Articles

08/01/10 (B532) Usine nouvelle : La Chine investit au Kenya

Pascal Coesnon

Afin de sécuriser son approvisionnement en pétrole, l’ex-empire du Milieu va aider financièrement le pays d’Afrique de l’Est.

Tout le monde le sait : la Chine aime l’Afrique. Ainsi, le gouvernement chinois vient de décider de financer à hauteur de 7,17 millions de dollars (540 millions de shillings) la construction d’un second port à Lamu, sur la côte nord-est, d’une deuxième ligne de chemin de fer Mombasa-Kampala (Ouganda) et d’un couloir autoroutier reliant le Kenya à l’Ethiopie et au Sud-Soudan. Toutefois, le projet initial du gouvernement kenyan, décidé en avril 2008, pour le développement des infrastructures du pays, qui comprenait en plus la construction de trois aéroports, s’élevait à 22 milliards de dollars.

« Pour que l’Afrique décolle, il est très important de construire les infrastructures permettant aux Etats d’avoir des échanges commerciaux à grande échelle, et donc la Chine aimerait contribuer à l’édification de ces infrastructures ici », se félicite Yang Jiechi, le ministre chinois des Affaires étrangères. De son côté, le président kenyan Mwai Kibaki « a remercié le gouvernement chinois pour son engagement à financer une partie du corridor du nord ».

Ce projet permettra ainsi de fournir une route alternative pour l’exportation du pétrole soudanais vers la Chine. Le pétrole est aujourd’hui acheminé par pipeline depuis l’Etat d’Unité dans le Sud-Soudan jusqu’au port soudanais de Port Soudan sur la mer Rouge. Le Sud-Soudan est une région semi-autonome, qui doit se prononcer sur son indépendance par un référendum organisé en 2011.

07/01/10 (B532) Comme cela avait été annoncé, le FDP nous adresse le compte-rendu de la réunion des partis d’opposition, organisée à Bruxelles le 19 décembre 2009, pour la commémoration du massacre d’Arhiba.

Compte rendu de la commémoration du 19/12/2009

Dans la lignée de la stratégie amorcée l’année dernière et qui vise à profiter de la commémoration du massacre d’Arhiba afin de rassembler les Djiboutiens autour de la dénonciation de toutes les dérives orchestrés par le régime en place à Djibouti, le FDP a organisé le 19 décembre dernier une conférence dont le thème était :

Commémoration du 18 décembre 1991, où va Djibouti ?

59 morts et plusieurs dizaines de blessés par balles, tel fut le bilan de ce que l’on appelle à Djibouti « Le massacre d’Arhiba », Cela s’est passé il y a presque 18 ans, le 18 décembre 1991. Les forces armées djiboutiennes se sont déployées dans le centre de la capitale, bouclant le quartier d’Arhiba, y concentrant ses habitants pour leur tirer dessus comme à la chasse aux lapins…

Le FDP, convaincu qu’on ne peut construire la destiné d’une société sur les injustices et l’impunité, a voulu entendre la position des mouvements de l’opposition sur l’ensemble des exactions dont la soldatesque de la dictature s’est rendue coupable envers une partie de la population.

  1. Les Djiboutiens sont-ils devenu suffisamment matures pour mettre des mots sur les conséquences de la politique du « diviser pour régner » visant à monter les communautés les unes contre les autres ?
  2. Sommes-nous prêts à parler sans tabous des causes qui nous ont conduits à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons et dont semble profiter le système Guelléen et ses courtisans ?
  3. Après 32 ans d’indépendance, sommes-nous capable de nous rassembler autour d’un projet sociétal fort, viable, tourné vers l’avenir et transcendant les clivages communautaires ?

Telle a été la philosophie et le fil conducteur de cette journée commémorative – ô combien symbolique- quant aux motifs qui ont guidé à son organisation dans cette forme.

Après avoir souhaité la bienvenue aux participants et remercié Mme Selma Benkhalifa d’avoir accepté de modérer le débat, la salle a été conviée à visionner un dvd sur la tuerie barbare dont ont étés victimes des civils innocents du quartier Arhiba.

L’assistance a été submergé par l’émotion et un sentiment d’horreur au vu des images des victimes à l’état brut, prises justes après le forfait accompli par les forces de sécurité de la dictature.

Mme Selma Benkhalifa (juriste et militante engagée) qui nous disait ne pas être une spécialiste de Djibouti, nous a montré qu ‘elle connaissait son sujet sur le bout des doigts et a occupé son rôle de modératrice avec succès.

La parole a ensuite été donnée à Madhi Ibrahim Ahmed God(ARD): « Je suis très heureux de prendre la parole devant un parterre de camarade djiboutien, ces images que nous venons de voir , sont très émouvants et émouvants dans le sens ou chacun d’entre vous peut voir les pratiques d’un régime dictatorial. Cela s’est passé, il y a de cela 18 ans, mais ça ne s’est pas arrêté…. »

C’est fut au tour de Daher Ahmed Farah (MRD) de rappeler « que ce n’était pas la première que nous nous retrouvons mais ce n’est pas difficile de prendre la parole après des images aussi tragiques, je vous avoue être submergé d’émotions, cela me ramène à quelques années et fait remonter des souvenirs très douloureux.

Mais je tiens à dire un mot sur ce qui s’est passé à Arhiba , pour montrer aussi la dimension nationale sur la répression à Djibouti, si certaines communautés ont payé un prix lourd au massacre, à la violence d’Etat, c’est l’ensemble de la communauté nationale qui a été touché. Les victimes ne sont pas toujours choisies sur une base communautaire…. » .

Cassim Ahmed Dini (ARD) a quant à lui soulevé « la question du comment enterrer ses morts ? sous quel statut faut-il les enterrer en temps que « Martyrs » SHOUHADA. C’est pour cela que les morts ont été enterrés collectivement.

La définition du statut du mort revenait au vivant. Je reviens à cette image car le thème de ce qui nous rassemble aujourd’hui, c’est honorons nos morts ensemble….. »

Enfin, Mohamed Kaddamy (FRUD-armé), a réitéré avec force que «nous nous devons de commémorer cette anniversaire et nous recueillir à la mémoire de tous les innocents massacrés par ce régime et pointer la responsabilité des auteurs de ce prime imprescriptible… »

Au terme de cette journée constructive, le FDP tient a rappeler qu’il continuera à explorer les actions concrètes à mettre en place et ce pour lutter contre l’impunité et l’oubli afin d’amener les responsables des exactions sur les civils innocents à répondre de leurs actes.