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31/08/2013 (Brève 192) ALERTE ROUGE : les vraies (fausses) informations de l’ARDHD. La communauté internationale au secours du soldat Alhoumekani. Réunion improvisée de crise ce matin à Reykjavik.

Nous apprenons ce matin qu’une conférence de crise, décidée à la dernière minute a réuni ce matin, en Islande, les mnisitres des Affaires étrangères et de la défense américains, belges et français. François Hollande, quelques minutes auparavant, avait tenu à rappeler le contexte et les enjeux : “Nous ne pouvons pas ignorer le cas du témoin Alhoumekani – si le recours à la diplomatie ne permet pas de régler son statut et de le ramener libre, sain et sauf, en Belgique, nous devrons intervenir par tous les moyens disponibles. Une motion sera déposée dès aujourd’hui au conseil de sécurité de l’ONU, car nous avons des preuves qui accablent le régime djiboutien (…)

Deux thèses

Selon des indiscrétions recueillies en marge de la conférence improvisée, il semble que les trois pays ne se soient pas encore accordés sur le type d’intervention à conduire, ni surtout sur le choix de la cible : le Yémen ou Djibouti. Deux thèses s’affrontent :

  • – la première désigne le Yémen comme coupable potentiel, puisque c’est ce pays qui a arrêté Alhoumekani et qui détient les clefs du dénouement en acceptant ou en refusant l’extradition.
  • – la seconde dit que le Yémen n’ayant pas encore pris de décision à cette heure, il serait injuste de le punir. Le seul véritable coupable est Guelleh, président de Djibouti car c’est lui qui a demandé l’arrestation et maintenant, il doit assumer ses lourdes responsabilités

On sait que les Américains, qui :

  • – ont déjà perdu deux collaborateurs, à Djibouti, assassinés dans des circonstances mystérieuses qui n’ont jamais été élucidées par manque de coopération de la police et de la justice djiboutienne,
  • – enquêtent sur différents trafics dont Djibouti serait la plaque tournante,

sont en faveur de la condamnation de Djibouti.

Au dernier moment Londres décide d’intégrer le comité

La position de la Belgique et de la France est incertaine, mais les deux pays pencheraient plutôt pour une intervention militaire contre le Yémen.

Dernière minute : l’Angleterre aurait décidé, selon les termes d’un télégramme envoyé personnellement par son P.M, de se joindre à la coalition à condition qu’elle vise les deux pays. La vision de l’autre côté de la Manche, est de considérer que les deux pays sont totalement complices dans cette crise et qu’ils devraient partager solidairement et conjointement les responsabilités.. Ce qui pourrait mettre tout le monde d’accord …

Nous attendons les derniers développements que nous ne manquerons pas de vous faire partager.

(De notre correspondant permanent à Reykjavik)

16/04/03 (B193) LDDH – NOTE D’INFORMATION DU 31 MARS 2003

 

Affrontements du 06 mars
2003

Chasse à
l’homme Oromo… ?
Les immigrés, les réfugiés, les étrangers
ont-ils leur place en République de Djibouti, ont-ils droit à
une certaine dignité, ont-ils des droits ?

La Déclaration
universelle des droits de l’Homme exprime la conception commune qu’ont les
peuples du monde entier des droits inaliénables inviolables à
tous les membres de la famille humaine et constitue une obligation pour tous
les membres de la communauté internationale.

Article 1
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité
et en droits.
Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers
les autres dans un esprit de fraternité.

Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la sûreté de
sa personne.

Article 6
Chacun a droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité
juridique.

Article 7
Tous sont égaux devant la loi et en droit sans distinction à
une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection
égale contre toute discrimination qui violerait la présente
Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

Les Pactes des droits
civils et politiques, ceux des droits économiques et sociaux, ainsi
que la Convention sur la discrimination raciale et la Constitution Djiboutienne
protègent, sans ambiguïté, ” les citoyens ” étrangers,
d’une manière générale, et en particulier en République
de Djibouti.

Bref rappel des faits

Le 6 mars 2003 des affrontements
à déplorer ont eu lieu entre une partie de la population d’Arhiba
et des étrangers Oromos, affrontements qui se sont déroulés
au nez des Forces de Sécurité, qui n’ont pratiquement pas réagi,
se contentant à être discrètes, face à cette chasse
à l’homme.

La nuit du cinq au six
mars dernier, un habitant d’Arhiba a été assassiné.

Le criminel aurait été
identifié par la famille du défunt, cette dernière aurait
informé les Forces de la Sécurité.

Constatant l’absence des
recherches, ainsi que, le laxisme des agents de la Sécurité,
les proches de la famille du défunt se sont attaqués aux proches
du présumé auteur du crime.

Durant presque toute la
matinée les ambulances sillonnaient les artères menant à
l’hôpital Peltier, alors que les Forces de Sécurité ne
sont pas du tout intervenues pendant les premières heures, ne se sont
pas du tout manifestées, et l’une des questions fondamentales que l’on
continue à se poser et celui de savoir le pourquoi de ce laxisme inéluctablement
imposé aux Forces de Sécurité ?

Ces chasses à l’homme
Oromo se sont poursuivies, d’une manière sporadique, plus d’une semaine
dans différents quartiers de la ville de Djibouti, et une autre question
fondamentale se pose, face aux silences de ces populations fragilisées,
de ces populations qui ont peur.

Comment savoir le nombre
exact de morts, et dans quelle condition les funérailles se sont-elles
déroulées ?

Il est vrai que, jusqu’aujourd’hui,
les rafles sont quotidiennes. Les expulsions massives d’Oromos, vers la frontière
Ethiopienne, sont des expulsions arbitraires et souvent aveugles, car, expulsion
sans la moindre Décision judiciaire, sans aucun jugement, expulsion
avec pour seule légalité le simple passage dans les geôles
du Centre de tri de Nagad ( Ecole de Police).

La Ligue Djiboutienne
des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant au Gouvernement de la République
de Djibouti, plus particulièrement au Ministre de l’Intérieur
et de la Décentralisation et au Ministre de la Justice chargé
des Droits de l’Homme, pour mettre fin aux violations quotidiennes des Droits
des étrangers résidents sur notre Territoire nationale, et d’accorder
:

1°) – une attention
particulière à la situation critique des Oromos dans notre pays
;

2°) – de procéder aux respects de la légalité lors
des expulsions en consultant le HCR, le pays voisin concerné, surtout
lors des expulsions massives, qui doivent être ordonnées par
un Juge du Tribunal de Djibouti.

09/04/03 (B192) Une nouvelle fois, DAF a été lourdement condamné par le Tribunal aux ordres de la dictature. (Extrait du Renouveau N° 474)

Guelleh a-t-il pris exemple
sur l’un des autres membres du Cercle très fermé des dictateurs
sanguinaires pour agir dans la précipitation et en profitant de la
Guerre en Irak. Nous voulons parler de Fidel Castro qui n’a pas hésité
à faire condamner des journalistes et des opposants à des peines
particulièrement lourdes.

Guelleh a demandé
un peu de mesure au Tribunal puisque le journaliste et opposant n’écoppe
que (allait-on dire !) de six mois de prison avec sursis et de 2.000.000 de
FD d’amendes. Plus de 10.000 dollars qui iront enrichir le Général
Zakaria au passé doûteux …

La question peut-être
posée de savoir si le sursis tient, car c’est la deuxième condamnation
à une peine avec sursis et le rusé Guelleh pourrait bien faire
constater que le sursis est tombé. Il pourrait ainsi faire placer le
pauvre Daf, non pas à l’ombre comme on le fait en Europe mais au soleil
à Gabode
!

_________
Extrait du Renouveau du 10 avril N° 474

DAF lourdement condamné


Comme annoncé, DAF est de nouveau retourné à la barre.
Il l’a fait lundi 7 avril 2003.
En ce lundi matin, le vieux Palais de Justice est bouclé par un imposant
dispositif policier. Signe qui ne trompe pas : le régime procède
de la sorte chaque fois qu’il juge une affaire où il ne se sait pas
sans fautes. Ainsi, à procès politicard, dispositions policières
particulières. Comme les désirs du prince doivent primer sur
le droit, l’on prend ses précautions, par réflexe. Sait-on jamais…

A neuf heures, arrive
donc Monsieur Daher Ahmed Farah, président du MRD, et directeur de
publication du Renouveau Djiboutien. Il n’est pas seul, loin s’en faut. Il
est accompagné des autres dirigeants de l’opposition ainsi que de nombreux
partisans de celle-ci. Le président de l’UDJ, Monsieur Ismael Guedi
Hared, son premier vice-président, le Général Ali Mehidal
Waiss, le président du PDD, Mohamed Daoud Chehem, le premier vice-président
et président par intérim de l’ARD, Monsieur Ahmed Youssouf Houmed,
le porte parole de l’ARD et directeur de publication de Réalité,
Monsieur Ali Mahamadé Houmed, le Secrétaire Général
de l’UDJ, Monsieur Farah Ali Waberi, Monsieur Abdoulkader Ahmed Hassan, membre
dirigeant du MRD, ainsi que d’autres membres de l’opposition tels que Mohamed
Ahmed Mohamed dit Moli et Ahmed Mohamed Abdallah dit Bonney.

La vieille salle des audiences,
malgré sa récente couche de peinture porte bien les marques
de la gouvernance, se retrouve encore une fois archicomble de militants de
l’opposition djiboutienne. La Cour se fait attendre longtemps. Elle ne déroge
pas à la tradition de retard. De sorte qu’il est près de 10
heures lorsque la sonnerie annonçant son entrée retentie. A
sa vue l’assistance se lève, davantage par politesse que par respect
pour une justice qui tarde à s’émanciper de la négative
et regrettable Influence du pouvoir en place.

La composition de la Cour
n’a pas varié par rapport au lundi 31 mars2003. elle est présidée
par Monsieur Yacin Darar, en position de juge unique, le ministère
public est toujours représenté par Monsieur Ahmed Loita.

A peine assis, le juge
Yacin prend la parole. Il parle bas, ce que n’arrange pas le non fonctionnement
de la sonorisation. Il appel DAF qui se lève et va se placer encore
une fois à la barre. Le magistrat lit la décision d’une voix
à peine audible. Il n’a l’air ni serein ni sûr de lui.

” Monsieur Daher
Ahmed Farah est reconnu coupable du délit de diffamation, débite-t-il,
le regard fuyard. Il est condamné à six ans d’emprisonnement
avec sursis, à la somme de 2.000.000 FD (plus de 10 000 dollars US)
au titre des dommages et intérêts pour la réparation du
préjudice subi par la général Zakaria Cheik Ibrahim “.

Ainsi tombe ce verdict,
gratuit et ridicule. Comme bien d’autres avant lui comme tant d’autres après
lui, aussi longtemps que perdurera ce régime médiéval,
un tel jugement n’obéit qu’à la volonté de répression
du pouvoir. Encore une fois, l’ordre établi insulte au droit et à
l’idée de justice. Encore une fois, il raisonne du ventre et s’interdit
tout effort d’intelligence.

Mais la lutte pour la
démocratie et l’Etat de droit n’en a cure. Elle n’a que faire des agissements
d’un pouvoir d’un autre âge. Inébranlable, elle continue.

Aussi, la décision
politicarde qui vient de tomber ne suscite que la réaction qu’elle
mérite : le sourire chargé qui sied au ridicule récurrent.
C’est de la sorte que DAF l’accueille. Ses nombreux amis politiques aussi.

Et la salle de se vider
de l’essentiel de l’assistance, de ces femmes et hommes qui refusent d’abdiquer
leur liberté et leur dignité, c’est-à-dire leur intelligence.

Questions à
responsables
Nos questions s’adressent cette semaine au général Zakaria
Cheik Ibrahim, numéro deux de l’Armée avec le titre de Chef
d’Etat Major de la Défense.

Mon général,
usant de notre liberté naturelle d’expression, qui n’a que faire des
agissements tendant à nous aliéner, nous nous adressons de nouveaux
à vous. Nous le faisons sur le mode interrogatif et sur un sujet qui
n’est pas sans intérêt pour nos lecteurs comme pour l’opinion
nationale. Il s’agit de votre conception du commandement militaire.
Général, vous commandiez le Camp Cheik Osman (CCO) et l’unité
blindée qu’il abrite avant de devenir numéro deux de l’Armée.
Et ce durant de longues années où vous vous êtes illustré
par une présence peu commune au CCO.

Vous y aviez et le bureau
et le mabraz où vous passiez le plus clair de votre temps. En dehors
des heures de service allant (à peu de choses près) de 6 heures
à 13 heures, vous reveniez l’après midi pour vous installer
au mabraz jusque très tard dans la nuit, appareils téléphoniques
à portée de main. Etait-ce réglementaire ?

Il semble que, malgré
votre promotion à l’Etat Major, vous n’ayez guère changé
d’habitudes. Est-il donc vrai que vous fréquentiez encore assidûment
le CCO ? Y avez-vous toujours votre bureau et votre mabraz ? qui entretien
le mabraz ?

Trouvez-vous une telle
attitude normale alors qu’un autre officier est censé exercer le commandement
de l’unité blindée ? Cumuler avec ses fonctions de Numéro
deux de l’Armée, le commandement de fait d’une formation, fût-elle
blindée, vous paraît-il dans les règles ? Est-ce que cela
ne trahit pas le caractère non républicain de l’Armée
où certains ont plus de droits que d’autres pour des raisons que vous
pouvez aisément deviner ?

Nous attendons votre réponse.

Républicainement
vôtre.

09/04/03 (B192) Radio-Trottoir : le couple dictatorial fait des achats ….

On dit que Madame Paulette
aurait acquis la quincaillerie Moustris, après avoir installé
une boulangerie à la place des Orphelins ….expulsés par la
force publique.

Quant à Monsieur,
il aurait acheté le terrain des Salines pour y monter un vaste centre
commercial.

Merci aux Djiboutiens
et aux aimable donateurs internationaux pour leur contribution à l’enrichissement
personnel du couple et à la la poursuite abusive de la dictature.

09/04/03 (B192) Un parcours inédit : de victime à défenseur du régime autoritaire. (Lecteur)

Le procès contre
Daher Ahmed Farah s’inscrit dans une mascarade de justice dans ce pays. Ce
n’est plus ni moins une mise en forme d’une justice qui n’existe pas depuis
longtemps. Les Djiboutiens se rappellent de l’action de ce grand artiste qui,
déjà dès les années après l’indépendance,
avait allumé sa torche à piles dans le Palais Présidentiel.

L’acte avait une grande
signification et les autorités politiques l’avaient interrogé
et l’avaient écroué.

 

Que la justice n’existe
pas, ce n’est pas une nouveauté pour les citoyens de ce pays. Tout
le monde vit cette situation à sa manière. Au lieu d’appliquer
sérieusement la loi ou de façon humaine, tout accusé,
suivant ses ressources économiques et ethni-claniques, doit négocier
le résultat du procès, toujours inique, parce que les juges
ne sont pas indépendants.

Un jour quelqu’un écrivait
que la République de Djibouti est une prison à ciel ouvert.
Il n’avait pas tort si l’on juge à la lumière de la façon
que la justice est rendue.
Il n’y a pas de doute que la justice est sous la bote du pouvoir autoritaire
de la famille régnante, et donc il n’y a pas d’étonnement à
avoir quant aux jugements rendus par les tribunaux et autres cours de ce pays.
Par contre la surprise existe sur un autre : l’attitude des acteurs de celle-ci.

Bien sûr il y a
ceux qui épousent la thèse du régime, qui la défendent.
Ils constituent un des piliers du régime autoritaire. J’ose penser
qu’ils sont victimes d’une éventuelle répression du gouvernement.

Mais ce qui est surprenant
et incompréhensible, c’est l’attitude de ceux-là mêmes
qui ont été victimes à leur jour de la violence du régime.
Dans ce groupe de professionnels, on trouvait un avocat, M. Aref. Comme vous
écrivez dans votre note, il a été victime de la dictature
de ce régime, que ce soit sous Gouled ou sous IOG.

Personnellement, je l’ai
rencontré en juillet 1991, il y a plus de 10 ans, il était sous
surveillance étroite dans le camp militaire de Ali-Adé avec
son oncle Ali Aref. Il m’avait parlé des conditions d’hygiène
dans ce camp : absence des toilettes. Je me rappelle aussi qu’il m’avait parlé
de son mémoire de défense. Moi, je ne pourrai que manifester
l’injustice et l’ecoeurement que peut ressentir tout individu face à
une situation insupportable, parce que personne ne veut s’y retrouver.

Après une longue
compagne médiatique et de négociation entre le gouvernement
et le Frud de Ahmed Dini, Aref sort de la sinistre prison Gabode. Et puis
confondant liberté et soumission à la dictature qui écrase
les citoyens, il n’hésite pas dans ses entretiens une forme de réconciliation
avec le diable. Il avait parlé dans un entretien avec le journal Les
Nouvelles d’Addis, qu’il accepterait la nomination comme ministre de la Justice
par IOG.

Bien sûr celui-ci
ne le prend comme ministre, mais lui accorde une liberté surveillée
comme beaucoup d’autres personnes dans ce pays. Or au lieu de suivre l’action
démocratique, qu’il avait, à moins qu’elle a été
une couverture pour se faire un nom, il choisit la voie de l’obscurantisme,
de l’esclavitude, de la soumission, de l’abdication de la liberté.
Il vient au secours du pouvoir, qui hier encore l’a mis dans un trou.

Plus qu’autres personnes,
défenseurs et opposants politiques repentis, il est celui qui est allé
plus loin dans son allégeance à un diable autoritaire : le défendre
bec et oncle dans la presse et dans le spectacle de justice, qu’une dictature
offre au peuple soumis.

Pourquoi un tel virage
à 180º ?

Il se justifie de manière
égoïste, très personnelle qui frise le délire en
disant ” en tuant mon ex-bourreau, j’ai gagné pour moi l’immortalité
“. Quelle immortalité ?

On peut trouver une autre
explication dans le procès où il défend l’un des piliers
du système autoritaire, le Général Zakaria. Dans une
non-réponse face à une position digne d’un homme victime du
régime autoritaire, il parle ” des accords de paix signés
“, que lui, ” a tourné la page “. Traduisez que je me
suis soumis à quelque chose qui n’existe pas dans la réalité,
car comme vous l’écrivez justement ces accords sont inappliqués,
que ni la démocratie ni l’Etat de droit n’ont reçu une attention
du gouvernement.

C’est vraiment ecoeurant
de voir un homme, qui a souffert de l’autoritarisme d’un régime politique,
qu’il l’avait violemment critiqué dans les colonnes du journal Les
Nouvelles d’Addis, qui se met à service.

Ou bien tout cela a été
un tam tam ou une manière d’exister sans avoir une conviction dans
un régime étouffant comme d’autres hommes. Mais à la
différence de ces derniers cet avocat, avait conquit la sympathie au
moins d’une partie des citoyens et des amis étrangers, jusqu’à
ceux-ci aient créé un site web portant son nom, www.liberte-aref.com
(actuellement www.ardhd.org), passe pour plus royaliste que le roi. Moi, je
dirai que c’est un homme qui a trompé sur son principe à beaucoup
de gens, qui a gaspillé inutilement des énergies humaines et
financières pour sa cause. Sa position dans le procès de DAF
le met plus à nu. Sa stratégie est plus claire pour la majorité.

Quelle erreur monumentale
?

Comme écrit fort
justement Mohamed Qayaad dans Les Nouvelles d’Addis, ” faute de pouvoir
être, le paraître fait bien l’affaire “.

Elmi
Awaleh

05/04/03 (B192) DAF DE NOUVEAU A LA BARRE … DU TRIBUNAL ! Le harcèlement organisé par le régime est confié à un avocat, ancien opposant et victime repentie de la dictature ! (Info lecteur) – Edito du Renouveau du 3 avril – N° 473

Après
le Ministre de la Défense, Monsieur Ougoureh Kifleh Ahmed, et le
Général Fathi Ahmed Houssein, Chef d’Etat-Major de l’Armée,
dont les plaintes pour ” atteinte au moral de l’Armée et diffusion
de fausses nouvelles ” ont valu un retour brutal et abusif à
la sinistre prison de Gabode samedi 15 mars 2003 à Daher Ahmed
Farah, voici entré en scène le Général Zakaria
Cheik Ibrahim, Numéro deux de l’Armée

Lequel s’est offert les
services de Maître Aref Mohamed Aref.

Comme l’avait fait en
juin 2001 Monsieur Yacin Elmi Bouh, Ministre des Finances, qui n’avait pas
supporté la publication par le Renouveau de deux mandats de six millions
de nos francs par lui perçus auprès du Trésor National,
affaire qui avait d’ailleurs abouti à un non-lieu.

Le court article attaqué
(que nous republions encore cette semaine) critiquait le manque de neutralité
politique de l’Armée et ses agissements au service du régime.
Il reprochait particulièrement au Général Zakaria Cheik
Ibrahim de se mêler de politique et d’être impliqué dans
le renvoi par mise à la retraite d’office de quatre cadres militaires.
Lire cette décision en fin de journal.

Comme nous l’avions annoncé
dans nos modestes colonnes jeudi 27 mars 2003, l’affaire est donc venue en
audience ce lundi 31 mars. Non sans faire l’objet d’un tapage médiatique
auquel s’est livré Maître Aref Mohamed Aref dans les colonnes
du très gouvernemental bi-hebdomadaire La Nation.

Dans un long entretien
d’une page et demie, l’avocat, qui hier encore pourfendait le régime
avec la virulence que l’on connaît, tente, avant l’audience, de démontrer
que l’Armée est une institution républicaine, et non le bras
armé du pouvoir, et que le Renouveau a diffamé le Général
Zakaria Cheik Ibrahim.

Exercice difficile, l’on
s’en doute, tant il est vrai que dans ce bout de pays qu’est la République
de Djibouti, le Général que défend celui que nous considérions
comme un compagnon de lutte pour la démocratie, est bien connu.

D’autant plus connu qu’il
fait partie de la hiérarchie militaire depuis plus d’un quart de siècle,
c’est-à-dire depuis l’indépendance de 1977 qui l’a fait passer
du grade de Sergent-Chef à celui de Capitaine.

N’a-t-il pas été
nommé à la tête de la seule unité blindée
sans être un spécialiste de cette arme ?

N’a-t-il pas pratiquement
élu domicile au camp de cette unité blindée où
il a également dirigé la Musique militaire et la fameuse Troupe
Harbi qui chante à la gloire du régime ?

N’a-t-il pas bénéficié
d’une ascension fulgurante qui a fait de lui le troisième officier
général de l’armée après les deux premiers chefs
de celle-ci, en l’occurrence les généraux Ali Mehidal Waiss
et Fathi Ahmed Houssein ?

Ne garde-t-il pas encore
aujourd’hui le contrôle de l’unité blindée par-dessus
le successeur de son proche Lieutenant-colonel Aden Ali, commandant de formation
entre les mains de la justice canadienne depuis les événements
du 11 septembre 2001 ?

Sincèrement, Zakaria
Cheik Ibrahim aurait-il fait une telle carrière sans ce système
RPP qu’il soutient comme le sien ?

Difficile exercice donc
que celui auquel s’astreint Maître Aref Mohamed Aref qui poursuit la
prestation commencée au journal La Nation dans la salle des audiences
du Tribunal de Djibouti.

En dépit du bouclage
policier, la salle est archi-comble dès 9 heures, heure fixée
dans la citation directe adressée à Monsieur Daher Ahmed Farah.
L’accusé est là, accompagné des dirigeants de l’opposition,
de nombreux témoins ainsi que d’un nombre important de partisans auxquels
aucune consigne de présence n’a pourtant été donnée.

Il y a là président
Ahmed Dini Ahmed de l’ARD, tête de liste de l’Union pour l’alternance
Démocratique (UAD), Ismaël Guedi Hared, président de l’UDJ,
Mohamed Daoud Chehem, président du PDD, ainsi que d’autres leaders
tels que les anciens ministres Souleiman Farah Lodon et Ali Mahamadé
Houmed, Messieurs Farah Ali Waberi, Aden Mohamed Abdou ou encore Mahdi Ibrahim
A.God.

Comme d’ordinaire, l’audience
débute tard, vers 10 heures. La cour est composée d’un magistrat
unique en la personne du juge Yacin, d’un greffier et du représentant
du ministère public, Monsieur Loïta, substitut du procureur. Sur
le long bureau de la cour, deux piles de dossiers, l’une concerne les affaires
tranchées ou en cours, l’autre les nouvelles.

Le président commence
par appeler certaines affaires en cours qu’il renvoie à des dates ultérieures.
Puis vient le procès intenté contre DAF par le Général
Zakaria Cheik Ibrahim, Numéro deux puissant de l’Armée. Bien
entendu, le plaignant n’est pas là. Il est à son douillet bureau
de l’Etat-Major où il attend tranquillement le compte rendu de l’audience.

C’est Maître
Aref, doyen des avocats djiboutiens, qui naguère encore brandissait
son appartenance à la mouvance de l’opposition et le titre de défenseur
des droits de l’Homme, qui le représente et défen
d.

Il a produit quelques
pages de conclusions qu’il a fait parvenir à DAF dimanche en fin de
matinée et, comme indiqué plus haut, le bi-hebdomadaire gouvernemental
La Nation publie complaisamment une page et demie d’entretien qu’il consacre
au sujet qui l’occupe ces jours-ci.

Dans les conclusions comme
dans les colonnes du journal, rien de lumineux à vrai dire. Juste de
la prose plate qui pue la complaisance à l’égard du pouvoir.
Par exemple, il n’hésite pas à affabuler et écrit que
celui qu’il appelle le prévenu ne dispose d’aucun moyen de preuve.

Outre l’avocat, la présence
d’un groupe de militaires, pour la plupart en tenue civile, est perceptible
parmi le public. Probablement dépêchés par le Général,
ils promènent l’œil et tendent bien l’oreille.

DAF est appelé
à la barre. Il a la parole et peut donc se prononcer sur les accusations
contre lui portées de diffamation du Général Zakaria.
Demandant à la Cour à s’exprimer dans une langue nationale,
en l’occurrence le somali, pour se faire comprendre de la plus forte proportion
possible du public, il rejette sans peine ce qui lui est reproché.
Il fait valoir que le Renouveau n’a fait qu’exercer son droit de critique
en brocardant les agissements du commandement militaire.

Reprenant phrase par phrase
les extraits incriminés de l’article attaqué, il démontre
qu’il a juste dénoncé une triste réalité et qu’il
n’y a donc aucune atteinte à l’honneur ni à la réputation
du Général Zakaria.

” Qui peut décemment,
lance DAF, nier que, par le biais du haut commandement militaire, l’armée
est instrumentalisée par le régime, que les chefs galonnés
tel que Zakaria s’identifient au pouvoir en place qu’ils défendent
de leur mieux ?

Qui, par exemple, ignore
que les militaires sont sommés, d’une manière ou d’une autre,
de voter et de faire voter les leurs pour le parti au pouvoir, qu’ils reçoivent
ordre de confisquer et de bourrer les urnes, surtout dans les districts de
l’Intérieur ?

Qui n’a pas vu ces militaires
transportés de bureau en bureau pour voter chacun plusieurs fois en
faveur du régime ?

Maître Aref lui-même
n’était-il pas parmi nous lorsque nous dénoncions les agissements
et autres exactions dignes d’une milice de l’Armée ? “.

Et de commenter la décision
de mise à la retraite d’office des quatre cadres militaires cités
par l’article.

Le texte est bien intitulé
” Décision portant mise à la retraite d’office ” et
ses attendus font clairement référence au ” règlement
de discipline générale ” et aux ” instructions du
commandement militaire “. Il fait constater que, loin d’être une
admission normale à la retraite, la mesure frappant ces hommes vise
bien à les renvoyer de l’Armée. Puis il annonce que de nombreux
témoins sont présents à l’audience et qu’ils sont prêts
à témoigner dans le sens du journal Le Renouveau.

Le président demande
à Maître Aref et au ministère public s’ils veulent poser
des questions à DAF. Réponse : Non

Le conseil (entendez l’avocat)
du Général Zakaria prend alors la parole, en français.
La plaidoirie n’apporte rien de nouveau par rapport à ses écrits.
Il n’a plus l’air aussi sûr que dans ses conclusions ou dans les colonnes
de La Nation.

Il laisse même percer
une certaine nervosité, traitant les témoins de DAF de ”
pauvres gens ” et le document attestant du renvoi des militaires de ”
papier que l’on brandit “. Non sans affirmer auparavant qu’en fait DAF
” n’a pas voulu apporter preuves et témoignages “. Ce qui
change du ” Il n’a aucune preuve des accusations qu’il a formulées
et publiées par écrit ” de La Nation.

Reprenant la parole,
DAF fait part de son étonnement face au discours développé par Maître Aref
pour défendre son client. ” Je me demande si je ne rêve pas… “, dit-il. Puis,
se tournant vers l’avocat, il interroge :

” Mais qu’est-ce
qui a changé pour soutenir le contraire de ce que vous disiez hier ?

Ne sommes-nous pas toujours confrontés à la même triste réalité ?

” Un murmure d’approbation
s’élève dans la salle.

Très gêné, Aref
a alors ce mot chargé de sens : ” Par rapport à la période à laquelle il fait
allusion, je signale que des accords de paix ont été signés et que j’ai tourné
la page, pas lui
“. Comme si ces accords inappliqués avaient magiquement
restauré la démocratie et l’Etat de droit à Djibouti !

Décidément
…

A son tour, le ministère
public intervient. Il rappelle qu’aucune des parties au procès n’est
dispensée de l’obligation de preuves. Il conclut en déclarant
s’en remettre à la sagesse de la Cour pour le reste.

Sur ce, le président
Yacin demande à DAF quel est son dernier mot, ce à quoi il répond
qu’il rejette les accusations du général Zakaria et qu’il plaise
à la Cour de le débouter de toutes ses demandes.

Le président referme
alors le dossier et annonce la mise en délibéré de l’affaire.
Alors, la salle se vide de l’essentiel de l’assistance bien que d’autres plaintes
restent à appeler.

Maître Aref ne reçoit
aucune marque de sympathie du public. Il sort comme sur la pointe des pieds
pour se précipiter au bureau de son client Zakaria à l’Etat-Major
de l’Armée.

Verdict : lundi
7 avril 2003. A suivre


**************** Extrait du Renouveau

LE COMMANDEMENT MILITAIRE PROCEDE A DES RENVOIS POLITICARDS

(Article attaqué
par le Général Zakaria pour ” diffamation ” et par
le Général Fathi ainsi que par le ministre de la Défense
Ougoureh pour ” atteinte au moral de l’Armée et diffusion de fausses
nouvelles “. Les extraits incriminés sont soulignés dans
l’article
.)

Décidément,
le commandement militaire n’a que faire du devoir de réserve et de
neutralité. Il se pense comme le bras armé du régime
et agit en conséquence. C’est ainsi que le général Zakaria
Cheik Ibrahim, Numéro deux de l’armée, ne fait aucun mystère
de sa fidélité active au pouvoir et bat la campagne en toutes
saisons.

C’est aussi pourquoi quatre
cadres (trois sous-officiers et un caporal-chef ancien) viennent d’être
renvoyés de l’institution militaire pour manque de ferveur pour le
régime. Il s’agit des adjudants-chefs Ali Mohamed Farah et Osman Omar
Guedi, du Sergent-chef Abdo Mohamed Turki et du caporal-chef ancien Youssouf
Ali Mohamed.

Il leur a été
clairement reproché de ne pas faire campagne pour la liste du pouvoir
aux dernières élections législatives et de pencher pour
les candidats de l’opposition.

Comme si tout citoyen
n’avait pas le droit de voter pour qu’il veut.

Le Général
Zakaria Cheik Ibrahim, qui menaçait les cadres logés aux Cités
Gabode I et II de représailles sévères en cas de non-respect
à ses consignes de soutien au RPP, c’est-à-dire à l’UMP,
a donc ainsi mis en exécution ses menaces.

Nous condamnons vivement
ces renvois abusifs et exigeons la réintégration des victimes.
Comme nous mettons en garde le Général Zakaria contre tous agissements
pro-régime. Nous lui demandons de respecter l’honneur militaire ainsi
que la valeur des galons de Général qu’il porte et de cesser
de se comporter en caporal sous-claniste.

06/04/03 (B192) A lire sur le site du GED, le compte-rendu du conseil du Gouvernement en Exil, qui s’est tenu à Bruxelles le 3 avril 2003.

Le compte-rendu est disponible à l’adresse suivante
:

http://www.gouv-exil.org/10_conseil/cons5_01.htm

06/04/03 (B192) La France, par la voie de son Ambassadeur, “le généreux donateur récidiviste”, cotise de nouveau pour permettre au régime dictatorial et sanguinaire de se maintenir. (AFP)

L’Ambassadeur a-t-il cédé à un nouveau chantage de Guelleh, avec la présence des américains à Djibouti ?”

AFP, 5 avril, 17h35

Djibouti: la France a renégocié le coût de sa présence
militaire

La France a négocié à Djibouti une réévaluation
du coût de sa présence militaire dans ce pays de la Corne de
l’Afrique, a-t-on appris samedi sur place de source officielle.
Ces négociations, dont le résultat n’a pas été
précisé, ont abouti jeudi à la signature d’une convention
par le ministre djiboutien de la Coopération internationale, Mahmoud
Ali Youssouf, et l’ambassadeur de France à Djibouti, Patrick Roussel,
a-t-on ajouté de même source.

Les deux parties ont indiqué à la presse vouloir garder “la
confidentialité” de cet accord, qui porte sur la situation financière
et fiscale des Forces françaises à Djibouti (FFDJ).

Djibouti, ancienne colonie française et siège de la principale
base militaire française d’Afrique, forte de quelque 2.700 hommes,
reçoit une aide bilatérale de Paris. En outre, les militaires
français en poste à Djibouti paient des impôts sur salaires
à l’Etat djiboutien.

Les négociations ont été menées du côté
français par une délégation du ministère de la
Défense, conduite par le général Alain Pellegrini, conseiller
du chef d’Etat-major des armées françaises.

Djibouti et la France sont liés par des accords de défense signés
au lendemain de l’acquisition par Djibouti de sa souveraineté nationale,
en juin

Le chef de l’état djiboutien Ismaël Omar Guelleh avait plaidé
en juin dernier, puis en octobre au cours d’une visite officielle à
Paris, pour des “retombées économiques plus conséquentes
des Forces Françaises”.

Il avait rappelé à cette occasion que Djibouti avait enregistré
en 1999 le contre-coup économique et financier de la réduction
des effectifs des FFDJ, passés de 3.500 à 2.700 hommes en raison
de la professionnalisation de l’Armée française. “Une décision
qui avait été prise unilatéralement”, avait-il souligné
alors.

Djibouti abrite également depuis janvier 2002 une base logistique de
l’Armée américaine, installée à proximité
du golfe d’Aden dans la cadre de la lutte anti-terroriste.