10/02/2019 (Brève 1279) Mobilisation pour mettre en échec la tentative de Guelleh et de sa fidèle et dévouée Juge, Lamisse Mohamed Saîd (*), pour faire pression sur Kadamy

Forte mobilisation depuis que l’information est connue, à savoir que Kadamy est convoqué le 13 février par le juge français Tournaire au Palais de Justice de Paris, afin de s’expliquer sur les motifs présentés par la juge djiboutienne Lamisse Mohamed Saïd dans sa demande de commission rogatoire internationale.

Plusieurs auteurs et associations ont déjà émis des communiqués et des alertes.

Extrait du
Communiqué du Collectif Polex .
LA FRANCE  « ARRIÈRE TOUTE « . JUSQU’OÙ ?  MENACES DE FASCISATION ET DROIT D’ASILE
Les indices en ce sens s’accumulent, qui montrent la tentation du Pouvoir macronien d’utiliser au service de ses basses œuvres la diplomatie, la Justice, toutes les institutions républicaines, dont la Constitution française garantit en principe l’indépendance vis à vis de l’Exécutif.

Mohamed Kadamy, militant progressiste, dirigeant du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie ( FRUD ) à Djibouti ( ex-colonie française en Océan Indien,  état aujourd’hui dirigé par le Dictateur Ismael Oumar Guelleh ), a dû fuir en France il y a 18 ans après avoir connu la prison dans son pays. Il y a depuis le statut de réfugié politique.

Le dictateur djiboutien, un des pires despotes d’Afrique, a obtenu la comparution du militant Mohamed Kadamy, Président du FRUD, devant la police judiciaire française, suite à une commission rogatoire l’accusant notamment de « complot criminel ». Il est convoqué au tribunal de Paris le 13 février par le juge.

Pourquoi cette subite offensive à la demande d’un chef d’état étranger, isolé tant sur le plan intérieur que dans la région, contre un militant progressiste persécuté accueilli par notre pays Il y a plus de 15 ans, selon les traditions les plus anciennes de la République française ?

Les forces de l’opposition à Djibouti  sortent d’une période  de difficultés  par un processus de rassemblement dans lequel le FRUD joue un rôle majeur pour une transition démocratique. En Europe, les démocrates djiboutiens sont actifs. Ils ont manifesté devant l’ambassade de Paris lors de la venue d’IOG à l’occasion des cérémonies du 11 novembre 2018 pour protester contre un cinquième mandat à la tête du pays et dénoncer les exactions commises à l’encontre des civils. Les Djiboutiennes ont mené en France puis en Belgique, des grèves de la faim pour dénoncer les viols des femmes Afar par des militaires djiboutiens ; cette action a abouti à une résolution du Parlement européen qui, pour la première fois, a demandé l’ouverture d’une enquête internationale sur les violences faites aux femmes.

Le dictateur djiboutien a le culot de réclamer à la France de lui livrer un réfugié politique, alors qu’il a les mains tachées du sang de militants et de civils morts sous la torture, de victimes d’exécutions extrajudiciaires, sans oublier la mort mystérieuse en prison le 1er août 2017, du plus ancien prisonnier politique de Djibouti, Mohamed Ahmed, dit Jabha, alors que la cour d’appel de Djibouti avait demandé sa libération. Il a aussi une lourde responsabilité dans la mort du juge Borel, magistrat français, et la chape de plomb mise sur l’élucidation de cet assassinat, longtemps camouflé en suicide par les autorités des deux pays.

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(*) (*) Rappelons qu’hormis les faits qui avaient été dénoncés dans les années 2011-2012 ((http://www.ardhd-old.org/affinfo.asp?articleID=14610), Madame Lamisse a joué un rôle déterminent dans la détention de Jabha et son maintien en prison, sous la torture et sans les soins médicaux que son état requérait. Il est mort à Gabode le 3 août 2017.