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04/09/03 (B210) U.N. News confirme la désorganisation et l’impréparation de l’action de nettoyage ethnique. (En anglais)

Djibouti: UN agency struggles
to manage thousands of asylum seekers
2 September – The government in Djibouti has extended by two weeks the
deadline for the departure of illegal immigrants from the East African country,
where the United Nations High Commissioner for Refugees (UNHCR) has been struggling
to cope with thousands of people who thronged a transit centre in a last bid
to apply for asylum and legalize their stay.

Citing security and economic
concerns, the government of Djibouti had given illegal immigrants up to 31
August to leave the country. An estimated 10,000 people, instead of the expected
4,000, turned up at a stadium in the Djibouti capital, Djibouti, where they
had been asked to gather ahead of their transfer to a transit centre at Aour-Aoussa,
some 120 kilometres away.

“By Saturday, the
stadium was teeming with illegal immigrants mixed with asylum seekers, the
former anxious to find ways of legalizing their stay in Djibouti ahead of
the 31 August deadline for their departure from Djibouti,” UNHCR spokesman
Rupert Coleville said in Geneva today.

The large turnout at the
stadium on quickly outstripped the vehicle capacity arranged by UNHCR, forcing
the government to provide additional trucks to transport the waiting crowds
at the stadium to the transit centre.

“All activities at
the transit centre were completely paralysed by the unruly mobs at the centre.
Neither registration of genuine asylum seekers nor food distribution could
be started over the weekend,” Mr. Coleville said.

Government officials have
since deployed military personnel to man the perimeter of the transit centre
and police to instil order inside the facility.

UNHCR staff, working with
Djibouti government officials, yesterday begun to separate the large crowds
of people into three distinct groups: asylum seekers with or without attestations,
Somalis from areas south of the Somali capital, Mogadishu and others who are
likely to include villagers from the local community.

02/09/03 (B210) Effectivement la vie des Djiboutiens est désorganisée. (AFP)

Les habitudes de nombreux
Djiboutiens bouleversées par l’exode des clandestins

DJIBOUTI, 2 sept (AFP)
– "J’ai acheté une machine à laver, malgré les récriminations
de mon mari qui craint d’avoir une facture d’électricité salée",
explique Zahra, une habitante de Djibouti, dont la femme de ménage,
en situation irrégulière, vient de quitter le pays sur ordre
du gouvernement.

Avec le départ
depuis un mois de plusieurs dizaines de milliers de clandestins, dont beaucoup
travaillaient comme personnel de maison ou occupaient des "petits boulots",
la population de Djibouti-ville voit ses habitudes bouleversées et
la capitale transformée.

L’emploi de personnel
de maison était particulièrement répandu au sein de la
classe moyenne djiboutienne, essentiellement des commerçants et des
fonctionnaires.

Par rapport aux pays de
la région, les salaires de Djibouti sont beaucoup plus élevés,
le salaire minimum étant par exemple de 17.500 francs djiboutiens,
soit 100 dollars, en raison d’une relative prospérité due à
la présence de bases militaires française et américaine.

Saïda, secrétaire
dans l’administration, explique pour sa part qu’elle quitte son travail une
heure plus tôt pour préparer le repas de midi depuis le départ
de sa cuisinière.

"Je suis depuis
plusieurs jours à la recherche d’une aide à domicile et je n’en
trouve pas", se plaint cette mère de cinq enfants, âgée
de 35 ans.

Fin juillet, le gouvernement
djiboutien a lancé un ultimatum aux clandestins, essentiellement des
Ethiopiens et des Somaliens, pour quitter ce petit pays de 600.000 habitants,
situé dans la Corne de l’Afrique, une des régions les plus instables
du monde.

La date butoir, initialement
fixée au dimanche 31 août, a finalement été reportée
au 15 septembre, et les personnes en situation illégale continuent
à fuir le pays.

De plus en plus de responsables
de l’administration djiboutienne, sous couvert de l’anonymat, reconnaissent
que la décision du gouvernement est notamment liée à
la présence américaine dans le pays et aux avis de "menaces
terroristes" à travers le monde, lancés depuis Washington.

Après le départ
de son personnel de maison, Fozia, employée de banque de 45 ans et
mère de trois enfants, s’inquiète pour la rentrée scolaire,
prévue la semaine prochaine.

"Qui ira à
la boutique, préparera le thé, qui cherchera tôt le matin
les beignets, les galettes de dourrah (spécialité djiboutienne
à base de céréales) ou le pain ?", se demande-t-elle.

"Il m’est impossible
d’arriver en retard ou de quitter mon travail une heure plus tôt",
explique-t-elle. "Il faudra apprendre aux maris et aux enfants à
mieux s’organiser, les femmes ne sont pas les seules corvéables",
lance Saïda.

"Les anciennes
conventions dictées par les moeurs, la tradition ou même la religion
et qui empêchaient jusque-là qu’un homme cuisine ou s’occupe
du linge sale sont dépassées", estime-t-elle.

Des hommes ont d’ailleurs
commencé à mettre la main à la pâte. "Ils
vident les poubelles, repassent le linge, vont à la boutique, remplissent
les bouteilles d’eau et s’occupent de la vaisselle ou de la voiture",
assure Hibo, commerçante d’une quarantaine d’années, qui se
demande toutefois combien de temps cela va durer.

Depuis quelques jours,
la vie dans la capitale paraît s’être subitement assoupie.

Entre midi et 18 heures,
une bonne partie de la population s’abandonne encore à mâcher
du khat, une plante euphorisante très consommée dans la Corne
de l’Afrique, mais les places jusque-là grouillantes de monde semblent
désertes, et la circulation beaucoup moins dense que d’ordinaire.

Dans les rues, les multiples
abris de fortune faits de branches, de planches et de tôles sont abandonnés.
Les clandestins qui les habitaient ont plié bagage. D’ici quelques
jours, les services de la voirie devraient les brûler.

02/09/03 (B210) Bientôt un grand jeu africain sous forme d’un quiz qui sera organisé “on-line” et disponible entre les 6 et 20 Octobre. Inscrivez-vous dès maintenant … !

Le jeu sera accessible
sur les sites suivants :

http://www.Africaquiz.com,

http://www.Adakar.net,
http://www.PlaneteAfrique.com

Lien pour obtenir tous
les renseignements et pour s’inscrire au concours : http://www.planeteafrique.com/quizafrique/Partenaires.asp

Ce jeu concours en ligne
sera un questionnaire présenté sous la forme d’un quiz. Il
est spécialement étudié pour l’Afrique et il est inspiré
de l’activité principale du site Africaquiz.

« Ce concours
est avant tout la première expérience pour fédérer
les ressources multimédia sur plusieurs sites Internet, pour éprouver
les partenariats inter sites en les renforçant. Sous l’apparente
simplicité d’un quiz en ligne, plusieurs sites déploient véritablement
de fortes ressources techniques, notamment en raison du déploiement
sur plusieurs serveurs indépendants.

Son objectif reste
très largement l’occasion de nous connaître un peu plus à
travers le jeu ; ‘nous’, parlant des responsables de sites et des organisations
dédiées à l’Afrique ; connaître nos activités
et missions, ainsi que nos zones géographiques d’intervention.

C’est également
l’occasion, avant toute chose, de se mettre sous le même manguier,
le temps du concours, et de partager le même intérêt à
partir de questions spécialement étudiées sur l’Afrique.
»

____________________________________

L’ARDHD a donné
son accord aux auteurs pour participer à la promotion de l’opération et
nous vous tiendrons régulièrement au courant du lancement du
jeu et de son évolution.

01/09/03 (B210) Le casse-tête : la vie des Djiboutiens est-elle désorganisée après le départ des étrangers ? (Lecteur)

Qui va
remplacer nos employés à la maison et à l’atelier
?
Guelleh et son Ministre de l’intérieur, eux, ils s’en moquent,
parce qu’ils ne manqueront jamais de personnel, mais nous ?

Mais qui va
faire la vaisselle, laver le linge, prendre les enfants à la
sortie de l’école et préparer les repas ?

Mais qui va
garder le magasin, la nuit ? Qui fera les livraisons tous les jours
? Qui m’aidera à la fabrication ?

 

31/08/03 (B210) Ali Coubba, Président de l’AHA, convie toutes les personnes intéressées à participer à la première A.G. le 6 septembre à Paris.

Association d’Histoire
afare (A.H.A.)

41, rue de Neufchâtel ( nouvelle adresse)
51 100 Reims
Tél : 03 26 85 59 01
e-mail : ali.coubba @libertysurf.fr


Reims, le 25 août 2003

Objet : Assemblée
générale de l’Association d’histoire afare (A.H.A.)


L’Association d’histoire afare (Qafar Aydaadih Egla), créée
en 2003, se donne pour principale vocation de mener des études sur
l’Histoire afare.

Elle entend cependant
accorder, dans ses futures publications, une large place aux recherches portant
sur les sociétés voisines.

Nous invitons les membres
(déclarés) et toutes les personnes intéressées
à la première assemblée générale de l’A.H.A.
qui se tiendra, le 06 septembre 2003 à 10 heures, à Paris
à l’adresse suivante :

120,
rue Sadi CARNOT
Métro : GALLIENI
BAGNOLET

Président
de l’Association
Ali
COUBBA

31/08/03 (B210) Djibouti repousse l’ultimatum pour les étrangers (BBC en anglais)

Djibouti extends refugee
deadline

Djibouti has extended the deadline for illegal immigrants to leave the country
by two weeks.

The news came as thousands of immigrants used any means of transport to try
to get out of the country before the previous deadline of Sunday.

The immigrants, mainly
Ethiopians and Somalis, have been told by authorities they must leave the
country for “security” and “economic” reasons.

The United States has
been using Djibouti – strategically located on the Horn of Africa – as a base
to collect intelligence on the al-Qaeda network.

No further time limit
will be granted after 15 September

War on terror Africa-style

Warnings by
Washington of possible attacks on Western interests in the country are thought
to have led the government to clamp down on the foreigners.

“No further time
limit will be granted after 15 September,” Interior Minister Abdulkader
Dualeh Wais told journalists.

Illegal immigrants wishing
to apply for asylum have been streaming into a camp set up by the United Nations
refugee agency at Aour-Aoussa, in the south of the country.

“The asylum seekers
are largely Somalis who can’t go back to their home territory because of the
conflict and instability there,” a Djiboutian official said.

Economic impact
Illegal immigrants who did not leave would be deported,

government spokesman Ali Ahmed Koulet told the BBC.

On Saturday, 1,000 Ethiopians
– of the 30,000 expected by the Ethiopian authorities – arrived in Dire Dawa.

“Both young and old
Ethiopians arrived carrying small possessions,” a Dire Dawa official
said.

Thousands of refugees
are also passing through the town of Lowya-ado to reach the self-proclaimed
republic of Somaliland.

The economic impact
of the departure of so many immigrants is already being felt.

Maids,
cooks, cleaners, security guards and car washers are now impossible to find
while shops and bakeries are short staffed. Street food vendors have lost
much of their clientele.

The interior ministry
is urging Djibouti nationals to take up the jobs vacated by the foreigners
but they are demanding double the wages.

There are 1,500 United
States soldiers in Djibouti as part of regional counter-terrorism efforts.
The country also hosts 2,700 French military personnel, as well as 800 German
and 50 Spanish troops.

31/08/03 (B210) Djibouti se vide de ses forces vives.. mais se remplit de forces étrangères. Une nouvelle vocation, porteuse de grosses espérances financières pour Guelleh ?

Djibouti se vide de
ses forces vives :
– combien de
jeunes ont-ils été contraints de s’exiler, faute de pouvoir
trouver un emploi dans une économie assassinée par le pouvoir
autoritaire de Guelleh et par l’enrichissement personnel et indû d’une
poignée de barons et de membres de la famille de Guelleh ?

– combien de jeunes, ayant
suivi des études à l’étranger, ne sont pas rentrés
au pays, faute d’y trouver un avenir ?

– combien de proches de
Guelleh et de son noyau dur, ont-ils installé leurs enfants à
l’étranger, à titre de précaution ? Et maintenant, s’il
on écoute Radio-trottoir, avec toutes les précautions qui
s’imposent,
ce sont les responsables proches de Guelleh qui organiseraient
leur départ, dans la crainte d’une maladie qui frapperait le Président
?

– combien d’étrangers
vont-ils être déportés, dans le cadre de l’opération
menée honteusement par le Ministre de l’Intérieur : 50.000,
100.000, + ?

Mais qui restera-t-il
à Djibouti ?

Une population désorientée,
par le départ de ces étrangers qui participaient à la
vie économique et qui contribuaient à l’organisation sociale
: ménage, gardiennage, colportage, ….

Pardon, mais il y a un
nouvel apport de forces à Djibouti ! Nous allions l’oublier !

Traditionnellement
depuis les années 90, Djibouti importe des militaires en grand nombre.

Dans les années
90, ce furent d’abord des dizaines de milliers de mercenaires, employés
pour combattre le FRUD, à qui l’on avait fait croire qu’ils obtiendraient
des terrains ‘Afar’ s’ils se battaient bien … (Aujourd’hui les promesses
n’ont pas été tenues : les retraites pour les plus vieux ou
les indemnités pour les blessés sont versées avec un
lance-pierre. Leur éviction probable du territoire, devrait éviter
à Guelleh d’entendre leurs réclamations et de leur payer ce
qu’il leur doit. Il les met à la porte sans les indemnités ?
Joli coup pour se débarasser de ses créanciers !)

Puis, depuis le 11 septembre,
ce sont des militaires occidentaux qui sont arrivés en masse et pour
certains qui s’installent solidement dans des bunkers : 1.800 américains
plus les 800 allemands, les 50 espagnols, quelques italiens et des Ethiopiens, …. plus les
2.700 français. Bientôt l’implantation de militaires chinois ou indiens
?

Une nouvelle spécialité
pour Djibouti : l’hébergement de militaires ?

Djibouti se forge-t-il
une nouvelle spécialité ? Un grand camp militaire international
où les armées des différents pays, pourront se rencontrer,
échanger, partager et se défier au grand jour dans le grand
Barra ? Un grand terrain d’entraînement : tirs, simulations, exercices,
essais à balles réelles ! Est-ce bien la vocation de Djibouti
pour la prochaine décennie ?

En parallèle,
une vaste foire aux armes.

Quand il y a des armées
présentes, un nouveau commerce se développe automatiquement
: celui des armes, dont les gradés sont si friands … Alors, il ne
reste plus qu’à organiser un vaste marché des armes à
Djibouti pour donner au territoire sa spécificité : une zone
franche, des hangars, des vendeurs …. et le tour est joué.

Un détail :
les yéménites, qui sont traditionnellement les meilleurs commerçants
de la région, ont été chassés et il faudra certainement
en faire revenir quelques uns.

Les yéménites
chassés le 1er septembre, dites-vous ?
Pas tous, car les plus
gros commerçants yéménites (pas les boutiquiers du coin)
avaient choisi de soutenir Guelleh depuis longtemps, tant sur le plan politique
que sur le plan financier et ils seront encore là demain …

Quant au commerce des
armes, ce ne serait pas une nouveauté !

Guelleh en avait taté
depuis longtemps. Soupçonné par plusieurs lecteurs d’avoir acquis
une fabrique d’armes et de munitions en Afrique du Sud, soupçonné
de participer largement et activement au trafic d’armes vers la Somalie, il
avait délégué récemment plusieurs hauts gradés
militaires à l’étranger afin d’acheter des armes lourdes. A
priori, il semble que ces hommes soient revenus bredouille : l’Inde aurait
refusé et d’autres aussi. C’est difficile d’élargir la gamme de ses
produits, quand on n’est que revendeur ou grossiste. Mais il y arrivera ….
à condition de passer résolument à la vitesse supérieure.

Sur un plan marketing,
on pourrait lui conseiller d’agir progressivement par étape. D’abord la revente
et l’approvisionnement en pièces détachées : pièces
d’usure et consommables, puis de passer à des pièces/ ensembles
plus importants pour offrir ensuite des produits complets … prêt à
l’emploi. Et enfin pour rester concurrentiel de proposer des garanties et des services complémentaires : assurance “vol” et “bris de matériel”, formation des opérateurs, entretien et réparation.

Grâce à Guelleh,
Djibouti aurait-il trouvé sa voie et son positionnement dans le cadre
de la mondialisation. Une “Foire permanente aux armements neufs et d’occasion”,
avec possibilité, avant achat, de faire des essais sur le terrain,
des tirs réels sur place ? On pourrait imaginer l’implantation de plusieurs types
de magasins spécialisés, selon que le Client potentiel est un
Etat souverain, un groupe de résistance, un chef de guerre ou une organisation
terroriste …

A Guelleh, il suffirait
de toucher personnellement une commission sur chaque transaction et il aurait
finalisé son rêve, celui d’achever la transformation du pays
en un vaste hypermarché largement rentable mais placé entièrement
sous son contrôle et celui de sa famille, avec une population locale réduite au minimum, entièrement dominée et contrainte d’accepter les petits boulots au service des gros trafiquants.

Demain matin, après
l’importation des militaires, c’est bien l’étape N°2 de ce plan qui est lancée
: virer d’urgence tous les étrangers, pour limiter le nombre de mécontents. Les autres étapes sont peut-être
déjà programmées. Ca vous donne froid dans le dos.

A suivre.

31/08/03 (B210) Drames humains, désorganisation, risques d’épidémie, impréparation, absence de soutien et d’accompagnement : l’opération lancée par le Ministre de l’Intérieur (avec la participation, paraît-il du HCR) va-t-elle tourner au désastre humanitaire dans la crainte duquel nous ne cessons de lancer des alertes et de relayer celles de la LDDH… ?(Extrait AFP)

 


Photo extraite de l’ADI et prise au stade municipal de Djibouti

 

A la gare de
Djibouti, des centaines de clandestins en attente de départ

DJIBOUTI, 31 août
(AFP) – A la gare de Djibouti, des centaines de clandestins éthiopiens
attendent un hypothétique train qui les ramènera dans leur pays.
Dimanche à minuit, l’ultimatum lancé par les autorités
djiboutiennes à toutes les personnes en situation irrégulière
expirera.

Le gouvernement de ce
petit Etat de la Corne de l’Afrique, qui accueille une importante base militaire
américaine et française, a affirmé qu’il lancera alors
des “rafles” dans tout le pays pour
débusquer les récalcitrants.

A l’entrée de la
gare, sur les quais ou dans les wagons qu’ils sont parvenus à occuper,
des centaines d’hommes et de femmes attendent l’heure du départ.

Certaines femmes sont
là depuis deux à trois jours.
“Nous avons laissé
partir nos maris avec nos biens et nous attendons notre tour”, lance
Robo une jeune femme dont le prénom signifie “arrivée prémonitoire
de la pluie”.

Robo, solide Oromo
(une ethnie de l’Ethiopie) d’une vingtaine d’année, a accouché
sur le quai de la gare.
Elle se porte bien ainsi que son nouveau-né
qu’elle tente d’aérer avec un bout de carton qu’elle utilise comme
éventail.

Elle a finalement été
installée dans un wagon de marchandises qu’elle occupe avec une cinquantaine
d’autres femmes.

Dans un chahut indescriptible,
hommes et femmes essaient de décrire leur situation personnelle,
le manque d’eau et de nourriture.

“Nous attendons depuis
plusieurs jours et nous avons plus rien à manger surtout pour les enfants”,
explique Mahmoud.

Tous veulent s’informer
de l’heure du départ d’un train qui met souvent 16 heures pour parcourir
quelque 300 kilomètres entre Djibouti et Dire-Dawa (Ethiopie).

Selon Raho, qui quitte
la gare brièvement avec deux amies pour aller se laver, l’ambassade
d’Ethiopie a distribué samedi des bouteilles d’eau minérale
et du riz dans des sachets plastiques aux voyageurs.

Ceux qui n’ont pu profiter
de ces repas se sont mis à plusieurs pour acheter un plat de pates.

“Ce sont les plus
forts qui prennent en premier les places disponibles dans le train”
,
précise Raho.

Sans vouloir nier la réalité
de la situation, “dûe essentiellement à la vétusté
du matériel et des équipement du CDE” (Chemin de fer Djibouti-Ethiopie),
reconnaît Moussa, un responsable de la gare
de Djibouti, ce dernier regrette cependant l’absence “d’un soutien aux
personnes démunies”.

“Nous mettons à
la disposition des rapatriés les trains voyageurs prévus trois
fois par semaines et ne peuvent prendre chaque fois jusqu’à six cents
personnes”, indique-t-il.

Les quatre autres jours,
c’est à bord de “trains facultatifs” selon lui, à
savoir des trains de marchandises, que les immigrés voyagent.

Cette semaine les liaisons
ferroviaires ont été interrompues pendant deux jours, entre
Djibouti et l’Ethiopie, en raison de fortes pluies, précise le responsable.