09/02/09 (B485) Les suites du sommet de l’UA et de l’élection de Kadhafi à la Présidence. (2 articles en Français)

____________________________ 2 – Afrique en ligne

Les Africains nourrissent de grands espoirs sous le mandat de Kadhafi

Le guide Mouammar Kadhafi, président en exercice de l’Union africaine (UA), est arrivé dimanche après-midi à Tripoli après avoir participé au 12ème sommet de cette organisation à Addis-Abeba qui a constitué un tournant décisif dans le processus d’unification du continent.

Le guide Mouammar Kadhafi, qui a été élu par ses pairs président en exercice de l’UA, a promis d’œuvrer à la dynamisation de cet important poste au cours de son mandat.

L’accession du guide Kadhafi à ce poste, le 2 février, a constitué un tournant décisif dans le processus unioniste africain depuis la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA), en 1963, en passant par sa transformation en Union africaine, le 9 septembre 1999 à Syrte, dans le centre de la Libye.

Ainsi, les réactions positives et les espoirs suscités à travers les déclarations des différentes personnalités politiques africaines et même occidentales par rapport à la présidence par Kadhafi de l’UA quant à ses capacités de faire bouger le continent et assurer son progrès pour occuper la place qui lui revient grâce aux efforts de ce dirigeant (Kadhafi) qui a déployé ses efforts pour réaliser le rêve des millions d’africains et des pères fondateurs de l’organisation panafricaine, notamment Kwame NKrumah.

Dans ce cadre, les différentes réactions de plusieurs rois, dignitaires traditionnels, grands hommes politiques, intellectuels et journalistes, recueillies par la PANA sur place à la suite de l’élection du guide Mouammar Kadhafi président en exercice de l’UA, ont été unanimes à soutenir que le continent africain connaîtra la stabilité politique, une forte croissance économique et une prospérité sociale.

Ces réactions ont également prédit que l’Afrique sous la présidence du guide Kadhafi réglera ses conflits, mettra en commun ses ressources, parlera d’une seule voix dans toutes les instances internationales et retrouvera sa place sur la carte du monde qui ne reconnaît que les grands espaces grâce au gouvernement fédéral africain qui agira en tant qu’instrument exécutif pour traduire les décisions africaines en actes concrets répondant aux aspirations des populations du continent.

“Le Guide Kadhafi constitue un grand espoir pour l’Afrique et je crois que pendant son mandat à la tête de l’UA, l’Afrique va bouger et va changer dans beaucoup de domaines”, a déclaré le roi des Savolo du Bénin, sa Majesté Tossah Gbaguidi XIII.

Pour sa part, le conseiller du président soudanais, Mustapha Othaman Ismaël, a déclaré que la riche expérience du guide Mouammar Kadhafi dans l’instauration de la paix dans plusieurs pays africains ainsi que sa longue contribution dans le processus d’unification du continent africain feront de son mandat à la tête de l’UA l’un des plus réussi et des plus profitable à l’Afrique.

De son côté, le roi Tchiffi Zie Jean Gervais de la Côte d’Ivoire a souligné que l’élection du guide Mouamamr Kadhafi, Roi des rois d’Afrique, à la tête de l’UA qui a restitué le pouvoir à la chefferie traditionnelle du continent signifie la fin réelle de la colonisation de l’Afrique et ajouté que le guide Kadhafi va sans doute oeuvrer pour que ce continent se développe et qu’il représente uns source de fierté pour tous.

Pour sa part, le ministre soudanais de la Justice, Abdelbasset Sabdarat, a affirmé que “le guide Kadhafi fait partie des grandes sommités dans le monde et que l’UA sous sa présidence réalisera ce qui n’a pas pu être réalisé auparavant et que le leader libyen concrétisera la grande tâche, à savoir la réalisation du rêve incarné par la création du gouvernement fédéral africain”.

“Les grands conflits en Afrique seront réglés au cours de la présidence du leader libyen notamment ceux au Darfour, dans les Grands Lacs et en Somalie”, a-t-il affirmé.

Quant au journaliste sénégalais Oumar Faye, il a précisé que la présidence de l’UA par le guide Kadhafi verra la mise en place véritable du gouvernement fédéral réaliser les ambitions des populations africaines.

“Nous sommes contents et satisfaits car nous avons aujourd’hui pour la première fois un dirigeant à la tête de l’UA totalement engagé pour la cause africaine”, a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a loué l’élection du guide Mouammar Kadhafi à la tête de l’UA, indiquant que ce choix constitue un événement mondial et non pas uniquement africain.

“Le choix du guide Mouammar Kadhafi pour la présidence de l’UA est très important et il apportera beaucoup de choses positives au continent africain et au monde”, a-t-il dit.

Quant au porte-parole de ministère français des Affaires étrangères, il a indiqué que son pays, et l’Union européenne (UE) en général, sont disponibles à travailler et à poursuivre leurs coopérations avec l’UA au cours de la présidence du leader libyen de cette organisation continentale.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon, a appelé le guide Mouammar Kadhafi, président en exercice de l’UA, à soutenir les efforts de l’ONU dans le règlement des différentes questions africaines en vertu de son influence morale et de la grande place qu’il jouit auprès des populations africaines.

Il est incontestable que le choix du leader libyen en tant que président de l’UA n’est pas fortuit, mais découle de la grande considération dont il fait l’objet non seulement au niveau africain mais aussi au niveau international et marque une phase qui sera riche en réalisation des espoirs de millions d’africains qui ont remis leur destin entre ses mains en foi en ses principes unionistes et en sa capacité de conduire le continent vers l’unité, la complémentarité économique, politique et sociale.

En effet, les populations africaines sont conscientes que se sont elles qui président l’UA à travers la présidence par le leader Kadhafi de l’UA qui a redonné à la flamme unioniste africaine qui a été allumée par Nkwame Nkrumah, sa lueur et sa vivacité pour la conduire vers le but ultime, à savoir l’édification des Etats-Unis d’Afrique.

Le centre de décision appartient aujourd’hui à ces millions pour lesquels le guide Mouammar Kadhafi incarne leur volonté et leur espoir et constitue la source de la force de l’UA en partant de son appui sur les masses africaines et de sa grande foi en l’Afrique unique et non celle déchirée en régions et micro-Etats à l’ère des espaces géants.

Ainsi, le guide Mouammar Kadhafi, un des plus fervent défenseur de l’union africaine, continue à déployer des efforts intenses en vertu de sa prise de conscience à l’égard de la nécessité pour le continent d’évoluer en vue de relever les défis de la mondialisation et n’a jamais aspiré un jour à occuper le poste de président de l’UA même lorsqu’on le lui a proposé au sommet de Durban en Afrique du Sud qui a vu le parachèvement de l’UA dont la naissance a été proclamée le 9 septembre 1999 à Syrte préférant promouvoir, dans l’ombre, le processus unioniste, le progrès et la prospérité de l’Afrique.

Le guide Kadhafi qui a promis dès son élection à la présidence de l’UA d’œuvrer à réformer le poste de président de l’UA, a pour stratégie permanente la promotion des réformes des institutions de l’UA tout en restant en arrière plan, mu par son désir d’unité de l’Afrique et non par des ambitions personnelles de leadership de l’UA.

Il a souligné que l’unité africaine n’est pas une idée théorique mais une exigence populaire des Africains et la population africaine aspire à l’unité et non pas Kadhafi en tant qu’individu.

Il a également promis dès son accession à la présidence de l’UA d’opérer des changements radicaux dans l’action unioniste africaine et régler tous les conflits dans le continent en partant du Darfour, dans l’ouest du Soudan, la Somalie, la République démocratique du Congo et la région des Grands Lacs.

Le leader Kadhafi a fait aussi la promesse de travailler et de coordonner avec tous les dirigeants et chefs d’Etats africains afin que l’Afrique retrouve la place mondiale qui lui revient et à faire entendre la voix de l’Afrique dans toutes les instances internationales, notamment lors du sommet du G20 et à promouvoir la complémentarité économique, social et politique africaines.

Il a également souligné qu’il oeuvrera au cours de son mandat à réformer le Conseil de sécurité des Nations unies et à son élargissement afin que l’Afrique soit dotée d’un siège permanent avec tous les privilèges y afférents et à ce que la réforme de l’ONU soit à travers la transformation de l’Assemblée générale en un Parlement du monde.

Tripoli – 08/02/2009

____________________________ 1 – Journal Chrétien

Les travaux du 12e Sommet hantés par l’Autorité de l’Union

Le 12e Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine a pris fin le mercredi 4 février 2009 à Addis- Abeba. Placée sous le thème du développement des infrastructures en Afrique, cette rencontre a été largement dominée par le sujet de la session spéciale qui a porté sur le Gouvernement de l’Union. A l’issue des travaux, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale, B. Alain Yoda, qui y a représenté le président du Faso, s’exprime.

Vous venez de participer au 12e Sommet de l’Union africaine, quelles sont vos impressions à l’issue des travaux ?

• L’impression générale est que l’Afrique est arrivée à un moment où il est nécessaire pour tous les continents de s’organiser et il est nécessaire pour l’Afrique de s’organiser pour faire face à la mondialisation et pour peser dans le monde, participer à l’évolution du monde, comme la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies ; et constituer un bloc important pouvant agir pour le développement de l’Afrique.

Un mot sur les grandes conclusions ?

• Il y avait plusieurs réunions à la fois. Il y avait une réunion de la CENSAD, des Communautés Economiques Régionales (pour faire le point), des réunions préparatoires au Sommet du Comité des Représentants Permanents (COREP), qui se réunit pour préparer l’ensemble des dossiers, la réunion du Conseil Exécutif (ministres en charge des Affaires Etrangères),le 10e Sommet Forum des Chefs d’Etat et de Gouvernement du Mécanisme d’évaluation par les Pairs (MAEP), le 12e Sommet ordinaire de l’Union Africaine, et bien sûr, la session spéciale des chefs d’Etat sur le Gouvernement de l’Union. Les grandes conclusions dans le domaine politique, c’est la réaffirmation de la nécessité de maturation pour l’Afrique, pour pouvoir s’adapter au monde, mais également l’examen des problèmes que connaît l’Afrique.

Vous savez qu’il y a beaucoup de foyers de tension sur le continent africain. Donc, il y a eu l’analyse de tous ces foyers pour voir les mesures qu’il convient de prendre pour les éteindre. C’est également l’examen des questions préparatoires à l’existence même de l’Union ; à savoir le problème des infrastructures, de la santé, de la paix et de la sécurité, du transport…, tous les problèmes qui sont liés à la vie d’une nation, puisqu’on veut tendre vers l’Union, et évidemment le gouvernement de l’Union.

La session spéciale organisée le 1er février 2009 par les Chefs d’Etat a abouti à la création de l’Autorité de l’Union. Qu’est-ce que c’est ?

• Ils ont décidé de renforcer les compétences de ce que nous avons comme Commission, de l’élargir à certains autres domaines pour lesquels il n’y avait pas encore de représentants particuliers, comme les Affaires étrangères, la Défense, le Commerce… Egalement, cette autorité va être animée par des Secrétaires, et il a été confié au Conseil exécutif (aidé en cela par la Commission) de réfléchir au nombre de portefeuilles de secrétaires qu’il faudra pour animer la structure de l’autorité. Il y aura évidemment un Président, un vice-président et un certain nombre de secrétaires.

Je dois dire que c’est un pas en avant dans le cadre de la préparation de ce qui va advenir lorsqu’on sera arrivé au terme de la construction de cette Union qui va être la mise en place d’un gouvernement de l’Union, ou si vous voulez, un gouvernement des Etats-Unis d’Afrique. Mais c’est l’objectif vraiment à terme !

Cette décision va-t-elle dans le sens de la vision du Burkina sur le sujet ?

• Oui ! Le Burkina Faso a toujours eu une vision progressive. C’est dire qu’il y a des préalables à la mise en place d’un gouvernement continental. Vous ne pouvez pas mettre un gouvernement continental en place, (parce qu’un gouvernement est fait pour gouverner naturellement), et pour gouverner, il faut avoir les leviers de ce gouvernement ; il faut pouvoir communiquer facilement, se déplacer facilement ;, il faut avoir une vision commune par exemple dans le domaine de la santé, de la défense…, dans des domaines stratégiques.

Alors, si vous prenez aujourd’hui deux pays comme le Lesotho et le Burkina Faso, ils ne commercent pratiquement pas ensemble, leurs populations ne se connaissent pas. Vous ne pouvez donc pas créer un gouvernement qui reflète vraiment les désirs de ces deux pays.

La volonté de vivre ensemble est une volonté politique et sociologique forte ; et si les populations ne se connaissent pas, il est difficile que cela puisse arriver.
C’est pourquoi le Président du Faso a toujours eu la vision qu’il faut absolument qu’on passe par différentes étapes, et que l’on aille de l’avant de façon progressive. De ce point de vue, lors des débats, une très grande majorité s’est dégagée pour qu’il y ait cette progressivité dans la démarche. Evidemment, nous avons quelques pays, très peu, qui étaient pour le Gouvernement de l’Union ici et maintenant.

Mais le constat que je fais est que ces pays qui ont une vision particulière de la vie, sont des pays à l’intérieur desquels il y a quelques difficultés. Ce qui est paradoxal ; puisque pour pouvoir entrer dans une entité beaucoup plus globale, il faut que vous ayez la sécurité, l’unité à l’intérieur. Et le Président du Faso a toujours estimé que les premières choses que nous devons faire, c’est de renforcer nos communautés régionales, qu’elles soient des entités fortes sur les plans économique et politique.

Ainsi, si elles coordonnent les activités de pays qui se connaissent bien, l’unité est beaucoup plus facile à faire. Ensuite, le renforcement des communautés régionales entre elles permet d’être plus opérationnel ; puisqu’elles sont beaucoup moins nombreuses que les pays. En effet, il est plus difficile de réunir 53 pays que de réunir 5 régions. Ce sont là les principales raisons de notre vision, et c’est cette vision, qui s’est imposée.

La décision a-t-elle été facile à prendre ?

• Non ! Non ! Ça n’a pas été du tout facile à prendre, parce qu’il y avait beaucoup d’intérêts ; mais la lucidité a manqué à certains pays parce que vous ne pouvez pas créer les Etats -Unis d’Afrique à partir de rien. On prend souvent le cas des Etats-Unis d’Amérique, mais les USA, c’est après des guerres violentes qui ont coûté la vie à des millions de personnes que l’unité s’est imposée.

Si vous prenez l’Europe, il n’y avait pas de région du monde où il y avait autant de guerres ! Et ensuite, depuis qu’on parle de l’Union européenne, on a commencé par le charbon, on est passé à l’acier, ensuite, on a essayé d’avoir une politique économique commune… Ils sont donc allés de façon progressive, par cercle concentrique, si vous voulez, en commençant par les problèmes les plus communs aux populations, pour venir aux problèmes politiques ou aux questions de défense.

Mais pour le cas africain, certains Etats veulent brûler des étapes ; ce qui n’est pas possible. L’idée générale qui est sortie est que si nous voulons des Etats-Unis forts, durables, des Etats-Unis qui pèsent dans le monde, il faut justement que nos soyons très unis, vraiment consolidés. Que les choses ne se passent pas sans réflexion, sans base solide. Parce que, si vous n’avez pas de fondements solides de ces Etats-Unis, ça sera toujours des Etats-Unis sur papier, et nous serons toujours la risée des autres parties du monde.

Le Conseil exécutif a réfléchi sur l’organisation de l’Autorité ; que peut-on retenir de vos échanges ?

• Les Chefs d’Etat ont pris la décision politique de transformer la Commission de l’Union Africaine en Autorité de l’Union. Hors, si vous prenez l’Acte constitutif de l’Union, vous avez un certain nombre de règles et de procédures qui y sont prévues ; et les organes de l’Union ont été nommément cités dans l’article 5, et si vous voulez changer un organe, vous êtes obligés de passer par l’article 32 qui indique la procédure de modification de l’Acte Constitutif.

J’étais très étonné que certains pays, ou certains hommes d’Etat, qui me semblaient avoir de l’expérience, ne comprennent même pas cette nécessité. Ils pensent qu’on peut décider, comme ça, de changer les organes, de créer des organes, et voilà, c’est fini, on commence à appliquer.

C’est ce point-là qui était vraiment difficile à faire comprendre aux uns et aux autres. On leur a montré que quel que soit le bout par lequel on prend le problème, il faut nécessairement passer par une modification de l’Acte Constitutif. Et cette modification doit suivre la procédure normale ; et il faut que l’on connaisse toutes les implications des organes qu’on crée !

Vous passez d’une commission de 10 membres à une commission de 14 ou 16 membres, il faut voir les implications à la fois spatiales, financières, humaines, et toutes les procédures permettant de mettre tout cela en place. Donc, c’est quelque chose qui ne peut pas se faire du jour au lendemain. C’est pourquoi le Conseil Exécutif a suggéré à la Conférence qu’une réunion extraordinaire soit convoquée pour examiner avec la Commission actuelle toutes les implications à la fois politiques, financières, juridiques et organisationnelles, afin de dégager au prochain Sommet de l’Union, en juillet, toutes les démarches à suivre.

Evidemment, ceux qui voulaient le gouvernement continental ici et maintenant n’ont pas pensé à ces choses-là. Ils pensaient qu’il suffisait de décider. Mais, nous avons des parlements, des Cours constitutionnelles, des populations. Et quand vous parlez de Défense, des Affaires étrangères, il s’agit de céder une partie de la souveraineté de chaque pays ; vous ne pouvez pas céder cette souveraineté au mépris des organes institutionnels qui existent dans votre pays, et c’est ça qui constitue la difficulté.