27/08/2026 (Brève 2558) Cimetière de Montparnasse : hommage à Yvette ROUDY pour ses actions, en particulier en faveur des droits des femmes (par Anne-Marie de VAIVRE)

Droits des femmes, droits humains : tenir bon et avancer, malgré les vents contraires
Après la disparition d’Yvette Roudy, la vigilance reste de mise : le consensus de la cérémonie d’hommage, 26 août 2026.

Ce 26 août matin, au cimetière du Montparnasse, l’hommage à Yvette Roudy,  – toute première ministre, de plein exercice, aux droits des femmes -,  allait bien au-delà d’une  commémoration du passé.

C’était un manifeste vivant pour la résistance face aux forces de régression qui menacent, partout et constamment, les droits humains et la dignité.

Autour de son neveu Jean-Pierre Saldou et de ses amis, les hommages de Laurence Rossignol (Assemblée des femmes), Emmanuel Grégoire (PS & Ville de Paris), Arthur Delaporte (député du Calvados), du représentant de Lisieux et de Liliane Mirville (présidente de la GLFF) sont venus rappeler son héritage républicain et laïc au milieu des militants venus se recueillir.

Au-delà du protocole, un symbole a frappé les esprits : sous les arbres, les rafales d’un vent capricieux s’acharnaient à renverser les grands portraits d’Yvette Roudy disposés au sol. Aussitôt, des mains solidaires se tendaient pour les redresser. Cette image résume notre combat quotidien : face aux vents contraires de l’histoire, qui s’efforcent de mettre à bas nos valeurs, relever les figures et les valeurs de la justice est un acte de résistance immédiat.

Soutien de l’ARDHD dès 1995 pour la vérité sur l’assassinat du juge Borrel, Yvette Roudy fut l’une des rares à appuyer d’emblée le combat d’Elisabeth. Au front, active, elle luttait pour la justice

Ce que rappelle avec force Élisabeth Borrel, présente à nos côtés :  « Yvette Roudy a été une grande dame au service des femmes. Elle relevait celles et ceux que l’entre soi des puissants méprisait et voulait continuer d’exploiter. »

Unis dans ce refus du mépris, nous avons écouté l’allocution bouleversante de ShoukriaHaidar, présidente de l’association NEGAR, soutien aux femmes d’Afghanistan. Elle a rappelé sa prescience politique : dès les années 1980, Yvette Roudy luttait à ses côtés pour la non-reconnaissance diplomatique absolue des Talibans, bien avant que la chape de plomb ne s’abatte.

Pour l’ARDHD (fondée en 1992), cette mémoire est brûlante. Yvette Roudy fut notre alliée indéfectible contre la répression et le viol comme arme de soumission des femmes afars à Djibouti, se levant avec nous en 2005 lors du procès en diffamation intenté par un séide du régime.

Un combat partagé avec Jean-Paul Noel Abdi (…), héraut courageux et persécuté des droits humains, et Aïcha Daballeh, indomptable défenseure des droits des femmes.

Pour le Cercle Entreprises et Santé, présent avec son président Jacques Bouvet, saluer cet héritage invite à rappeler que la parité et les droits des femmes ne sont  jamais définitivement acquis

Le message est clair : la vigilance ne doit pas s’arrêter.

AMV
(Fondatrice du Cercle Entreprises et Santé & Vice-Présidente de l’ARDHD