Articles

08/01/09 (B532) Candidature pour le moins incongrue ; mais c’est bien qu’une valeur a priori sans usage soit ainsi restaurée dans toute sa dimension de l’inutilité et du futile………… (2ème partie et fin) (Par Bouh Warsama)


Retrouvez l’intégralité des chroniques
de Bouh Warsama : lien

C’est dans les dossiers des archives de la police politique d’Ismaïl Omar (SDS) que se trouve la seule immortalité de certains ex opposants au Tyran djiboutien.

Que l’un ou l’autre homme politique djiboutien ose s’opposer ouvertement à ses desseins et c’est alors SA caricature de justice, SA Garde personnelle et SA Police politique des S.D.S qui entrent ensemble dans la « Grande chasse »…

Une supposée justice pour le moins expéditive qui époussette aussitôt et fait revivre certains dossiers…supposés compromettants, impliquant ou pas telle ou telle personnalité.

Peu importe la recherche de la Vérité dans ce type d’affaire, la seule vérité qui ait droit de citer étant celle de Son Excellentissime Sérénité Ismaïl Bobard…le Magnifique.

Une simili justice aux « Ordres du Chef » et qui dispose de toutes les armes de la bassesse et du déshonneur sous son glaive allant même, si nécessaire, jusqu’à fabriquer des preuves en faisant venir de faux témoins à la barre des tribunaux.

Des « témoins bidons », qui viennent se louer moyennant finances, en représentation dans une grande pièce de théâtre où chacun a appris son rôle mot à mot.

Comme nous l’avons constaté avec Alpha Roméo…, ce sont de piètres comédiens qui sont capables de jurer sous serment, si ceci leur était demandé, qu’ils furent les témoins de l’assassinat………. d’Henry IV par l’un des opposants politique à IOG…

Hommes et femmes ensuite largement récompensés par le binôme de Squatters du Palais de l’Escale ou par leurs Serviteurs pour « services rendus au …pays ».

– Aden Robleh, le vieux combattant d’un passé si lointain a versé depuis bien longtemps dans la collaboration avec Ismaïl Omar et n’est plus dans le coup.

Ce monde là il le connait très bien car placé sous contrôle du Maître et dirigé par des brutes ; un microcosme où la rationalité s’habille volontiers de cynisme et où tous les coups bas et les plus tordus sont monnaie courante. Ceci faisant partie du « paquetage politicard » comme diraient certains militaires….

Alors pourquoi Aden Robleh se lance t-il dans ce projet…de candidature ?

Nous allons tenter de répondre à cette question qui pourrait fort bien n’être qu’une nouvelle mascarade consistant à annihiler tout impact que pourrait avoir une (ou des) éventuelle (s) candidature (s) de la véritable opposition dans ces hypothétiques élections pour la magistrature suprême.

Comme dirait le philosophe et homme de lettres Jean d’Ormesson :
« C’est une candidature incongrue mais c’est bien qu’une valeur a priori sans usage soit ainsi restaurée dans toute sa dimension de l’inutilité et du futile………… ».

-Dans la perspective des présidentielles, son Excellentissime Sérénité Ismaïl Omar le Magnifique serait dans l’embarras.

Tous les crimes commis sur son ordre, tous ses chantages qui se sont répétés sur le plan international, ses emportements sans réserve et éloignés du « diplomatiquement correct », son comportement scandaleux, ses actes sans foi ni loi d’aucune sorte si ce ne sont les siennes et sa richesse ostentatoire le placent très vraisemblablement parmi les chefs d’Etats les plus sanguinaires mais aussi les plus fortunés du continent africain ; ceci le rendant particulièrement impopulaire.

Ajoutons à cela que Djibouti sous la tyrannie d’IOG est l’un des rares pays d’Afrique dans lequel nul n’a besoin de passer toute une nuit d’élections devant son poste de télévision ou de radio pour avoir les résultats du scrutin ; ils sont connus plusieurs mois à l’avance, chiffres et pourcentages à la clé.

La CENI actuelle est aux mascarades d’élections à Djibouti ce que pourrait-être une goutte de mercurochrome… sur une jambe de bois ….

De plus et depuis plus de dix années, la corruption étant le plus infaillible symptôme de cette tyrannie instaurée en dogme d’Etat, les « affaires ont succédé aux affaires » .

A ceci s’ajoutent les assassinats travestis en morts…naturelles tel celui du Juge Bernard Borrel qui a provoqué, et provoque encore de nos jours, une véritable levée de boucliers dans le monde occidental….

C’est ainsi que tout a contribué à ce que depuis bien des années le monarque bananier en arrive à déranger outre mesure la sacro sainte « opinion publique internationale » qui, aujourd’hui, le lui fait savoir par l’entremise des chefs des Etats concernés… ; des Etats qui sont les bailleurs de fonds de Djibouti.

Certains pays dits donateurs ont tout intérêt à ce que la « combinazione del ritorno su investimento » (retour sur investissement qui a pris naissance bien avant l’indépendance de Djibouti) continue de fonctionner dans le calme ? sans heurt et sans qu’IOG y place quelques grains de sable… lors de ses emportements sans réserve.

Un Ismaïl Omar qui profite pourtant pleinement de TOUS les avantages et de la situation géopolitique de Djibouti pour en tirer grand profit financier quasi exclusivement personnel tout en exerçant un odieux chantage international sur la misère qu’il maintient dans le pays et par les conflits armés qu’il finance et entretient indirectement dans la Corne Est de l’Afrique.

Les dirigeants des grands pays bailleurs de fonds ne sont pas dupes et sont de surcroît comptables de la bonne utilisation des deniers de leurs contribuables, pour le moins de ce qu’il se voit…en matière de finances publiques.

Ils ont de plus en plus de difficultés pour justifier le bien fondé des quelques centaines de millions d’euros et de dollars US d’aides affectées à Djibouti qui sont disproportionnés comparativement aux besoins.

Des sommes pharamineuses, certaines n’étant pas publiées officiellement afin d’éviter les questions embarrassantes et qui, loin d’aider le pays et ses populations, « s’égarent» pour majeure partie chaque année dans les méandres du « désert politique local» et dans les poches de quelques « amis étrangers… ».

Ce sont les apparences qui gouvernent à Djibouti et certes pas la réalité !

Chacune des « parties prenantes » à tout intérêt à ce que ces apparences soient préservées, protégées et artificiellement embellies car l’opinion publique ne voit, donc ne juge que par elles.

Oui mais…l’expression de « Président à vie » dérange les …principes républicains.

Dans ces conditions, comment ces pays donateurs pourraient-ils cautionner ouvertement auprès de leur opinion publique qu’ils continueraient d’aider, avec les deniers de leurs contribuables, un Etat supposé fonctionner suivant les principes de la République mais qui se doterait d’un « Président autoproclamé à vie …. » qui s’assoirait sur le contenu de la Constitution nationale…?

Ceci revient à dire que la modification de la Constitution djiboutienne, dans les conditions imposées par Ismaïl Omar Guelleh, pourrait avoir « du plomb dans l’aile… »

Elle serait compromise car, si elle se faisait sans l’accord des grands pays bailleurs de fonds mais aussi du Fonds-Monétaire-International (F.M.I) et des différentes Banques, ceci placerait de facto le Tyran djiboutien en position bien plus précaire ; tant sur le plan national, qu’international.

-S’il veut continuer à régner sur Djibouti en apparente légalité et sauver les apparences, IOG devra faire supprimer une phrase de sept mots de l’Article 23 de la Constitution nationale tout en maintenant les élections.

Partant du principe qu’il voudrait se représenter autant de fois qu’il le souhaiterait tout en « sauvant la face », rien n’interdit de penser que l’Assemblée Nationale pourrait voter une modification de l’article 23 – TITRE III – de la Constitution djiboutienne qui stipule que :

« ………..Le Président de la République est élu pour 6 ans au suffrage universel direct et au scrutin majoritaire à deux tours. Il n’est rééligible qu’une seule fois….. »

Modification consistant à annuler, purement et simplement, la dernière phrase, à savoir « ……… Il n’est rééligible qu’une seule fois….. ».

– Dans de telles conditions, à quoi pourrait lui servir la candidature d’Aden Robleh Awaleh ?

D’une part à laisser croire qu’il respecterait les recommandations internationales en maintenant les élections présidentielles tout en ayant face à lui un supposé candidat de l’opposition et, d’autre part, minimiser l’impact que pourrait avoir sur la population une ou des éventuelles candidatures émanant de la véritable opposition.

Après ces élections et muni d’un bon pactole, récompensant ses « bons et loyaux services », Aden Robleh Awaleh se retirerait de la vie publique.
D’autre part et selon nous, de par son état de santé nous pensons que le prochain mandat effectué par Ismaïl Omar Guelleh sera vraisemblablement le dernier si toutefois il arrive au bout ; ce qui est loin d’être évident.

Pour se protéger contre d’éventuelles recherches en responsabilités et des commissions rogatoires internationales qui ne manqueraient pas d’être lancées contre lui s’il quittait le pouvoir sans assurer sa succession, il est dit qu’IOG ferait actuellement le forcing pour préparer au mieux son fils Aïnaché Ismaïl Omar afin qu’il lui succède le moment venu.

Ismaïl Omar s’est toujours glorifié de son passé pourtant peu louable, il tente de façonner le présent par ses subterfuges mais tremble pour son avenir.

Ne l’en dissuadons pas !

07/01/10 (B532) Comme cela avait été annoncé, le FDP nous adresse le compte-rendu de la réunion des partis d’opposition, organisée à Bruxelles le 19 décembre 2009, pour la commémoration du massacre d’Arhiba.

Compte rendu de la commémoration du 19/12/2009

Dans la lignée de la stratégie amorcée l’année dernière et qui vise à profiter de la commémoration du massacre d’Arhiba afin de rassembler les Djiboutiens autour de la dénonciation de toutes les dérives orchestrés par le régime en place à Djibouti, le FDP a organisé le 19 décembre dernier une conférence dont le thème était :

Commémoration du 18 décembre 1991, où va Djibouti ?

59 morts et plusieurs dizaines de blessés par balles, tel fut le bilan de ce que l’on appelle à Djibouti « Le massacre d’Arhiba », Cela s’est passé il y a presque 18 ans, le 18 décembre 1991. Les forces armées djiboutiennes se sont déployées dans le centre de la capitale, bouclant le quartier d’Arhiba, y concentrant ses habitants pour leur tirer dessus comme à la chasse aux lapins…

Le FDP, convaincu qu’on ne peut construire la destiné d’une société sur les injustices et l’impunité, a voulu entendre la position des mouvements de l’opposition sur l’ensemble des exactions dont la soldatesque de la dictature s’est rendue coupable envers une partie de la population.

  1. Les Djiboutiens sont-ils devenu suffisamment matures pour mettre des mots sur les conséquences de la politique du « diviser pour régner » visant à monter les communautés les unes contre les autres ?
  2. Sommes-nous prêts à parler sans tabous des causes qui nous ont conduits à l’impasse dans laquelle nous nous trouvons et dont semble profiter le système Guelléen et ses courtisans ?
  3. Après 32 ans d’indépendance, sommes-nous capable de nous rassembler autour d’un projet sociétal fort, viable, tourné vers l’avenir et transcendant les clivages communautaires ?

Telle a été la philosophie et le fil conducteur de cette journée commémorative – ô combien symbolique- quant aux motifs qui ont guidé à son organisation dans cette forme.

Après avoir souhaité la bienvenue aux participants et remercié Mme Selma Benkhalifa d’avoir accepté de modérer le débat, la salle a été conviée à visionner un dvd sur la tuerie barbare dont ont étés victimes des civils innocents du quartier Arhiba.

L’assistance a été submergé par l’émotion et un sentiment d’horreur au vu des images des victimes à l’état brut, prises justes après le forfait accompli par les forces de sécurité de la dictature.

Mme Selma Benkhalifa (juriste et militante engagée) qui nous disait ne pas être une spécialiste de Djibouti, nous a montré qu ‘elle connaissait son sujet sur le bout des doigts et a occupé son rôle de modératrice avec succès.

La parole a ensuite été donnée à Madhi Ibrahim Ahmed God(ARD): « Je suis très heureux de prendre la parole devant un parterre de camarade djiboutien, ces images que nous venons de voir , sont très émouvants et émouvants dans le sens ou chacun d’entre vous peut voir les pratiques d’un régime dictatorial. Cela s’est passé, il y a de cela 18 ans, mais ça ne s’est pas arrêté…. »

C’est fut au tour de Daher Ahmed Farah (MRD) de rappeler « que ce n’était pas la première que nous nous retrouvons mais ce n’est pas difficile de prendre la parole après des images aussi tragiques, je vous avoue être submergé d’émotions, cela me ramène à quelques années et fait remonter des souvenirs très douloureux.

Mais je tiens à dire un mot sur ce qui s’est passé à Arhiba , pour montrer aussi la dimension nationale sur la répression à Djibouti, si certaines communautés ont payé un prix lourd au massacre, à la violence d’Etat, c’est l’ensemble de la communauté nationale qui a été touché. Les victimes ne sont pas toujours choisies sur une base communautaire…. » .

Cassim Ahmed Dini (ARD) a quant à lui soulevé « la question du comment enterrer ses morts ? sous quel statut faut-il les enterrer en temps que « Martyrs » SHOUHADA. C’est pour cela que les morts ont été enterrés collectivement.

La définition du statut du mort revenait au vivant. Je reviens à cette image car le thème de ce qui nous rassemble aujourd’hui, c’est honorons nos morts ensemble….. »

Enfin, Mohamed Kaddamy (FRUD-armé), a réitéré avec force que «nous nous devons de commémorer cette anniversaire et nous recueillir à la mémoire de tous les innocents massacrés par ce régime et pointer la responsabilité des auteurs de ce prime imprescriptible… »

Au terme de cette journée constructive, le FDP tient a rappeler qu’il continuera à explorer les actions concrètes à mettre en place et ce pour lutter contre l’impunité et l’oubli afin d’amener les responsables des exactions sur les civils innocents à répondre de leurs actes.