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21/06/06 (B355_B) TSR Info.ch : Somalie: Washington invite les tribunaux islamiques au dialogue.

ENTEBBE – La secrétaire d’Etat adjointe aux Affaires africaines, Jendayi Frazer, a invité mardi les tribunaux islamiques qui contrôlent la majeure partie de la Somalie à « s’asseoir autour d’une table » pour dialoguer. L’Américaine est intervenue alors qu’une tentative de médiation est prévue mercredi.

« Nous avons besoin que l’union des tribunaux islamiques participe à un dialogue sur l’avenir de la Somalie et que tous les groupes (impliqués dans la guerre civile) cessent d’avoir recours à la violence et s’assoient autour d’une table », a déclaré mardi Mme Frazer en Ouganda.

Les milices des tribunaux islamiques somaliens contrôlent la majeure partie de la capitale Mogadiscio et se sont emparés la semaine dernière de Jowhar, place-forte d’une alliance de chefs de guerre soutenue par les Etats-Unis. Ils étendent depuis leur emprise en direction de la frontière éthiopienne (nord de la Somalie).

Les chefs de guerre aujourd’hui en déroute avaient reçu un soutien financier américain pour contrer la montée en puissance des tribunaux islamiques, soupçonnés par les services de renseignement occidentaux d’abriter des extrémistes du réseau terroriste Al-Qaïda.

« C’est peut-être rare, mais il arrive parfois aux Etats-Unis d’écouter ses amis et partenaires les plus impliqués pour leur demander leur avis avant de décider de l’initiative la plus appropriée », a ajouté Jendayi Frazer.

« Nous en sommes au stade des consultations et de la discussion et sur cette base, je ferai des recommandations à la secrétaire d’Etat (Condoleezza) Rice », a poursuivi Mme Frazer.

Des responsables des tribunaux islamiques somaliens qui contrôlent la majeure partie de la Somalie sont attendus mercredi à Khartoum pour participer à une tentative de médiation arabe.

Mme Frazer devrait elle rencontrer mercredi au Kenya le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed, selon des sources proches du président somalien. (ATS)

21/06/06 (B355_B) Un correspondant nous adresse un poème à la façon de Kipling « Tu seras un homme, mon fils » … (Bouh Warsama)

Tu seras un tyran, mon fils.

Si tu peux

  • confisquer du pays son indépendance et en violer la Constitution
  • Imposer tes propres lois, mener un peuple à la faillite sociale, à la misère
  • Avoir discours mensongers, ne survivre que par promesses et mystifications
  • Contraindre la liberté à fuir au loin, la poursuivre jusqu’en d’autres terres

Si tu peux

  • falsifier honteusement toutes élections, être des artifices le maître
  • Faire sans cesse braire tes ânes, déclamer des odes à ta prétendue gloire
  • Imposer terreur dans le pays, interdire à l’opposition d’exister, de parler et d’être, ignorant que l’histoire est plus rancunière que les hommes car elle garde mémoire

Si tu peux

  • corrompre des esprits faibles, d’argent en faire leur seule vérité
  • Tromper honteusement, t’approprier mille biens d’autrui, spolier ainsi la Nation
  • Organiser attentats, fomenter des révoltes en ce pays et en d’autres contrées afin d’asseoir ton frêle trône sur la terreur ; sans foi, ni loi, ni simple passion

Si tu peux

  • ordonner que Justice soit suicidée puis mentir effrontément
  • Laisser salir le nom d’un Juge intègre, être capable des pires attitudes
  • Avec mépris te considérer au dessus de tout, imposer chantage menaçant pour tenter de couvrir tes lâchetés, indignités, manigances et turpitudes

Si tu peux

  • tenter de suborner témoins, hommes et femmes de courage
  • Puis face à l’échec, faire maltraiter leurs familles, de leurs biens les spolier
  • Faire emprisonner, torturer sans raison êtres humains, quel que soit l’âge pour contraindre tes opposants à se taire et face à ton diktat s’incliner

Si tu peux

  • faire détruire par tes soudards l’ouvrage de tant de vies
  • Faire incarcérer, supplicier des vieillards, des enfants et des femmes
  • Déplacer, chasser des populations, les avilir et insulter ainsi leur ethnie
  • Agir sans humanité, sans respect, sans un geste et sans état d’âme.

Si tu peux

  • outrager, faire brûler drapeau de celui à qui tu dois beaucoup
  • Exercer odieux chantage pour couvrir malversations et accords indécents
  • Prendre ses familles en otage, faire chanter et diplomatie mettre à genoux
  • Pour que te soient octroyés honneurs, décoration, dons et encore argent

Si tu peux

  • faire construire en des lieux paradisiaques résidences et palais
  • Te gausser des tartufferies du « grand frère » qui se couche à tes ordres
  • Engranger sans cesse biens, finances publiques ; détourner, piller, ruiner
  • Faire de l’État ta propriété sans y instaurer prospérité mais désordres

Si tu peux

  • outrager chaque jour ainsi ton Dieu et les Saints Versets du Coran
  • Puis le soir venu te réfugier en ton précaire Palais, t’y vautrer en pleine aisance
  • Penser que pardon d’Allah te serait octroyé à chaque pèlerinage, une fois l’an
  • Oubliant que le triomphe n’appartient qu’à l’homme qui croit et agit en conscience

Alors et malgré tes richesses et la croix couleur du sang de tes victimes accrochée à ton veston fripé ; tu ne seras pas un homme, mon fils, mais tout simplement un tyran.

Bouh Warsama
à la façon de Kipling

 

21/06/06 (B355-B) Le Président de la LDDH adresse une lettre ouverte au directeur de la BBC Somali pour le féliciter du traitement des informations concernant la crise somalienne mais aussi pour attirer son attention sur la situation à Djibouti et lui demander d’ouvrir plus largement ses antennes à l’actualité djiboutienne.

Le Président

LETTRE OUVERTE
Au Directeur de la BBC Somali Section.

M. Youssouf Garad

Djibouti, le 20 juin 2006

Monsieur le Directeur,

Soucieuse de la paix régionale et suivant de près les évènements en Somalie,
la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reconnaît le rôle crucial
d’une information neutre et transparente dans la consolidation de paix.

Aussi permettez-moi de vous dire combien les auditeurs Djiboutiens et nous
mêmes apprécions le traitement objectif de l’information sur la Somalie de
la part de vos services.

Ici à Djibouti, la situation des Droits de l’Homme n’a guère évolué depuis
votre dernier séjour dans le cadre de la formation des journalistes, en
particulier ceux de la Radio et de la Télévision.

Bien au contraire, la répression est quotidienne à l’encontre des
Travailleurs du secteur public, leur statut est devenu précaire avec un Code
du Travail antisocial.

Toujours les mêmes faux problèmes, qui ne peuvent que discréditer le
Pouvoir Djiboutien, d’ailleurs sur le plan international il reste perçu
comme irresponsable, ne tenant jamais ses promesses et ne respectant pas
ses engagements nationaux ni internationaux.

En cette journée historique du 20 juin, journée des Réfugiés (loin de leur
foyer), la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reste très inquiète
par la possible agression des Forces Etrangères contre un peuple somali
laissé à l’agonie depuis plus de 15 ans.

Cette période semble pourtant pleine d’espoir pour toutes les populations de
la Corne d’Afrique, et toute contribution positive des Journalistes, (en
faveur de l’entente) quel que soit leur bord, est l’une des nécessités
vitales pour la consolidation de la Paix dans notre région profondément
troublée.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

 

18/06/06 (B355-A) LA VOIX AU CHAPITRE : par AÏNACHÉ

Voilà que ça recommence !

Depuis un mois, des informations alarmantes parviennent de Djibouti et particulièrement de la région du nord. Des mots terribles sont employés tels que blocus, famine et arrestation arbitraire.

Une opération militaire d’une ampleur exceptionnelle est donc menée depuis le 13 mai dernier qui isolerait le nord du pays. Certains n’hésitent pas à affirmer que la population du nord est prise en otage.

Après la chasse aux syndicalistes durant le premier trimestre de cette année, le tenant du pouvoir punit-il la population du nord ?

Qu’est ce qui motive qu’un pouvoir emploie ce genre de méthode effarante, dénoncée par tous, à l’encontre de sa propre population ?

Comme beaucoup, j’ai été choqué lorsque j’ai appris par un ami digne de foi et parfaitement informé, l’arrestation très musclée du vieil OKAL Monsieur HANNIFA ASSÉ pour le seul tort d’avoir accordé son hospitalité à un groupe de jeunes de passage dans sa localité.

Depuis quand l’hospitalité traditionnelle serait-elle interdite ?

Comment concevoir qu’on puisse bastonner un vieil homme et de surcroît un notable honorablement connu de tous ?

Fidèle à leur méthode de mutisme les médias locaux ne donnent aucune information sur le sujet. Seule la courageuse et méritante LDHD tire la sonnette d’alarme afin d’alerter l’opinion internationale, malgré les diverses intimidations.

Faut-il chercher un début d’explication suite aux multiples désaveux cuisants des différentes élections.

La dernière élection pouvait s’envisager consensuelle, par ce que voulue par tous.

Cette élection, de mars dernier, régionale et communale avait été programmée pour faire oublier rapidement l’amer souvenir qu’a laissé les élections précédentes et notamment l’élection la plus controversée : LA PRESIDENTIELLE.

Tout le monde se souvient de l’interview que le président avait donné au très complaisant journal JEUNE AFRIQUE qui se nommait à l’époque très modestement : L’INTELLIGENT.

A une question relative à sa réélection, sans concurrent ni débat contradictoire, le président avait répondu avec l’aplomb qu’on lui connaît et je cite de mémoire : Si l’opposition a quelque chose dans le ventre qu’elle le montre lors de la prochaine élection régionale et communale qui sera organisée avant la fin de l’année. Fin de citation.

Il faut se souvenir que cette interview a été publiée juste après sa réélection du 8 avril 2005.

Contrairement à la promesse présidentielle, cette élection ne s’est déroulée qu’un an après.

Suite à de multiples reports pour des raisons diverses et variées la réalité est tout simplement : -le refus de participation de l’opposition légalisée

 

-le manque d’enthousiasme des Djiboutiens. Ceux-ci n’ont même pas daigné retirer leurs cartes d’électeur.

Ces élections souhaitées par tous ont été boudées pourtant par plus de 80% des électeurs inscrits, selon l’aveu même du pouvoir en place.

Une calamité que le tenant de pouvoir a minimisé au maximum, mais qu’il n’a pu cacher comme dans le passé.

Les électeurs ont fait plus confiance au mot d’ordre de l’opposition, de boycotter l’élection. Cette consigne de l’opposition a été entendue par tous sans bénéficier du relais des médias nationaux.

Après un tel désastre nous pouvions attendre logiquement :

 

– Soit à la démission du gouvernement
– Soit au moins au renvoi du ministre de l’intérieur
– Soit à l’organisation d’un référendum pour reconquérir un semblant de légitimité bafouée.

Ce qui semble normal partout dans le monde n’a pas cours chez nous.

En république de Djibouti on soigne le mécontentement par la répression.

L’autre piste serait-elle, la renonciation le 21 septembre 2005  par le président de l’ARD (Alliance Républicaine pour le développement) Monsieur Ahmed Youssouf de l’accord de réforme et de concorde civile?

Nul n’ignore avec quel fracas cet accord fut accueilli et célébré : discours, embrassades réceptions, éditions spéciales dans les médias, décorations des personnalités qui avaient rendu possible cet événement etc…

Par contre, aucun mot dans les médias nationaux pour informer les Djiboutiens sur la dénonciation de cet événement important et les raisons qui ont poussé leurs signataires à retirer leur accords.

Depuis que cet accord est devenu caduc, un chapitre condescendant du discours présidentiel vantant le mérite des Djiboutiens de régler leurs différents entre eux, servi pour chaque événement, a disparu.

Il va falloir vite trouver un ‘’ truc » consensuel pour le discours du 27 juin prochain !

Quelque soit les raisons qui ont motivé ce désastre, cela prouve s’il en était encore besoin le manque chronique de dialogue, l’absence totale de contre pouvoir.

Ce pouvoir s’étiole de plus en plus et pense trouver une crédibilité dans la répression.

La politique est possible dans la recherche du compromis. Manifestement nos dirigeants ne l’ont jamais pratiqué, leur préférence s’accommode comme d’habitude de la compromission.

Pour notre part nous continuons à chercher pacifiquement à mettre en place une plateforme vers une transition démocratique, indispensable. La survie de notre nation exige l’abolition définitive de cette logique de haine entretenue et amplifiée par la division ethnique et le dosage tribal.

Tous ceux qui sont désireux de sortir de ce marasme fétide sont les bienvenus. Il est indispensable d’élaborer un projet fédérateur non partisan avec pour seule ambition :

– Mettre fin à cette situation qui n’a que trop durée et réconcilier les Djiboutiens.

Nous devons partir du principe que rien ne sera productif sans l’unité des Djiboutiens.

Il faut balayer nos divergences artificielles et prendre notre destin en main afin d’éviter de sombrer dans la guerre civile qui frappe à notre porte. 

AÏNACHÉ

A voir : L’émission de FR3 ‘’Culture et Dépendance » du mercredi 21 juin prochain à 23h25 aura comme invité notre ami Abourahman Waberi. Il aura face à lui entre autre le très médiatique ministre de l’intérieur N. Sarkozy.

Comme chacun sait, son dernier livre ‘’Aux Etats-Unis d’Afrique » à obtenu un succès mérité et a été salué unanimement par toutes les critiques.

Il est regrettable que ce succès n’ait pas été relayé par les médias Djiboutiens.

18/06/06 (B355-A) Selon l’ADI, les Le gouvernement américain octroie quatre patrouilleurs à la marine nationale. (Info lecteur)

_____________________________________ ADI

DJIBOUTI (ADI) – 15 Juin 2006- La représentante diplomatique du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique en République de Djibouti, Marguerita Ragsdale, a procédé ce matin à la remise officielle de quatre patrouilleurs à la marine djiboutienne.



D’une valeur de 88 millions de FD, ces patrouilleurs, gracieusement offerts par le bureau de financement militaire international des Etats Unis, auront pour mission de renfo er le les interventions en mer des forces navales djiboutiennes et d’accroître ainsi en nombre leurs opérations navales.



Équipés de radars ultramodernes et d’appareils de navigation de dernière génération, ces patrouilleurs disposent d’une grande autonomie qui permettra à la marine djiboutienne d’optimiser la surveillance des cotes djiboutiennes depuis la frontière avec l’ Érythrée jusqu’aux cotes somali landaises.



Outre le ministre de la défense nationale M.Ougoureh Kifleh, l’ambassadrice des Etats Unis d’Amérique à Djibouti, Marguerita Ragsdale, les chefs d’états majors de l’armée djiboutienne, le commandant en chef du corps expéditionnaire inter Armés de la Corne de l’Afrique (CJTF-HOA), le commandant en chef des FFDJ ainsi que le commandant de la marine nationale ont également pris part à cette cérémonie de remise de don.

__________________________________ Note de l’ARDHD
Espérons que les Américains aient pensé à faire le plein des réservoirs avant de les livrer. Car l’équipe de Guelleh et la Marine djiboutienne collectionnent les patrouilleurs qu’elle laisse pourrir au Port, car ils n’ont pas de carburants pour avancer.

La surveillance des côtes est essentielle, mais le détournement des Carburants des Forces armées est une priorité absolue à Djibouti, car il faut apprivosionner les comptes en banque des Hauts-gradés, avant les réservoirs des patrouillers.

18/06/06 (B355_A) AFP : Somalie: les islamistes négocient le soutien des chefs coutumiers (AFP sur Afriklive)

Les dirigeants des tribunaux islamiques somaliens rencontraient jeudi des chefs traditionnels à Jowhar (90 km au nord de Mogadiscio) afin de gagner leur soutien notamment pour l’application de la charia dans les villes prises par leurs milices.

Côté islamiste, les discussions, à huis-locos, étaient notamment menées par le président des tribunaux islamiques de Mogadiscio, Sheihk Shariff Sheikh Ahmed. Les chefs traditionnels de Jowhar sont issus du sous-clan abgal.



Le sous-clan abgal, qui contrôle également une partie du nord de Mogadiscio, refuse jusque présent de reconnaître l’autorité du Conseil suprême des tribunaux islamiques dans les territoires sous son contrôle et appelé à la résistance après la prise de la grande partie de la capitale par les islamistes, le 5 juin. Le président des tribunaux est lui-même issu du sous-clan abgal.



« Notre priorité est de mettre en place une administration islamique (loi islamique) et de s’assurer que les villes sous notre contrôle sont sécurisées avant d’étendre notre contrôle à d’autres régions », a déclaré Sheikh Hassan Warsame, l’un des commandants des milices des tribunaux.



A Mogadiscio, deux membres clefs de l’alliance de chefs de guerre, Musa Sudi Yalahow et Bashir Raghe Shirar, qui sont retranchés dans le nord sous la protection du sous-clan Abgal, ont annoncé qu’ils avaient quitté l’Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), mais ont affirmé être prêts à se battre.



Après les défaites militaires de l’ARPCT dans la capitale et à Jowhar et plusieurs défections de chefs de guerre, Bashir Raghe Shirara, a estimé mercredi que « l’ARPCT n’existe plus ». Toutefois l’ARPCT n’a pas été formellement dissoute.



Les milices des tribunaux islamiques, qui contrôlent la majeure partie de la capitale somalienne Mogadiscio, se sont emparés mercredi de la ville de Jowhar et de Mahhadei Uen (environ 25 km au nord de Jowhar), places-fortes de l’alliance de chefs de guerre soutenue par les Etats-Unis.



La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique, est déchirée depuis 1991 par une guerre civile. Des institutions politiques de transition, mises en place depuis 2004, s’avèrent incapables de rétablir l’ordre.

18/06/06 (B355_A) Djibouti – Quand un homme n’ose plus défendre la porte de sa maison et sa famille, il est mûr pour l’esclavage et fait ainsi le lit de la tyrannie qui s’y installe et s’y vautre à loisir. (Bouh Warsama)

Dans les rues de la capitale djiboutienne, une multitude de manifestants sont apparus depuis mai 1999. A ces mouvements de masses de justes revendications qui se sont succédés et se perpétuent avec de plus en plus d’ampleur, le pouvoir tyrannique a répondu non pas par un nécessaire dialogue ou par la concertation préalable mais par l’envoi des forces de police avec consignes de faire de la répression bestiale par l’usage du « bâton » puis des armes et des balles qui ont fait de nombreuses victimes dont des personnes âgées, des femmes et des enfants.

Loin est le temps où IOG – alors Directeur des SDS – distribuait certains matins quelques argents aux plus miséreux sur les marches du Palais de l’Escale alors que bien d’autres les ignoraient totalement. A cette époque, misère n’était pas vice !

Depuis, au nom de quel Dieu et de quel droit peut-il ordonner de frapper des personnes âgées venues réclamer le paiement de leur modeste retraite ?

Au nom de quel Dieu et de quel droit peut-il ordonner à la force publique de réprimer des femmes et de jeunes enfants qui sont dans la misère et qui réclament à manger ?

Au nom de quel Dieu et de quel droit peut-il ordonner à la force publique de faire usage de ses armes et d’ouvrir le feu sur la foule de manifestants désarmés ?

Ce sont des dizaines de morts et de blessés qui jonchent aujourd’hui le chemin ensanglanté du régime de l’autocratie imposée par son Excellentissime Ismaïl Omar Guelleh.

La situation que vit aujourd’hui Djibouti – avec les soulèvements dans le Nord et l’Est du pays, voire dans la capitale – est l’une des conséquences d’une guerre intentionnelle et tribaliste lancée contre les civils Afars et les Gadaboursis, décidée et déclenchée par quelques caciques en périphérie du pouvoir de l’époque. Pouvoir dirigé artificiellement par Hassan Gouled – mis en résidence surveillée depuis et qui se contentait alors de ses parties de cartes dans sa résidence d’Arta et de ses « Jet pippermint » en laissant quasiment tous les pouvoirs à son « dauphin » IOG – dont le seul but était et reste encore de garder le pouvoir quel qu’en soient les moyens utilisés pour ce faire et non de sauvegarder une quelconque république en marche – soit disant – vers le progrès économique, politique et surtout social.

République de façade qui n’a jamais vu le jour autrement qu’en apparence et avec des cautions externes prônant l’application d’une seule loi de gouvernance qui est celle du « bâton », dans un pays où la manipulation des masses, la corruption institutionnalisée à haut niveau de l’appareil d’État, le clientélisme et la fraude électorale sont des pratiques récurrentes. Où toutes les institutions élues sont des allégories guignolesques de démocratie (les Députés (es) étant désignés lors de mascarades d’élections législatives), où l’actuel président Ismaïl Omar Guelleh, de l’aveu même de quelques barons du régime et de membres des commissions désignées par le pouvoir (qui se taisent officiellement par peur de perdre leurs privilèges, de se retrouver ruinés et …à Gabode jusque mort s’ensuive ….), qu’avril 2005 fut la plus grande fraude électorale depuis l’indépendance du pays ?

Ismaïl Omar Guelleh avait-t-il promis à ses deux généraux de les mettre à l’abri à l’avenir des poursuites tant nationales qu’internationales sur les détournements de fonds publics, sur les « trafiquotages » à grande échelle avec revente des matériels et d’armes offertes par des pays étrangers, sur les crimes perpétrés sur leur ordre contre les populations Afars, s’ils ne s’opposaient pas mais bien au contraire participaient – une fois encore – par la fraude en milieu militaire (dont l’accaparation de milliers de délégations de votes…) à sa réélection ?

Auquel cas, s’est-il rendu complice lui même, en instrumentalisant la « volonté du peuple souverain », des crimes contre l’humanité perpétrés contre des milliers de civils dans le pays? Ne s’agirait il pas, dans ce cas de figure et en considérant que le deal passé avec ses « supposés alliés » ait eu pour but de les soustraire ensemble aux poursuites pénales futures, tant nationales qu’internationales, donc de les amnistier comme il en a le pouvoir ?

Les exactions commises contre les civils par des agents dits des « forces de l’ordre », par des « mercenaires » armés par l’État, conçues, préparées, ordonnées et perpétrées sur l’ordre du pouvoir et qui se sont traduites – en des temps pas si lointains – par des massacres massifs de populations civiles dans le Nord, par des assassinats ciblés de citoyens, de personnalités politiques de renom (Mohamed Djama Elabeh et bien d’autres) et d’étrangers (dont le Juge Bernard Borrel, car un peu trop « fouineur » selon IOG), par des enlèvements, par des séquestrations, par des exécutions sommaires, par des tortures instituées officiellement en méthode systématique d’interrogatoire, par des viols, par des attentats à l’explosif (notamment à la grenade) à Djibouti, sont-elles amnistiables au regard des principes universels du Droit, et sans même qu’il y ait eu confession et repentance publique des crimes par ceux qui les ont commises ou ordonnées?

Les termes de « Maintien de l’Ordre Public » définis par les textes législatifs et réglementaires, sont-ils applicables à ceux qui – sur ordre d’Ismaïl Omar Guelleh – ont perpétré des actes criminels contre les civils et classés comme tels par les lois même qui les investissent de la force publique?

L’indemnisation des familles de disparus, telle qu’elle est conçue et édictée, effectuée immédiatement après que soient perpétrés les « crimes pour raison d’État » car sur ordre du Palais de l’Escale, n’est-elle pas une atteinte supplémentaire à la dignité des Djiboutiens ? Est-il admis de se servir ouvertement de l’argent public pour acheter le silence des familles de citoyens empoisonnés sur ordre qui ont été arrachés aux leurs, exécutés froidement dans la rue par la « bande des quatre », ou détenus souvent longtemps sans aucun jugement pour être livrés à des monstres sadiques (formés à l’école de Syaad Barré ou de Mengistu – dont on nous affirme aujourd’hui (officieusement) que ce sont d' »honorables agents de l’État, artisans de la sauvegarde de la République » ?

De la République bananière !

Quelle est la signification de massacre collectif pour le législateur?

Est ce le fait d’assassiner plus de deux personnes en même temps ? Le fait d’assassiner plusieurs personnes l’une après l’autre, avec un intervalle plus ou moins long entre deux victimes, échappe-t-il à cette qualification ? Car ne nous trompons pas, c’est la méthode employée qui consiste à « effacer » ceux qui dérangent, un après l’autre afin de ne pas ameuter la presse et l’opinion internationales. Ceux qui ont donné de tels ordres tout comme ont ordonné des massacres collectifs en pays Afar, ne laissant aucun choix aux exécutants, et qui en deviennent, par logique, les premiers auteurs, échappent-ils également à cette catégorie ?

Entreprendre des travaux d’investigation et réunir des témoignages, déposer plainte et témoigner devant une justice étrangère de ce que l’on a vu ou entendu, effectuer des recherches scientifiques, historiques et sociologiques, afin de faire éclater la vérité sur les responsabilités des uns et des autres dans la tragédie qui a endeuillé – et endeuille encore de nos jours – le peuple djiboutien dans son ensemble et des familles étrangères, à titre journalistique ou universitaire, ceci constituerait-il, selon le pouvoir tyrannique et sanguinaire d’Ismaïl Omar Guelleh une « atteinte aux institutions de la République » ? Disons plutôt, atteintes à l’émergence de toutes ces vérités qui dérangent quelques « mauvaises consciences » – à Djibouti …comme ailleurs – et qui tentent de nous faire taire par l’emploi de TOUS les moyens.

En quoi révéler des faits devant une justice étrangère ou témoigner en vue de prouver qu’un agent des « Services Djiboutiens de la Sécurité » qui a enlevé des citoyens, qui les a séquestrés, torturés, violés et assassinés, peut-il ternir l’image de Djibouti ?

En quoi révéler des faits devant une justice étrangère et témoigner en vue de prouver qu’un officier des armées et un « honorable » commerçant étranger (plus assurément mafieux mais protégé par un nom respectable) aient participé à l’assassinat d’un Juge trop intègre, peut-il ternir l’image de Djibouti ? ou nuire à l’honorabilité de TOUS les autres fonctionnaires et militaires, gendarmes et policiers qui majoritairement ont dignement servi la République et réprouvent quasi ouvertement aujourd’hui ce qu’ils observent ?

Les tortionnaires et les criminels qui se sont servis des insignes, des emblèmes et des fonctions de l’État pour faire taire les « fouineurs », garder le pouvoir en commettant ou en faisant commettre des crimes, sont-ils la personnification de cet État ? N’est il pas autrement plus honorable pour un État digne de ce nom, de rechercher et de poursuivre sans relâche, tous les auteurs des crimes contre les citoyens, qu’ils soient djiboutiens ou étrangers ?

Dernière question :

Jusqu’où sera-t-il permis à des hommes sans honneur, opportunistes et de circonstances :

– qui ont confisqué l’indépendance du pays avec certaines cautions externes au pays, qui se sont autoproclamés,

– qui se sont servis d’un pouvoir dont ils se sont arrogés pour piller les biens de l’État et les aides internationales,

– qui ont mené le pays à la faillite sociale, économique et politique,

– qui sont à l’origine des conflits internes actuels par le non respect des accords « État/FRUD » car ayant provoqué une situation insurrectionnelle en réponse à leurs actes ; situation de rejet par la population et qui s’amplifie de jour en jour,

– qui ont ordonné contre les populations civiles un carnage épouvantable en des temps pas si lointain (notamment par des bombardements au napalm à Yoboki et ailleurs…), et qui sont venus nouer des alliances grassement financées avec quelques cupides et pleutres en pays Afar pour garder le pouvoir,

– qui manipulent le mensonge, la corruption, le clientélisme et la tromperie, le meurtre comme des instruments de haute politique,

– qui usent d’une manne financière dont les ressources ne sont pas dues à leur mérite mais pour partie au chantage,

d’altérer le jugement de tout un peuple,

Jusqu’à quand sera-t-il permis à ces monstrueux politicards de manipuler ce qu’ils ne considèrent comme rien d’autre qu’une masse imbécile…faite d’ignorants?

Leur donnera-t-on raison encore longtemps par la passivité ?

Opposition politique, quand sortiras-tu de tes sempiternelles palabres et atermoiements, de tes querelles internes et de tes incohérences ?

Quand oseras-tu mettre en avant un leader capable de rassembler, de « convaincre de faire » plutôt que de ne donner que des ordres !

18/06/06 (B355_A) Fête du 27 juin. Un lien à visiter pour toutes les Djiboutiennes et les Djiboutiens du Canada (Message d’un lecteur)

Merci de signaler à vos lecteurs, le lien concernant la célébration du 27 juin 2006 à Ottawa.

http://www.djibwatch.org/temp/27juin2006.jpg

J’aimerais faire que le plus grand nombre de nos compatriotes de la communauté Djiboutienne, soient informés de ce que nous préparons.