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26/02/00 (LIB 23) OUA – Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples Une mission auprès d’Ismaël Omar GUELLEH dirigée par Maître Jamel REZAG BARA

nous apprenons que la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (OUA – UAO)
a délégué Maître Jamel REZAG BARA, avocat à Alger et membre de la Commission, qui effectue actuellement une mission à Djibouti. Nous ne connaissons pas les termes de la mission, mais elle est certainement en relation directe avec les inquiétudes exprimées par l’OUA sur la situation des Droits de l’Homme sur le territoire.

La mission s’achèvera vendredi 3 mars à Djibouti. Nous espérons avoir connaissance ensuite du rapport qui sera rédigé par Me Jamel Rezag Bara.

02/03/00 (LIB 23) DEUX PROCESSUS DE PAIX EN DANGER ?

Depuis
quelques semaines, nous avons assisté à plusieurs représentations
médiatiques, à l’instigation de M. Guelleh, autour du
thème de la Paix : la Paix en Somalie et la Paix à Djibouti.

M.
Guelleh, qui avait certainement besoin de détourner l’attention
de l’opinion internationale sur des affaires qui pourraient le concerner
de près, de très près .. a initié deux processus
de Paix .

Qui
pourrait lui reprocher d’oeuvrer pour la Paix ?
Personne … et de nombreusesinstitutions internationales lui ont apporté
leur appui et leur soutien.

Malheureusement
le bilan, aujourd’hui, est décevant :

  • le processus
    en Somalie ne rencontre pas l’adhésion des différentes
    parties et il pourrait se conclure sur un échec.
  • l’accord avec
    le Frud n’est suivi d’aucune mesure concrète ni dans le domaine
    de la démocratie ni sur le plan des Droits de l’Homme. La déception
    fait progressivement place à l’enthousiasme des premiers jours
    : le blocus dans le Nord n’a pas été levé, ….,
    nous n’enregistrons aucune avancée dans les faits (libertés
    individuelles, liberté de la presse, etc.. le seul point positif
    est la libération de 29 prisonniers politiques et la condamnation/libération
    de 10 autres.

La Paix est exigente
: c’est une démarche difficile qui impose une “bonne dose”
de sincérité. Il faut la conduire sérieusement
et avec conviction, sinon les tentatives sont vouées à
l’échec. Utiliser la Paix pour des considérations personnelles
peut se révéler dangereux : elle peut se retourner contre
la fourberie !

Si M. Guelleh
avait besoin de calmer une urgence politique / judiciaire, était-il
pour autant animé par une volonté sincère de faire
la Paix et de développer le climat politique, social et judiciaire
nécessaire ? La réponse à cette question pourrait
expliquer les échecs prévisibles qu’il devrait alors assumer.

Nous serons rapidement
fixés … sur l’avenir de ces deux processus de Paix !

En dépit
de nos doutes, nous voulons toujours y croire, car la cause des Droits
de l’Homme n’a rien à gagner dans un échec de ces processus
de Paix. C’est la raison pour laquelle nous demandons une nouvelle fois
au Gouvernement djiboutien de prendre les mesures nécessaires
pour rassurer l’opinion en montrant qu’il y a une évolution véritable
du régime :

  • arrêt
    définitif de toutes les violations des Droits de l’Homme : torture,
    arrestations arbitraires, en particulier dans le Nord à l’encontre
    des populations civiles,
  • restauration
    des libertés fondamentales : liberté de voyager librement
    à l’intérieur et à l’extérieur, liberté
    de s’exprimer, liberté de la Presse,


  • libération
    de tous les prisonniers politiques et vote d’une amnistie générale
    pour tous afin de mettre un terme aux instructions menées contre
    eux dans des conditions plus que critiquables,
  • rétablissement
    d’un système juridique équitable avec des juges et des
    avocats libres et indépendants,
    cessation des harcèlements policiers à l’encontre des
    personnalités de l’opposition et des responsables des Associations
    de Défense des D.H.
    ,
  • (a suivre)

26/02/00 (LIB 23) Plan de paix mort-né de Guelleh pour la Somalie.

Le régime alimentaire et policier de Guelleh compte organiser une
pseudo-conférence de paix somalienne dans l’espoir d’obtenir une aide
financière internationale des nations unies et d’étouffer les aspirations du
peuple djiboutien.

Le policier Guelleh est convaincu que les bailleurs de fonds n’hésiteront
pas à débourser des sommes considérables pour une prétendue cause
humanitaire.

Apparemment peu soucieux de ce qui se passe à Djibouti, Guelleh se fait
“médiateur” en proposant des solutions abruptes (isolement, blocus contre la
Somalie) tout en sachant pertinemment que les différentes tribus somalies
n’ont aucune sympathie pour lui.

Par ailleurs, les chefs coutumiers somaliens ont fermement condamné les
gesticulations du seigneur de guerre Guelleh.

Ce “plan de paix” commence à exacerber les rivalités tribales djiboutiennes
(Issas/non Issas somalis) parce que le régime tribaliste de Guelleh est
reconnu dans la Corne de l’Afrique comme l’ancien allié du feu Syad Barré.

A mes yeux, l’objectif inavoué de l’incendiaire Guelleh consiste à réunir
les conditions d’une guerre civile au Sud du pays.

Ce scénario plausible a déjà été pris en considération par d’une part, le
gouvernement du Somaliland (concentration de L’Armée somalilandaise à
Loyada) et, d’autre part par l’état-major des forces françaises de Djibouti
(activation du plan de regroupement des français en trois zones : cité de
l’aviation, Boulaos et Héron).

Les observateurs de la scène politique somalienne notent que le premier tour
de la guerre tribale somalienne s’est déroulé à Hargueysa, le deuxième tour
à Mogadiscio et la finale risque de se produire à Djibouti-ville.

M.A.
Montréal,

Canada

25/02/2000 – DU “RIFIFI” AU PALAIS ?

Les dictateurs se querellent … l’ancien et le nouveau ! Directement et par l’intermédiaire des membres de leurs familles…

Il faut savoir qu’Ismaël Omar GUELLEH souvent appelé “le neveu” d’Hassan Gouled APTIDON, n’est pas un vrai neveu, c’est un membre de la même tribut.

Le vrai neveu de Gouled s’appelle Houssein Idriss Gouled. Ismaël Omar GUELLEH vient de lui faire fermer tous ses comptes bancaires. En même temps, nous apprenons qu’il a retiré la voiture de sa soeur, Saida Idriss Gouled.

Les mesquineries s’abattent aussi sur l’ancien dictateur Hassan Gouled APTIDON : ses gardes du corps et ses boys lui ont été retirés.

(ARDHD) -> Ces informations ne nous attristent pas véritablement, mais elles confirment que la rage de M. GUELLEH est universelle et constante et qu’elle atteint désormais tout le monde même ses pairs.

D’ailleurs il est aussi en conflit larvé avec son général de police Yacine Yabeh

25/02/2000 – La Paix sera-t-elle au rendez-vous ?

Dans notre dernier numéro, nous nous sommes interrogés sur les motivations personnelles ou secrètes des signataires des accords de Paris. Ce point nous semblait important pour essayer de comprendre l’actualité et d’anticiper les prochaines étapes du processus.

Aussitôt connu, cet accord a soulevé manifestement un grand enthousiasme, partagé par tous les observateurs. Même si l’opposition non-armée a été déçue de ne pas avoir été invitée à partager les accords, chaque djiboutien a cru trouver, au détour de phrases soigneusement imprécises, les graines d’une évolution possible du régime dictatorial vers la démocratie et la justice.

Il faut reconnaître que le bilan, après deux semaines, n’est pas à la hauteur des espérances. Nous avons noté en particulier :

le manque d’information et le secret absolu qui couvre les négociations entre M. Dini et le gouvernement ; cela suscite l’inquiétude…

la libération partielle des prisonniers politiques (39 au lieu des 47 annoncés officiellement) qui jette un doute sur la volonté réelle d’ouverture de M. Guelleh,

la poursuite et l’intensification de la répression contre la LDDH et contre les populations du Nord (voir aussi le communiqué N° 11 de la LDDH à paraître dans le prochain numéro (23) de LA LIBERTÉ, la non-restitution des passeports aux personnalités,

etc…
Tout cela constitue des signes forts ….
mais pas du tout ceux que nous attendions …

Nous voulons surtout éviter de “jeter de l’huile sur le feu”, mais nous lançons simplement un appel
vers les signataires des accords de Paris pour leur demander :

de communiquer leurs intentions et de nous informer régulièrement sur les avancées (s’il y en a, comme nous l’espérons) des négociations et des points d’accord qui permettront le retour à la démocratie
et à la justice pour le peuple djiboutien,

de prendre rapidement des décisions importantes
en faveur des Droits de l’Homme :
Cessation des violences contre les populations civiles,

Restauration de la liberté de déplacement à l’intérieur comme à l’extérieur (restitution des passeports),

Rétablissement de la liberté d’expression et de la presse d’opposition,

Libération de tous les prisonniers politiques encore incarcérés,

etc…

Il en va de l’avenir de Djibouti et de l’avenir de ce processus.

Jean-Loup SCHAAL
ARDHD

25/02/2000 (LIB 23) LDDH (N°10): Réactions à la suite du harcèlement policier régulier contre ses dirigeants

Le Vice-Président : Omar Ali Ewado
Siège : Quartier V, boulevard de Gaulle n° 66
B.P. : 74 Djibouti, République de Djibouti
Bureau Tel : 253 357 804
Domicile Tel/Fax : 253 358 007

Djibouti, le 22 février 2000

COMMUNIQUE DE PRESSE N.10/LDDH/2000

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est une ONG apolitique non assujettie aux décisions Gouvernementales, soucieuse de préserver avant tout
l’étiquette humanitaire dans le cadre de la protection des Droits Humains, elle fait
impassiblement les frais des pouvoirs publics, nonobstant la mission et le rôle qui lui
sont assignés dans la légalité et pour cause.

En dépit de l’accord cadre de PAIX signé entre le Gouvernement et FRUD,accord qui, faut-il le rappeler est appelé à décrisper la situation politique sociale et économique du pays, et de mettre fin au conflit armé, le Pouvoir en place continue de généraliser les harcèlements de tous bords, notamment à l’endroit de la LDDH et de son Président. c’est ainsi que le 22 février 00, le Président de la LDDH a été
enquêté par la brigade des recherches de la Gendarmerie sur la Note d’information
n° 13/LDDH/du 20 décembre 1999

Les derniers agissements en date étant l’atteinte grave portée à l’honneur des membres de sa direction, par le Secrétaire Général par Intérim du Ministère de
l’intérieur

Les harcèlements Incessants à l’encontre du Président de la LDDH n’étant point un acte isolé mais découlant à posteriori de l’acharnement tout azimut des
pouvoirs publics : après le Trésor, le Parquet, c’est autour des Ministères de la Santé et de l’intérieur de prendre l’oriflamme de la répression, qui s’est amplifiée manifestement depuis les appels constants à la Paix et surtout après la signature du 7 février dernier à Paris.

La Ligue djiboutienne des Droits Humains (LDDH) est convaincue de la nécessité d’une paix globale et elle ne se laissera pas intimidée.

Omar Ali EWADO

25/02/2000 (LIB 23) Manifestations à BALBALA

Les factures d’électricité ont triplé pour les
pauvres alors que, dans le même temps, on a diminué la facture d’électricité des commerçants et des riches.

Au debut de cette semaine, il y a eu des manifestations à Balbala (banlieue de Djibouti). Des lacrymogènes ont été lançés. Il n’y a pas
eu, finalement, de dégats importants.

25/02/00 (LIB 23) Affaire BORREL : par l’intermédiaire de LA NATION, le Gouvernement djiboutien reconnaît que le juge BORREL a été assassiné …..

En lisant votre précédant numéro de LA LIBERTÉ, je découvre que le journal LA NATION reconnaît officiellement et pour la première fois (à ma connaissance) que la mort du juge BORREL est un meurtre. … et je reprends le texte que vous avez publié :

Aujourd’hui à ce stade de la situation dans l’évolution de cette affaire qu’elle a volontairement déclenché, la France couvre pour raison d’État, les vrais coupables dans l’assassinat de M. BORREL qui continuent d’occuper en toute impunité de très hautes fonctions au sein de la Françafrique.

Tous ceux qui connaissent Djibouti savent que le Journal LA NATION est l’organe officiel du Gouvernement et qu’aucun article ne pourrait y être publié, sans le consentement des plus hauts responsables politiques …

Je laisse à vos lecteurs et aux journalistes qui travaillent sur ce dossier le soin de poursuivre leurs investigations, mais ce point me paraît tellement important, que j’ai cru bon de vous écrire pour le souligner.

M.C.
Paris