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03/07/08 (B454) LDDH : DIFFUSION D’INFORMATION DU 2 JUILLET 2008 : Les clefs de la Paix et de la fin de l’Impunité proposées à l’Union Africaine (UA)


Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION
DU 2 JUILLET 2008
Les clefs de la Paix
et de la fin de l’Impunité proposées
à  l’Union Africaine (UA)

L’Observatoire et la FIDH avaient saisi les Chefs d’Etats de l’Union Africaine afin qu’ils ouvrent les portes de la nouvelle Cour Africaine de justice et des droits de l’Homme comme l’a si bien déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) apprécient les démarches de l’Observatoire et de la FIDH auprès des Chefs d’Etat Africains, du 23 juin 2008.
La LDDH encourage les chefs d’Etats à ouvrir les portes de la Cour Africaine de Justice afin de lui permettre de mieux apprécier les plaintes des victimes bloquées souvent par les auteurs même de ces crimes contre l’humanité/ crimes de guerre/ génocide, parfois, transmis aux Tribunaux à compétence Universelle car crimes souvent impunis et intolérables, crimes qui ne peuvent que dégrader nos Républiques.

Cette décision sera, inéluctablement l’arme dissuasive pour mettre fin à l’Impunité.
Il va s’en dire qu’une telle Décision courageuse des Chefs des Etats Africains serait Historique et urgent pour nous. Elle aurait pour conséquence des effets très positifs de dissuasions pour limiter énormément, voir stopper les abus de pouvoir, qui sévissent, hélas encore, à outrance dans notre Continent.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) apprécie aussi, les récentes ouvertures des Tribunaux à compétence universelle qui ne peuvent que fortifier la lutte contre les crimes organisés et l’éradication de l’Impunité.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

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Observatoire Pour la Protection des Défenseurs des Droits de l’Homme

“A l’occasion de l’examen du projet de Protocole  de la nouvelle Cour africaine de justice et des droits de l’Homme,  les Etats membres de l’UA doivent modifier ce texte de façon à permettre l’accès direct des ONG et victimes devant la Cour sans autorisation préalable des Etats.

En adoptant le texte ainsi modifié, ils montreront à leurs citoyens
qu’ils sont soucieux de la protection des droits de l’Homme sur le continent”,
Déclaration de Madame Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH.

Les chefs d’Etat doivent permettre aux victimes et aux ONG de saisir directement
la future Cour africaine de justice et des droits de l’Homme

Paris, le 23 juin 2008

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La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) appelle les
Etats membres de l’Union africaine (UA), réunis en sommet à Sharm El Sheikh, Egypte, du 29 juin et 1er juillet 2008, à permettre aux organisations non-gouvernementales (ONG) et aux individus de saisir directement la nouvelle Cour africaine de justice et des droits de l’Homme, notamment chargée de contrôler le respect des droits de l’Homme par les Etats parties.

A l’occasion de ce sommet, les Etats membres de l’UA doivent en effet examiner puis adopter le Statut de la nouvelle Cour africaine de justice et des droits de l’Homme, fusion entre la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples et la Cour de justice de l’Union africaine décidée en juillet 2004.

Contrairement aux premiers textes proposés par le comité d’experts de l’UA chargé de rédiger le Statut de la nouvelle Cour, le projet qui sera soumis aux chefs d’Etat africains conditionne l’accès direct des ONG et individus à cette cour à l’autorisation préalable des Etats.

“Cette condition est contraire aux avancées de la justice régionale africaine et risque de paralyser l’activité de la Cour et d’entraver son mandat de protection des droits de l’Homme sur le continent”, a déclaré Sidiki Kaba, président d’honneur de la FIDH.

En effet, le Statut de l’actuelle Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples prévoit cette condition et seulement deux Etats, le Mali et le Burkina Faso, ont jusqu’à présent autorisé les ONG et les individus à saisir directement cette instance. La même cause entraînera les mêmes effets si une telle condition devait apparaître dans le Statut de la nouvelle Cour empêchant ainsi les individus et les ONG de faire valoir directement leurs droits en cas de violation des droits de l’Homme par un Etat partie.

Sans accès direct, ceux-ci seront alors obligés de déposer une communication à la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples qui, elle seule, décidera ou non de saisir la Cour.

L’autorisation préalable des Etats à la saisine de la Cour par les ONG et les individus va par ailleurs à l’encontre de l’évolution de la justice supra-nationale en Afrique, considérant que les statuts des instances judiciaires des communautés économiques régionales africaines, comme la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest et la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est, prévoient la participation directe des ONG et individus pour contester la violation de leurs droits par un Etat partie.

Contact presse : Gaël Grilhot : +33-1 43 55 90 19
Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme
International Federation for Human Rights
tel : (331) 43 55 25 18 / fax : (331) 43 55 18 80
17, passage de la main d’or – 75011 Paris – France
E. MAIL : fidh@fidh.org / site INTERNET : http://www.fidh.org

03/07/08 (B454) 7/7 (Belgique) / « L’Afrique de l’Est victime d’un mélange mortel de calamités »

L’Afrique de l’Est est victime d’"un mélange mortel" de calamités, à base de guerres, de sécheresse et d’augmentation des prix, a averti mercredi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

"Un mélange mortel de sécheresse, de conflits qui prennent de l’ampleur, d’augmentation des prix des produits alimentaires et de l’énergie, de maladies et de grande pauvreté pousse les enfants et leur famille au bord du désastre en Afrique de l’Est", estime l’Unicef dans un communiqué.

"L’Ethiopie et la Somalie sont les deux pays les plus touchés, mais des régions d’Erythrée, de Djibouti, du Kenya et de l’Ouganda montrent les mêmes signes menaçants", prévient l’Unicef. "C’est maintenant qu’il faut agir, pour sauver des vies d’enfants", affirme le directeur régional de l’Unicef pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, Per Engebak. Selon l’Unicef, le taux de malnutrition aiguë dépasse 20% en Somalie, alors que le spectre de la famine menace à nouveau l’Ethiopie.

L’agence de l’ONU met aussi en garde contre la détérioration de la situation humanitaire dans la région aride de Karamoja, dans le nord-est de l’Ouganda, où vivent des pasteurs semi-nomades, et évalue à 1,2 million le nombre de personnes, dont de nombreux enfants, ayant besoin d’aide alimentaire d’urgence au Kenya. (belga/7Sur7)

03/07/08 (B454) AFRIK.COM / Somalie : combats meurtriers entre islamistes et armée éthiopienne (Info lectrice)

La capitale somalienne Mogadiscio a été le théâtre de violents affrontements, mardi, entre les insurgés islamistes et les troupes éthiopiennes, venues soutenir le gouvernement transitoire. Le centre du pays n’est pas épargné par ces combats qui ont fait au moins 39 morts, dont sept soldats éthiopiens, tués dans une embuscade, indique France 24.

Le Premier ministre somalien Nur Hassan Hussein et le dirigeant de l’opposition somalienne en exil à Djibouti ont signé, le 9 juin dernier, un accord de cessation des hostilités de trois mois, sous l’égide de l’ONU, mais que l’un des hauts responsables des islamistes en Somalie s’est empressé de rejeter, mettant en avant l’absence de calendrier de retrait des forces éthiopiennes

03/07/08 (B454) L’Express avec Reuters / Des heurts font 53 morts des dizaines de blessés en Somalie

Cinquante-trois personnes au moins ont été tuées et des dizaines d’autres blessées au cours d’accrochages qui ont opposé en Somalie des insurgés islamistes à des soldats éthiopiens et ougandais, a rapporté mercredi une organisation de défense des droits de l’homme.

Ces incidents, qui s’inscrivent dans une insurrection déclenchée depuis un an et demi, interviennent une semaine avant l’entrée en vigueur théorique d’un cessez-le-feu entre une faction islamiste et le gouvernement intérimaire somalien.

Le gouvernement somalien et l’Ethiopie se sont refusés à tout commentaire sur les derniers combats.

Des islamistes lancent quasiment chaque jour des attaques contre les forces gouvernementales et leurs alliés éthiopiens depuis qu’ils ont été évincés de Mogadiscio et de la plus grande partie du sud de la Somalie en 2007.

Ahmed Sudan, président de l’organisation Elman Peace and Human Rights, a déclaré à Reuters que 47 personnes avaient été tuées mardi et durant la nuit dans le centre de la Somalie et à Mogadiscio. Six autres ont succombé à leurs blessures depuis, a-t-il ajouté.

Onze civils ont péri dans une embuscade tendue au cours de la nuit dans la capitale par des islamistes à des soldats éthiopiens et des membres du contingent de maintien de la paix ougandais, a dit Sudan en faisant état de dizaines de blessés.

Trente-six autres personnes, parmi lesquelles figuraient des civils et des insurgés, ont été tuées dans l’attaque d’un convoi militaire éthiopien par des insurgés à Mataban, à 410 km au nord de la capitale somalienne.

Moalim Farhan, commandant d’un groupe d’insurgés qui avait attaqué le convoi, et Abdullahi Ali, alias Cheikh Aspro, sont au nombre des morts, a dit à Reuters un porte-parole des insurgés.

Aspro était l’adjoint du chef islamiste Cheikh Hassan Dahir Aweys, qui est inscrit sur des listes de collaborateurs d’Al Qaïda établies par les Etats-Unis et les Nations unies.

"Nous avons enterré 27 Somaliens", a déclaré à Reuters un commerçant de Mataban, Ismail Olad. "Nous ignorons le nombre des soldats éthiopiens tués."

La Somalie se débat dans l’anarchie et vit sans gouvernement central stable depuis la chute du président Siad Barre en 1991. La piraterie est devenue chronique dans les eaux somaliennes.

Abdi Sheikh,
version française Philippe Bas-Rabérin

03/07/08 (B454) Radio-Trottoir / Alerte / Faute d’avoir trouvé une solution à ses problèmes, Guelleh fait arrêter et incarcérer des opposants, des officiers et des soldats (contestataires ..?) (Correspondant)

1 – Ce matin, 3 juillet, un opposant Djiboutien nommé Aref a été arrêté au motif qu’il avait lu hier dans son Mabaze, les deux communiqués que DAF a publiés le 27 juin concernant d’abord le retour au pays de la famille d’Alhoumekani et ensuite sur les condoléances adressées à Kadamy qui vient de perdre sa mère.

Il semble que ces deux communiqués dérangent énormément la dictature … et que Bobard 1er y voit une atteinte personnelle et probablement une menace grave pour son trône !

2 – Sur le front, le Commandant Saïd Awaleh et son capitaine auraient été ramenés manu militari depuis le Nord où ils servaient et qu’ils se trouveraient actuellementà la Brigade nord de la Gendarmerie.

Est-ce pour les entendre sur le contexte militaire actuel ou sont-ils arrêtés et interrogés pour des faits que le régime pourrait leur reprocher ?

Beaucoup de précisions nous manquent. Mais il semble que les arrestations de soldats à la frontière nord dépasseraient actuellement le chiffre de 33 militaires. Pour quels motifs : insubordination, contestation des décisions, ???.

N’ayant pas leur noms je n’ai pas pu contacter leurs familles pour avoir des confirmations, mais j’essaierai de le faire plus tard.

Votre correpondant.

03/07/08 (B454) Radio-Trottoir : un lecteur confirme les informations sur les actions que Guelleh pourrait tenter de lancer contre les deux témoins, réfugiés en Belgique.

Je me permets de réagir par rapport à l’article du 30/06/08 (B454) sur Ali Iftin.

En tant que personne qui fréquente les hommes du régime a Djibouti, je peux vous garantir que le dictateur IOG et ses amis ont juré d’éliminer Ali Iftin. Je peux également vous garantir qu’ils vont tenter de commencer par Alhoumekani.

IOG n’oubliera jamais ce qu’ils ont fait contre lui et contre ses deux  »dignitaires » Djama Souleman et Hassan Said.

Ici, a Djibouti, il se murmure que IOG va déclencher son plan, cet été. Alors, il faut que les deux témoins fassent très attention.

A mon avis, ces deux témoins clefs dans l’affaire Borrel, risquent de payer le prix tôt ou tard. Certains amis m’ont confirmé qu’IOG avait déja missionné des mercenaires. Ces derniers devraient appliquer le plan d’élimination physique très prochainement.

Dans l’hypothèse la plus "légère", ils pourraient n’être que blessés.

IOG en a décidé ainsi.

Je leur recommande de ne faire confiance à personne, et surtout de n’accepter aucun contact avec qui que ce soit car le poison pourrait être l’arme fatale choisie par notre dictateur.

Merci pour votre confiance.

Un djiboutien.

01/07/08 (B454) Afrique en ligne avec Pana / La mission de l’ONU est presque terminée selon l’Ethiopie.

Addis-Abeba, Ethiopie – La Mission de maintien de la paix de l’ONU en Ethiopie et en Erythrée (MNUEE) est presque terminée, selon le gouvernement éthiopien. "Il est désormais clair que l’existence officielle de la MNUEE est sur le point de prendre fin", a déclaré le ministère des Affaires Etrangères dans sa revue hebdomadaire de la situation dans les pays de la Corne de l’Afrique.

Faisant allusion au débat actuel au Conseil de Sécurité sur la manière de mettre fin aux activités de cette force, le ministère a souligné les problèmes sérieux qui se posent pour l’adoption du préambule du projet de résolution du Conseil.

"L’Ethiopie a fait clairement comprendre que toute présence éventuelle de l’ONU après le départ de la MNUEE ne pourra être basée sur les mêmes principes", a indiqué le ministère, en soulignant que le Premier ministre avait exprimé la même position dans une lettre adressée au président du Conseil de Sécurité, le 17 juin 2008.

Dans cette même lettre, M. Meles a insisté sur le fait que l’Ethiopie garderait une certaine ouverture d’esprit concernant la coopération avec l’ONU et le Conseil de sécurité, à propos de la présence de l’ONU en Ethiopie, conformément aux principes liés au maintien de la paix et à la sécurité régionales.

Tout en étant préoccupée par les tensions frontalières entre l’Ethiopie et l’Erythrée, ainsi que par les restrictions imposées par cette dernière aux casques bleus de l’ONU, l’organisation mondiale a évité de prendre des décisions hâtives sur les opérations de la MNUEE ces deux dernières années.

Pour la MNUEE, l’expérience a été très frustrante en Erythrée.

Pour le moment, le président érythréen, Isaias Afeworky, aurait écrit au président du Conseil de sécurité pour lui indiquer que ce dernier ne pourrait compter sur la coopération de son pays concernant un engagement ou une présence future de l’ONU dans la région, après la fin officielle de la MNUEE.

Selon le ministère éthiopien des Affaires étrangères, le projet de résolution examiné par le Conseil parle de la délimitation et de la démarcation de la zone frontalière que se disputent les deux pays, "de manière plutôt confuse et qui devrait rendre tout progrès difficile".

"L’Ethiopie n’a cessé d’indiquer qu’apaiser l’Erythrée ne garantirait aucun progrès", a insisté le ministère.

L’ONU a déployé cette mission de maintien de la paix en Ethiopie et en Erythrée pour surveiller l’application de l’accord de cessation des hostilités que les deux pays ont signé en juin 2000 à Alger, en Algérie.

Dans le cadre de cet accord, la mission de maintien de la paix devrait se terminer quand le processus de délimitation-démarcation de la frontière serait achevé.

Aucun progrès n’a été réalisé à cet égard.

01/07/08 (B454) Portail des sous-marins / Allemagne : la lutte contre la piraterie englué dans des disputes politiques

Une nouvelle fois, un bateau allemand a été pris en otage par des pirates au large de la Somalie. La marine allemande pourrait aider, mais n’est pas autorisé à le faire — parce que la coalition au pouvoir à Berlin est incapable de parvenir à un accord.

Les marins n’ont aucune chance contre les embarcations rapides, dans le golfe d’Aden moins qu’ailleurs, qui ne fait que 150 km de large en son point le plus étroit. Pour Sabine M. et Juergen K., le détroit s’est transformé en un piège qui menace leur vie.

Lorsque les pirates ont découvert le 23 juin le voilier allemand Rockall au large de la Somalie, une course inégale a commencé. Deux embarcations rapides ont fini par abordé le voilier.

Les pirates ont abandonné le voilier près de Laasgoray et se sont retirés dans l’intérieur, la zone frontière entre le Somaliland et le Puntland. Les enquêteurs estiment que les kidnappeurs disposent d’un camp près d’un endroit appelé Badnan, où sont retenus les 2 allemands depuis qu’ils ont été enlevés, avec le skipper du Rockall, qui est français.

C’est un no-man’s-land, où commandent les clans, les milices, les pirates, et les gouvernements semi-autonomes — tout le monde sauf le gouvernement central somalien.

C’est pourquoi le comité de crise allemand négocie au travers de l’ambassade d’Allemagne au Kenya. Des organisations non-gouvernementales ont proposé leur médiation ; il y a eu un contact avec les kidnappeurs qui ont exigé l’immunité contre toute poursuite criminelle ; si tout se passe bien, les 2 allemands seront libérés en échange d’une rançon. Mais si cela ne se passe pas bien et que le gouvernement doit choisir d’attaquer ou de risquer la mort des otages ?

L’attaque a alimenté un débat politique qui est l’une des querelles les plus absurdes de l’actuelle période législative. Le gouvernement veut que la Bundeswehr [1] combatte la piraterie, mais est incapable de parvenir à un accord sur comment le faire. Les discutions sur la base légale pour agir est si féroce que le sort des otages menace d’être complètement oublier dans les discutions.

En termes légaux, la lutte contre la piraterie est la tâche de la police, mais la police fédérale allemande n’est pas autorisée à intervenir en Somalie. Le ministère de la défense a refusé jusqu’à présent que ses navires luttent contre les pirates, parce que la constitution allemande n’autorise l’utilisation des forces armées que pour se protéger ou en cas de tension. Les forces armées ne pourraient effectuer des tâches de police que si l’ordre démocratique de l’état était en danger. Ce qui ne s’applique pas à la piraterie.

Cela fait quelques temps déjà que la coalition cherche un moyen de sortir du no-man’s-land légal.

Le ministère de la justice et celui des affaires étrangères, tous les 2 dirigés par des ministres sociaux-démocrates (SPD), renvoient à 2 textes internationaux qui peuvent aider.

D’un côté, la convention des nations-unies sur le droit des mers engage ses signataires à aider lorsque des vies humaines sont en danger. La convention indique explicitement que chaque état est autorisé à saisir un "bateau pirate en haute-mer ou en tout endroit qui n’est pas soumis à la souveraineté d’un état."

De l’autre, une résolution du conseil de sécurité du 2 juin appelle les états à s’engager dans la lutte contre la piraterie au large de la Somalie. "Pour la loi internationale, il n’y a aucun problème," explique le Professeur Ulrich Fastenrath de Dresde. "La seule raison des atermoiements de l’Allemagne réside dans sa législation nationale."

Le vice-amiral Wolfgang Nolting, chef d’état-major de la marine allemande, explique que, malheureusement, "il n’est pas très clair de savoir qui doit appliquer la convention" : la police fédérale allemande ou la Bundeswehr.

Le ministère de la défense parle d’une "zone d’incertitude légale." Le ministre de la défense Franz Josef Jung et le ministre de l’intérieur Wolfgang Schaeuble (tous les 2 chrétiens démocrates [CDU]) veulent modifier la Loi Fondamentale pour donner une "base constitutionnelle claire," souligne le secrétaire d’état à la défense Thomas Kossendey. Ce qui, d’un autre côté, est bloqué par le SPD, parce qu’il craint que la CDU ne prévoit d’ouvrir la voie à l’utilisation de la Bundeswehr à l’intérieur du pays. Là encore, large coalition signifie un blocage majeur.

Ruprecht Polenz (CDU), président de la commission des affaires étrangères au Bundestag, a reconnu que cela a conduit, à de nombreuses reprises, à des "situations embarrassantes" au large de la Somalie. La marine allemande a un navire qui patrouille au large de la Somalie : la frégate Emden y cherche des terroristes. Les allemands seraient autorisés à intervenir si les pirates étaient des membres du réseau Al-Qaida. Ils n’interviennent pas lorsque ce sont de simples criminels. Les problèmes de ce monde refusent tout simplement de se plier à la logique de la politique intérieure allemande.

De plus, il y a un autre navire allemand au large de la Somalie dont l’équipage a besoin d’aide : le Lehmann Timber.

Le cargo de 121 m de long, 15 membres d’équipage et une cargaison d’acier, est depuis 5 semaines entre les mains des pirates. Les pirates ont attaqué le navire le 28 mai dans le golfe d’Aden. Les membres d’équipage sont ukrainiens, russes et estoniens. Depuis qu’un des estoniens a été autorisé à téléphoner chez lui, les conditions à bord sont connues : elles sont affreuses.

L’équipage n’a pas assez d’eau et de nourriture. Après cet appel, les proches ont alerté le gouvernement estonien, qui a contacté le ministère allemand des affaires étrangères et demandé une aide humanitaire.

L’Emden pourrait intervenir, mais est-il autorisé à le faire ? La question a été discutée par le gouvernement allemand, mais la réponse du ministère de la défense a été négative : pas de base légale, pas d’assistance.

Mardi, le Lehmann Timber et le Rockall seront à l’ordre du jour d’une réunion du gouvernement ; tous les ministères concernés seront représentés. Si la coalition veut agir, les choses pourraient aller assez vite ; l’Emden est toujours dans la région.

Enfin, pour l’instant.

Le 8 juillet, la frégate quittera la région et sera remplacée par un avion de reconnaissance.