Articles

02/12/1999 – Nous sommes toujours sans nouvelles du journaliste djiboutien Amir ADAWEH, arrêté en Ethiopie il y a presque six mois.

Amir Adaweh est un journalise djiboutien qui avait été arrêté en Ethiopie sur demande de M. Guelleh, alors qu’il y passait des vacances. Depuis plus personnes n’a eu de ses nouvelles.

Des sources bien informées ont parlé d’une incarcération dans la ville de Harare dans des conditions effroyables, sans aucun contact avec le monde extérieur.

Depuis des rumeurs prétendaient qu’il avait été libéré et qu’il était assigné à résidence. Sa mère s’est rendue dans la ville d’Harare récemment. Elle n’a pas pu le rencontrer et les autorités l’ont assuré qu’il était toujours incarcéré avec interdiction de communiquer…

Nous savons que Reporters Sans Frontières suit avec attention la situation de ce journaliste.

01/12/1999 – l’Armée Nationale Djiboutienne aurait enregistré de lourdes pertes à Obock et à Tadjourah

Selon les mêmes sources, de nombreux militaires auraient refusé d’aller au combat contre le FRUD. Certains déserteraient pour rallier les unités du FRUD.

Le Gouvernement aurait été contraint de faire appel à des renforts d’ethnie SOMALIE. Au total, il aurait dépêché plus de 450 hommes et il a demandé de l’aide à l’Ethiopie.

Note de l’ARDHD :
L’AND a lancé une vaste offensive dans le Nord avec des moyens importants et probablement l’aide logistique de l’Armée française. Il est à noter que cette offensive intervient après l’obtention des subventions françaises et FMI. Cela confirme nos craintes. Nous avions lancé des appels au FMI et à la France pour cesser de sibventionner le régime dictatorial en affirmant que les subventions seraient utilisées pour reprendre la Guerre. Cela est maintenant confirmé par les faits.
Et ce sont les populations civiles qui sont de nouveau les victimes de cette guerre : viols, exécutions sommaires, pillages, destructions de villages et de point d’eau, etc…

01/12/1999 – AMNESTY INTERNATIONAL : Appel Urgent pour Me Mohamed AREF – De nouvelles craintes pour sa liberté.

Avertissement :
La version en langue française, ci-dessous, a été traduite de l’anglais par l’ARDHD dans le seul but de permettre la consultation par les lecteurs francophones de LA LIBERTE. Ce document ne peut en aucun cas constituer un document officiel diffusé par AMNESTY INTERNATIONAL, ni surtout être diffusée. La version en langue anglaise que nous publions intégralement est la seule version officielle de référence – Merci de vous y référer. L’ARDHD ne garantit en aucun cas la traduction et n’assume aucune responsabilité quant aux erreurs éventuelles.

DJIBOUTI Aref Mohamed Aref, âgé 46, avocat et défenseur des droits de l’homme

Amnesty International croit savoir qu’Aref Mohamed Aref, déjà détenu précédemment comme prisonnier d’opinion, défenseur notoirement connu des droits de l’homme à Djibouti et en Afrique, risque d’être arrêté prochainement pour ses critiques pacifiques du gouvernement . Si cela arrivait, il est possible qu’il soit incarcéré pendant une longue période à titre préventif ou qu’il soit condamné à une longue peine de prison.

Cela fait suite aux nouvelles actions des autorités pour faire taire les critiques de l’opposition et survient après une interveiw de la télévision qu’il a donné en octobre 1999 à un journaliste français et dans laquelle il a exposé ses vues non-violentes t ses critiques sur les violations des droits de l’homme à Djibouti – le journaliste et le cameraman ont été expulsés par la suite et leur film a été confisqué.

Le 22 novembre 1999, pendant pendant son interrogatoire par la Gendarmerie, il lui a été signifié qu’une plainte en diffamation avait été déposée contre lui à la suite de l’interview. Cela signifie qu’il pourrait encore être convoqué pour interrogatoire à n’importe quel moment, qu’il peut-être placé en garde à vue et qu’il pourrait être condamné pour diffamation en violation des accords internationaux sur la liberté d’opinion et le droit à l’expression.

RAPPEL DE LA SITUATION

Aref Mohamed Aref, prisonnier de conscience de 1991 à 1992, a été pratiquement le seul avocat des Droits de l’Homme à Djibouti pendant quelques années. Il a été délégué par Amnesty International qu’il a représenté lors des réunions préliminaires sur la création de la Cour Pénale International. Il a été en charge d’autres missions et en particulier il est membre du réseau des Défenseurs des Droits Humains africains constitué à Johannesburg en décembre 1998.

En février 1999 il a été emprisonné pour six mois après un procès injuste pour une escroquerie présumée. Cette condamnation faisait suite à un procès civil dans lequel il avait été impliqué en 1994 (voyez-en 15/99 Extra, 8 le 1999 février et suit ups). Amnesty International pense que les charges, qu’il a toujours niées, ont été motivées pour des raisons politiques. Il a été libéré récemment en mai 99, bénéficiant d’une loi d’amnistie, décrétée après la prise de fonction du nouveau président Ismael Omar Guelleh.

En décembre 1998, les forces de la sécurité l’ont empêché de prendre un avion pour Paris où il aurait dû à assister au Sommet des Défenseurs des Droits de l’Homme. Son passeport, qui a été confisqué au moment du passage en douane, ne lui a pas encore été restitué. (Cf la Parution des Nouvelles: 24 le 1999 juin, AFR 23/05/99).

En septembre 1999, Amnesty International a publié une Action Urgente après une nouvelle répression gouvernementale à l’encontre des deux derniers journaux de l’opposition encore autorisés à Djibouti. Trois journalistes de la presse écrite ont été arrêtés. Ils ont tous été condamnés à des peines de prison ferme et leurs journaux ont été interdits parce qu’ils avaient publié des articles critiques sur le gouvernement (Cf UA 254/99, AFR 23/07/99, 28 le 1999 septembre et met à jour).

Version anglaise officielle. (Cf avertissement ci-dessus)

AMNESTY INTERNATIONAL

DJIBOUTI Aref Mohamed Aref, aged 46, lawyer and human rights defender

Amnesty International believes that former prisoner of conscience Aref Mohamed Aref, a prominent defender of human rights in Djibouti and Africa, is at risk of being imminently arrested for his peaceful criticisms of the government. If this happens he is likely to face a lengthy period in detention awaiting trial or be sentenced to a long prison term.

This follows new moves by the authorities to silence opposition critics and comes after a television interview he gave in October 1999 to a French journalist in which he expressed his non-violent views and criticized human rights violations in Djibouti – the journalist and cameraman were subsequently deported and their film confiscated.

On 22 November 1999, during questioning by the police (gendarmerie) about the interview, he was told that proceedings had been opened against him on the charge of defamation (diffamation). This means he could be summoned again for questioning at any time, possibly remanded in custody, and be unfairly tried under a defamation law inconsistent with international standards on freedom of opinion and expression.

BACKGROUND INFORMATION

Aref Mohamed Aref, a prisoner of conscience from 1991 to 1992, has been the leading (and virtually only) human rights lawyer in Djibouti for some years. He has been an Amnesty International delegate at preliminary meetings on the establishment of an International Criminal Court and other missions and is a member of the African Human Rights Defenders network, established in Johannesburg in December 1998.

In February 1999 he was jailed for six months after an unfair trial for alleged fraud (escroquerie) connected to a civil case in which he had been involved in 1994 (see Extra 15/99, 8 February 1999 and follow ups). Amnesty International believes the charges, which he denied, were politically motivated. He was released by the newly inaugurated president Ismael Omar Guelleh in May under an amnesty.

In December 1998, security forces prevented him boarding a plane to Paris where he was due to attend a Human Rights Defenders Summit. His passport, confiscated at the time, has still not been returned to him and the ban imposed on him practising law is still in force (see News Release: 24 June 1999, AFR 23/05/99).

In September 1999, Amnesty International issued an Urgent Action after a government crackdown on the last two remaining opposition newspapers in Djibouti, when three journalists from the papers were arrested. All have now been sentenced to prison terms and their newspapers banned because they published articles critical of the government (see UA 254/99, AFR 23/07/99, 28 September 1999 and updates).

RECOMMENDED ACTION: Please send telegrams/faxes/express/airmail letters in French or your own language:
– expressing concern that human rights defender Aref Mohamed Aref is at risk of imminent arrest and imprisonment following recent questioning by police after he gave a television interview in which he expressed his non-violent opinions and criticized human rights violations in Djibouti;
– calling for the withdrawal of judicial proceedings against him on the charge of defamation – a law which is not consistent with international standards of freedom of expression;
– asking that his passport is returned to him and that he is allowed to practice his profession as a lawyer;
– appealing for protection of the right to freedom of non-violent opinion and expression.

APPEALS TO (please note that fax numbers in Djibouti are sometimes difficult to obtain):

President
Son Excellence Monsieur Ismael Omar Guelleh
Président de la République
La Présidence
BP 6
Djibouti, République de Djibouti
Telegrams: Président, Djibouti
Faxes: + 253 350174
Salutation: Monsieur le Président de la République / Dear President

Minister of Justice
Monsieur Ibrahim Idriss Djibril

Ministre de la Justice
Ministère de la Justice
BP 12
Djibouti, République de Djibouti
Telegrams: Ministre Justice, Djibouti
Faxes: + 253 353840 (via Ministry of Foreign Affairs)

Salutation: Monsieur le Ministre / Dear Minister

COPIES TO:

Prime Minister
Monsieur Barkat Gourad Hamadou
Premier Ministre
BP 2086
Djibouti, République de Djibouti
Faxes: + 253 351208

Minister of Foreign Affairs
Monsieur Ali Abdi Farah
Ministre des affaires étrangères

Ministère des affaires étrangères
BP 1863
Djibouti, République de Djibouti
Faxes: + 253 353840

and to diplomatic representatives of DJIBOUTI accredited to your country.

29/11/1999 – l’AFP fait état de 15 morts parmi les résistants du FRUD et de 5 soldats tués dans les combats

« Cinq soldats des forces gouvernementales djiboutiennes et une quizaine de maquisards de l’aile radicale du Front pour la Restauration de l’Unité et de la Démocratie (FRUD) ont été tués dans des accrochages au nord-est de Djibouti, selon des sources concordantes.

Ces accrochages ont eu lieu cette semaine dans le district d’Obock, autour du massif du Nabla, à environ 300 km au nord-est de Djibouti.
Un communiqué du ministère de la Défense diffusé mardi sur radio-Djibouti fait état de cinq morts et sept blessés parmi les forces gouvernementales et assure que « des pertes importantes ont été enregistrées du côté des malfaiteurs ». Une quinzaine de rebelles auraient été tués, selon une source militaire.

L’armée appuyée d’unités de la police et de la gendarmerie a engagé depuis deux semaines une opération de ratissage dans le nord-est de Djibouti….. »

29/11/1999 – LDDH: Communiqué pour informer des représailles qui sont exercées contre les civils dans le Nord. Exécutions sommaires, arrestations et tortures.

LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (LDDH)

Président NOËL-ABDI Jean-Paul
Djibouti

COMMUNIQUE DE PRESSE N° 11/LDDH/1999

du 29/11/99

De nouveau, le sang coule au Nord. Lors des opérations de ratissage entreprises par les forces gouvernementales, les populations civiles sont les premières victimes de ce conflit qui se déroule à huis clos. Après les arrestations massives et arbitraires des nomades d’Andoli (District d’Obock) au nombre de 17 personnes, la LDDH a recueilli des informations d’exécutions contre les civils dans le district de Tadjourah secteur de Galela (à 30 km du chef-lieu). Pour le moment la mort de deux personnes est indiscutable :

Il s’agit de :

YOUSSOUF HAMID ALI, 75 ans, OKAL,
AHAKARJ HASSAN ABAKARJ, 34 ans,

Ils ont été exécutés dans leur campements
par les éléments des forces gouvernementales
le 28 novembre 1999 à 16 heures.

Parmi les personnalités arrêtées à Andoli, certaines sont gravement torturées dans la garnison militaire d’Obock.

Il s’agit de :

ALI IBRAHIM HOUMED,
MOHAMED AHMED MOUSSA
IBRAHIM ABDALLAH MOHAMED
MOHAMED ABDALLAH
OUSBO HOUMED HASSAN

Nous ignorons ce dont ils sont accusés.

La LDDH suit attentivement la situation et lance un appel pour que la population civile soit épargnée dans ce conflit.

29/11/1999 – Les combats redoublent d’intensité dans le secteur du Mont Dadar. Tajourah est l’objet d’un blocus – L’AND demande des renforts à l’Ethiopie

FRONT POUR LA RESTAURATION DE L’UNITE ET DE LA DEMOCRATIE

Contact: 0032/476342583

Bruxelles, le 29 11 1999

COMMUNIQUE DE PRESSE 29/11/99

Au sixième jour des combats, les affrontements continuent entre les combattants du FRUD et les éléments des FAD (forces armées Djiboutiennes), qui en sont venus à la lutte au corps à corps dans le secteur des monts Dadar.
Les attaques militaires lancées depuis le 24 novembre à Tewele se sont étendues plus au sud à Galela, Aïri et Kousra dans le district de Tadjourah.

Les renforts des FAD dépêchés depuis Assa gaïla et Adaïlou ont été interceptés dans le secteur d’Aïlaadou. D’autres éléments des FAD passés plus au nord vers Himmisso ont saccagé des campements des nomades dans les secteurs d’Aïri et de Galela où de nombreux civils sans armes ont été massacrés.

Les autorités militaires ont interdis toute circulation à partir de la ville de Tadjourah. Ce qui signifie un blocus alimentaire puisque toutes les populations du district de Tadjourah s’approvisionnent à ce chef-lieu.

D’autre part une délégation d’officiers de l’état major des FAD conduite par le général Fathi s’est rendue aujourd’hui à Addis-Abeba(Ethiopie) pour demander de l’aide. Si les autorités Ethiopienne adhèrent au souhait Djiboutien, le risque d’une régionalisation du conflit est à craindre avec ses conséquences pour l’avenir du pays.

Mohamed A Houmado
Porte-parole de la direction du FRUD

28/11/1999 – Deux civils tués par l’AND en représailles

Les civils sont victimes des représailles de l’Armée Nationale Djiboutienne (AND):
2 personnes ont été tués le 28 novembre.
Il sagit de :
Youssouf Hamid Ali,75 ans, okal
Abakari Hassan Abakari, 34 ans.

27/11/1999 – Les combats font rage dans le Nord de Djibouti depuis le 24 Novembre – Communiqué du FRUD et appel à la communauté internationale en faveur des populations civiles.

FRONT POUR LA RESTAURATION DE L’UNITE ET DE LA DEMOCRATIE

Contact: 0032/476342583

Bruxelles, le 27 11 1999

COMMUNIQUE DE PRESSE 27/11/99

Des violents combats ont opposé aujourd’hui les résistants du FRUD aux troupes gouvernementales à Kousra dans le Mabla (région de Tadjourah).
Ces affrontements se sont soldés par plusieurs morts côté militaires, dont deux officiers supérieurs et onze soldats blessés ont été admis dans les hôpitaux de la capitale.

Le régime de guelleh s’obstine à jouer son va-tout militaire au lieu de privilègier une solution politique à la crise Djiboutienne et c’est alors même qu’il propose au sommet de l’IGAD un semblant plan de paix pour les pays de la région en guerre (Somalie, Soudan).

Tant que les conditions minimales, préalables à un réglement pacifique du conflit ne seront pas réunies, le FRUD se verra conforter dans sa lutte pour la liberté du peuple Djiboutien.

Enfin, nous lancons un appel à la communauté internationale afin qu’elle intervienne en faveur de la population civile victime des représailles de l’armée qui l’ accuse de sympathie pour le FRUD.

Mohamed A HOUMADO
Porte-parole de la direction du FRUD