22/06/2026 (Brève 2555) Lettre ouverte à la FIDH pour lui demander les raisons de son silence, depuis des années, sur les très graves violations des D.H., commises par le régime.

De nombreuses associations djiboutiennes et françaises ont souhaité s’associer à la démarche initiée par des personnalités djiboutiennes, pour signer cette lettre ouverte.

_______________

FIDH
Monsieur Alexis DEWAEF
Mmes la Directrice générale
et la directrice exécutive
17 passage de la MAIN D’OR
75011 PARIS

 

Lettre ouverte à la FIDH
(envoi par mail Double par LR-AR pour la sûreté de réception)

Objet : Interpellation sur le silence de la FIDH
face aux violations graves des droits humains à Djibouti

À l’attention de la Présidence et du Secrétariat général de la FIDH,
Fédération internationale pour les droits humains,

Madame, Monsieur,

Par la présente lettre ouverte, nous souhaitons interpeller solennellement la FIDH sur son absence apparente de réaction publique face à la situation alarmante des droits humains à Djibouti.

Depuis de nombreuses années, des témoignages concordants font état de violations graves, répétées et caractérisées des droits fondamentaux : arrestations illégales, détentions arbitraires, emprisonnements prolongés sans jugement équitable, privations de soins médicaux en détention, intimidations contre les familles, répression des opposants, violences commises contre des populations civiles, et accusations particulièrement graves de violences sexuelles, notamment des viols de femmes imputés à des membres des forces armées, ainsi que de très nombreux cas de torture.

Ces faits, lorsqu’ils sont rapportés par les victimes, leurs familles ou des témoins, ne peuvent être considérés comme de simples incidents isolés. Ils s’inscrivent dans un climat général de peur, d’impunité et de verrouillage de la parole publique. Les victimes, déjà fragilisées par les violences subies, se heurtent trop souvent au silence des institutions, à l’absence d’enquête indépendante et à l’impossibilité d’obtenir justice.

Dans ce contexte, le silence de la FIDH interroge profondément.
La FIDH est reconnue internationalement pour son engagement en faveur des victimes de violations des droits humains, pour sa capacité à documenter les abus, à alerter l’opinion publique internationale et à interpeller les autorités responsables. C’est précisément pour cette raison que son absence de prise de position visible sur la situation djiboutienne suscite incompréhension et inquiétude.

Nous souhaitons donc poser publiquement les questions suivantes :
Pourquoi la FIDH reste-t-elle silencieuse face aux violations graves des droits humains dénoncées à Djibouti ?

La FIDH dispose-t-elle d’informations sur ces arrestations arbitraires, ces détentions sans garanties judiciaires, ces privations de soins et ces violences contre les populations civiles ?

Des démarches ont-elles été engagées auprès des autorités djiboutiennes, des Nations unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne ou d’autres instances internationales ?

La FIDH considère-t-elle que la situation actuelle justifie l’ouverture d’une enquête, la publication d’un communiqué, l’envoi d’une mission d’observation ou la saisine d’organismes internationaux compétents ?

Et si aucune action n’a été engagée à ce jour, quelles en sont les raisons ?

Nous ne demandons pas une condamnation précipitée ni une prise de position sans vérification. Nous demandons que les faits allégués soient examinés avec sérieux, que la parole des victimes soit entendue, et que le silence ne puisse pas être interprété comme une forme d’indifférence.

Le rôle d’une organisation internationale de défense des droits humains n’est pas seulement d’intervenir là où la médiatisation est forte. Il est aussi de porter attention aux pays oubliés, aux victimes sans voix, aux populations civiles privées de recours, et aux régimes qui prospèrent précisément parce que leur répression demeure trop peu visible.

Nous appelons donc la FIDH à sortir de son silence, à clarifier publiquement sa position sur la situation des droits humains à Djibouti, et à indiquer les démarches qu’elle entend entreprendre pour contribuer à la vérité, à la protection des victimes et à la lutte contre l’impunité.

Les victimes djiboutiennes ont besoin d’écoute, de relais, de protection et de justice. Elles ont aussi besoin de savoir que les grandes organisations internationales de défense des droits humains ne les ont pas oubliées.

Dans l’attente d’une réponse publique de votre part, nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, en l’expression de notre considération vigilante et déterminée.
 
Jean-Loup Schaal                                   Anne-Marie de Vaivre
Président                                                         Chevalier de la Légion d’honneur
Vice-Présidente

P.J. : liste des associations signataires de cette lettre ouverte

 

LISTE DES ASSOCIATIONS SIGNATAIRES DE CETTE LETTRE OUVERTE

 

 

ADD

M. AHMED KASSIM

AFASPA

Mme Michéle DECASTER

Amicale PANAFRICAINE

M. ZANG NEZOUNE MAHAMAT

COFEDVI

Mme AICHA DABALLE

Collectif des Victimes du Café de Paris (CVCP)

M. S. AYAANLE

FEMMES SOLIDAIRES

Mme Sabine SALMON
Présidente nationale

Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)

M. ALI OMAR EWADO
Président

Low Tech Créations (LTC)

M. MAKI HOUMED-GABA
Président

Personnalité djiboutienne

M. MOHAMED HOUMADO

SURVIE

M. Nicolas BUTOR
Co-Président