéré
pour avoir prononcé des non-lieux au
bénéfice de manifestants arrêtés lors de
manifestation contre la candidature du
président de la République IOG pour un
troisième mandat, violant la constitution
(Jean-Paul avait accueilli et guidé une
mission d’Avocats sans frontières venue
le soutenir).

Cela lui avait valu un harcèlement
judicaire quotidien et de multiples
incarcérations mais il refusait de
renoncer à ses activités de défense des
droits humains.

Plusieurs fois, les appuis
des organisations internationales dont
il était membre comme la Fédération
internationale des Droits humains,
l’Observatoire des Défenseurs
des Droits de l’homme, l’Union
interafricaine des Droits de l’homme,
avaient soutenu les alertes de nos
réseaux pour obtenir sa libération.

Son avocat, Maître Tubiana a plusieurs
fois été empêché d’aller plaider lors
de ses procès.

Nos pressions ainsi que celles
de l’Association pour le Respect
des Droits de l’homme à Djibouti
s’adressaient aussi au gouvernement
français, soutien du pouvoir en place
à Djibouti, sans rupture ni état d’âme.

Notre vigilance restera en éveil mais
Jean-Paul Noel Abdi n’est plus, il s’est
éteint des suites d’une grave maladie.

Les hommages de toute l’opposition
politique appellent à poursuivre la
lutte pour rester digne de lui.

Laurence Dawidowicz

14/04/2012 (B652) Disparition de Jean-Paul Noël Abdi / Les condoléances de SURVIE, sous la signature de Laurence Dawidowicz, membre du bureau national

J’ai appris  ce matin par l’intermédiaire de l’ ARDHD le décès de Jean-Paul Noel Abdi , je le savais malade mais sa combativité toujours vive m’avait fait espérer …



J’ai eu la chance de le rencontrer lors d’un de ses passages en France, et son sourire remettait à leur juste place les pressions ,les incarcérations, les difficultés de tous ordres qu’il rencontrait au quotidien , bien loin derrière son combat pour les droits de l’Homme .



Mon association Survie avait du plusieurs fois soutenir des campagnes pour faire libérer Jean-Paul Noel , elle continuera à se mobiliser contre le dictateur et ses soutiens, aux cotés des Djiboutiens.



Nous nous associons aux condoléances envoyées à sa famille, ses proches, ses amis ,ses compagnons de lutte et souhaitons à tous bon courage pour être digne de lui et de ses engagements , pour continuer la lutte .

Bien sincèrement,

Laurence Dawidowicz .

01/03/2012 (B645) SURVIE / Génocide Rwandais : Invitation au colloque du Samedi 10 mars, 14h-18h30

Colloque « 18 ans après, la France et le génocide des Tutsi du Rwanda »
Samedi 10 mars de 14h00 à 18h30
Espace Jean Dame,
17 Rue Léopold Bellan, Paris,
M° Sentier/Réaumur/Halles
Organisé par Survie Paris Ile-de-France
avec le groupe Rwanda de Survie

Le 7 avril prochain verra le dix-huitième anniversaire du déclenchement du génocide des Tutsi au Rwanda. Le 10 janvier, le rapport d’expertise sur l’attentat du 6 avril 1994 remis aux juges Trévidic et Poux est venu rappeler à l’opinion publique que le génocide des Tutsi fait partie de l’histoire de notre pays.

L’implication française au Rwanda, au côté des génocidaires, se situe avant, pendant et après les 100 jours qui ont vu périr un million d’êtres humains. Une campagne négationniste a participé à brouiller les pistes et à rendre impossible la compréhension de la complicité de certains acteurs français. Aujourd’hui, des citoyens de plus en plus nombreux, et certains partis politiques, estiment que la poursuite d’un travail de justice et de vérité est essentielle à notre démocratie.

Chaque intervention de 25 minutes sera suivie de 15 minutes de débat avec la salle.
14h00 Introduction
14h15 : Raphaël Doridant de Survie, coauteur de « La complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda. 15 ans après, 15 questions pour comprendre » (L’Harmattan, 2009) : « La complicité française dans le génocide des Tutsi ».
14h55 : Jacques Morel de ‘France Rwanda génocide. Enquêtes, justice et réparations’, auteur de La France au cœur du génocide des Tutsi (L’esprit Frappeur/Izuba, 2010) : « François Léotard et le génocide des Tutsi ».
15h35 Pause et table de presse
15h50 : Mehdi Ba, auteur de « Rwanda un génocide Français » (L’esprit Frappeur, 1997) : « Manipulation autour d’un attentat » (en visioconférence depuis Dakar)
16h30 : Jean-François Dupaquier, auteur de « L’agenda du génocide. Le témoignage de Richard Mugenzi ex-espion rwandais », (Karthala, 2010) : « Le négationnisme du génocide des Tutsi : enjeux actuels ».
17h10 : Intervention de partis politiques sur leurs positionnements : un représentant d’Europe Ecologie les Verts, Jacques Fath responsable du secteur des relations internationales du PCF, un représentant du NPA (liste au 1.3.12).
17h40 : Débat
18h15 : Fin et table de presse

Pour en savoir plus, les derniers communiqués de Survie :
16.01.12, Revirement dans l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994, le mensonge ne paie plus http://www.survie-paris.org/genocid…
08.09.11, France-Rwanda : Le business dans les Grands Lacs contre une amnistie mutuelle de crimes imprescriptibles ? http://www.survie-paris.org/france-…
07.04.11, 17 ans d’impunité au « pays des droits de l’Homme », Survie et Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda http://www.survie-paris.org/nouvel-…

http://www.survie-paris.org/conference-debat-sur-genocide-des.html

13/12/2011 (B634) Survie : Des mercenaires en eau trouble (Rafik Houra) un article à lire sur la version papier du dernier Billets d’Afrique et d’ailleurs, n°208, décembre 2011, que nous publions avec l’aimable autorisation de la rédaction.

__________________________ Note de l’ARDHD

Les deux dépêches citées par l’auteur, dans cet article, peuvent être téléchargées en cliquant sur ce lien.
__________________________________________

Il y a un an, Wikileaks et
quelques partenaires de
la presse internationale
commençaient la publication
au compte-goutte de
télégrammes de la diplomatie
américaine.

A l’occasion
de cet anniversaire, nous
revenons sur l’un des tout
premiers câbles publiés par
le New-York Times, indexé 09DJIBOUTI113.

Le 30 novembre 2010, on apprenait
ainsi les conditions dans lesquelles
Blackwater avait projeté de se lancer,
au printemps 2009, dans la sécurité maritime.

La sulfureuse société de mercenaires
américaine avait racheté puis équipé le MV
McArthur pour en faire un navire de chasse
au pirates somaliens et vendre ses services
d’escorte aux navires commerciaux.
Le journal américain révélait surtout le
mode opératoire prévu par les mercenaires:
«Blackwater n’a aucune intention
d’arrêter des pirates, mais utilisera la
force meurtrière contre les pirates si
nécessaire».

Pas de quartier !


Il ressort du câble que Blackwater est
préoccupé à l’idée de faire des blessés
parmi les pirates: «Tout en affirmant que
le droit maritime international permet
l’utilisation de la force létale contre les
pirates, Blackwater reconnaît aussi la
nécessité de respecter les obligations
internationales en matière de Droits
de l’homme. Une préoccupation, par
exemple, est de savoir si Blackwater
serait responsable d’assister les pirates
blessés, si faire ainsi remettait en cause
la capacité de Blackwater à protéger
ses clients.»

Pas de quartier!?

Malgré
ses méthodes expéditives, début février
2009, Blackwater obtient l’assentiment
d’Hassan Saïd Khaireh, le grand patron de
la sécurité du président djiboutien, Ismaïl
Omar Guelleh. Finalement, alors que des
plaintes pour discrimination raciale et
excès d’autorité à bord du patrouilleur
McArthur étaient déposées, Blackwater
aurait renoncé à se lancer dans la lutte
contre la piraterie.

Mais comme l’a
souligné le journaliste Nicolas Gros-
Wikileaks
Verheyde sur son blog , le câble explique
que «pour les urgences médicales,
Blackwater a négocié l’accès à Bouffard,
l’hôpital militaire français de Djibouti»
et «Bruno Pardigon, directeur général
de la nouvelle Djibouti Maritime Security
Services (DMSS), fournira à Blackwater
un agrément»
.

Le franco-djiboutien
Bruno Pardigon a en effet obtenu, par
décret présidentiel du 12 février 2009
– donc quelques jours après l’entrevue
du représentant de Blackwater avec
Khaireh -, que les demandes d’agrément
en matière de sécurité maritime soient
traitées par DMSS.

Un second câble,
09DJIBOUTI1333, de novembre 2009,
donne les nouveaux tarifs pratiqués: $5000
au lieu de $15000/mois pour un permis
d’armes en simple transit.

Quant au statut
de DMSS, «Pardigon a facilement admis
que c’est une entreprise commerciale et
une opportunité pour faire de l’argent pour
lui et le gouvernement djiboutien, mais
il a été clair sur le fait qu’il n’est qu’un
intermédiaire pour le gouvernement.
Tous
les permis et autorisations sont signés
du conseiller national pour la sécurité
du président de Djibouti, Hassan Saïd
Khaireh.»

Interrogé sur le nombre de
licences délivrées, «Pardigon a déclaré
qu’il en délivre approximativement
quatre à cinq par mois»
, citant les
firmes anglo-saxones G4S, Secure West
et Trident Group.

À cette liste, selon
Intelligence Online (16 décembre 2010),
il faut ajouter Triskel. Enregistrée à
Londres et fondée en 2008 par Massimo
Cauci, un ancien légionnaire, cette société
emploie d’anciens nageurs de combat
français.

Le bureau djiboutien de Triskel
est dirigé par Gilles Capelle, un ancien
du Centre Parachutiste d’Entraînement
aux Opérations Maritimes, une branche
du service action de la DGSE. Pendant un
peu plus d’un an, un sergent de la marine
britannique, Craig Shaw, «dirigeait
une équipe de six hommes armés qui
embarquait sur les cargos des armateurs
clients de Triskel »
avant de se retrouver à
la tête de l’antenne britannique de Saracen
International et travailler pour le compte
du gouvernement de transition somalien
et des autorités du Puntland.

Selon le
rapport du Groupe de contrôle sur la
Somalie et l’Érythrée du 18 juillet dernier,
suite à des contacts entre les dirigeants de
Saracen International et Blackwater, le
patrouilleur McArthur, rebaptisé Eaton
et un second navire, le Seafarer, sont
exploités par Saracen (Sarrazin – sic). En
2010, les deux navires opéraient à partir
de Djibouti, avec une licence accordé
par DMSS et des armes à bord louées au
gouvernement djiboutien.

Pour le Groupe
de contrôle, les activités de Saracen en
Somalie et au Puntland sont une violation
délibérée de l’embargo sur les armes en
Somalie et pourraient «créer la force
militaire locale la mieux équipée de
toute la Somalie.» Devant les pressions,
Saracen a finalement suspendu ses
programmes en Somalie et au Puntland.

Rafik Houra

05/11/2011 (B629) Un scoop grâce à WikiLeaks et aux analyses de Survie : la France aurait toujours des revendications territoriales sur l’lot de Doumeira. Non ce n’est pas une plaisanterie et cela pourrait expliquer certaines situations et prise de position, qui étaient difficiles à comprendre. ‘Extrait de Billet d’Afriquee, la publication mensuelle de l’Association Survie » (publié avec son aimable autorisation)

Pour contacter l’Association Survie : http://www.survie.org

La France a-t-elle des
prétentions territoriales en mer Rouge ?

C’est ce que révèle l’examen des câbles diplomatiques américains divulgués par Wikileaks.

La France n’aurait pas renoncé à sa revendication sur l’île de Doumeira dans le détroit de Bab el Manded !

De quoi expliquer, outre l’affaire Borrel, les tensions entre Paris et Omar Guelleh.

______________________________ Article

Djibouti
La France a-t-elle des prétentions
territoriales en mer Rouge ?

C’est ce que révèle l’examen
des câbles diplomatiques
américains divulgués
par Wikileaks.

La France
n’aurait pas renoncé à sa
revendication sur l’île de
Doumeira !

De quoi expliquer,
outre l’affaire Borrel, les
tensions entre Paris et Omar
Guelleh.

Selon l’accord de défense conclu
à son indépendance en 1977, les
militaires français ont l’obligation
de défendre l’intégrité territoriale de
Djibouti.
A lire les télégrammes de la diplomatie
américaine, il apparaît que les Français
sont très mal à l’aise avec cet aspect des
accords de défense avec les pays du pré
carré.

Ce serait en fait la principale raison
de leur révision – imminente dans le
cas de Djibouti, (le Somaliland français
comme disent les Américains), surtout
dans un contexte de conflit frontalier
avec l’Érythrée.

Ces nouveaux accords
imiteront-ils le programme de coopération
américain?

Celui-ci ne prévoit en effet
aucun engagement militaire en faveur du
pays hôte mais seulement une meilleure
surveillance des frontières.

Malgré les rencontres hebdomadaires
entre le commandant de la base française
et l’ambassade américaine à Djibouti
(04DJIBOUTI869, 04DJIBOUTI1212),
la cohabitation n’est pas toujours simple:
«la présence des Chinois, Libyens, Russes,
Français et autres nations, avec une longue
histoire d’opérations d’espionnage, est
un indicateur clair que la probabilité du
lancement d’une telle attaque est plus
grande que jamais» (04DJIBOUTI291).

Rappelons qu’en avril 2008, un incident
frontalier meurtrier éclate entre Djibouti
et l’Érythrée. Officiellement, les militaires
français se sont contentés d’un soutien
logistique avec près d’une centaine de
légionnaires contrairement à 1996 où ils
avaient fait le coup de feu, à la suite, déjà,
d’une incursion érythréenne en territoire
djiboutien.

L’Érythrée avait brandi une
carte italienne de 1935 incluant la région de
Ras Doumeira dans ses frontières. En effet,
l’accord «Laval-Mussolini», signé à Rome en janvier 1935 prévoyait de céder cette
région aux Italiens.

Bien que ratifié par
le parlement français, il a avorté puisque
jamais soumis aux parlementaires italiens.
L’accord reconnaissait la souveraineté
italienne sur la péninsule de Ras Doumeira
et sur l’île de Doumeira, dans le détroit de
Bab el Mandeb, c’est-à-dire l’entrée sud de
la mer Rouge.

En échange, l’Italie renonçait
secrètement à fortifier l’île ainsi qu’à ses
prétentions sur le chemin de fer Djibouti-
Addis Abeba.

L’Erythrée et Djibouti ont
donc hérité d’un conflit frontalier francoitalien
jamais tranché et ravivé par le fait
que l’approvisionnement de l’ennemi
éthiopien passe par le port de Djibouti.

Mais
le plus détonant tient en quelques lignes du
câble 08STATE62585 du Département
d’État américain:
«La France a un traité
de défense mutuelle avec Djibouti et est
préoccupée par l’agression érythréenne et
son obligation de défendre Djibouti qu’elle
pourrait déclencher selon ce traité. La
France prétend aussi ne pas avoir renoncé à
sa revendication sur l’île de Doumeira, une
revendication au mieux légalement ténue.
En raison de ces préoccupations, la France
tente de résoudre la situation discrètement,
sans l’implication du Conseil [de Sécurité
de l’ONU].»

Au grand dam des autorités
djiboutiennes, et malgré la persistance du
conflit territorial et l’entêtement érythréen
à refuser toute négociation, la France a
effectivement toujours traîné des pieds pour
s’engager sur le terrain tout comme dans les
projets de résolution onusienne.

La dernière résolution, adoptée en
décembre 2009, soutenue par l’Union
africaine et l’administration américaine
plus que par les Français, impose un
embargo et des sanctions à l’Erythrée.

Malgré son adoption, et peut-être informée
d’une revendication secrète de la France
sur l’île de Doumeira, le ministère des
Affaires étrangères djiboutien a distribué
en février 2010 une brochure intitulée
«La souveraineté de Djibouti sur le Ras
Doumeira et l’île de Doumeira»
.

Devant
les Américains, la diplomatie djiboutienne
s’en prend vertement à la France: «La
France a, depuis le début de la crise, joué un
rôle extrêmement négatif au détriment des
intérêts vitaux de la République de Djibouti
à Ras Doumeira et sur l’île de Doumeira.
[…] Cette attitude incompréhensible de
la France, allié historique et soutient prétendument indéfectible de la République
de Djibouti dans de telles circonstances, a
profondément déçu le gouvernement et le
peuple de Djibouti et risque d’affecter de
façon irrémédiable des intérêts commun
des deux pays»

(10DJIBOUTI203).
Le commentateur américain est plutôt
compréhensif de l’ire djiboutienne: «Cette publication révèle simplement
ce que les officiels djiboutiens disent en
privé quasiment depuis le début de la
dispute frontalière avec l’Erythrée: que
les militaires français se sont manifestés
seulement après que les combats se sont
arrêtés et que la diplomatie française a
retardé et affaibli à plusieurs reprises
l’action du Conseil de sécurité. Il est tout à
fait inhabituel que les Djiboutiens critiquent
si ouvertement les Français, mais ça reflète
la déception bien réelle du gouvernement
djiboutien sur le comportement de leur
allié historique le plus proche sur une
question de sécurité nationale centrale
pour Djibouti.»

Rafik Houra

_________________________ En pièces complémentaires


En moins d’une décennie, Djibouti
est devenu un véritable hub militaire
international.

A la présence française
héritée de l’époque coloniale, s’ajoute une
base américaine depuis 2003 et une base
japonaise inaugurée en juin.

Sans compter
les militaires européens de l’opération
Atalante et les sociétés militaires privées
qui luttent contre la piraterie.

Le loyer de la base militaire française
est de 30 millions d’euros (5 millions
d’euros d’équipement militaire et
25 millions d’euros «cash», (câble
05DJIBOUTI597), auxquels il faut ajouter
l’aide bilatérale.

Ainsi, pour améliorer
ses relations avec Djibouti – fortement
chahutées par l’affaire Borrel –, Paris
a accordé un programme d’aide de
76 millions d’euros sur la période 2006-
2010 (06DJIBOUTI338).

La France
est ainsi la principale source de revenus
de l’Etat djiboutien (08DJIBOUTI27).

Dans le même câble (06PARIS6177),
le M. Afrique de Chirac confirme que
l’homme de la France est un dictateur:
«Bonnecorse insistait sur la nécessité de
travailler avec le président

05/11/2011 (B629) Un scoop grâce à WikiLeaks et aux analyses de Survie : la France aurait toujours des revendications territoriales sur l’lot de Doumeira. Non ce n’est pas une plaisanterie et cela pourrait expliquer certaines situations et prise de position, qui étaient difficiles à comprendre. ‘Extrait de Billet d’Afriquee, la publication mensuelle de l’Association Survie » (publié avec son aimable autorisation)

Pour contacter l’Association Survie : http://www.survie.org

La France a-t-elle des
prétentions territoriales en mer Rouge ?

C’est ce que révèle l’examen des câbles diplomatiques américains divulgués par Wikileaks.

La France n’aurait pas renoncé à sa revendication sur l’île de Doumeira dans le détroit de Bab el Manded !

De quoi expliquer, outre l’affaire Borrel, les tensions entre Paris et Omar Guelleh.

______________________________ Article

Djibouti
La France a-t-elle des prétentions
territoriales en mer Rouge ?

C’est ce que révèle l’examen
des câbles diplomatiques
américains divulgués
par Wikileaks.

La France
n’aurait pas renoncé à sa
revendication sur l’île de
Doumeira !

De quoi expliquer,
outre l’affaire Borrel, les
tensions entre Paris et Omar
Guelleh.

Selon l’accord de défense conclu
à son indépendance en 1977, les
militaires français ont l’obligation
de défendre l’intégrité territoriale de
Djibouti.
A lire les télégrammes de la diplomatie
américaine, il apparaît que les Français
sont très mal à l’aise avec cet aspect des
accords de défense avec les pays du pré
carré.

Ce serait en fait la principale raison
de leur révision – imminente dans le
cas de Djibouti, (le Somaliland français
comme disent les Américains), surtout
dans un contexte de conflit frontalier
avec l’Érythrée.

Ces nouveaux accords
imiteront-ils le programme de coopération
américain?

Celui-ci ne prévoit en effet
aucun engagement militaire en faveur du
pays hôte mais seulement une meilleure
surveillance des frontières.

Malgré les rencontres hebdomadaires
entre le commandant de la base française
et l’ambassade américaine à Djibouti
(04DJIBOUTI869, 04DJIBOUTI1212),
la cohabitation n’est pas toujours simple:
«la présence des Chinois, Libyens, Russes,
Français et autres nations, avec une longue
histoire d’opérations d’espionnage, est
un indicateur clair que la probabilité du
lancement d’une telle attaque est plus
grande que jamais» (04DJIBOUTI291).

Rappelons qu’en avril 2008, un incident
frontalier meurtrier éclate entre Djibouti
et l’Érythrée. Officiellement, les militaires
français se sont contentés d’un soutien
logistique avec près d’une centaine de
légionnaires contrairement à 1996 où ils
avaient fait le coup de feu, à la suite, déjà,
d’une incursion érythréenne en territoire
djiboutien.

L’Érythrée avait brandi une
carte italienne de 1935 incluant la région de
Ras Doumeira dans ses frontières. En effet,
l’accord «Laval-Mussolini», signé à Rome en janvier 1935 prévoyait de céder cette
région aux Italiens.

Bien que ratifié par
le parlement français, il a avorté puisque
jamais soumis aux parlementaires italiens.
L’accord reconnaissait la souveraineté
italienne sur la péninsule de Ras Doumeira
et sur l’île de Doumeira, dans le détroit de
Bab el Mandeb, c’est-à-dire l’entrée sud de
la mer Rouge.

En échange, l’Italie renonçait
secrètement à fortifier l’île ainsi qu’à ses
prétentions sur le chemin de fer Djibouti-
Addis Abeba.

L’Erythrée et Djibouti ont
donc hérité d’un conflit frontalier francoitalien
jamais tranché et ravivé par le fait
que l’approvisionnement de l’ennemi
éthiopien passe par le port de Djibouti.

Mais
le plus détonant tient en quelques lignes du
câble 08STATE62585 du Département
d’État américain:
«La France a un traité
de défense mutuelle avec Djibouti et est
préoccupée par l’agression érythréenne et
son obligation de défendre Djibouti qu’elle
pourrait déclencher selon ce traité. La
France prétend aussi ne pas avoir renoncé à
sa revendication sur l’île de Doumeira, une
revendication au mieux légalement ténue.
En raison de ces préoccupations, la France
tente de résoudre la situation discrètement,
sans l’implication du Conseil [de Sécurité
de l’ONU].»

Au grand dam des autorités
djiboutiennes, et malgré la persistance du
conflit territorial et l’entêtement érythréen
à refuser toute négociation, la France a
effectivement toujours traîné des pieds pour
s’engager sur le terrain tout comme dans les
projets de résolution onusienne.

La dernière résolution, adoptée en
décembre 2009, soutenue par l’Union
africaine et l’administration américaine
plus que par les Français, impose un
embargo et des sanctions à l’Erythrée.

Malgré son adoption, et peut-être informée
d’une revendication secrète de la France
sur l’île de Doumeira, le ministère des
Affaires étrangères djiboutien a distribué
en février 2010 une brochure intitulée
«La souveraineté de Djibouti sur le Ras
Doumeira et l’île de Doumeira»
.

Devant
les Américains, la diplomatie djiboutienne
s’en prend vertement à la France: «La
France a, depuis le début de la crise, joué un
rôle extrêmement négatif au détriment des
intérêts vitaux de la République de Djibouti
à Ras Doumeira et sur l’île de Doumeira.
[…] Cette attitude incompréhensible de
la France, allié historique et soutient prétendument indéfectible de la République
de Djibouti dans de telles circonstances, a
profondément déçu le gouvernement et le
peuple de Djibouti et risque d’affecter de
façon irrémédiable des intérêts commun
des deux pays»

(10DJIBOUTI203).
Le commentateur américain est plutôt
compréhensif de l’ire djiboutienne: «Cette publication révèle simplement
ce que les officiels djiboutiens disent en
privé quasiment depuis le début de la
dispute frontalière avec l’Erythrée: que
les militaires français se sont manifestés
seulement après que les combats se sont
arrêtés et que la diplomatie française a
retardé et affaibli à plusieurs reprises
l’action du Conseil de sécurité. Il est tout à
fait inhabituel que les Djiboutiens critiquent
si ouvertement les Français, mais ça reflète
la déception bien réelle du gouvernement
djiboutien sur le comportement de leur
allié historique le plus proche sur une
question de sécurité nationale centrale
pour Djibouti.»

Rafik Houra

_________________________ En pièces complémentaires


En moins d’une décennie, Djibouti
est devenu un véritable hub militaire
international.

A la présence française
héritée de l’époque coloniale, s’ajoute une
base américaine depuis 2003 et une base
japonaise inaugurée en juin.

Sans compter
les militaires européens de l’opération
Atalante et les sociétés militaires privées
qui luttent contre la piraterie.

Le loyer de la base militaire française
est de 30 millions d’euros (5 millions
d’euros d’équipement militaire et
25 millions d’euros «cash», (câble
05DJIBOUTI597), auxquels il faut ajouter
l’aide bilatérale.

Ainsi, pour améliorer
ses relations avec Djibouti – fortement
chahutées par l’affaire Borrel –, Paris
a accordé un programme d’aide de
76 millions d’euros sur la période 2006-
2010 (06DJIBOUTI338).

La France
est ainsi la principale source de revenus
de l’Etat djiboutien (08DJIBOUTI27).

Dans le même câble (06PARIS6177),
le M. Afrique de Chirac confirme que
l’homme de la France est un dictateur:
«Bonnecorse insistait sur la nécessité de
travailler avec le président