04/08/2026 (Brève 2557) Entente franco-djiboutienne contre un opposant ? (Mondafrique)
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Emmanuel Macron s’est-il engagé auprès de l’inamovible président djiboutien Omar Guelleh à empêcher l’un de ses opposants historiques de sortir de France ? Mohamed Kadamy l’affirme à Mondafrique. Son mouvement, le Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD), né dans les années 1990, est l’un des groupes politico-militaires actifs à Djibouti.
Kadamy fait régulièrement l’objet de pressions djiboutiennes. En février 2019, le juge Serge Tournaire, exécutant une commission rogatoire émise par la justice de Djibouti, avait mis Kadamy en examen. Mais la Cour d’appel a annulé cet acte en novembre de l’année suivante, confirmant le caractère contestable de la demande et l’instrumentalisation de la justice contre un opposant politique.
Le dernier épisode de ces tensions a pris une tournure française plus inattendue. Depuis le 6 juin 2024, Mohamed Kadamy tente, vainement, de renouveler son titre de voyage. La préfecture de Seine-Saint-Denis l’a fait patienter au-delà des délais habituels, malheureusement déjà très longs. Il a fallu, le 11 juillet 2025, un courrier au ministre de l’Intérieur de deux députés français, Jean-Paul Lecoq et Alexis Corbière, pour que la préfecture se dise prête à prendre les empreintes du Djiboutien, en janvier et en février 2026. Puis, surprise : le 17 juillet de cette année, elle a indiqué à Kadamy que sa demande était « clôturée », mettant un terme à la procédure de délivrance du titre sans plus d’explications.
Un deal secret franco-djiboutien
Selon Kadamy, « l’ordre serait venu de la présidence de la République française », sollicitée par le président Ismaël Omar Guelleh lors du renouvellement du traité de défense entre la France et Djibouti en août 2025. A ce moment-là, Omar Guelleh aurait carrément réclamé l’expulsion de France de son vieil ennemi. Si Emmanuel Macron n’a pas chassé Kadamy, « il aurait pris l’engagement de le faire surveiller de plus près ».
L’opposant dénonce « un harcèlement transnational exercé par un régime autoritaire contre un opposant en exil avec des répercussions judiciaires et administratives en France. » Il rappelle que le régime semble engagé dans une logique de « succession dynastique et de répression politique », profitant de la position stratégique de son territoire qui abrite de grandes bases militaires étrangères, notamment la plus grande installation militaire de la France sur le continent.
Kadamy et son épouse Aïcha Dabalé ont été extradés à Djibouti depuis l’Éthiopie, de façon irrégulière, le 27 septembre 1997, avec plusieurs cadres du FRUD, lors des tensions politiques apparues à la fin du règne du premier Président, Hassan Gouled, qui a finalement laissé le pouvoir à son neveu Ismaël Omar Guelleh. Ce dernier, à la tête du pays depuis 1999, vient d’entamer un sixième mandat avec un score officiel de 97,81%. Mais très malade, il cherche à imposer sa fille Haibado, mariée à un sécurocrate somalien, Sadick John, projet qui ne fait pas l’unanimité dans les cercles du pouvoir, précisément à cause de la nationalité somalienne de Sadick John.
