07/12/10 (B581) Témoignage Mémoire d’un torturé “pour que plus jamais” (Info lecteur)

_____________________________ Note de l’ARDHD

Nous avions publié depuis 1999, de nombreux témoignages de personnes qui avaient été torturées à Djibouti par les forces spéciales de la Gendarmerie nationale ou même de l’Armée et nous diffusions une liste non exhaustible, des principaux coupables. (Lien)

Ce nouveau témoignage très précis nous est adressé par un lecteur. Il a été écrit par une victime, d’origine Gadourci, dont de nombreux membres avaient été ciblées et arrêtés après l’attentat du Café de Paris.

Rappelons qu’en dépit d’un procès "de circonstance" à Djibouti, ni les auteurs, ni surtout le véritable commanditaire de cet attentat qui a fait plusieurs victimes (dont un enfant français qui a perdu la vie) et des atrocités commises ensuite de manière ciblée contre les Gadabourci, n’ont jamais été officiellement démasqués, alors que des indices sérieux existaient.

Ce témoignage avait été publié le 21 mars 1994 dans le bulletin d’information de l’UDD
"L’Horizon" et nous le reprenons, car il faut mettre un terme définitif à la torture dans le monde et à Djibouti.

Il est grand temps que les victimes ou leurs ayant droit engagent des poursuites pénales devant les justices internationales compétentes, à la fois pour faire reconnaître leurs droits de victimes et obtenir réparation et surtout pour faire condamner les coupables, afin qu’ils soient mis hors d’état de nuir et que cela serve d’exemples pour freiner d’autres vocations.

Plus jamais cela !

__________________________ Témoignage d’Awalleh

Awaleh est parti loin, très loin. Pour toujours, il a quitté le siens, sa terre natale qui, dit-il, ne l’a pas gâté. Né à Djibouti il y a une trentaine d’années, il s’est vu rejeté par son pays où l’innocence de son adolescence lui a procuré les rares meilleurs moments de sa vie. Puis, c’est le cortège de malheurs…

Sans travail, sans parents qui puissent subvenir à ses besoins, Awaleh a refusé d’être étranger dans son propre pays en allant tenter sa chance ailleurs où il sera sûr d’être étranger. Torturé des jours entiers, emprisonné de longs mois pour une chose qu’il n’a pas faite, Awaleh est parti loin, très loin…

De son corps mutilé, de son honneur souillé et de sa réputation salie, il ne supporta pas ce qu’il a qualifié de monstruosité : l’amputation de l’esprit. Awaleh est parti loin, très loin. Mais avant de nous quitter, il m’a fait faire le sermon de rapporter l’amputation de l’esprit qu’il a subit. Pour dit-il la rage au coeur que plus jamais de telles atrocité ne se reproduisent. Ses malheurs, termine-t-il, n’est pas un cas isolé et nous tient en garde que tout djiboutien peut, d’un jour à l’autre être précipité dans cette horreur.

Le jour de l’attentat, le 27 Septembre 1990, je me trouvais au Yémen pour affaires. Je ne revins à Djibouti que trois jour après, le 30 Septembre 1990. C’est là que les ennuis commencent. «Ennuis» le mot est trop faible pour expliquer ce qui allait m’arriver. Si l’on m’avait raconté cette période de ma vie, je ne l’aurais jamais cru. Et pourtant…

Le 2 Octobre, deux gendarmes tirant derrière eux mon frère arrêté au lendemain de l’attentat, débarquent chez moi. Je reconnais à peine mon frère tant il avait maigri, mal en point. Son visage exprimait la souffrance de ceux qui reviennent de loin.

Un bref interrogatoire commence sur place. Ils m’ordonnent de leur indiquer la cachette où j’ai entreposé les armes que mon frère m’a donné. Ebahi, je leur réponds que je n’ai pas d’armes, et me tourne vers mon frère pour lui demander une explication. Celui-ci avoue que nous n’avions jamais possédé une arme. Mal lui a pris. Ils le rouèrent de coups de poings et coups de pieds jusqu’à ce qu’il se rappelle de m’avoir confié des armes. Avouer même ce qui n’existait pas, pouvait, seul, mettre fin à son supplice. C’est alors que le mien commença.

Je fus pieds et poings liés puis, conduit à la brigade de la gendarmerie du Q5 où attendait d’autres agents dont la réputation de tortionnaires était connue de tous. A peine arrivé, c’est le supplice de la «balançoire», ils me rouèrent de coups, sur des parties bien choisies de mon corps.

Cent fois, j’ai cru mourir à cause de la serpillière arrosée d’eau javellisée qui m’entourait la tête et m’étouffait. Je hurlais tellement fort qu’ils durent s’arrêter. Au bout d’une heure, incapable de placer une jambe derrière l’autre, ils me traînèrent jusqu’à l’hôtel où j’étais descendu à mon retour du Yémen. Ils arrêtèrent tout le personnel puis le relâchèrent. Motif : il n’était pas «de la tribu suspecte».

On me conduisit ensuite à la brigade d’Ambouli où je me retrouvais avec des personnes que je connaissais pour la plupart. Ces personnes étaient là depuis 3 ou 4 jours : elles n’étaient pas belle à regarder. Leur état physique et moral me fit frissonner de peur me rappelant que l’on me soupçonnait d’avoir fourni les armes du crime.

Ces 50 personnes étaient entassées dans une cellule d’une saleté repoussante à peine capable de contenir une dizaine de détenus. C’était d’autant plus exiguë qu’aucun d’entre eux ne pouvait tenir debout suite aux sévices subis.

Seule pièce à conviction, un pistolet trouvé chez un habitant du Q5, vendeur de khat mais absent sur les lieux. Celui-ci ayant été relâché, car de la tribu au pouvoir ! Eh, oui !..

La torture reprit : coups de poings, de pieds, supplice de la balançoire pendant plus d’une heure. La douleur était telle que je me suis mis à parler d’un mabraz au Q6 où tous mes amis se sont avérés être, par la suite, d’un autre clan que le mien. Un des gendarmes ordonna que cette information n’avait aucun intérêt pour permettre la conclusion dirigée sur un groupe à travers cette enquête musclée.

Excédés, les gendarmes entraînèrent quelques autres détenus et moi-même. Nous étions moins nombreux qu’au départ car une dizaine de co-inclupés se désavouèrent en niant leur appartenance au clan visé. C’est ainsi que j’arrivais dans ce lieu macabre, bien connu pour les tortures inhumaines et ini-maginables qui s’y déroulaient : la «Villa Christophe» à Ambouli.

Durant sept nuits et sept jours, je fût bastonné, la serpillière sans cesse arrosée d’eau javellisée parfois de whisky, sans oublier les séances d’électrochocs, voilà le régime quotidien auquel j’étais soumis. Avec un sadisme inimaginable, les tortionnaires choisissaient les parties les plus sensibles de mon corps. Dès que je m’évanouissais à bout de forces, ils m’envoyaient trois ou quatre décharges électrique pour me ramener à la vie et la torture reprenait de plus belle.

Inhumains jusqu’au bout, il était vain d’attendre un quelconque attendrissement.

Mille fois j’ai prié Allah de m’ôter la vie, de mettre fin à mes souffrances. Personne ne pourrait jamais imaginer ce que j’avais enduré pendant cette sinistre semaine d’Octobre 1990. Les tortionnaires, fidèles à leurs maîtes et égaux à eux-mêmes, s’en sont donné à coeur joie.

L’un d’eux à même dit aux autres qu’il fallait en profiter, qu’ils ne devaient avoir pitié, que cela faisait longtemps qu’ils n’avaient pas eu une si belle occasion pour montrer l’étendue de leurs répertoires de tortures.

Celui-là, je le reconnais aujourd’hui, et le croise souvent en ville.

Parfois, on se fixe des yeux. Lui s’attendant sûrement à ce que je lui saute dessus pour me venger, tandis que moi, je me demande comment cet homme ordinaire, d’apparence si semblable à nous autres djiboutiens peut être capable d’affliger de telles atrocités sur ses semblables.

D’ailleurs, ces tortionnaires je les connais tous.

Pour mener à bien leur sale besogne, ils se dopent à la drogue et au whisky dont les bouteilles vides servent ensuite pour les tortures. Les seules pièces à conviction n’étaient autre qu’une valise vide, une machine à écrire et une liste servant à la collecte familiale (en somali QAADHAAN).

Sous la torture, la plupart d’entre nous étions à bout et prêts à tout. Les uns dénonçaient des amis de mabraz, les autres, parlent de caches d’armes quelque part… Les plus pathétiques donnaient même les noms de leurs propres frères, soeurs ou parents.

Situation qui engendra la rafle de plus de 200 personnes.

Le 10 Octobre, après une semaine de tortures sans relâche, l’enquête administrative commençait. Quinze d’entre nous (dont moi-même) «fournisseur d’armes» furent interpellés, et jugés comme les plus «dangereux».

Nos tortionnaires souhaitaient enregistrer un mea culpa pour l’établissement du P.V. destiné aux juges. Ce qui fut fait car c’était la seule issue nous permettant de hâter le procès. Cet endroit macabre me rappellera toujours : impuissance, rage, et haine.

Le 11 Octobre, direction le tribunal; nous sommes exactement 24 personnes à y être emmenées. Une dizaine de torturés dont quatre “terroristes” considérés comme les plus dangereux et une autre dizaine choisis au hasard. Se souvenant in extremis que, suite au déclarations des témoins oculaires de l’attentat, parmi les présumés terroristes il n’y avait pas de barbus, les policiers ont emmené, dare dare, l’un de nos barbu au coiffeur et récupéré les poils pour les remettre aux juges.

Fait étonnant, notre procès a mobilisé une ribambelle d’agents de sécurité placés tout autour du tribunal et ce, sur un périmètre de 500 m sans oublier l’escorte de 50 flics armés jusqu’aux dents qui rappelait les légendaires procès des Brigades Rouges.

Dans la salle d’audience, les magistrats arrivent difficilement à dissimuler leurs émotions devant l’état physique des prisonniers. En effet, aucun de nous n’étaient en mesure de s’asseoir, encore moins se tenir debout devant le prétoire, à cause des sévices endurés. A cet effet, deux policiers étaient, d’ailleurs mobilisés pour garder debout celui qui serait invité à la barre.

Pour toute preuve, les policiers possédaient toujours la valise vide, la machine à écrire, la liste de Qadhan et puis maintenant les poils de la barbe. Aussitôt après la présentation des pièces à convictions, on lisait, sans le moindre difficulté, sur le visage des juges la stupéfaction. L’un après l’autre, nous avons tous rejeté en bloc toutes les accusations contre nous.

Nous avons fait remarquer aux juges que les aveux contenus dans les procès verbaux étaient obtenus sous la torture.

Pour ma part, j’ai insisté sur le fait que je ne me trouvais même pas à Djibouti la nuit de l’attentat et que les cachets de la PAF sur mon passeport peuvent attester de mon absence de trois mois du pays. Mais tous nos efforts ont été vains et ne purent convaincre les juges qui, en fait, connaissaient à l’avance le verdict.

Lequel verdict nous conduisait, comme prévu au scénario, directement à Gabode sans donner d’autre précision. A midi, nous nous retrouvâmes à douze à Gabode, les autres étant relaxés sous liberté provisoire.

Insultes, humiliations diverses, réprimandes ponctuent notre accueil à Gabode.

Cette mauvaise réception était le fait du personnel de la prison qui croyait sincèrement à nos crimes. Notre arrivée bouleversa les habitudes de la prison.

Les semi-libertés des prisonniers en fin de peine et bénéficiant de larges facilités de mouvements à l’extérieur et particulièrement ceux dont nous partagions la même tribu étaient étroitement surveillés.

Les trois “terroristes” et moi prenions possession de la cellule N°12 conçue pour les grands criminels et où les menottes sont de rigueur jours et nuits. Les matons, il faut les appeler ainsi, prenaient grand plaisir à nous réprimander et gardaient pour eux toutes les choses intéressantes, à leur yeux, que nos pauvres parents nous faisaient parvenir.

Les plus dur d’entre eux, je m’en souviendrai toujours, était un caporal de la police qui répétait sans cesse “Notre Etat” faisant allusion à sa tribu. Je connais son nom. Les matons étaient extrêmement désagréables à notre égard à cause de la Télé et de la radio où diverses personnalités de l’Etat se succédaient pour nous enfoncer nous, ainsi que toute la communauté dont nous étions issus. On les entendait dire souvent “ABEESO FAR LO TAAGEY…” .

A ces pressions s’ajoutaient les problèmes inhérents à notre santé.

Pendant plus d’un mois et malgré nos nombreuses blessures consécutives aux tortures, nous n’étions pas autorisés à nous rendre à l’infirmerie. Il a fallu attendre un mois pour que les visites nous soient accordées. Nos parents ont pu alors nous fournir les médicaments nécessaires.

C’est dans cette ambiance malsaine que nous avons fait la connaissance d’un jeune éthiopien, en semi-liberté repris, qui nous fit des révélations époustouflantes. Ce jeune jurait connaître les terroristes.

Il les aurait rencontrés à la frontière Djibouto-Ethiopienne à Dawanleh précisément, la nuit de l’attentat et pendant leur fuite vers l’Ethiopie.

Nous nous sommes demandés ce qui pouvait l’inciter à faire ces révélations qui, du fait qu’elles contredisaient la version officielle, risquaient de lui causer pas mal de problèmes.

En fait, il imaginait tirer profit de ces révélations qui devraient, selon lui intéresser les autorités françaises. Mal lui en a pris, il déclencha le colère des matons qui lui ont fait voir de toutes les couleurs.

Considérant ces déclarations comme salutaires, nous avons écrit, par l’intermédiaire de nos parents, aux juges qui convoquèrent aussitôt le jeune homme. Celui-ci confirma ses dires malgré les menaces des policiers l’accompagnant au tribunal.

Plus dangereux pour lui, il reconnut parmi une vingtaine de photos celles des vrais auteurs de l’attentat. En vain, toutes ces gesticulations ne donnèrent aucun effet et restèrent sans suite. Et l’on n’a plus revu le jeune Ethiopien.

Notre découragement était total, le moral à zéro d’autant plus que notre avocat, Maître AREF, nous a rejoint à Gabode pour une affaire aussi ténébreuses que la nôtre. Notre calvaire continua et nous perdîmes tout espoir jusqu’au jour où à notre agréable surprise, nous sommes relaxés sans explication. Soudain, semble-t-il, tous les chefs d’accusation se sont envolés.

Bien que lavés de tous les soupçons, nous n’avons jusqu’aujourd’hui rien reçu comme dédommagement qu’il soit financier ou moral. Nous n’avons même pas eu droit à une annonce officielle de notre innocence comme lors de notre accusation.

L’affaire est aujourd’hui d’actualité et arrive peut-être à son terme.

Quelques uns des auteurs seraient sous les verrous mais les vrais commanditaires sont en liberté.

J’attends d’Allah que justice soit faite.

Awaleh

29/11/10 (B580) LDDH / 100 cheminots à Gabode, des épouses arrêtées et des menaces de renvoi en Erythrée pour les jeunes Afar qui avaient demandé l’asile à Djibouti au moment des accrochages avec l’Erythrée. Appel urgent pour leur sauver la vie.



Le Président

NOTE D’INFORMATION DU 28 NOVEMBRE 2010

Les risques collatéraux de la rencontre dans un salon, au Yémen, à l’occasion de l’ouverture d’une rencontre sportive …

Il faut s’attendre à tout, après le retour du candidat-usurpateur du Yémen qui allait assister officiellement à « un match de football ». Il a eu l’occasion de discuter avec son homologue érythréen, en présence du Chef d’Etat Yémen qui a probablement été suivi d’un tête à tête amical.

Les Djiboutiens sont inquiets mais aussi perplexe.

Ce matin de l’arrestation :

de plus de cent Cheminots,

en guise d’otage d’une dizaine d’épouses de dirigeant Cheminots pour obliger les dirigeants syndicaux à signer un engagement de renonciation à leurs arriérés de salaire au nom de tous les cheminots et

des membres des familles des jeunes Afar qui avaient fui l’Erythrée au moment des accrochages de Doumeira.

Le site All Afar avait soulevé cette inquiétude en informant tous les internautes dans les termes suivants :

“ A group of refugees who have escaped the difficulty situation in Erythrea and tried to come to a more secure place are in custody since November 1/2010 in Nagad prison in the capital city of Djibouti…”

Cette situation de séquestration illégale, ces arrestations abusives et illégales sont en infraction totale au Code Pénal adopté lorsque le Conseiller du Ministre de la Justice le Juge Bernard Borel avant son assassinat jusqu’à présent sous le coup du Secret Défense imposé à la Justice Française.

Ce groupe de réfugiés Erythrée dont l’un a 16 ans Moussa Omar Ali et quatre autres sont des enseignants risquent d’être remis aux autorités Erythréennes avec d’autres réfugiés qui ont fui le régime Dictatorial en Erythrée.

Ils risquent incessamment d’être échangés avec des prisonniers militaires Djiboutiens probablement capturés par les forces Erythréennes, mais dont pratiquement personne ne connaît leur nombre encore moins leur famille car si la Croix Rouge Internationale était informée elle aurait eu la possibilité d’informer la famille de l’état de santé de leurs proches.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demande au candidat à un
troisième mandat illégal et anticonstitutionnel d’ordonner à ses troupes de relâcher dans les plus brefs délais et de les remettre au HCR ;

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un appel pressant au HCR et à la Croix Rouge internationale d’accorder une attention particulière à ces jeunes réfugiés Djiboutiens et de prendre toutes les dispositions pour assurer leur sécurité et de ne pas hésiter en cas de refoulement sur l’Erythrée à déposer des plaintes auprès des juridictions concernées.

NOEL ABDI Jean-Paul

01/08/10 (B563) Djibouti : Liberté pour Halima Bil’a et ses quatre enfants, otages d’Omar Guelleh (Communiqué du NPA, publié à la demande d’un lecteur)

Les forces répressives du gouvernement djiboutien, viennent de violer de nouveau les droits humains en emprisonnant Halima Bil’a et ses quatre enfants.

Le seul tort de cette femme, aux yeux des autorités Djiboutiennes, est d’être la compagne de l’un des dirigeants du FRUD (Front pour la Restauration et l’Unité de la
Démocratie) Mohamed Keiro que les autorités tentent de capturer.

Ismail Omar Guelleh, grand ami de Sarkozy, se comporte comme un preneur d’otage.

Rappelons l’implication possible de Guelleh dans l’assassinat du juge Borrel. Crime que l’on avait tenté de maquiller en suicide avec la complicité du gouvernement français.

Il a fallu tout le courage et l’opiniâtreté de sa femme pour qu’enfin une partie de la vérité éclate.

En parallèle d’une modification de la constitution qui vise a entériner un troisième mandat, Guelleh tente des opérations militaires dont les seuls résultats sont des exactions contre les civils.

Afriques en lutte du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) appelle :
A la libération immédiate de Halima Bil’a et de ses quatre enfants, ainsi que de tous les prisonniers politiques.

A l’arrêt de toutes collaborations des autorités françaises avec le gouvernement djiboutien et le retrait des troupes françaises de Djibouti.

27/07/10 (B562) Le bourreau de Tadjourah. Le Commandant Wais, que nous venons d’identifier grâce aux lecteurs, de la Garnison de Tadjourah n’était pas un inconnu …

Selon les informations que nous possédons et qui devront être vérifiées, en trois ans, celui qui n’aurait que Lieutenant en 2008 serait passé Commandant en 2010. Bel exploit si les faits sont confirmés.

Il est certain que passer de Lieutenant à Capitaine, puis de Capitaine à Commandant dans un laps de temps aussi court, ne peut correspondre qu’à une série exceptionnelle de récompenses.

Quels exploits seraient susceptibles d’avoir attiré l’attention de la haute hiérarchie militaire et les honneurs qui vont avec. Des actes de bravoure lors de la bataille contre l’Erythrée ??

Mais non ! On va vous étonner ? A la réflexion, on ne va probablement pas vous étonner !

Autour du 15 février 2008, ce lieutenant s’était illustré magnifiquement en exécutant un malheureux berger de 58 ans, père de famille, Mohamed Ahmed Youssouf. Il avait été nommé « Homme de la semaine »

En juin – juillet 2010, il intimide (au minimum …) un jeune djiboutien de 36 ans originaire de Margoyta, Moussa Ali, victime d’actes de barbarie commis contre lui, en tentant de l’empêcher de dénoncer ses bourreaux, dont Wais faisait certainement parti.

Ne voulant pas être en reste dans l’attribution des mérites au crime, l’ARDHD, la promu « Bourreau de Tadjourah ».

Même si les récompenses pleuvent actuellement assorties des augmentations de solde qui vont avec les grades, le dossier pénal du Commandant Wais s’alourdit et on pourrait imaginer, qu’il sera parmi les premiers à être présenté à la Cour pénale qui jugera les criminels djiboutiens.

23/07/10 (B561) L’OMCT (Organisation mondiale contre la torture) lance un appel au Gouvernement djiboutien pour détention arbitraire et allégation de tortures commises à l’encontre de M Mohamed Ahmed, dit "Jabha", 39 ans, militant du FRUD, aujourd’hui détenu à Gabode, sans soin, en dépit des différents maux dont il souffre et qui sont la conséquence des nombreuses tortures subies depuis le 1er mai 2010. Il est demandé aux lecteurs d’écrire aux différentes autorités djiboutiennes.

_________ Voir aussi nos articles précédents sur ce cas
du 11/07/2010
du 11/07/2010 (signé par Uguta-Toosa)

__________ Appel de l’OMCT

Le Secrétariat International de l’Organisation Mondiale
Contre la Torture (OMCT) requiert votre intervention urgente dans la situation suivante à Djibouti.

__________ Description des faits
Le Secrétariat International de l’OMCT a été informé par une source fiable et Antenna International, une organisation membre du réseau SOS-Torture de l’OMCT, de la détention arbitraire et des allégations de torture et d’autres mauvais traitements à l’encontre de M. Mohamed Ahmed dit Jabha, 39 ans, militant du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD), à la prison centrale dite « Gabode », dans la ville de Djibouti.

Selon les informations reçues, le 1er mai 2010, alors qu’il essayait de défendre une femme enceinte que des soldats tentaient de violer, près de Moussa Ali (Nord Ouest du district de Tadjourah), M. Mohamed Ahmed a été arrêté par des membres de l’Armée Nationale Djiboutienne (AND), basés à la caserne d’Assagueïla.

Il a tout d’abord été porté disparu car ni sa famille, ni ses connaissances ne savaient où il se trouvait.

Ce n’est qu’ensuite qu’il a été possible de reconstituer les différents lieux dans lesquels il aurait été détenu depuis le 1er mai.

Conformément aux dernières informations reçues, il a été détenu, durant cinq jours, à la caserne d’Assagueïla puis dans les locaux des Services de Sécurité, situés sur le Plateau du Serpent.

Il a ensuite été transféré dans différents endroits tels que la caserne militaire de Gal Eila à Mabla, puis, du 18 au 30 juin 2010, à la brigade du Nord de la gendarmerie, lieu dans lequel il aurait été privé de nourriture durant 10 jours.

M. Mohamed Ahmed aurait subi de nombreux actes de torture, entre autres, des simulations d’exécution, dans les locaux des Services de Sécurité puis à la caserne militaire de Gal Eila.

Selon les mêmes informations reçues, depuis le 30 juin 2010, M. Mohamed Ahmed est détenu à la prison centrale dite « Gabode » où les conditions y sont déplorables.

Aucuns soins ne lui sont fournis alors que, d’après les informations, il crache du sang, a du mal à se déplacer, souffre de contusions, a le tympan éclaté et les côtes cassées.

M. Mohamed Ahmed n’aurait, par ailleurs, toujours pas eu accès à un avocat et sa famille n’a pu le rencontrer qu’une seule fois depuis sa détention.

L’OMCT est gravement préoccupée par la situation de M. Mohamed Ahmed dit Jabha et rappelle que la pratique de la disparition forcée et de la détention au secret est contraire aux normes internationales relatives aux droits de l’Homme.

L’OMCT prie les autorités de Djibouti de garantir, en toutes circonstances, l’intégrité physique et psychologique de M. Mohamed Ahmed, conformément au droit régional et international pertinent et notamment aux dispositions de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et au Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

L’OMCT demande également aux autorités de Djibouti de faire en sorte que M. Mohamed Ahmed soit promptement présenté devant une autorité judiciaire compétente et qu’il ait immédiatement accès à un avocat de son choix, à des soins médicaux et puisse recevoir la visite de sa famille.

L’OMCT rappelle que nul ne peut faire l’objet d’une arrestation ou d’une détention arbitraire.

Enfin, l’OMCT réitère sa plus vive inquiétude quant aux faits allégués ci-dessus et demande aux autorités compétentes à ce qu’une enquête immédiate, efficace, exhaustive, indépendante et impartiale soit menée sur les allégations de torture et d’autres mauvais traitements subis par M. Mohamed Ahmed, et ce afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal civil indépendant, compétent et impartial et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi. Les conclusions de cette enquête doivent être rendues publiques.

_____________ Actions requises

Merci d’écrire aux autorités de Djibouti, afin de leur demander de:

  • Garantir, en toutes circonstances, l’intégrité physique et psychologique de M. Mohamed Ahmed dit Jabha;
  • Garantir l’accès immédiat et inconditionnel à un avocat de son choix et aux membres de sa famille ainsi que garantir un examen médical immédiat par un médecin de son choix et un traitement médical approprié, conformément, entre autres, à l’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus des Nations Unies;
  • Ordonner sa libération immédiate en l’absence de charges légales valables ou, le cas échéant, le traduire promptement devant un tribunal civil, impartial et compétent tout en garantissant ses droits procéduraux en tout temps;
  • Garantir une enquête immédiate, efficace, exhaustive, indépendante et impartiale sur ces évènements, en particulier sur les allégations de torture et de mauvais traitements à l’encontre de M. Mohamed Ahmed dit Jabha, dont les conclusions seront rendues publiques, et ce afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal civil indépendant, compétent et impartial et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi;
  • Garantir un recours effectif et une réparation adéquate, y compris l’indemnisation et la réhabilitation, à la victime concernée;
  • Garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales à travers le pays selon les lois nationales et les instruments internationaux des droits de l’hommee.

______________ Adresses:
Son Excellence Ismail Omar Guelleh,
Président de la République,
Palais Présidentiel,
BP 6, Djibouti Ville,
République de Djibouti.
Tel / Fax : 00 253 35 50 49 / 00 253 35 02 01 ;

Monsieur Mohamed Barkat Abdillahi,
Ministre de la Justice, des affaires pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’Homme,
BP 12, Djibouti Ville,
République de Djibouti.
Tel / Fax : 00 253 35 54 20 ;

Monsieur Maki Omar Abdoulkader,
Procureur de la République,
Tel / Fax : 00 253 35 69 90.
Email : likmik@caramail.com;

Ambassadeur Mohamed Siad Doualeh,

Mission permanente de Djibouti auprès de l’Office des Nations unies à Genève,
19 chemin Louis Dunant,
1202 Genève,
Suisse,
Fax : + 41 22 749 10 91.
Email : mission.djibouti@djibouti.ch;

Ambassade de Djibouti à Bruxelles,

204 avenue F.D. Roosevelt,
1050 Bruxelles, Belgique,
Fax : + 32 2 347 69 63 ;
Email : amb_djib@yahoo.fr
_____________________________

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Djibouti dans vos pays respectifs.

Genève, le 20 juillet 2010


Merci de bien vouloir informer l’OMCT de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

22/07/10 (B561) Le commandant W… et l’Adjudant O.. de la garnison de Tadjourah sont inscrits sur la liste des Bourreaux agissant en toute impunité (jusqu’à présent) pour soutenir le régime dictatorial et sanguinaire de Djibouti (et ne pas payer leurs dettes). Appel urgent de l’ARDHD à celles et à ceux qui pourraient nous donner l’identité du Commandant W… et l’Adjudant O… et de celles des officiers et sous-officiers qui ont pratiqué la torture sur ce civil. (Mis à jour le 23/7 à 14h00 – Paris)(ARDHD)

Sur la base du témoignage personnel que la victime, M Moussa Ali, originaire de Margoyta a remis à la LDDH, nous nommons le commandant W… et l’Adjudant O… de la garnison de Tadjourah, dans l’ordre des bourreaux et nous préparons la constitution d’un dossier qui pourra être remis, en temps voulu, aux autorités pénales internationales, chargées d’instruire des plaintes pour torture à l’encontre de civils innocents.

Un appel urgent de l’ARDHD

Nous demandons à toutes les lectrices et les lecteurs
du site, qui en auraient la possibilité, de nous donner le nom exact de ces personnes (Commandant W… et Adjudant O…)) en poste à Tadjourah, dont les nom commence par W… et O… et qui sont soupçonnés d’avoir commandité et exécuité des actes de torture sur un citoyen innocent.

Si cela est possible, nous souhaiterions avoir en plus leur photo afin de les publier dans la liste de bourreaux ainsi que les noms des officiers et sous-officiers qui ont participé effectivement aux actes de torture.

Cet appel est urgent, car il faut en terminer avec « l’Omerta » qui couvre du silence (parfois complice ?), les actes de torture et de viol commis à Djibouti et dans le nord, par des soudards bénéficiant de la protection accordées par les plus hautes autorité de l’Etat. Il faut que les auteurs de tels crimes sachent désormais, que l’impunité ne leur sera plus garantie pendant bien longtemps et qu’ils seront jugés pour cela.

Mesure de sécurité en faveur de la victime

Le fait qu’il est témoigné montre le courage de ce jeune homme. En le faisant, non seulement, il protège de futures victimes, des crocs de ces militaires ripoux, qui déshonorent l’AND(*) parce qu’ils confondent la défense de la patrie avec la satisfaction de leur sadisme personnel et de l’injustice. Mais aussi, ce jeune homme contribue à alimenter les dossiers en cours de préparation pour conduire les bourreaux devant des justices qui évalueront les charges pénales contre eux.

Maintenant qu’il a bravé « l’Omerta » en donnant son nom au bas de son témoignage, cette victime sera protégée par la pression de la communauté internationale et par l’ensemble des média qui s’intéressent à Djibouti, dont le nôtre en particulier. S’il lui arrivait quoi que ce soit, nous serions vite en mesure de désigner le coupable ou les coupables et leur commanditaire (Garnison de Tadjourah, par exemple ?)

(*) Note de l’ARDHD
L’AND est une armée de métier, qui a ses règles, son honneur, ses héros et ses morts. Il ne faudrait pas qu’un nombre limité de voyous sadiques, spécialisés dans la torture, le viol, l’extorsion de fonds et l’intimidation, qui se croient couverts par une immunité présidentielle de circonstance, déshonorent l’ensemble des forces armées djiboutiennes. Chacune, chacun, y compris les militaires honnêtes, doit dénoncer ces pratiques criminelles pour contribuer à y mettre un terme et à faire punir les coupables.