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27/12/07 (B427) Le Figaro / La Somalie, sanctuaire du terrorisme islamiste (Info lectrice)

De notre envoyé spécial à Mogadiscio Adrien Jaulmes

Malgré l’intervention éthiopienne de décembre 2006, Mogadiscio reste un repaire pour les djihadistes internationaux.

Le gouvernement somalien ne gouverne pas grand-chose. Son président, Abdoulaye Youssouf, 78 ans, est à Londres pour raisons médicales. La plupart des autres ministres sont retranchés sur les hauteurs de Mogadiscio, autour de la «Villa Somalia». Autour sont garés des «technikals», ces pick-up équipés de mitrailleuses lourdes devenus le symbole de la guerre civile somalienne. Des policiers montent la garde, jeunes gens maigres, kalachnikov à la main, l’air crâneur derrière leurs lunettes de soleil et la clope au bec. Le reste de la ville échappe presque à tout contrôle.

Le Gouvernement fédéral de transition (TFG) a été installé après la déroute du régime des Tribunaux islamiques devant l’armée éthiopienne, il y a exactement un an. À l’époque, la chute de ce gouvernement islamique se réclamant de la charia avait enchanté Washington. Inquiets de voir se développer dans la Corne de l’Afrique un régime du genre de celui des talibans afghans, et la Somalie devenir un nouveau refuge pour les djihadistes internationaux, les Américains avaient soutenu activement l’intervention éthiopienne.

Éthiopie chrétienne contre Somalie musulmane

Mais un an après, ce front de la guerre mondiale contre l’islam radical ressemble furieusement aux deux autres, l’Irak et l’Afghanistan. Les Éthiopiens sont toujours en Somalie, alors qu’ils avaient annoncé leur intention de se retirer au plus vite. Les chefs des Tribunaux islamiques se sont réfugiés en Érythrée, ennemi juré de l’Éthiopie, et une insurrection nationaliste et religieuse a éclaté à Mogadiscio. Les insurgés, surnommés les shababs, les «jeunes», mènent une guérilla cruelle, violente, inspirée des méthodes irakiennes, contre les forces éthiopiennes et ses alliés somaliens du TFG.

Des bombes cachées sur le bas-côté explosent au passage des convois éthiopiens. Des grenades sont lancées par des jeunes gens, parfois des enfants, contre les patrouilles de la police. Presque toutes les nuits, les tirs retentissent et des balles traçantes rouges ricochent vers le ciel comme des comètes.

Chaque soir, le ronronnement d’avions, drones ou canonnières volantes américains couvre celui des générateurs électriques. Des rumeurs persistantes font état de la présence de forces spéciales américaines aux côtés des Éthiopiens.

L’un des bastions des insurgés est le marché de Bakara. C’est au-dessus de ce quartier populaire qu’avaient été abattus les hélicoptères américains Black Hawk en 1993, et dans ce dédale de ruelles sablonneuses que la foule déchaînée avait traîné les corps des G.I.

Le mois dernier, ce sont les cadavres de deux soldats éthiopiens qui ont été profanés de la même manière par une foule en délire. Depuis, les vidéos de la scène se transmettent par téléphone portable.

Un des policiers responsables du marché de Bakara est le lieutenant Nour Ahmed Abdallah. Lunettes cerclées d’or, béret bleu de la police, la kalachnikov calée sous le moignon de sa main amputée pendant la guerre civile de 1991, il déploie ses hommes autour du poste de police de Howlwadak. Les murs sont criblés de balles et d’impacts de RPG-7.

Le commissariat a été attaqué à plusieurs reprises ces dernières semaines. Le lieutenant Nour Ahmed n’est pas très optimiste. «Oui, bien sûr, on peut aller où on veut à Mogadiscio, dit-il. Mais dans certains quartiers, on sait qu’on devra se battre. Surtout ici, à Bakara. Bon, d’ailleurs, mieux vaut ne pas s’éterniser», ajoute-t-il en faisant replier ses hommes.

Les shababs sont partout et nulle part. Les attaques ont lieu dans tous les quartiers de Mogadiscio, et le nord de la ville est pratiquement inaccessible aux forces du TFG. Face à cette guérilla, les Éthiopiens font un usage immodéré de leur puissance de feu. Les tanks et l’artillerie tirent en pleine ville, au canon ou aux katiouchas, contre les quartiers où se cachent les insurgés.

Les victimes civiles arrivent chaque jour dans les hôpitaux, où la colonne «blessure par balles» des tableaux d’admission est toujours la plus remplie. Des dizaines de milliers d’habitants ont fui la ville pour se réfugier dans des camps à la périphérie. Des shababs se glissent bien sûr aussi dans ces camps de déplacés. La communauté humanitaire internationale, échaudée par le fiasco des précédentes interventions en Somalie, préfère parler de crise humanitaire et s’occuper du Darfour.

«Une force d’occupation»

C’est que la guerre en Somalie est un plus compliquée que ne l’imaginaient les stratèges du Pentagone. En s’appuyant sur la puissante Éthiopie chrétienne, les Américains ont sous-estimé la réaction de la Somalie musulmane, sa rivale historique.

Dans Mogadiscio subsistent les socles de béton des statues des héros nationaux somaliens ; celle de Mohammed Gurrey, le «Gaucher», qui avait manqué de peu détruire l’Éthiopie chrétienne au XVIe siècle, ou celle du «Mad Mullah», sorte de précurseur du Mollah Omar ou de Ben Laden, qui avait lutté pendant vingt ans au début du XXe siècle contre les Anglais, les Italiens et les Éthiopiens. Le souvenir de la guerre de 1977 pour la province de l’Ogaden, contrôlée par l’Éthiopie mais revendiquée par la Somalie, reste aussi vivace.

«Les Éthiopiens sont ici à notre demande, pour nous aider», disent les ministres du TFG. «Les Éthiopiens sont une force d’occupation. Ils ont profité de notre faiblesse pour nous envahir !», rétorquent les anciens du clan des Hawiye, auquel appartenaient beaucoup de responsables du régime des Tribunaux islamiques.

Le clanisme vient s’ajouter à ces questions nationalistes et religieuses. D’une complexité à donner le tournis aux Somaliens eux-mêmes, la division en clans et sous-clans de la société somalienne n’est jamais loin derrière les rivalités politiques. Beaucoup de membres du TFG et son président, Mohammed Youssouf, sont du clan Darod. Les shababs recrutent quant à eux beaucoup parmi les Abergedir, une branche du puissant clan Hawiye, qui contrôle l’économie de Mogadiscio.

Le TFG souffre de sa propre incapacité à rétablir un semblant de sécurité. «J’étais mieux l’année dernière», dit Obah Sharif Ibrahim. Cette marchande de thé ambulante a fui sa maison pulvérisée par une katioucha éthiopienne. Elle vit depuis avec ses cinq enfants dans une cabane de branchages dans un camp de l’ouest de Mogadiscio. «Si les Éthiopiens n’étaient pas là, ce gouvernement ne durerait pas bien longtemps», ajoute-t-elle.

27/12/07 (B427) LIBERATION / Un an après la chute des Tribunaux islamiques, le règne du chaos

Envoyée spéciale à Mogadiscio STÉPHANIE BRAQUEHAIS

Le 27 décembre 2006, les Tribunaux islamiques étaient chassés de Mogadiscio, la capitale somalienne. Un an après, elle est toujours en proie à des affrontements quotidiens entre insurgés et troupes du gouvernement de transition appuyées par l’armée éthiopienne. Le Comité international de la Croix-Rouge, qui gère deux hôpitaux à Mogadiscio, a reçu 4 000 blessés de guerre en 2007, soit le double de l’année 2006.

Deux employées de Médecins sans frontières, une médecin espagnole et une infirmière argentine, ont été enlevées mercredi au Puntland, dans le nord-est du pays.

Quelle est la situation à Mogadiscio ?

La capitale somalienne est désormais coupée en deux. Les troupes du gouvernement fédéral de transition (GFT) contrôlent tant bien que mal la partie sud avec l’aide des Ethiopiens, qui sécurisent notamment le Palais présidentiel.

Tandis qu’au nord, autour du marché de Bakara, considéré comme le bastion des insurgés et autrefois poumon économique de la ville, les attaques sont quotidiennes : embuscades tendues par les insurgés contre les soldats du GFT, grenades lancées contre des bases de la police, ou bombes télécommandées qui explosent au passage de convois militaires.

Selon les Nations unies, 600 000 personnes ont fui la capitale depuis le début de l’année pour se réfugier dans des camps de fortune aux alentours, vers Afgooye ou Daynile à l’ouest, où l’aide alimentaire peine à être acheminée en raison des multiples barrages dressés sur les routes. Selon l’ONU, il s’agit actuellement de la plus grave crise humanitaire en Afrique, plus aiguë qu’au Darfour.

Qui sont les «insurgés» qui réclament le départ de l’armée éthiopienne ?

Les insurgés se présentent comme une résistance civile face à l’invasion de l’ennemi historique, l’Ethiopie, à qui la Somalie a notamment disputé la province éthiopienne de l’Ogaden en 1977-1978, où vivent en majorité des Somalis. Le gouvernement de transition, lui, les qualifie de groupe terroriste.

Ils sont principalement composés des anciennes milices extrémistes des Tribunaux islamiques, les shababs, dont le chef, Aden Hashi Ayro, entraîné en Afghanistan, figure sur la liste américaine des terroristes liés à Al-Qaeda. Mais les shababs ne sont pas l’unique composante de ce groupe hétérogène. Les insurgés recrutent aussi dans le clan Habr Gedir, de la famille clanique des Hawiye, qui sont majoritaires à Mogadiscio.

Les Habr Gedir contestent la domination du clan Darod, venus du Puntland (dans le nord du pays), et auquel appartient le président du GFT, Abdulahi Yusuf.

Après avoir tenté une offensive de grande envergure, en mars-avril, contre les Ethiopiens qui les ont défaits provisoirement, les insurgés lancent désormais des attaques ciblées. Ils se dissimulent parmi la population, ce qui rend leur traque difficile. Soutenus par l’Erythrée, ennemi juré de l’Ethiopie, les anciens chefs politiques des Tribunaux islamiques en exil ont, avec des membres de la diaspora somalienne, formé un mouvement d’opposition et affirment contrôler l’action des insurgés sur le terrain.

Quand le retrait éthiopien doit-il intervenir ?

En décembre 2006, l’Ethiopie est intervenue en Somalie sans véritable mandat international, mais personne n’a dénoncé son action jusqu’à présent. Des violations massives des droits de l’homme ont été signalées par les observateurs internationaux, mais aucune suite n’y a été donnée.

Le but de l’Ethiopie est de passer le relais aux troupes de l’Union africaine (Amisom), qui ont débuté leur déploiement en mars. Mais à ce jour, sur les 8 000 soldats de la paix africains prévus, seuls 1 600 Ougandais sont sur place. Ils sont chargés de sécuriser le port, l’aéroport ainsi que la Villa Somalia, siège de la présidence, mais n’ont guère de moyens matériels et humains pour rétablir un semblant de paix.

Ces derniers jours, 200 soldats sont arrivés à Mogadiscio sur les 1 700 promis par le Burundi, mais ces renforts restent insuffisants étant donné l’ampleur de la tâche.

26/10/07 (B427) LDDH : La Corne de l’Afrique doit continuer à se mobiliser. Félicitations au Journaliste Le Gouil. Lettre ouverte au Père di Sandro, injustement emprisonné à Gabode, alors que la population se mobilise en sa faveur.

Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION
DU 25 DÉCEMBRE 2007
La Corne d’Afrique
doit continuer à se mobiliser.

– Libération du Journaliste français Le Gouil,
– Lettre ouverte de soutien au Père Di Sandro.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demande à tous les
Défenseurs des Droits de l’Homme de la Corne d’Afrique de se mobiliser toujours et ensemble pour que la Liberté d’Expression, la Liberté de la Presse soient un Réalité dans notre Région en particulier.

Il faut continuer à se mobiliser contre l’Impunité, et dans notre Région
contre le génocide et les crimes de guerre au Darfour et en Somalie depuis
un an.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) reste et restera fidèle au
juste et légitime combat pour la Vérité que mène les Journalistes d’ici ou
d’ailleurs.

Le silence tue et les Journalistes continuent de dénoncer !

Joyeux Noël et nos meilleurs voux pour le 60ème anniversaire des Droits de
l’Homme à Le Gouil à sa famille et à tous ses proches.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

________________________________________________ REUTERS

Le journaliste d’Arte libéré en Somalie

Par Abdigani Hassan, Reuters

BOSASSO, Somalie (Reuters) – Gwen Le Gouil, cameraman français enlevé au
Puntland le 16 décembre, a été remis en liberté lundi par ses ravisseurs, a
annoncé le ministre du Commerce et de l’industrie de cette région autonome
du nord-est de la Somalie.

“Le journaliste français vient juste d’être libéré et se trouve actuellement dans un hôtel (de Bossaso) avec des responsables, des chefs coutumiers et des diplomates”, a précisé à Reuters Abdishamad Yusuf Abwan.

Il a ajouté: “Il est en bonne santé et s’en ira demain”.

Lors d’une brève conférence de presse à Bosasso, l’intéressé a déclaré: “Je me porte bien, je suis en bonne santé. Je suis simplement très fatigué mais je suis très heureux d’être libre, de rentrer en France et de revoir mes proches”.

Selon des témoins, Le Gouil a été remis en début de journée dans un hôtel de Bossaso par ses ravisseurs aux diplomates français.

Le ministre des Pêches, Ahmed Saeed Awnur, a déclaré qu’aucune rançon n’avait été versée. Les ravisseurs avaient, dans un premier temps, réclamé 80.000 dollars en échange de sa libération. “Le journaliste a été remis en liberté sans condition.

Les responsables de son enlèvement, quels qu’ils soient, devront répondre de leur acte devant la justice”, a prévenu le Ministre.

TRAFIC DE MIGRANTS

Lors de la conférence de presse, un diplomate français a déclaré sous couvert de l’anonymat: “Nous quitterons le Puntland demain parce que c’est Noël”.

A Paris, la nouvelle de la libération du journaliste freelance, qui enquêtait dans cette région pour le compte de la chaîne de télévision franco-allemande Arte, a été confirmée sans plus de précisions par une porte-parole du Quai d’Orsay.

De son côté, Reporters sans Frontières a fait de même en citant le secrétaire général de l’Union nationale des journalistes somaliens (Nusoj), Omar Faruk Osman.

“Gwen Le Gouil a été récupéré par des chefs coutumiers à mi-chemin de son lieu de détention. Il est maintenant libre, avec des diplomates français, dans un hôtel de Bosasso”, a précisé le syndicaliste somalien.

Selon RSF, le journaliste français était détenu par une milice clanique opérant dans une région montagneuse. “Les revendications des ravisseurs, une bande connue pour organiser le passage de clandestins en Arabie saoudite via
le Yémen, étaient crapuleuses”.

Le journaliste enquêtait apparemment sur ce trafic de migrants.

Havre relatif de paix et de stabilité dans une Somalie par ailleurs en pleine anarchie, le Puntland est devenu ces derniers temps synonyme d’enlèvements et d’actes de piraterie et de racket.

Version française Jean-Loup Fiévet

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LETTRE OUVERTE.

PÈRE SANDRO ENCORE EN DÉTENTION ARBITRAIRE ON NE T’OUBLIE PAS.

« Peuple fidèle, le Seigneur t’appelle, en lui viens reconnaître
Ton Dieu, ton Sauveur. »
Chant d’entrée à la Messe de Noël
A Boulaos, le 25 Décembre 2007.

Tous les matins, Chrétiens ou Musulmans nous prions pour toi.

Du Mont Arrey, en passant par les Monts Mabla et celle du Day jusqu’au Mont Moussa Ali, les échos contre l’Injustice en République de Djibouti tonnent régulièrement.

Des membres des anciens de la Mission Saint Louis d’Ali Sabieh sont sidérés.

Des Assagohs de la Région d’Ali Sabieh sont choqués.

Vos témoignages de solidarité et vos appels caritatifs à travers « Justice et Paix » resteront toujours inscrites dans nos cours.

Votre rigueur dans le contrôle des Biens caritatifs doit servir d’exemple à tous ceux qui ont la responsabilité du contrôle de la gestion des fonds caritatifs et par extrapolation à la gestion des Biens Sociaux et des Fonds
Publics.

Père SANDRO, que Dieu TOUT-PUISSANT vous épaule à surmonter cette détention inadmissible, et dans un isolement injuste que l’on vous impose, dans la sinistre prison de Gabode.

Jean-Paul, au nom de tous vos amis
en République de Djibouti
qui pensent souvent à vous.
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Thème de réflexion

Aux croyants pratiquants, croyants non pratiquants ou non croyants. A la Jeunesse Djiboutienne décidée
de combattre l’injustice et l’Impunité.

Emprisonnement de Paul et de Sials

(Un jour que nous nous rencontrons à la prière, nous rencontrâmes une
servante qui avait un esprit divinateur ; elle faisait gagner beaucoup
d’argent à ses maîtres en rendant des oracles. Elle se mit à nous suivre,
Paul et nous, en criant : « ces gens là sont des serviteurs du Dieu
Très-Haut ; ils vous annoncent la voie du salut. » Elle fit ainsi pendant
bien des jours. A la fin Paul, excédé, se retourna et dit à l’esprit « Je
t’ordonne au nom de Jésus Christ de sortir de cette femme. » Et l’esprit
sortit à l’instant même.

Mais ses maîtres, voyant disparaître leurs espoir de gain, se saisirent de
Paul et de Sials, les traînèrent sur l’agora devant les magistrats et
dirent, en leurs présentant aux stratèges : « ces gens là jettent le
trouble dans notre ville. Ce sont de Juifs, et ils prêchent des usages qu’il
ne nous est permis, à nous Romains ni d’accepter ni de suivre ».

Ayant reçu pareille consigne, celui-ci les jeta dans le cachot intérieur et
leur fixa les pieds dans le ceps)

26/12/07 (B427) AP : Deux travailleurs humanitaires étrangers enlevés dans le nord de la Somalie, au Puntland. (Info lectrice)

Des hommes armés ont enlevé deux travailleurs humanitaires étrangers mercredi dans le nord de la Somalie, a annoncé le ministre de l’Information de la région du Puntland.

"Deux travailleurs humanitaires étrangers ont été enlevés", a dit Abdirahman Mohamed Bangah. "Nous essayons d’avoir davantage d’informations".

Sahro Sheik Muse, une femme qui habite près de l’immeuble abritant l’organisation Médecins Sans Frontières (MSF), a déclaré que les victimes sont des femmes travaillant pour MSF. Elle a précisé que l’une des deux est espagnole et l’autre argentine.

"Six hommes armés de fusils d’assaut AK-47 ont bloqué un minibus transportant les deux femmes puis ils ont pris leurs téléphones portables et ordonné au chauffeur et au traducteur de partir", a dit Muse interrogée au téléphone par l’Associated Press.

Une porte-parole de MSF à Nairobi au Kenya a déclaré qu’elle ne pouvait pas confirmer ces enlèvements. L’ambassade d’Espagne n’a pas pu être jointe dans l’immédiat.

C’est dans cette province semi-autonome du Puntland que Gwen Le Gouil, un journaliste français avait été enlevé contre rançon le dimanche 16 décembre avant d’être libéré lundi dernier. Le Gouil avait été enlevé à la sortie de la ville de Bossaso, située à environ 1.500 km au nord de Mogadiscio, donc loin de ce Sud en proie à une violente insurrection islamiste dans la région de la capitale.

Cette région connaît toutefois depuis plusieurs mois un regain de piraterie le long de ses côtes, et le port de Bossaso sert de base à de nombreux trafiquants qui font passer en bateau au Yémen des candidats à l’immigration clandestine à destination des pays du Golfe.

26/12/07 (B427) Cyber-Press (Canada) La Somalie, «un deuxième Irak» pour l’Ethiopie, selon Asmara (Info lectrice)

Le conflit somalien qui a fait des milliers de morts, constitue «un deuxième Irak» pour l’Ethiopie et ses partenaires internationaux qui ont soutenu l’invasion de la Somalie par les troupes éthiopiennes, a affirmé mardi le ministère érythréen de l’Information.

«La situation en Somalie est devenue un deuxième Irak pour le régime éthiopien et ses maîtres», selon un communiqué rendu public sur le site officiel du gouvernement érythréen.

«Maintenant qu’il est clair pour tout le monde que la guerre en Somalie est sans fin, le gouvernement américain, les Nations unies et la communauté internationale toute entière sont contraints d’admettre que leur analyse de la crise somalienne était erronée», poursuit le communiqué.

L’ONU et le département d’État américain ont accusé à plusieurs reprises l’Erythrée de soutenir le «terrorisme» islamiste en Somalie où l’armée éthiopienne est intervenue il y a un an pour chasser le régime instauré par les Tribunaux islamiques.

Depuis la débâcle il y a dix mois des islamistes somaliens qui ont perdu les régions qu’ils contrôlaient depuis la mi-2006, la capitale somalienne Mogadiscio est le théâtre d’attaques meurtrières constantes.

26/12/07 (B427) LIBERATION : Mogadiscio entre peur et survie.

Somalie. Un an après la chute des Tribunaux islamiques, les combats se poursuivent.

STÉPHANIE BRAQUEHAIS

Sur un mur défraîchi, des cornets de glace à la fraise et à la vanille sont peints à côté de l’inscription «Welcome boqoljirow» («bienvenue chez le très vieil homme»). Des dessins bariolés couvrent les murs criblés d’impacts de balles, comme ceux de la plupart des bâtiments de Mogadiscio. Un an après la chute des Tribunaux islamiques, le 27 décembre 2006, la capitale somalienne reste en proie à des affrontements quotidiens entre les insurgés et les troupes du gouvernement de transition, appuyées par l’armée éthiopienne.

Un bruit tonitruant s’échappe des trois générateurs de 270 kW que Hirsi Oumar, homme d’affaires d’une cinquantaine d’années, s’est procurés il y a dix ans. Il a acheté un congélateur pour vendre des pains de glace et a fait creuser un puits dans sa concession.

Palliant l’absence d’Etat et de services publics depuis 1991, il procure désormais de l’eau et de l’électricité à plus de 1 000 foyers dans le quartier Medina, dans le sud de la ville, relativement épargné par les combats. Ceux-ci ont surtout lieu au marché de Bakara, autrefois poumon économique de la ville et désormais déserté.

A Medina, quelques grenades explosent bien de temps à autre, suivies par des rafales de kalachnikovs… «mais ce n’est que le murmure familier de Mogadiscio», sourit Hirsi Oumar avec fatalité.

Porte close.

Pour la plupart des habitants qui ont choisi de rester dans la capitale somalienne, vidée de la moitié de sa population depuis janvier (600 000 personnes ont fui, selon les Nations unies), le quotidien se réduit à une lutte pour la survie et à la crainte des pillages.

«Nous sommes en sécurité ici, mais nous ne pouvons pratiquement pas bouger et tous les jours on a la peur au ventre», reconnaît une voisine, Fatma Mayor Mohamed, 45 ans, mère de 8 enfants, qui a acheté un four à pain et monté une petite boulangerie. Elle ajoute, fataliste : «On ne peut plus rien vendre, tout le monde est parti.»

Les maisons environnantes affichent pour la plupart porte close et volets fermés. Si elle s’installait à son tour provisoirement dans un camp de déplacés, elle sait qu’elle perdrait tout du jour au lendemain. «Ils seraient même capables de me voler le toit et les murs. Alors je reste», dit-elle. «Ils», ce sont les troupes régulières, les bandits isolés, n’importe qui possédant une arme, c’est-à-dire presque tout le monde.

«Seigneurs de guerre».

Aux abords de Mogadiscio, les camps de fortune se multiplient. A Daymarudi, vers la sortie nord, 30 000 personnes vivent sous des tentes de plastique et de branchages, attendant d’hypothétiques distributions de nourriture. Certains se risquent à faire de brefs allers-retours pour vérifier l’état de leur maison.

Ubah Sharif Ibrahim, jolie jeune femme de 28 ans et mère de 5 enfants, n’en a plus l’occasion. Elle évoque sa fuite du quartier Black Sea : «Les tirs avaient commencé le jeudi. Le lendemain, j’ai décidé de partir en prenant les enfants avec moi. Dix minutes après, j’ai su qu’un obus avait atterri sur ma maison.

J’ai toujours vécu à Mogadiscio, même au temps des seigneurs de guerre ou des Tribunaux islamiques, je n’ai jamais dû tout abandonner !» Ici, on ne se gêne pas pour afficher un soutien massif aux insurgés. «Tout ça, c’est à cause d’Abdullahi Yusuf [président du gouvernement de transition, ndlr], fulmine-t-elle. Il a appelé les Ethiopiens à nous envahir, et c’est pour cela qu’il est fort. Mais sans eux nous saurions le chasser. Nous avons l’habitude, depuis dix-sept ans !»

«Coma».

Chaque jour à Mogadiscio voit son lot de civils blessés, tués, victimes des échanges de tirs. Le Comité international de la Croix-Rouge, qui gère deux hôpitaux, a reçu 4 000 blessés de guerre cette année, soit le double de l’année dernière. A l’hôpital Medina, la mort est devenue un non-événement. Le docteur Osmane Abdulahi explique qu’une vingtaine de blessés sont arrivés aujourd’hui. Il passe d’un patient à l’autre, énumérant les blessures.

Il s’arrête au-dessus d’un jeune homme, entouré de bandages ensanglantés. «Celui-là a une vingtaine d’années, il marchait avec ses frères à Bakara quand un obus a atterri sur une échoppe. Il est dans le coma.» A peine a-t-il achevé sa phrase que le blessé s’agite.

Les infirmières se précipitent pour lui enfoncer une sonde et tenter de lui dégager les voies respiratoires. Un homme se met à gémir et à prier. C’est trop tard. Les infirmières enroulent le corps menu dans un drap. Ce jour-là, les familles sont allées récupérer les corps de huit autres personnes mortes lors de l’explosion de plusieurs obus à Bakara.

26/12/07 (B427) MOGADISCIO (AFP) – Somalie: les ravisseurs des employées de MSF encerclés, selon les autorités (Info lectrice)

Les forces de sécurité ont encerclé mercredi les ravisseurs de deux employées de Médecins sans frontières (MSF), enlevées le jour même dans le nord-est de la Somalie, selon les autorités locales.

"Les ravisseurs sont encerclés dans la zone montagneuse à l’extérieur de Bosasso et jusqu’à présent, la police a arrêté deux d’entre eux", a déclaré le ministre du Commerce de la région semi-autonome du Puntland, Abdishamad Yusuf Abwan, joint au téléphone depuis Mogadiscio.

Le ministre a également indiqué qu’un échange de tirs avait opposé ravisseurs et policiers, sans fournir d’autres précisions.

"Deux employées étrangères de MSF ont été enlevées par des hommes armés dans le centre de Bosasso. La police les poursuit", avait annoncé plus tôt dans la journée le ministre de l’Information du Puntland, Bile Mohamud Qabowsade.

Selon un responsable de MSF Espagne, les deux employées seraient une femme médecin espagnole et une infirmière de nationalité argentine.

La ville portuaire de Bosasso est la capitale économique du Puntland, région du nord-est de la Somalie fondée en juillet 1998.

Ces nouveaux enlèvements sont intervenus 48 heures après la libération lundi d’un journaliste français, Gwen Le Gouil, retenu en otage pendant huit jours au Puntland.

26/12/07 (B427) REUTERS : Deux Espagnoles travaillant pour MSF enlevées en Somalie (Info lectrice)

Des hommes armés ont enlevé deux travailleuses humanitaires espagnoles employées par Médecins sans frontières (MSF) au Puntland, région autonome du nord-est de la Somalie, annoncent leur chauffeur et un responsable local.

"Je conduisais les deux Espagnoles à l’hôpital local, et six hommes armés de pistolets se sont approchés et ont barré la route", a rapporté à Reuters le chauffeur somalien, qui a requis l’anonymat.

"Ils m’ont frappé très violemment et ont emmené les femmes dans leur voiture."

Lundi, le cameraman français Gwen Le Gouil a été libéré par ses ravisseurs, qui l’avaient enlevé dans cette même région de Somalie à la mi-décembre.

Tim Pearce,
version française Gregory Schwartz